XIII. i
ig4 côufes
l'on ttiahtîliewit tteS fottd* néùtMzit^s ^\ Votï se refusoit aux mesures tte tiol^nce , àxtt àltérations dé tiioïlhoiéà, àUt erigàgpëiùetis hasardés, aux pt*ames8^d ftiIlàciMi^es. Voilà donc le moment où là jhstiète seï*oit eu eohtk^âdiction avecrinlérêtdérélat: ' -
■ Vô^àf p^th'i afiti^i ; tàiié dé ri'e^t psish jmtice qui est en contradiction avec rihtéfét dé rétat, -c'est VoMré ïidittlhi^thttîôh., t^ëst Votre tôrtdilrte. La justice éetoiï Vôtre meilîéuW âïde; si vôtli àvieirét!è sage, ii vbtis feriez èA* Core. Né dites donc pâS que ifàixh éti 'àifàômiet lé feacrifirce pcf'ut' rihtérèt âè l'èbt ; ùht ce sont Vos erreurs et VôsfaUtés quîànîièn'eht Céteé fatale héresslté. Et ttialgré Vex^^ëtiiilé des affaires , un TéiëéV dé Vtftî*è p^tt à'i'éôôriômilB , à la trt^dîi'ation ; à 'toutes îes idéfes' Saines ètt jgou- Vértléhiiént, *Vôirs ièhdi'ôitf encore riches par fà' jkiiSfcei et rifehei]^àt elle seule;-' ' • Lâ'j ùstitie ^ faut àriarés îà^faîsôn et ïa p^ù^ âénce'; et ic'esl: a'^rès FaVôfr isolée de èréé^dèles tbilî^agAtS; quet +^6tisrâ éàlômtîiefe , que voifs U déclarez incapable Hé' rendte service à l'état O'ittieWiëiî ^st^tç; à! Vous qri^l âppâttieût de dëe/l^l^é rfk Vè^otation? Ifé fa vôyez-^^s' pkï àtrcoiripagtiéè dh côriëgc Vîèssîétlés, et entôiifr'ée dét&à^ lès léij'isl^tëùi's V'dé to\iirl^ ptiu'cé^
DE MORALE RELIGIEITSE. 195
qui ont illnstré la terre? Rangez-vous devant elle, esprits Tebeiles à son autorité, esprits de nouvelle extraction, et qui voulez tout ehanger, tout mettre à votre date. Mais la justice n'est pas un système ; elle est la morale^ elle est la politique, elle est le géiiiè social ; elle est enfin l'idée' éternelle, et l'un des aa- BeauK de l'ordre nnii/^rsel.
' L'intériêt de l'état pmésente- Un caractère bien différent; il est , par sa nature, arbitraire ettnobile; chacun l'explique , chacun le décrit à la Hiesure de son savoir , et très-souvent au gré de sa passion dofninante. Et quand oa examine les diflférens interprètes de cet in^ térêt, quand on les rega-rde et qu'on les voit i la hauteur commune , on ne peut les mettre en parallèle , eux et leurs dpinions , avec les majestueux supports die la justice, avec les autorités qui Font fondée , et qui ont déterminé l'hommage des* hommes et le respect des nations.
' Disons -le donc, et avec ut^e pleine confiaiioe : la prééminence de la justice sur le mot im^s^tit à' mtérêt de V éiat y ne peut être détruite qu'à la parole des auges , et par des êtres dont les lumières surnaturelles attire^ roicnt notre aveuglé confiance. Jusque ^ là j
nous croirons que la justice est le premier des intérêts au milieu des sociétés publiques; le premier en utilité, le premier en force; et de plus encore^ le premier eu honneur et en réputation.
"^ Oui , le premier en utilité , le premier en force; car la justice appelle la confiance » et ^ la confiance met entre les mains du gouver* nement toutes Jes fortunes; elle les lui donne même à Tavance , car elle ajoute au présent les ressources de Tavenir. Tout l'argent sort, tout Targent circule à Tabri de la justice; et la plus simple promesse est égale aux métaux qu'on pèse à la balance , et dont on a vérifié le titre par des experts.
Vous vanterez , sans doute ^ ce que valent aussi la fraude et rinjustice; vous montrerez que , par elles , on reçoit et Ton ne rend point; on promet, et Ton n'exécute point; que par elles , on fait mieux encore , on retient les dépots, et Ton injurie ses créanciers; on s'empare des propriétés, et Ton accuse les propriétaires ; qu'enfin, et de toute manière on remplit son trésor de butin, et l'on s'enrichit de dépouilles. Telle est la marche financière du crime; mais alors aussi l'épouvante devient générale; l'argent fuit , l'argent se resserre;
DE HORALS RELIGIEUSE. I97
^t, comme on fait rentrer les troupeaux à rapproche des loups ravisseurs , chacun retire sçs richesses du milieu de la circulation ; on les cache , on lès dissimule, on a peur de sa furtune comme d'un sujet de persécution; et les citoyens en alarme ne songent plus qu'à se garantir de l'autorité suprême, de cette autorité qu'eux-mêmes avoient élevée pour défendre leurs droits et pour assurer leur tranquillité. Hommes puissans dans l'état, princes ou chefs populaires, régnez avec justice, et gou* vernez de même. Vous le devez , par respect pour les lois religieuses ; vous le devez podfr le bien général , et vous le devez encore pour Votre intérêt particulier, Vous vous méprenez quand %ous faites un autre compte ;* car le temps est toujours pour la morale. Les moyens de violence vous séduisent par la rapidité de leur effet , et vous croyez , de plus , qu'ils affranchissent des soins nécessaires pour captiver la confiance ; mais si vous éprouviez le besoin de colorer vos actions, et si vous appeliez à votre aide l'hypocrisie, ne seriez-vou$ pas avertis , ùe reconnoitriez-vous pas vousmêmes que l'estime a son usage pour les hommes en autorité? Eh bien! cherchez-là^ celte estime, non par une feinte, non par
ai>cuYie surprise , mais par les grandes yoies qui mènent à elle. De quoi sert l'hypocrisie > dans les rangs élevés de la société ? Elle n^ peut^ en imposer à personne ; on est là trop en vue pour échapper aux regards TÎgilans des observateurs. Ah! pourriez-vous long-»
temps l'ignorer! La franchise et la vérité sont le plus bel ornement du 'pouvoir su-^ préroe ; elles sont sa tiare, ainsi que la jus-tice et la bonne foi.
Le sage l^i dont les paroles ont servi dt texte à notre Discours, se formoit une idée 1fe*ate de Tinjuslice des gouvernemèns, lorsr qu'il la dévouoit , non pas seulement à l'indi*^ gnation ùe» hommes , mais encore à leur mé* pris. £t en effet, l'injustice des priÉces est plus honteiise que l'injustice des particuliers; puisque, dépositaires de l'autorité suprême et tenant en main la force publique, ils ne craignent point la vengeance des lois , et peu>vent , sans péril , manquer à leur parole. X Vf»justice fait l[opprohre des peuples ; Yoilk l'expression de l'écrivain sacré.
Oui , autant il ^t beau , autant il est hono- 9:âble aux spuverains , ^ux guidés des nations , de contenir par la justice des passions en combat, et des intérêts en rivalité; autant,
DE MORALE II^IGIEUSE. IQ^
servir de la touterpu^&^apç^ ppi^r vioUr k soij^ gré li^ droits dont on ^$i 1^ g^^dîe^ » 1^^ dxoUA uuivçwejs doi^t oo a J'augus^ç ^«t^Ue. .
des ressoyfçe^ifnmenaeî^ ^t miiltipli^e^ 4'^^
moyen dont Findigence absolue chercha -e^* core i, ^p d^fi^pdra, Tfi^pédi^at hpi^teux et feçUe de rel^iiur çç q^'qn d(>iti d» prendre ^lui^ çréa^nqi^r^ 4q VHhX leur fortune. Que faHeiÇTYQn^, let que (aut-il vou« dire ? La justice élève ufijs mtiQH j je^ ¥ iniquité fait l'opprobre ^e$ peifplçéi.
Que faitea-voua » toua qui « pour dissimuler ^rat^ie esprit de fraudj^ , ou pour en éloigner la publicité, voua aequitteib d'abord avec un^ moï^x^Qw de fiction» et qui rafiuulles après en avoir épuiaé l'usage? Que faites<»'Vous , et que faut-il vQua dire ? La justice élève une na^ fipn y et V iniquité fait rof^rohre 4es peuples.
Que faites-vous ei^core, et vous quipu.nisr se^ lea epfaus dea fautea de leurs pères , oo les pères, des fautes de leurs eufans ; et vous , qui poursuive?^ comme une violation de la loi le$ action^ commises avant l'existence de cette loi r les aetioua jusque-là reconnues pour
aOO OOtTHS
bonne^i on pour innocentes; et vous qui admettez en preuves les dénonciations de ta haine on de la polîtif[tie, et qui condamnes tin accusé sans lui permettre de se justifier i dans rappeler ni l'entendre ? Que faites-vous, et que fnit--il vous dire? La justice élève une nation , et Vùtiquiti fait V opprobre des peuples.
Que faites-vous surtout, vous qui mettez les hommes entre Téternelle loi de la conscience et la loi nouvellement écrite, et qui punissez par Fexil ou la mort la préférence que Ton donne à la première, cette préférence qu'un Dieu commande; et ce Dieu c'est le v4tre? Ah! n'est-ce pas à vous qu'il faut dire : La justice élève une nation^ et t iniquité fait V opprobre des peuples?
Ah ! soyez moins terribles , soyez moins redoutables, et soyez justes. Vous célébrez les nombreuses victoires que vous remportez sur des ennemis ; mais que font-ils, les ennemis? Ils sont injustes; ils confisquent, ils distribuent les biens selon leur caprice ; ils emprisonnent , ils bannissent, ils proscrivent pour des fautes légères, ou par esprit de vengeance; ils substituent aux règles leurs volontés arbi^ traires , et aux lois de douceur et de confiance
J>t MOKALE RELl6l£t3S£. ^kO%
éeê lots de rigueur et d'alarme. Voilà ce que font les ennemis , même les plus hardis et les plus tyranniques ; les ennemis tels qu'il y en a peu. Oui , la marque distinctive de Thostililé^ de l'abus de la force , c'est l'injustice , et tou-jours l'injustice.
Et, ne pourroit-on pas le dire? tous4es mai-* très sont égaux pour être injustes ; tous ont une science suffisante pour mal faire. Bien plus , les hommes n'auroient besoin d'aucun chef, s'ils n'aimoient pas la justice ; car s'ils étoient obligés de faire un choix entre les di-vers genres d'aggression , autant leur vaudroit d*étre exposés à leurs rivalités réciproques que d'encourir les dangers d'une oppression tyrau"niqiie.
Enfin Tin justice^ de la part des princes ou des magistrats revêtus d'une autorité suprême, a pour suite funeste de pervertir et de corrompre la société entière: on obéit, on cède aux grands exemples ; et lorsque les hommes, placés sur le piédestal du gouvernement , ces hommes vus de partout , montrent une parfaite indifférence pour les idées de justice, chacun se dégage des principes auxquels il s'étoit asservi ; et d'imitations en imitations , la licence devient générale^ Alors la vertu n'est
soa COURS
plus qu'un vieux mot dont on rechereh
sens, dont on se demande l'usage ; et la
rale^ tombée en dissolution , ne pourroit éc.fl^MH.
peràun entieroubli,si des hypocrites^ ad i^p^Pr n'en recueilloient les lambeaux* pour ks :
servir encore quelque temps au succès de I tromperies.
O religion sainte ! venez à notre seeour.* disent qu'on peut se passer de vous , et ja vous ne nous fûtes plus nécessaire. Vous s êtes courageuse , et vous seule aVez droi l'être , car vous parlez au nom du Seign< car vous commandez k ceux qui command et vous pouvez inspirer de la crainte aux potes farouches, aux tyrans orgueilleux nombre de leurs esclaves, aux maîtres d mort et des éponvantemens. Oreligio^n sain' seule amie constante des hommes, venes notre secours ; montrez aux princes , a chefs des nations, qu'au plus haut degré 4 puissance , ils ont encore des devoirs 'à rem plir. Faites qu'ils prennent plai$ir à la justîc et quelle leur serve de manteau, et comme tiare, F;iites que la vérité , la droiture, devien nent un baume pour leur cœur, et qu'ils en goûtent la douceur , qu'ils en connoissent la suavité ; oui , que ces vertus leur donnent U
ZSL
ao5 lit pas runîté
sont les goiK ce et de bonne aix dont nous nous n'avons > tributs pour us nos -voisins plaisent dans )trc vérité , et ; ils croient à ^périté ne leur
que ce soit à i l'univers un it ne fécondoit ce étoit stérile vain bruit de nos divers sair la saine rai- ; et rien , c'est wec courage , .ur l'Éternité, e éclairer nos i serve à con- ;t à les placer
âo4 COURS
rivalité salataire, sont tous en mouvement pour aller échanger nos biens superflus contre les denrées précieuses dont nous sommes privés ; ils animent l'argent , ils donnent de la vie à tous les capitaux; et leur fortune, qui par* court le monde, reviendra grossir la fortune de Fétat pour retourner encore dans les mêmes chemins, y chercher, y trouver de nouvelles richesses. Voyez toutes les classes industrieuses de la société qui , chaque jour, servent de leur intérêt personnel l'intérêt public. Et d'où vient tant d'abandon , d'où vient tant d'activité ? De la sûreté que donnent à tous les échanges le règne et la stabilité des lois.
Où sont les peuples , où sont les gouvernemens en réputation de justice et de bonne foi? Ils vous diroient que le crédit est une ressource inépuisable dans l^s besoins de l'état ; et qu'aucune exaction , aucune rapine du despotisme ne peuvent être mises en parallèle avec le crédit. Us vous diroient encore: Voyez cette multitude innombrable de contrats civils, d'engagemens écrits, de promesses sur parole , dont le mouvement social se compose; ils ne produisent ^ au milieu de nous ni désordre ni heurtement : un seul principe tient tout en harmonie , et
DE MORALE ItEUGIECSE. ao5
Topposition des intérêts Qe détruit pas Tunité de leur direction vers le bien de l'étsA.
En&n , où sont les peuples , où sont les gon*' vernèmens en réputation de justice et de bonne foi? Ils vous diroient : Voyez la paix dont nous jouissons , et sa longue durée ; nous n'avons pas besoin de lever d'immenses tributs pour nous tenir en état de guerre : tous nos voisins sont devenus nos amis, et se plaisent dans notre alliance ; ils croient à notre vérité , et d'un tnot nous les rassurons ; ils croient à notre modération , et notre prospérité ne leur fait point ombrage.
O Dieu , que ce soit à nous , que ce soit à notre nation de tenir un jour à l'univers tin langage pareil ! Ah! si tant d'éclat ne fécondoit aucune vertu; si tant de puissance étoit stérile pour le bonheur , ce seroit au vain bruit de l'histoire que nous aurions fait nos divers sacrifices , et il n'y auroit rien pour la saine raison ; rien pour les choses réelles ; et rien , c'est à nous de le dire , et de le dire avec courage , rien pour notre Dieu, rien pour l'Éternité.
Ah ! qu'une lumière céleste vienne éclairer nos foibles conceptions; qu'elle nous serve à cor|noitre les vrais biens de la Ht , et à les placer
âo6 COURS
en leur rang. Nous aimerons alors la morale ; nous l'honorerons , nous la respecterons^ nous verrons qu'elle est dans ce monde notre meilleur guide I et qu'unie à la i*eligion , elle est le
de nos pi os bel les espérances*
i . I II I ! .
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Ue ^ CitfrâîL
Qc Eims «mt
respect^ les paroles et iMCrr teKT»^ L »f-i
possiUe JtDTÎter les hooxzzzes à.
(fune namêre ptcvs sÎBpfc. et
temps si pfcssmle? Ceha jtxi
Vît -prête à FÈiemel^ etëbd
fini, Esaîe, qui anmonea feâacfg tiit 1»
venue an SaoTeor du motnie ^ leaiMt rv-av
voqIo prophétiser aossi la faeanlé de la
l^le chrétienne , et marquer a FavaMat
principal caractère.
Biches do monde! Ceba qui apàiééÊiptat' vre prête à f Étemel. Dédaignerez-rons cet emploi? Quelle spécalattoa, qoelle More pouiroit Vous o&ir wï pins ^nd profil <ra un meilleur imérêl? Le Kaftre do mondl ^ de^ trésors inépuisables; et, en mottiplùat
âo6 COURS
en leur rang. Nous aimerons alors la morale ; nous rbl>norerons , nous la respecterons^ nous verrons qu'elle est dans ce monde aotre meilleur guide 9 et qu'unie à la i*eligian , elle est le coomenjseiiiitot de nos pi os belles espérances*
-j , i )ii ;i
I>£ MORALE ïiÉLIGlEVSE. IkO^
DISCOURS m.
De ta Charité.
■■ •• ■ • . \ i fc ;. : )
Celui qaî a ipiti^ do «pauTre prête à rÉternel ^ et il }ui rendra son bienfait. EsOîe, Chap. i^, f, ly.
Qu'eLlm Sottt éigneB d'attetîtlott et (lignai dé tespect, le* pal'ole* iJé notre tèîc'te! Etoit-it possible d*inviter les hommes à la charité d'utfe rtràîrfère plus simple , et eu tnêtorrc temps si Jjt^ss^tite ? Celui qui u pitié du paw' Vre pfëie à VÉternd > ei il lui reitdrèt soH hien^ ykit Esaïe ,^ qrii àA^-orhça dlslincffement la Vè^ué dti Sauveur tlu monde, semble avoir ^oulii prôphéliéer ^u^ lat bfeàtité-de là itio^ iralë chrélieririe, et téarquer à ravanoe soi pi^ificîpa! caraèfère.
Riches du ttionde! Celui qui a pifié'diipaUy Vte pirêtt à €ÉtéhieL Déda^ignei^fc-vous cet emploi? Quelle spéculation, quelle usure prWirtbit Vo^jà 'offrir Uh phts ^rand profit, tîiitêxi meilleur iiwér^? Le Maître du mondl Vi dle!^ ttiÊsoré ihé^uisable^; et^^n tnultipliiaât
ao8 COUR»
votre avance, il ne s'appauvrira pas. Faites, affaire avec lui ; c^est à vôtre avarice, c^est à votre cupidité que je m adresse. Qu'obtiendrez- vous pour cet argent, dont vous suivez avec un regard inquiet l'accumulation journalière ? Vous aurez quelques jouissances de mollesse ou de caprice, et bientôt vous j serez accoutumés. Vous rassemblerez dans votre maisoti de nouveaux objets de luxe; et en étalant votre faste, en disant aux auti*es tacitement, voyez ee que foi , vous ne l'aidez pas 9 vous vous environnerez d'envieux, de jaloux, de censeurs; vous ayrez beaucoup d'ennemis, et pourtant peu d'aidmir^leurs.
Certainement V homme se promène pariai ce qui n est que ileV apparence i certainement iU tem^ pètent pour néant. On amasse 4^^ biens 9 etVor^ ne sait qui les recueillera. YoiA \^ langage du Psalmiste , et nulle vérité n'a été plus attestée p£|r l'expérience. Prêtez donc , prêtei; à l'Éternel ce superflu qui vous est;, d'un si petit ser« vice , qui accroît si fpiblemeiit votre bonheur; prétez->le sur un gage d^unç vul'çur j^apprér <:iable. : ; :v /
Hélas ! y pensons-nous ps^e^ I L'Être su* firéme reconnoHra ce que. n.<>u^ faisons pour Je pauvre. O qup) MgQ^ 4'2imo|ir envers les
DE MORAINE RELIGIEUSE. SOg
hommes! Ils doivent tous s'en réjouir, ils doivent tous en bénir le Seigneur. Vous , indigens^ vous savez que le Maître des cieux veut s'engager pour vous ; vous, riches , vous savez qu'il veut être votre rémunérateur, qu'il veut entrer en compte avec vous. Je vous donne un premier commandement : Vous aimerez Dieu de tout votre cœur y de toute votre aine et de toute votre pensée ; et voici le second gui lui est semblable : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Le second , qui lui est semblable : ineffables pensées! £h quoi, c'est toujours par des vertus soc^les, c'est toujours par la bienfaisance que nous pouvons plaire à notre Créateur! O charité sublime! vous n'êtes pas seulement l'esprit médiateur entre les hommes, entre leurs différentes situations, entre les besoins des uns et l'abondance des autres; vous êtes encore le sceau d'alliance entre le ciel et la terre , et la chaîne qui nous unit au souverain Auteur de la nature.
C'est ainsi que s'agrandit à nos yeux le sujet dont nous voulons vous occuper aujourd'hui; il appartient à la morale politique, et à la morale privée; méditons^le de concert, et demandons ensemble que la lumière divine XIII. «14
SIO COVBS
nous guide et nous éclaire dans cette religieuse entreprise.
Le sort des indtgens est confié , dans Tétat social , à deux patronages différens. Le pauvre réclame l'assistance des particuliers, au nom de la religion ; et quand il s'adresse aux dépo* sîtaires de l'autorité suprême, aux représen*tans de la communauté nationale, c'est la^jus^ tice, lasimplejusttcequ'ilauroit le droit d'in<- TOquer; mais alors nous circonscririons le mot de pauvre dans le cercle des infortunés privés du nécessaire absolu , et hors d*état de
l'obtenir par leur travail. ^
Ne le perdons pas de vue : ce fut pour Tutîlité sociale que le privilège des propriétés fut inslitué ; et c'est encore dans le même esprit que les lois ont garanti la sûreté des hért* tages.
On prévit bien que leur division , leur subdivision et la succession des partages , introduiroient au milieu des hommes des différences de fortune; mais on ne pouvoit l'éviter; et ces inégalités ne représentant pas dans la même proportion des différences de bonheur, on dut politiquement s'y soumettre; on 4ut réfléchir que c'étoit là le résultat d'une dispo-
DE HOAAXf lt|BLIGI£USE. ait
siti^ii essentielle au repos de l'état , essentiellt à Ten cou rage m eut du travail et aux prc^rès de l'industrie^ •
Nous avons développé ces vérités dans notre discours précédent, et lorsque nous avons montré l'importance de la justice, soq origine politique, et ses nombreuses dépens dances; nous devons donc éviter aujourd'hui At rentrer dans la même discitôsîan.
Il seroit insensé, nous l'avons vu , de sacri* fier aux aveugles ressentimens de la jalousie l'institution des p<*opriétés, ôe tir pierre angu* laire 4^ l'édifice social ; et l'on ne peut l'é-» branler, on ne peut j porter atteinte, sans déranger utie des plus savantes et des plus admirables conceptions.
Cependant, appelés à parler de la charité^ après vous avoir entretenus de la justice, nous ne pouvons dissiiiihler qu'on se seroit trouvé dans l'obligation d'apporter une limite i la libre disposition des biens, si, enl'ad* mettant, en l'autorisant, il n'y avoit eu ati« cun moyen d'empêcher qu'une p(n*tion des citoyens, qu'un seul homme fût exposé à oianquer du nécessaire. La justice alors, telle que' nous l'entendons , telle qu'elle est déterminée par ses lois, n'eût plus été la justice.
ai a Qoniis
£tt;'est ici qu^on découvre, qu'on voit dans tout son jour l'iraportauce etla nécessité de la charité politique; et je donne ce nom à la bienfaisance que les gouverneroens doivent exercer. Une telle charité ne seroit qu'une justice étroite, si elle avoit été, comme je viens de l'indiquer, une condition tacite de* l'institutian des propriétés. C'est latine grande vérité , et qui élève à son rang la tutelle dvi pauvre. Oui-, cette tutelle^ cette surveillance inquiète et continuelle ne doit pas se présen-* ter auxregarils des chefs de l'état sous l'aspect d^n ne action généreuse, mais comme une obligation imposée à leur autorité représentative, comme une obligation sociale parallèle aux devoirs des dépositaires des lois civiles, paral^le aux devoirs des juges et des magistrats.
Nous dirons don Ai la puissance qui^, dans chaque pays , est appelée à régler, à distribuer les subsides ,^ nous lui dirons qu'elle doit mettre au rang des dettes de la plus ancienne date les secours nécessaires à l'indigence. Ces secours, sagement combinés, se rapportent à deux grands établissemens publics généralement connus : l'un assure un moyen de subsistance, en échange d'un travail, dans les
DE MORÂI.Ç 3SUG1CIJSC. %l^
inonRens où le mouvetnent naturel des échanges ne foutniroit pas une occupation aux hommes de peine, aux hommes dont toute 1^ fortune, toutes les ressources consistent en salaires ; Tautlre assure des secours gratuits aux hommes réduits par leur âge,. ou par leurs infirmités, à l'impossibilité de gagner une rétribution journalière en se dévouant, selon leijir usage, selon l'assujettissement de toute leur yîe , au service des propriétaires. . £t qu'on ne leur dise pas : Pourquoi n'avez* vous pas fait des épargnes au temps de vos forces^? L'auroient-ils pu sans une rigoureuse économie? Et le défaut de prévoyance est-il un n^otif de réprobation? Hélas! ce défaut n'appartient qUe trop à notre nature. Ce ne sont pas des hommes graduellement perfec-* tionnés par les secours de l'enseignement, qui ontrecpurs aux au.m6nes.de l'autojité publique , ce ne ^ont pas eux qui viennent soll^iciler une place dans les hôpitaux ; mais dçs botn mes dénués, la plupart, des bienfaits de l'éducation : et la société ne peut, dans aucune circonstance , regarder en arrière pour contester l'étroit nécessaire à l'un des membres dont elle est composée, au plus obscur de ses citoyens. ' lïe perdez jamais de vue ces vérités élémen-*
1Ij4 C017R8.
taires, tous qui fixez les contributions des peuples et qui en déterminez l'emploi. Ce ^u'oh vous demande ici n'est pas une cbarité, mais une justice.
Vous voulez qu'on multiplia les gendarmes , les maréchaussées, les surveillans de police ; TOUS voulez qu'on accélère l'exercice de la justice; vous voulez qu'on rende les peines contre les malfaiteurs plus sévères; Négligeriez-voûs , dans le même temps, de câliner le désespoir des indigens, cette sootce inévitable de tous les crimes?
Vous faires le compte dés subsides nécessaires pour une nouvelle Camjiaglie de guerre , et vous ïnonifez que le succès procurerôît -au souverain cent mille sujets de plus*; m^ii^ si un plus grand nombre d'hommes, soits la doâiination du prince, ont besoin d'être aidés par le trésor public, ti est-ce pas là le meilleur çmploi que Vous puissieic faire des revenus de Kétat ; te lûeilleur ^n lÂorale, le meilleur en politique?
Aux temps les pîus renommés de la Grèce et de Rome, pliis de là moitiéde la population étoit composée d'esclaves ; et lès patrons auxquels ils étoient soumis, déVoient satisihter* ruption pourvoir à leur subâi^tatice.'' Cette
DE MORALE RELIGIEUSE. ai 5
serritude n'existe plus dans notre Europe , où les travaux mécaniques sont exercés aujourd'hui par des mains libres. Glorifions le triomphe des premiers droits 4l|p'homme; mais remarquons en m^rne temps que , depuis cette grande révolution , la charité est devenue plus nécessaire et d'une application infiniment étendue.
£n effet, la subsistance de la plus grande partie d'une nation dépend actuellement d'une exacte rencontre entre les besoins des propriétaires et les besoin.s des hommes salariés; mais dans la multitude innombrable de rap* ports et d'échanges que ces besoins mutuels occasionnent, comment n'y auroit-il pas des lacunes, c'est-à-dire des momens où le propriétaire n'appellerait pas à lui les services des hommes qui ont leur force pour tout bien , et leur travail pour toute ressource?
'* Que les chefs des état3 examinent avec attention ce grand résultat de la liberté, et ils reconnoîtront que les dispositions , les soins vigilans de la charité publique sont devenus une des branches les plus essentielles de l'administration.
Et c^est ici que nous sommes appelés à fixer toute votre attention sur une des plus belles
ai6 COURS
vues morales et philosophiques de la religion chrétienne, de cette religion qui , en concourant de toute sa puissance à Fabolition de l'esclavage, ^P^commandé dans le même temps la charité ; Ta recommandée sans ceçse , et en a fait la base de ses lois et son premier précepte. Quelle sagesse, et aussi quel génie, quelle marche superbe! Y atteignez-vous seulement de vos regards, vous qui voulez tout changer; vous qui imposez des lois de votre invention aux peuples de la terre; vous qui donnez encore , et avec tant d'orgueil , des rudimens nouveaux à Topinion des hommes?
Vous avez encore une grande vérité à connoitre et à respecter au nofn de la charité, au nom de la bienfaisance publique, vous qui exercez dans un état Tau lori té souveraine ou la toute-puissance. Vous croiriez, en bouleversant les fortunes augré de vos spéculations, que si vous n'ôtiez rien aux dernières classeii^ du peuple, coupables peut-être d/injustice, vous ne le seriez pas de dureté. Mais vous êtes hommes, et vous savez de reste que notre nature à tous est modifiée,; et par l'éducation , et par nos différentes habitudes. Ainsi, lorsque vous frappez de la foi^dre les particuliers riches, ou les citoyens dans l'aisance; lorsque
DE MOnAJLE RELIGIEUSE. SU/
^ous les précipitez du faîte de ]a fortune dans un état d'angoisse et de privation; lorsque vous condamnez les hommes accoutumés aux délassemens de l'esprit, à travailler de leurs mains pour atteindre au nécessaire absolu; et lorsque ni l'âge ni le sexe n'obtiennent de vous une exception; ne dites pas alors que vous connois^ez la bonté , que vous connoisr sez la compassion , que vous connoissesi même la douce et religieuse humanité. Venez au bas de cette montagne dont vous n'occupez que le sommet, au bas de cette montagne effrayante d'où Ton voit rouler les misérables jouets de votre autorité et les victimes in nom* brables de vos proscriptions. Placez-vous là; et , à l'aspect de tant de malheurepx , fracassés 4lans leur chute, vous apprendrieiz que le bour Jeversement des fortunes ,.si terrible pour les victiraies , df^vient encore par ^s suites un dér sastre universel.
Le pauvre, au moicis,. comme oa l'a dit, trouyera-t-il son avantage k la déroute des riches.? Gardez^vôus de lecroire. Le pauvre vit de salairi^s, et de salaires Apï\t, il a besoin chaque jour; ainsi ^ toute espèce d'interruption-dans ses ressourcées ^est Un jtial réel pour lui, un mal que le raisqçnçment ne peut. ré-*
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pjirer. Son étroite situation ne lut permet pad d'attendre Teffet éloigné des principes abstraits, et on lui diroit en vain, dans sa détresse , que les propriétés sarvlvent aux pro-priétaires, et que tout revient au même dans un temps donné. Cette consolation, que l'es«prit métaphysique a su trouvqr, n^ peut être reçue par des hommes inquiets , avec raison , du lendemain.
Enfin , les mœurs publiques sont une des meilleures ^ranties de la charité; et ces mœurs s'altèrent sensiblement au milieu d^s bouleversemens d'états , au milieu d'une sob-^ version générale. Bientôt des propriétaires nouveaux succèdent aux anciens^; et, comme ils n'ont fait aucun apprentissage de la for* tune , ils là dirigent, ih s'en servent à contre*» sens, ris on^ dicquis tout à coup une su[)ériorite qui les étonne , et ils en demandent l'usage aux vils adulateurs dont ils s'environnent. Ils brisent aveuglémtot le frein de l'opinion et la barrière des mœurs, ils croient, sur la ré* putation de l'argent, que toutes les jouissances, que tous les plaisirs lui appartiennent; et ils fout avec scandale les plus ridicules essais , les plus honteuses expériences , avant de revenir de leur erreur, avant d'être abso-
DE HORALS HCLIGIEUSS. 3ig
lument détrompés. Eufin , enivrés par leur prospérité et se faisant des goûts, se créant des passions , pour se mettre en accord aveè -leuris moyens de dépense, souvent ils oiït -dissipé leurs trë$ors avant d'avoir appris qu*tl ^etiistoit des malheureux. Tous donc qut disposez du pouvoir suprême, -craignez les bouleversemens de tout genre ,• si vous attachez quelque prix au règne de la morale ; car il faut du temps aux vertus pour germer, pour s'élever, pour ^ fortifier ; et comme elles ont Thabitude de ceirtains rapports et de certaines proportions avec les institutions sociales,, on ■ne dérangé pas impunément, autour d'elles', les idées et lés opinions qiiî leur setvoient de soutien. /
Nous terminons ici les avertrssemens que Ce discours sur la «charité nous a misdanislà nécessité d^adtesser aux hommes publics. Ahl
sans doute, lorsque nous préchtms la plus, douce et la plasitouchante des Vertus, c'est vers les hommes privés que nous devons être impatiens dêdîrîgér nos regards; car eux né peuvent être distraits de la pîtië , iii par aucune abstration,' ni par aucun système spéculatif; et ilssonttrop fbibles dans leur isolement pour oublier, pour ignorer^ le prix des
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généreax offices, des scias consolateurs, et de tous, les sentiment d'affeiition^, de; tous les sentimens secourables. Eux seuls augs^ sont appelés à prêtera l'Éternel 'jlfiSkV /\l& pa^ peuvent faire du bien sfin^.qu<)}qne sacrifice personnel; au lieu qqe.ks gpuyerii«mens, djaps leurs dispositions bienfais^antes-, sont de sim* pies distributeurs de la fortune de Tétat.
Les occasions offertes à }a charité particulière se renouvellentco|»ûnuç^lement, car les malheureux ^ont partout. ^ êilt 1^ yigilance sou* veraiixe n'agissant que d^iiÇjsotre; et presque toujçurs par des réglemens 'généraux , il lui seroit impossible , même ayecdes soins entendus , d'embrasser dans sa .tutelle . tous les pauvres et tous les infortunés. II faut donc que le^ particuliers, suppléent ^.Tactionde l'autorité souveraine^; et ils doivent remplir cette œuvre religieuse selon l'éjt^due de leurs facultés. Ils ne rejetteront point la prière de l'affligé, et ils seront à la^reçherche du malheureux qui cache ses pleurs et.qpi rougit de s^ .besoins. Ils s'assoçiçroi^t! ravisai aux se?
cours que .distribuent les: admixiistrattons des hôpitaux, les administrations des.comm unes, s'ils ont confiance à la direption;et< 411 ménagement économique de ces airtorit^s ; et sans
DE "morale religieuse. ûll
doute qu'eux-mêmes s'appliqueront à faire le bien avec discernement et avec prudence; car ce n'est pas la paresse qu'il faut encourager, mais la pauvreté qu'on doit secourir.
Ne dites pas cependant comme plusieurs d'entre vous : Je fais travailler, je paye des sa'» laires; j'assure ainsi la subsistance de beaucoup de gens, tous laborieux, la meilleure espèce de citoyens; et cet usage de ma fortune me dispense de rien donner en aumônes publiques et particulières. Quel abus du raisonnement! lE^ votre erreur est-elle artificieuse ou véritable?
Sans douté; c'est une action bonne, dans l'ordre social , que l'échange habituel du revenu des uns contre le travail des autres , mais aucun mérité n'y est attaché, car la richesse ne serviroil de rien aux propriétaires s'ils ne pou voient pas la convertir dans les diverses productions de l'industrie. Ce n'est donc pas à ce j>rix qu'on prête àVÉtemeL
L'homme qui peut aspirer à une traasactîon si magnifique ne reçoit rien en échange de son argent. Il donne aux indigens hors d'état de s'acquitter par«aucun service, à cause de leur âge ou de leurs infirmités; et il répand gratuitement des secours sur une famille où
le nombre des enlaos épuise le& ressotirces du père.
L'homme encore, qui peut aspirer à une pareille transaction , examine , apprécie les besoins particuliers à de certaines positions , et il se montre libéral avec délicatesse envers les personnes déchues tout à coup de leur ancien état. Il ne dit point, avec ces appresseurs endurcis, aux personnes élevées dans Taisance, et dont les goûts, les sensations, les organes se sont adaptés quarante ou cin* quante ans à une même situation ; il ne leur dit point, au moment de leur ruine : Coiv* tentez-vous maintenant des alimens, des vétemens les plus grossiers. Il ne se dégage paâ de toute compassion , en comptant le nombre des individus réduits à un pareil lot dès leur naissance. Il ne détourne pas sa pensée des effets de Thabitude; et loin de diriger sa pitié par des règles générales , il étudie de plu& près le bonheur et le malheur; il cherche à adoucir Tamertume d'une dégradation préci* pitée, et il rend de cette manière un culte à rÉternel. Âh! fut-il jamais une époque qù cette espèce de bienfaisance ait été plus nécessaire? On ne voit partout que des hommes jetés hors de leurs anciennes places, et trans*
DE MORALE BELIGIEUSE. 2133
portés lotit à coup des âoi>ges heureux de ta fortune au milieu des réelles et pénibles angoisses d une indigence à laquelle ils n'ont p^int été préparés. Ils ne tiennent à leurs jours passés que par des regrets , et leur courage ne peut suffire à la grandeur de leurs sacrifices. Ah ! secourez-les, vous qui le pouvez; et environnons tous leur disgrâce d'un intérêt qui leur plaiSiC et qui les console.
Ces dernières paroles ramènent mon atten-* lion , d'une manière générale ^ vers une sorte de nialheur commun à tous les hommes, et auquel Cependant nous dédaignons, nous négligeons sans cesse de porter assistance. Oui f il est des services plus essentiels, plus effi-* caces que les dons et I^s largesses, et qui sont.de même une offrande agréable au Dieu de bonté. Et pour mieux connoitre cette vérité, rappelons -nous d'abord l'essence de notre naure. L'homme soumis aux lois de son organisation phy^que, est encore avec plus de continuité d^ns la dépendance de ses sensations morales. Nous sommes habituellement heureux ou malheureux^ et par nos souvenirs et par notre prévoyance ; heureux ou malheureux , et par l'action de notre esprit , et par les égaremen s de notre imagina-
2^4 cocus
tioo. Remarquons ensuite que cette partie morale de nous-mêmes a dû prendre un accroissement de consistance à mesure que l'esprit de société s'est animé, s'est aiguisé davantage* Nos prétentions alors se sont multipliées ; et par elles nous avons été exposés aux humiliations, aux disgrâces 9 aux contrariétés de tout genre. Des paroles, des formes , des manières, en nous présentant l'opinion des autres, sont devenues pour Têlre social une source constante de peines ou de plaisirs. Tout ce qu'il j a de plus subtil a pris de la substance, et s'est changé en force, pour nous ejicourager ou pour nous abattre; et souvent notre esprit essaie en vain d'analyser ces impressions fines et nuancées qui composent le tableau de la vie. O mystères de notre nature morale! qui pourra vous périétrer et vous définir?
Sommes -nous au centre de tant de merveilles, ou faisons-nous route autour d'elles? Nos recherches se perdent, im)s facultés s'épuisent dans cette méditation. Heureusement ,' et c'est un phénomène de plus , heureuse-, ment qu'un rayon de lumière éclaire les vérités et les principes dont nous avons un usage habituel. Ainsi, quand nous éprouvons une satis-^ faction si douce et si pénétrante, en entendant
des paroles qui nous flattent ou qui nous consolent , ne sommes-nous pas avertis des moyens de bienfaivsance dont nous avonslété rendus dépositaires? Et puisque les autres nous font tant de bien en relevant notre courage, en nous raffermissant contre nous^ mêmes, en nous montrant un meilleur avenir , refuserions-nous de les assister à notre tour dans leurs sout:is, dans leurs angoisses, et jusque dans les combats de leurs sentimens , ou dans les tourmens trop réels d'une imagination alarmée ?
Cependant, nous le voyons sans cesse, les mêmes hommes qui ont retrouvé la paix de l'âme auprès d'une personne génér^euse et sensible qui à su les entendre , qui a su parler le langage de leur dôùleuf; ces mêmes hommes , loin de songer à rendre aucun service pareil, en évitent foccasion, où savent habilement s'y ' soustraire. Ils ont joui de la douceur avec laquelle on a traité leur foiblesse, et ils intimident oti repoussent avec dureté lès itioûvemens expansifs qui s'adressent à etix, ^tqni semblent chercher une assistance; Ils se souviennent peut-être encore des consolations dont ils ont eu besoin; mais en les recevant , ils les ont considérées comme
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un simple jour répandu çur le.i^r sifuatîpn ; et, privés de tout Içsprit quç donn^ le sçDlifpçut, l'art bienfaisant qui a rep^idu le$ consolations salgtaires n'a point fixi^ leur fittentiofi, et nulle trace de recQ|ip9i^jsance |ie sert ^ guidçf leur conduite, et h, iparquep leurs qbjigatiopji. (jîependant, nous }^ s^yops^pp^, <)M«)g^.ç^ inomens donnée à up m^fl^çuf eif ^ » ^pYÇ^q \^ victiraç dç sps açital|ou^^ aurp^e^t l^iff^ B^^ être pour le rendre au repos; et si yq);^ 4ir ^iez que vous ne pouvez p;^^ disp^f^er fii^ votre temps; si vous dis,iez qilç vqi|^ ^PHf jîprnç^ ^ percer »" »fiq ^ç yjç^rp f^ifîille ^^ous Içs i^nr^s d? bienfais^cjp , }l uçju^ S^fx^if ^lors permis dç. vpus suiyrç de ^Pf Tegaj:df dans Iç çei'çle qu vous voulez YQUf rçnfepoier* Qujç vçjcnQQfrppUf alpr?, et }e plusspu.yiept? un ton dç cpiRPuapdçment ^pverf vos iqfi^t çieijrs^ une dpre r^i^ou ^nvçr^ y?.*i^jSW^» ?* rarement cette l^onté qui s'assQciç. ^vt^ {bit blesses ^e )a riature hucnaiue. Vous pe cour sentez à aucun sacrifice dç vo.<!} droite; et vo^| ne voulez soumettra yofrç carjiplèrje ^.a.wqnfi ^êne ; ainsi votre aulprit^ ,,yo^re .^jj^iigifur, voilà vos sçuU guides. On yous étiuiîp , o^ ypus raéiiage, on a peur de vpy.s^l,ç^§er ; eJL.jamaii^ il n'entre dans yptrp çsjpuit qu^ vpj^^yie^^ à
rempli^ lea mêmes devoirs^ You^ êtes y i( ^% vrai, vous êtes quelquefois généreux de VQtrç fortune ; mais la religion nquâ TappreAd: les dpo^, le3 libéralités, les aumônes, np sont pas l'unique expression, de la charité ; et ç'es): de plusieurs ^lanières qqe Van prête au Diei4 de bouté. N'en rejete«i aucune; et, dès ce monde , vous goûterez les prémiceç de^ récom« penses çéle§|:es que la reUgion vous promet^ Es^ayes^ de cet emploi (}e la vie , et vous y re*? cueillerez des satisfactious qui purifieront vptre âme , et qui la rendront accessible aux plus douces émotions et aux plus sublimea espérances^ 4^! qi('elle charmera vptre cœur, qii'çlle vous paroi Ira belle, cette jourpée où^ ei^ la terminant 1^ vous pourrez voui» dire ai vousTmêmea •* J'ai guéri telle peine , j'ai adouci telle ipfprti^ne, et j'ai tari les larmes d'un mal* beureux en lui adressant des consolations aux* quelles il aspiroil; inutilement. ]^t surtout, qu'il est imposant , qu'il est magnifique, ce moment , le dernier de tous , où l'homme de liien, jetant &e3 regards en arrièf^e , et parcourant sa vie , ^eut emprunter le langage de }ol^,. et dire avec vérité : Je ^livrois P affligé qui envoie j, Vorplielin qui n avait personne pour le secowir* La hénédiçtion de celui qui aUoit
iaS COURS -^
périr venait sur moi , et je fàisois que te cdèuf de la veuve sautait de joie*
O délices dé la bienfaisance et de la charité , de quel prix n'étes-vous pas à no^ yeux! Vous nous attestez l'existence d^un Dieu qui aifne et qui veut le bonheur. O Dieuf nous aimerons, puisque vous aimez; nous ferons des heureux, ' puisque c*est là votre plaisir; et, en présence du gardien' généreux de la race humaine, nous défendrons le foible et nous le protégerons. N'est-ce pas là rengagement que vous voulez prendre ? Voici , le registre de ceux qui peuvent prêter à TÉternel est ouvert, refuserez-vous de vous y faire inscrire? Ne demanderez vous pas d'être admis à cette coùvenlion solennelle ? Notre Dieu parle de nous rendre ce que nous aurons fait pour les pauvres et pour les iiffortunés ; ettous nos moyens de bierifaîs^nce, nous les tenons' de lui! Ah ! profitons de son immense gratuité; faisons-le, tandis qu'il enest temps encore, tandis que l'ange rfe la mort n'est pas là pour nous dire : // est trop tard ^ Cheure' du juge» ment a sonne. -
Et vous qui nous êtes confiés par le souverain Arbirre (les destiuéi'S ; vous dont Pindigeace et les besoins nous présentent Toccasioni
DE MORALE RCUGIETTSE. ^sg
de -prêter à V Étemel j venez , approchez;Vous de nous , afin que noi|S puissions recourir à votre médiation. Ah ! si vous êtes appelés à recevoir de nos mains le gage de notre alliance . avec le ciel , vous êtes plus que nous , et beaucoup plus que nous. Vous devez altester le prêt que nous voulons.faire à TEtre suprême; vous devez lui en porter la^parole. C'est votre témoignage que nous invoquerons pour réclamer les bontés du Dieu de l'univers. Quel titre, d'honneur et de gloire peut égaler le vôtre ^ au jugement des hommes et dans le cercle de leur premier intérêt! Allez, et marchez devant nous vers les demeures saintes : vos vêtemens déchirés, ces lambeaux qui vous couvrent, sont plus respectables à nos yeux que les robes dé pourpre et les manteaux consulaires. Allez, et marchez devsMit nous, afin de nous rendre propice le souverain Maître du monde. Oubliez l'homme hautain qui vous» a long-temps dédaigné ; il reconnoit aujourd'hui le rang que la religiQu \ous assigne* Oubliez l'homme avare qui vous écartoit de sa maison , pour vivre seul avec son trésor, pqur contempler son argent et calculer ses épargnes; il pense à vous, il vous rappelle, il connoit aujourd'hui le meilleur, emploi qu'il pouvoit faire de
i3é fcotjRS
son superflu. Oubliez Thomme du monde, qui âe plâignoit de Iros importutiités : tin revers, une maladiévîtU bnltippfis , pour la jpireïftière fois , ce que fc*ëst q(Uè le ttialhèùr^ fet il ra vous écouter; il est prêt à votiîs tendis une maifi làécôuràblë. Pardon h^t tant d'oùblte , lâhi d'injures qUè hbub vbulôhs Mpareh
Et vous y chrétiens , garantissez rengagement que nous prenons en votre nom ; et de Retour dans vos maisons , allefc ^pàber de vos goûts frivoles, de vos somptuosités , de votk*e luke, ce que vous voulez />^<ft^rii V Étemel. Il eiSft Ik iioiirce d^s Hchesses; il est le dispensateur unique des biens de ce monde et des récom-, pènséÀ éternelles ; il tient tout dans sa tnain. Pourrions-nods négliger d'obtenir un titré à ses bontés ? Ah! qu'il est dout d'avbir afFaire à lui quand il altne. Que trou^erei-vbtis *ll*leurs à mettre eh Comparaison avec les fâvëtiri dont hotre Dieil dispose? Rien qui ne sbit vain comme le bruit; et passager cbihriiè l'onde. Saisissez dbnc , âtec respe£t et avec recbnnoitôance , l'ocëasiéh qui vous ebt offerte pout dohner à votre forttine tine valeur irtipél'issable ; pour la (Placer datis ceé batit^ lient où lé.^ vô)eut9 n^dtteignent point i potfr la transporter dâtis ceé^M(^ttittéS eélé^téH on tout
DC MORALE RÉLIOIEUSC. à^\
86 tnûl^i^fié î>àr dès nombres indalculables ; où tout eèi àâns bornés , où tôùi est infini cofîinie lé raàitre des mondés èi dé là nature. Ah ! ^11 n'y àvoit qu'un jour pour prêter à VÉtèhiël, ^'11 iVy avoif c^u un éêuï lieu pour èonscttiiïriet'' éèltë négocia lioti , pour signer, iponi*Séé'lléï* tel auguste traité, noua sortirions en tcAAé dé n6§ maisons pbiir arrivera temps. Le riche se feroit suivre de ses trésors , et ses valets , ses chariots rémpliroTént les chemins , obstruéroieiit ïé^ rdti^ès ; \{ voùdroît à tout pîèlx i|tiè s'es sa'ôfiâi^és 'fussent îés premier^ 2({)étçt^s. Éh biéii ! c'éàt à toute heure et à tout lîidment ^tié nous pouvons fconsàcrer notre offrande , et hô'ùs lé pouvons tous , n'importe lé dégi^é dé notre fortune; car la pité de la vèui>è est tét^ué cfàhs ce préi auquel la religion nôtis aj[fpéïfè ; id pltè de ta veuve j est comptée j et lès anges js:emblent sourire à ce don <|tié là béhédiétiôni du éiél va faire fructifier. £flé est gfâù'dè^ elle est magnifique^ l'idée téligieirée ^tiî aâtùèt toû^ fés hommes aux jôuis^àrfcéik de l^ésprit dé charité ; qui les ad-* tdéi égafeiTléht, n^aisd^une maniéré différente, à cé èotifiAnérëé de biènifàisàncè et de gratitude si {ri'oprë à hbùh Rappeler lés relations de riiômioè siVee fÊtré àuptèiûé^. Ï6ùteé nos.
»3i^ C01THS
vertus sont nn reflet de perfections diTines ; mais celles qui ont un caractère d'inspiration , celles dont notre cœur est le premier foyer , semblent une étincelle de la nature céleste.
Aimons donc , et soyons charitables ; aimons, et adoucissons par nos soins la destinée des êtres sensibles; nous seconderons ainsi les vues du Dieu de bonté , et nous travaillerons à son œuvre.
C'est peu de chose que nous sans les antres; sans les vastes rapports que la vertu nous présente. Quand je parlerais le langage des hommes et des anges ^ si je n'ai point de cha^ rite f je ne suis que comme F airain qui résonne^ ou comme la cymbale qui retentit.
Oh! vous qui le pouvez, réparez les malheurs produits par l'injustice et par la dureté de cœur. Jetez quelques bons grains,. gt semez quelques fleurs sur cette terre désolée, sur cette terre que d^autres remplissent de ronces et d'épines; et laissez au Maître des temps, laissez à l'Étemel , le soin de rendre à chacun
selon son mérite. Ah! ce n'est pas lui, ce n'est pas notre Dieu qui est changé ; ce n'est pas sa bonté qui est finie. Yoyez le printemps qui revient encore ; voyez l'astre du }our qui reparoît à son heure marquée ; voyez partout
DE HÔRALE BI^UGISnSE. ^33
les signes de la protection céleste. Ne cesser donc pas d'aimer et de faire du bien ; et vous rappelant ces paroles : Celui qui a pitié du pauvre prête à F Éternel^ vous rappelant ces paroles , enseignez-les de bonne heure à vos enfans , afin que leurs premiers pas dans le monde soient de la charité; les seconds, de la charité ; et les derniers encore de la charité; et afin qu'ils soient avec vous à la grande journée des récompenses. .
C0tR9
Dis-couiis iy.
6 pierre. Sm^
Qae lé plife jiiste de tovs Im jette !• /eoAy Chap.'S, f* y»
Que le plus juste de vous tui jette tùprëhitètB pierre. We^iik ce que Jésus- Christ dihoit aux Juifs irrilés contre la pécheresse, et prérs à lui faire subir un traitement rigoureux: Que le plus JUS te de vous lui jette la première pierre. Àh! que ces paroles, consacrées par la religion , ont un caractère émiuent de douceur et de bonté, et qu'elles deviennent pénétrantes par leur rapport intime avec notre nature!
Nous* marchons dans la vie, environnés de pièges, et d'un pas chancelant; nos sens se laissent séduire par des amorces trompeuses; notre imagination nous égare par de fausses lueurs; et notre raison, elle-même, reçoit chaque jour de l'expérience le degré de lumière qui lui manquoit et la confiance dont elle a besoin. Tant de dangers unis à une si grande foiblesse; tant d'intérêts divers y avec
DE mora£é réIigAlTjsb/ ^35
tinc jUrëvôyàrice Htaiiiée, une capacité si restreinte ;*étiâd tant de choses inconnues, et une Isi cOlil'tè vie : toutes cëé circonstances , toutes ceë conditions de nottHe natul*e , ne sontelles pas pouk* ndtt^ tin âvèrtissemetit du haut rang que nous d^Vdhs Hècordei* à l'indulgence, dans Tordre de% retînt sbciâles ? £lle èbt aussi néces^ai^e (|ue ià, fcharité; elle se lié à des principes semblables; et, comme la ch<1rité encore, elle se elâsse également et parmi les devoirs de l'homme privé et pstrmi les devoirs de lautorité sbuveraitie: mails sous cette derïiière relation, ellfe pretld lin notn différent, et Yùû etnpioie alors pour là désigner leÈ irhots augustes de cléfHence, de gtdéej et dé iHisé-i^ rfcoïrlè. L'indulgence en effet, ddiit les huances soht délicate.^ , dôtit les limites ne sodt pa<i fliées, tle petit être exercée Jirbitrairement Que par les particuliéJi^^ ; hiaîs il iiiipôrte à* la Société entière que l'ittdulgencé des princes et dès falagistrats soit soumise k uhe tti arche réglée, ou à déè priticipés i*éfléchià; et c'est après lé triomphé dé la justiee qu'elle peut àpparoU^ et côhsôlér leâ hbthniës.*
Ne parlons d'àWd que de Tindnlgénce des particuliers, de cette indulgence si luiliineuftemèftt indiquée dansVibtre tëktè : Que tepltu
a36 cotTBft
juste de vous lui jette la première pierre* Ce* paroles, remarquables par leur simplicité et par leur précision , nous disent à tous : You» qui jugez les autres avec sévérité, vous qui les condamnez rigoureusement , vous qui les dénoncez à l'opinion publique, vous qui seriez prêts à vous constituer leurs accusa*, teurs, voyez si vous avez acquis le droit que vous vous adjugez; voyez si vos vertus vous lie donnent; voyez si la perfection de votre morale et de votre conduite n'offre aux cen-» seurs ou à la critique aucune prise sur vous. Jlélas ! où est-il , Thomme qui soit eicempt de foiblesses ? où est-il , Thomme qui n'ait aucua reproche à se faire? où est-il , 1 homme qui puisse regarder en arrière de sa vie sans éprou* ver un seul remords, ou sans connoitre aucun regret? Celuir-Ià seul est étranger aux agita* tiofis d'une âme timorée, qui ne s'est jamais examiné lùi-méme, qui n'a jamais séjourné dans la solitude de sa conscience. L'un n'a pu dominer son caractère; l'autre préfère obéir à ses passions, plutôt que les réprimer ou les combattre; quelques-uns ont accommodé leurs principes à leur avarice et à leur ambition; et leur vérité, leur franchise, ont été plus ou moins complètes , aelon la mesure dei'iptérél
DE HORALB RSUGIEUSE. aSy
pertonnel xju'ils avoient à sacrifier; enfin , le |yhis grand nombre, au milieu des vanités et des honneurs du monde , ont oublié Tauteur de tous les biens. Et voiià les hommes qui demanderoient la mort de ia pécheresse. Âh ! que le plus Juste d^ vous lui jette la première pierre ! Et ii« croyez point qu un haut rang dans l'opinion^ et même une grande réputation de vertu, donnent le droit de sie montrer sévères envers les autres. Vous avez beaucoup reçu , mais il vous sera beaucoup redemandé, D^ailleurs, certains que vous êtes de l'hommage des hommes, vous présenteriez-vous avec une égale confiance aux regards pénélfrans de notre divin juge ? Nous vous voyons di.stingués entre tous par une conduite géiiéreuse, et par des sacrifices éclatans; mais Tamour de la louange n*a-t-il pas été vt)tre principal motif? Et quand vous auriez su faire le meilleur choix parmi les ambitions mondaines , vous ne seriez peut-être qu'un politique habile aux yeux du souverain appréciateur de toutes les actions et de toutes les pensée^. C'est donc à vous, mais en secret et sous le voile imposant qui cache vos foiblesses , c'est à vous que je demanderois, si vous vous croyez étrangers à la condition des hommes; ou si , vous exa-
a38 . CQDU
iniaaot ^ttentivieiEqeot» vous fi^appe}^ f^^^ cqmme nous, Hadiilgi^nci; et 1^ cqff^pasfipn
O v^rtp ! yç|*lu parfaite ! &i yq\k% ^yiç? ui^ interprète parpji^ç^^ mortels , et uo ^iU^r{xrète digne dç yqus , c'est ^ lui que pqu^ d^vriqo^ x^qm ^dresser poqr hlp^ cponoître l^prîx et le iDÇfite d^ l'iadulgence ; il uaus i^prepcIraH par qfiel motif secret cette nol^Ie et gé^é^fenis» qualité nous paroit toujours ^a d^ traiU distinctifs de la ï^emé idéale , et |'«n d«8 p«j. miers caractères de la véritable grafxdeur*
Ce n'est pas seulement d'if ne. ma^iière marquante q|4ie nous sommes appelés à e^erco^ U vertu de l'indulgence ; cette vertu, deyient ea-^ core nécessaire dans les détails les plu^ comn muns de la vie sociale. Étudie^ un peu la na<* ture humaine, et vous n'es:igere% japi^îs de3 autres qu'une certaine mesure d'ef^^^ et de sacrifices. X^'homme , lorsque jaous le jugeons abstraitement^ paroît susceptible d'uae peiH fectipi^ graduelle, d'une perfectioij^ do^t ]es liniites ne npus sçnt p^s connues. iy[^i^ il en
est autremçint dç Tindividu pris au hasard 9 de l'homme so.umis a\ix chances de la nature , et restreint encore dans ses progrès par le geoir^ de 9pn éduc^atiqp.
Çf ^c^t 1^ df^ vj^ritjéfl 4^at ii^9 serions to^^ é^^I^joent frcipp^^y si qqtr^ organisfition çpqr^.ç: éfcoij au#si y^ib^s quç HQ»?e prg£mi$a« tiqf\ pby^iqu^} ^K ypu§ f^itç-s siroplemçn»
pfçuye jJ'ignor^nçe, voms qui per^i^te^ opi- Qi^tré^ep); ^ y^fijoir de3 aulr^9, pri tribut: ^ le degré de conception , !e degré d activité » Ia degré de s^uite çt die vigilance que leur fortune ^piritueUe ^^t, hqvf^ <l'ét^.t <le donner.
^t ici {'oi:^ (iécfc^Mvre uo de$ car^ctère^ a<hiiî* rs^ble» çl? I^ loi 4ivi^6' h^^ coaiinandei9ea$ dont ^\l^ p$t cQippqsée, Cjçs comniaudemens, t^U qn'iU nous Qi^t été interprétéa p^c la doc* trine cbré(|fsnnç,^.ont tpus relatif$i et propor-i t;ioMués ^ la mesijve de no$ forces; mesure qui sera CQiinuç ^e notre juge. La pite de la ^ww^ cç. mot de r^vaiigile , ce beau mot que nous ^vons relevé en parlant de Taumâne »
ce n)ot est d'un^ application universelle*.
4i.Q^i t lorsque nous marchons dans la route 4.e l<i yertu, lorsque nous voudrions attein^-* 4re ^. la perffctiqn ^ faisons des efforta, maî& SbSlp^ ^(é^^spoir, cm rÉternel connoit notcç. puji^^npç; ^jt c'est diiyant un tribunal où rii^n u^'^^x p^ché % qu^ nous aurons à compa-» roître.
i^eroi^-çe k nous à être pj«» rigoureux que
9i4o couiia
Dieu même? L'indulgence est, de notre part, un acte de justice autant que de sagesse.
Ajoutons maintenant que nous nuisons à notre propre bonheur en nous armant d'une aveugle sévérité, et en refusant de condes«ceiidre à la diversité des esprits et des caràctèt'es.
Les hommes d'un état supérieur se font simplement haïr, quand ils ne s'imposent aucurf ménagement envers leurs semblables.
Mais qu'arrive-t-il entre des égaux ? qu'arrivet-il dans l'intérieur de la vie domestique?
qu'arrive-t-il , si Ton s'abandonne sans contrariété aux exigences même les plus raisonnables en apparence ; aux exigences qu'on peut toutes motiver une à une? On se heurte contre une nature d'esprit dont la modification est souvent impossibki^; on se heurte contre un caractère £hcé, dominé peut-être par une force secrète; et, en s'occupant sans cesse de la même correction , on voit sans , cesse* le même défaut II n'y a plus alors "qu'un échange d'humeur et de bouderies en* !3*e deux êtres, dont l'un revient à toifite heure à ses avertissemens , et l'autre, à tout moment, à sa nature.
Yous le désirez peut-être; agrandissons
DE MORàL£ RBLIGIEUSE. 2^1
notre spectacle, e(;vQye2av€c nous comment l'indulgence mutuelle est une idée mère dans le système de notre organisation.
Les hommes n'auroient pu vivre en société , si le Créateur avoit établi des inégalités trop grandes entre leurs facultés; car toutes leurs perspectives eussent été dissemblables; et placés da^ns le même cercle, jamais néanmoins ils né se seroient. entendus.
Que si les hommes, au contraire, avoient été modelés sur un plan, trop uniforme , il y auroit eu tlans leurs intérêts et dans leurs
rapports ^une monotofiiîe incompatible avec une vie de mouvement, et de liberté.
Admirona maintenant la mesure parfaite adoptée par la sagesse suprême. .
li y a dès distitiction^ e^tre les facultés des hommeïs; et .le$ unes SQiat l'œuvre de la na* ture, les autres» le. résultat de la diversité des éducations; fhaiscës dislinx:ttons n'apportent aucun obstacle à xioâ. communications mu-^ tuèljes, à toutes celles du moins qui.sont véritablement néc<e3saires ; et le complément; de ce beau sy&tàme est confié à la vertu de l'indulgence ; U est confié à cette vertu , de la même manière que la charité est appelée à prévenir xiir. 16
pouvez être lejuge des.horpn^ejit^.etieur juge infailliljile; puisque , seu] , yçii^^, lisiez dans les cœurs, et sondez la pens^ç; .puiçiqu^e., seul, yous faites s.^jrtir de ro^^curÂ^é* les .témoignages redoutables au crime , ou favorables à rinnpc,encç. Qai.i iLex.^ste ce\, ^tre à qui nous ne pouyons. rien cacher^ cetÊtre q.uiyQit tou4: du centre ^dp rimmen5.ité. Quelle ^ejE^rayaute |)ensép, si 1^ jeligiAU^ue nQus ràasuraî,t pas ! O puissaqiç^s . du ciçl !. . <|itef T-qaujS , r^épj^tez»* nous sans cçç3? ,quç i'jél^er^el e^st 1^^ Test par sop essence , <|q'il lefut.de ^ut{;jeinps «t le sera toujours, £t, nous, /en^ plis de cette espérance, pserons-noua étçe.durs et, inipi-^ toy.àl>les? eten voyant passer cette multitude d'apf^eurs qni^ sous.divers dégif ifi^çmens , occun^nt^un pioinentlaacènedu mondç , oseronsno.uç, en lepr, trouyi^nt des torts, jeter à aucun d'eux la première pierre ?^ovL^ vivons trop en nous pour examiner les autres attentiveipent; nous sommes, . tr(^ distraits pour les bi^njuçer. ' ;,
Enfin , lors m^éme que , par une pénétration surnaturelle, nous découvririons les motifs secrets des' actions des hommes, et que nous condamnerions ces motifs; tous les droits, tous les titres d'un cqupable, à rindu%ence ne
DE MORALE RELIGIEUSE. aJ^S
^eroîeht pas perdus. La tdigion dil mpiiis nous en indique d'autrfes é^lement précieux à la foiblesse humaine ; et c^est ici qn^in «e^ coiid sujet de réflexion va nous découvrit entore une dès grandes vtieô , une des intéii-^ lions snbli mes du souverain ordonnateur de tiotre système moral. ; no. • ?
Dieu a voulu que l'homme fiit gôuvfeVné par lui-même, eti]ue, dans cet empire intellectuel Uont il Ta investi , il y eût dfivers pouvoirs soumis à tine seule direction.
* G'est pour remplit cetïe intention prîtni- 4ive, que l'Être suprême, en nous donnant la raison pour guide et la félicité paur terme, nous a placés au milieu d^une grande diversité 'd'intérêts , qui forment , en quelque manière, i*enceinte d« nôtre autorité. •
C'est là que l'homme, dans unfe sorte d'équi^ libre inséparable de lajiberte, se voit attiré vers le bien par son expérience et pa^ sarëflexioû ^ tandis qu'il en est édarté par dés^ pasi^iorts incerisidérées ; c'est là qu'il est alternativement sage ou imprudent , dotile ou rebelle au^ lois d'ordre et aux conseils de la religion.
li entre cependant, il s'avance dans la fottte de la vie; et uiï heureux instinct, éclairé, fortifié pair rédufcaftion , Itii inspire Tamoar de la
vertu el Je déair 4e plaire à ï'Êtfe auprénoe ; mais il çst sippei^ailleur^ par di3$ i|lui|ipa&j il y ,cèt|ç, il l^s 6jui|:,, U ^MÎ^le U», voic^spii i^ couppaeuçpit ^ marcher. (tVtipd^:0ffi^r)RP^ÎÎ i\ chancelé, U faillit j. et.cgndarpué par i^p pro^ pre jwççqîent, q\\ç ya-t;il dçvepir?^toiiffer4' t-il ses remords; ou , de d^se^ppir^re^Pape^fiT
%'\\ pqui'y^pujown aw PU^te d^ l^mçr^JePlÎpn»
nooi la yqi^^ bienfaisant^ de 1^ fçligiap.$^'|tp-r prèle à le rani^çr; ^IJq l^i ap^Fçud^ qa*aif système des devoirs (!« Thoipipet V^ ^^^^fflf dfi .^a libfirMr ÇI^^V ?. }pi<*^ ^^ sy3tèrnfe4«l la
yepeotapçç çt 4e son 9^4^Uç; «| notrç raison,
pidée par VHJ^ si ^ai^tf in^^truc^ipa , p^ff^f^df fs^Si k 4éfip^Yçi^. qi^^, çc 4çri^içr&ys;lfqaçx If syf^tèflïçixlç l^rçpwMivqf ^ ^st; a^^si u^9^Mi^ que les deux autres ^ la f9rj[]p>^lipo et. stn cf^r p|éa)e^t d^ Tç^^Ff^ univer&çL Çq ft^feU k H- Jief té , daq? jipta appUcaÛPO à uotf!^ f»iW« n»
t\i^e^ ^'^% éf^ qu'une ^qyçqtip» ««vrihkl #1 r^iopRR^ç, dès sça pTemiçrfs fftMtps, e«t ^If jfpywi^ à upqçoiid^Pfnf^^ipGl irrévPQ^^l? î ^ï Vadaiira^iile l^Ul^tipi^ . ^e^ii\m h tr^Q^ If cercle de xkq» dfsypiirj^ ç^v^eç^v)^ autrp^ , «i^n^ei^
jçious-méme^ «^ et eiiyefa X^^^9> ^^pt*^'ff ^t 09^^^ l^gisUtioiq .014 t^nl rt'ip.lérfU sflWtfliis ^nfe^t
DB MORALE R£LIGI£eSe. ^^J
si, défi nos premiers pas, nous avions été jetés dans le désesporr par le sentiment de notre imperfection. C'est donc à là faveor du re-^ pentir et 'de son mérite ique nous dessons ^'étre épouvantés , et de notre liberté , et de notre foiblesse, et de la diversité, de^ios de» voirs. Il nous reste une crainte salutaire ; mais aucun abattement ne peut , ne doit raccompagner.
]>isons-»le^ répétons-te dans cette occasion d'une manière généfale , les principes qui e^nsti'Cuent notre organisation morale et qui règlefit son mouvement, attestent à des re** gards respectueux une suprême science ; ils solit admirables, et par leur vaste applica-** tion, et par la iifstesse de leurs rapports, et par la sagesse^ leurs lîmites; et ({'est uni« quement St/ùns le travail d-une consumante analyse 9 qu'enfin dénaturés , ila^ie s'offirent plus à nous dant leur sublime accord et dans leur véritable essence.
Alors on se permet de demander pourquoi rÊtre suprême > au lieu de faire servir Tindulgeace et la repentanceau complément do sQu sjistème , 131e les a pas rédduea Tune el ' Vautre inutiles « ou en noua créant parfaits^ ou ^ïk nous ^ffranehisaaat de devoirs ? liais
248 COtRS
vous, qui faites un reproche à riiitelligence infinie, YMis si petits devant l'Être éternel , savez-vons seulement si la liberté n'est pas un des élémens- indispensables à notre amé; lioration progressive ; si eHe n'est pas le moyen t Tunique moyen de communiquer des droits 9 de donner un mérite à l'être créé, et si elle. n'est pas inhérente dans tons les points au plan général de notre destinée. O^ abîmes de la pensée! esprit , instinct, liberté, volonté, comment vous sdnderibns<*nous? O abîmes de la pensée! nous nous arrêterons sur vos bords; et cherchant la lumière qui vienjtd'en haut, nous croirons, nous dirons que Dieu seul est partit , et que seul il doit l'être ; que Dieu seul est affranchi, par jpn essence, des lois de gradation et de pf*ogression ; et que seul encore il peut être libre, avec une volonté constamment la même, avec une exis* tence immuable. Étendons nos mains vers - le ciel y et reconnoissons les ignorances de notre âme.
- Réfugions-nous en ce moment vers les enseignemens simples autant que sublimes de l'a religion; et nous rapprochant phfs immédiatement de notre sujet , bénissons l'Être des êtres, qui, dans ses vues mystérieuses en fa-
DE MORALE BELIGI£US£. !l/|9
veûr de l'hoinine, âa créature, n'a pa$ fait dépendre notre destinée d'une erreur ou d'une foiblesse; qui nous admet au contraire à nons racheter, à nous renouveler, pour ainsi dire, par nos regrets, et ^otre repentir. Et ce n'est pas au loin que Thomme doit aller chercher cette purification; c'est en lui, c'est au fond de sa conscience qu'il petit retrouver l'espérance après le découragement, et le calme après les alarmes.
Qu'elle est belle, la religion , dans ses exprès sions sur la repen tance! Ilya^ nous dit-elle, iljratU la joie devant les anges du cielj pour un seul pécheur qui s^ amende. Grand avertissement pour nous ! Quoi! c'est au séjour de la sainteté que la repentance est admise; c'est là qu'on se réjouit /702/r un seul pécheur qui s^a* mende; et sur cette terre, où les plus parfaits ne sont que foiblesse , on ne voudroit rien pardonner! Ah! c'est l'étude de notre nature et le sentiment de nos propres besoins qui noua appellent à l'indulgence, qui nous en impo^ sent les devoirs; et l'homme s'oublie luimême, quand il s'arme d'une rigueur inflexible contre les erreurs et les fautes dont il se constitue le juge, dont il se déclare le vengeur. C'est assez, dans notre communauté sociale.
a5o COURS
(le la sévérité des lois; et les particaliefs n'ont pas le droit d'usurper ou d'imiter cette sévérité < elle fut inventée afin de contenir, par des exemples éclatant, lesentreprisea eoptraires k la tranquillité publique; maiadana les relations d'homine à homme » il n'y a rien de néees<saire ni pour Texeoiple , ni pour l'effet exté* rieur, ni pour l'instruciion générale; et noua rentrons alors aoua Ift législation de la charité, sous Tempire des vertus qu'un Dieu de b<mté nous commande»
Aussi Tindulgeuee n'eat pas, comme on le présume souvent, une «xeeption èla sévérité; c'est au contraire la^aévérité, qui est iine^ex^ ception à l'indulgence..
En effet, l'indulgence est un sentiment de tous les jours et de tous les momens ; elle ne se rapporte pas à des. conventions, mais à notre nature; et c'est partons les hommes indistinctement qu'elle peut être exercée. Il ju'en est pas de même de la sévérité ) celle-ci n'est un devoir que pour les représenlans de l'intérêt social; et les punitions sont tellement consacrées à l'utilité , à la nécessité de Vexem^ pk , qu'au moment où elles ne remplîaseftl pas ee but, elles deviennent condamnables^ XiO magistrat cesse ée paroitre l'homme de la
Iptï W^ft^ *^ inflige d^^ ch^i^if».€n8 0b*^|i?$; i^t U ne ^QW «poutre p)u$ ^Iw» que ^on indiftfitff^çe à \^ Couleur j|>utrMi. AU 1 ç>sr. s^ft pqur un étr« aççf»*iWe k hj\\tié , d'avoir pn>nQpc4 un^ ftf niepçe om de «iQrt oi| f|e p^o^ ^çviptioa; c'w< «WQi» ppy? ]^î qw'une oWigat-
ûon M t«|:FiJt>)i9 < Pn ne dpit p^ y Joindre da» «hlF^té^ inytil^^ «t c'^pj le nqm qM'il feut 4Qnnfir 4 tomfH le« vç|ig^>\çe8 dojnl on. »'e3l:
d'ordoDi^?!! up $eul degré de malheur qù^ h
^opgf^ qWau iDoi^c^nt pu yq^ déciaiona arbir lp9ir§$ açcrOiÎ9«eQ|; et pjpolpQgeot , daii« lea té'^ nèb^ei^ d'upe pri^pvi, le tpurm^ul; d'up aoilr p^bl^, c'e^t ^e iQom^nt peut-être où ce même çQUp^ihle , où P^( Mifortun^ , pur «e9 larmes ei iin pontriûon , attire hw (pi 1? çommi^éraÛQD
^ii sîQn Dieii ; ç>f»t \e moro^nt p«)ut-étre q^ i7
jca^k la im 4^mnt l^ ^nge^ du aiei pour $^
l^p^li;Unç9-
Maîft îçi^ quelle pen^^ vient me frapper ^ ^t quel f fffoî i»e «aiait ! L'jirhûpaire est peî* mis ; il e^t (pléirédu moios pour les cMtirnena , pour la vengeance; et parmi noua^ eet arbi<traire est interdit pour la grâce et pour la mi^ :eéricorde. Quelle ppp/^sliàoqkl que 1 pQnti>aiite i
La loi de mort, a parlé; et dès ce iporaent-Tà Aicune exception n'est reçoe^ aucune distinct lion n'est soufferte. La loi dé mort a parlé : cette loi a été faite par des homthes ; elle n'ii donc pu signaler les crimes que d'une manière incomplète, et à la manière des hommes ; enfin, ce sont des hotiimes encoitequi Finterprètent: et parmi n6us, cependant, c'est en vain que, d^ns une circonstance uâique et singulière, on sollicite un adducissenkent , au nom des considérations les {>Uis puissantes , au nom des motifs les plus dignes d'égards.
La loi de mort a parlé ; et c'est en Vain que de toutes parts on appelle la grâce et le pardon , en faveur d'un malheureux une seule fois coupable , une .seule fois peut-être , au miKeu d'une vie féconde en belles actions. La loi de mort a parlé; et c'est en vain qu'on oppose à son application rigoureuse , ou des services rendus à la patrie , ou l'influence d'un nom rendu mémoral>le par les exploits , ou par les vertus publiques d'une longue suite d'ancêtres ; c'est en vain même qu'on y oppose la prévention des jurés, l'inimitié des juges , et quelquefois l'aveuglement passager de l'opinion , ou l'ascendant d'une faction populaire. La loi de mort^ la loi de sang a
DE MOaA$.]E .llELIGISir^E. a53
paillé ; j^|:. c'est à €6 moinent^là que Taulorit^ suprême eattoii^t à coup sans pouvoir} c'est à ce^jmomexd:-là,q^e'^3es yeux ^ont voilés, s^s oreilles feraiéesf c'est à ce momenUlà q^e l'arbitraire est défendu.. Ah ! s'il exista, cet arbitraire y s'il exista si. long-4^enips pour rpp-r pressioqi et poiii; la douleur., n« revivra-t-il jamais.,pour )a,coD(] passion et pour la pitié ?
Qu'il, nous soit permis de faire observer uu ^u,tr.e c^^traste, et.qui appartient également au.s^jet de pe. i^isçpurs. Le drpit cje. grâce est aboli 4fins un t^pps où la pbilospphi^: nojti-^ velle , dédaignant les enseigaemens de la religion^ ççnsidère jes hommes comme de^ êtres régis par la nécessité. Pourquoi dopc^ sous \^ règne de cette philosophie , les traiter avec un accroissement, de rigueur? pourquoi rejeter l'ipdijijgeijpe, et le rpardon ? Leurs, fautes ne seroie^l plus, une violation libre et ipaUcieusf de roi;dre public,, puisqjue chacun d'eux obéiroit à une force irrésistible ; et les punir , sa^^ piti^ , sans miséricorde, c'est imiter ce roi de Perse qui faisoit battre, de. vergf s les eaux de la: mer. y lorsque la direction des'vagues s'opppsoi^s^ la marche de ses vaisseaux.
C'est ainsi qu'une . philosqphie présomptueuse, au lieu de tout aplanir devant elle,
i54 tèvAi
iiàmttib *e8 disfciplés rdtihtthÀAf V iirtilrit>iW àii ëhhti^it*è fé^ difficdUé^ ÂeHbèrb ésf^Ht.âëâ
âU mMi^ii d'tiii-^stèmé irtgéhieîfx ëtf tbni éftt d^?9sin^ par' ntmnëé^ «t p^t^'grkclâfiôrifî } et , hkm èôrth» Aé nWre .^Hjet'^, ttbWitôyôn^ que l'îiitèîïîgthW Ae t'hdttitnè: è'îîFéti àobtirâ avêé to liberté , et que sa liberté î'îst dritttéittcî âW h toéèèsdhé de V'wànlgéhtè , kir€c VdBcktitê dïT ii&peatih Tdut s'Unit par dés Hettè i(lttl|ra- W^fe dàrtS là tnâgtiifique oHbhnaVi<ie'dbrtt hoUS SdutitAès lé prlticipal objets et qUîind nous étuiiidiis le$ div^r^és pîirtîés d'tiùe ît Vâs^é cbtiCèptidH , qtiâird hdus fâssembl6rts liotre àtientîoii sur tm résultat enVirdntlë pour lim/s dé^^ûtrt tlë ttiys^éa-es, fian^ errortS toïV^-ièrtipà diànà ifiofs^ ptôptés 'spëciif^itôhsV itiiis èri prêîâttM'ôi^eillé àlit érirfèîgtiëhieii.*5 deÙryti^îoh, H devenue iètiéfbtesàiféwt arifcrtiil S(!i1î)jîiiié ,* îi6« iiiêertîiiidè^îiéfliiént ;èt Hôti-e âth'èi'ëlêve * 1:1 vérité. Oiii, cefe ètuéfeignertiéuS* pêù^^né i^uH tioué pêifiëtteV d'ùhé Vîvé't6iWil6?rë;' et sè!tïis;par ùtié 'ih^pird«<yn cèïésfe, sfeïits il^ sont en harrmotiie k^ec Pèspi'ïi Vff *Ijl b^éitiôn i et avec les séfc^ets de fÉlëfhel. * ' '' ' ' Ahf ii nbufe ne poUvlohs vôusf às«aci^r'à
I>1B MORALE! ÈÊtlCIÏUSE. ^55
notre ^rsiiaûoïi , là fâtité ten j^rdit à honh, et nous pHeviaiis le Seignetlr d'àûgtheriter notre force 4 de mtiUipiiei* nos moyens , afin.de tioiiâ' rendis capables d'annoncer àa pafole avec autoritéi Mais autôit^elle besèhi d'aucun aide, cette |iatoïe sainte , dont toutes? les expressions ^ôntsipleîliesdevieîKon; la loi iT-éligiense est elatrèdahs ses préceptes : Que le plus juste de votis lui jette la pi^rtiière pierre. Que le pluÉ juste dé vàus! Ah! noHs^vous entendons, 6 notre divin maîlteî voujr nous avertisses dé notre foiblesse, et nous ne présumerons plus de nous. Vous nous invitez à' pardonner, et nous pardonnerons ; à être circonspects dans nos jugemens, et nous serons bienveillans^ indulgens, charitables. Nous voulons devenir tout ce qu'il fout être pour obtenir votre protection, votre clémerice, et surtout votre amour. C'est le vœu de nos cœurs, c'est le sentiment que nous éprouvons à l'aspect de cette bonté continuelle, de cette bonté pénétrante dont vos commandemens nous présentent l'imaglft. Daignez , ô notre Dieu ! fixer le mouvement qui nous entraîne vers vous; dai»
gnez le rendre durable; et que désormais aucun intérêt de ce monde ne vienne le ralentir. Ah ! c'est à TÊtre parfait, au Dieu puissant, au
Dieu de compassion et de ^miséricorde . ifae nous çopsacrerons noire vie ; et j;ttstement abattus par le souvenir.de nos, £aute9 passées, nous aurons présente à Vesprit cette parole incomparable en consolation et en espérance»
cette parole adressée aux enfans de la terre : £t moi Je vouf dis quiljr a de la joie devant les anges du ciel pour un seul pécheur qui s^a^mende. Ah! gloire à TÉternel ; gloire au maître des cieux , gloire, amour, et reconnoisi^ance , dès maintenant et à jamais!
DE MORiLtB RELIGIEUSE. ^167