‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 2)Chapitre 22 sur 25 · DISCOURS IL · texte numérisé non relu

DISCOURS IL

Devoirs envers Ver^ame^

Qû'ctLS est belle, qu'elle est consolante, cette religion sainte qui unit continuellement lei plus dou& sentimens de nos cœurs à l'idée d'un Être suprême; idée conservatrice et tti« télaire; idée précteuse surtout à Thomme qui a placé par Tamour son existence hors de luimême ! Ah ! sans doute , nous avons le besoin ducroire à une protection, de chercher un gardien , au moment où nous éprouvons les délicçs de Tàffection paternelle ; au moment où nous élevons à la vie et au bonheur Jcs enfans qui doivent nous perpétuer sur la terre* Hélas! ils ne nous comprennent pas encore, lorsque mous prononçons avec émotion ces religieuses paroles : Fmci^'iei enfans sont un hérit€tge de V Étemel. Êtres chétis , étrangers encore à vous-mêmes, et les ^%e% prëcteuie d'un amour pur et fidèle> vous nous avertissez

DE MORA'tifi MLIGIEtTSE. 'S^X

par vos tendres regards «t par vos innocentes caresses , que nous sommes ^|ut pour vous ; et cependant nous ne pouvons rien en vofre faveur, rien k l'égal du moins de nosvœuj:, «ans le secours immédiat d'une Providence supérieure.

Nous sommes ardens à aimer , mais foibles pour défendre les objets de notre prédilection ; et en éprouvant le besoin d'une assis-^ tance , nous adressons des prières à l'Être suprême , et nous le reconnoissons au fond de notre ^cioear comme le seul garant des biens qui nous attachent à la vie.

Nous élevons nos regards vers le ciel , nons y cherchons l'aveu de nos sentimens, nous y cherchons la confiance que les choses de la terre nous offrent imparfaitement , et nous aspirons à trouver un accord entre nos affec* tions et la foi sublime qui peut seule écarter de nQtre pensée l'efi&ayante image de la defr* traction.

Ah ! saâs doute , elles doive» t être précieu^ à un cœur paternel , elles doivent y retentir » c^ paroles de notre texte : Voici y ^s enfuns sont un héritage de l'Éternel. Et vous qui ac* quérez , au prix des plus vives douleurs , le bonheul* et la gloire d'être mères ; voua aussi »

vous jsurtout , jouissez de ces mémorables paroles. Oui , di^s-YOus , répétez-vous avec larnies , et pourtant avec ostentation : f^oici, les enfans sont un héritage de V Éternel.

Nous examinerons ^ en méditant les paroles de notre texte, l'obligation qu'elles nous imposent , les espérances qu'elles nous offrent.

Les enfans sont un héritage de V Éternel. Vous devez donc, pères et mères , les rendre dignes par vos soins de leur grande distinction.

Les enfans sont un héritage de V Éternel. Vous «devez songer avec attendrisseme/it qu'ils acquièrent en naissant un gardien et un protecteur ; qu'ils sont inscrits , dès leur bas âge , sur ce livre de vie dont nous parcourons les premiers feuillets durant notre séjour sur la terre.

Nous le savons tous : il y a plusieurs degrés de fortune dans l'ordre social; et, par une conséquence naturelle, divers genres d'éducation. On n'a pas besoin d'exciter les hommes riches à multiplier pour leurs enfans les leçftns favorables au développement de leur esprit, de leurs grâces et de leurs talens. Placés par leur |brtune Ànr cette partie du théâtre du monde où l'on est en spectacle , où l'on jouit des plaisirs de la vanité , ils aiment à joindre à toutes leurs somptuosités l'éclat des1iéritier&

DE MOBILE DELIGIEUSE. 34<>

de leur nom. Guidés par cet esprit , ils préparent leurs enfans à jouer un rôle; ils les modèlent sur les optinions régnantes; et les semences de morale sont jetées dans leur cœur avec indifférence. On loue ces petits êtres , en* ' cote accessibles à toutes les impressions; on les loue à la première apparition d'un. peu d'esprit, à la première tueur d'un talent précoce ; et on les forme ainsi de bonne heure à Tamour-propre et au désir de paroître.

Hélas ! il est trop vrai que tes parens sont souvent complices des prétentions ardentek de leursenfans et des passions dangereuses qui en sont la suite. C'est à des instituteurs qu'on abandonne le soin de placer dans un cours d'instniction quelques préceptes de morale et de religion ; et ce sont des hommes engagés pour un temps passager, qui ont, dans une famille, le département de l'éternité.

Aussi quand on considère ce genre d'édu- ' cation , on seroit fondé à mettre en doute, si , anx regards de la plupart des pères, it est un autre but désirable , uue autre ambition de prix , que la gloire du monde; que cette gloire même , divisée et subdivisée dans ses plus petites ramifications , et réduite alors aux légers applaudisse mens qu'on obtient dans tin cercle

35o COURS

ou dans une coterie. Ne noua étonnons pas si les belles paroles du Psalmiste : Voici ^ les enfans sont un hérUage^ de V Étemel^ si ces belles paroles n'ont aucun rapport avec nos opînîoDS et avec nos mœurs»

Vous serez punis les premiers de votre faux calcul ^ pèjres orgueilleux * mères aveugles ; car les convoitises qiie vous aurez inspirées à vos enfans, et que vous n'aurez tempérées par aucune instruction de morale et de reli* gion 9 ne tarderont pas à les éloigner de vous. )l y a tant d'intérêts opposés entre les divers &ges de la vie ; les goûts du jeune homme et du vieillard ont si peu de rapports; leurs per* speptives sont si dilférentes r qné les idéeis de devoir deviennent absolu tuent nécessaires pour captiver le respect filial , et pour ramener les enfans à un sentiment dont toutes leurs passions les éloignent. .

£t avez-vous soin du banbeur même de Vos enfans y lorsque, les armant uniquement pour la lutte* des. vanités^ vous ne leur donnez au-^ cane égide contre eux-mêmes ? lorsque vous ne les élevez à»aucane de ces pensées qui leur seront nécessaires dans la solitude , et qui leur apprendront à supporter avec résîgnalioD , et peut-être avec dignité, les disgrâces de la vie ?

DE HOBALE RELIGIEUSE^ 35 1

Yous voudriez que vos repré^enfans et vos âiiôcesseiirs obtinsMSit tout par ]a coi^quéte et par la domination; mais de* tels succès n'appartiennent à personne^ et, dans le tumulte des sociétés , nul e^prit-ng peut vaincre indi& féremment tous les obstacles , nulle fortune ne peut braver le cours incertain des événemens ; et nous oonnoissons tous ces revers que l'art de» plus habiles, ta mfiin des plus hei«reux , essaient en vain d'écarter. Ah ! de quelle utilité oe seroient pas à "^o^ enfans cette morale et cette piété dont voas n^ligez de jeter dans, leur ooenr .les fécondes semences i La ;morale est pour les yeux ciairroyans la sagesse éprouvée ,^ la prudence d'élite ^ la piété^ le meilleur des refuges dans les temps d'in* fbrtiiiae et dans les jours de défaite.

Mon attention s'est arrêtée jusqu'à présent sur cette classe de la société accueillie par la fortUae , et où \e& parens sont comptables de réducation de leurs enfans. Ils le sont, et ils doivent l'être, parce qu'ils réunissent entre leurs mains les moyens nécessaires pour assurer et prolonger cette éducation. Ils ont des propriétés , ils ont des revenus, et ils ne sont pas obligés à des travaux corporels, à ces travaux commandés par la nécessité et qui

3jà cou&s

détournent, de toute espèce d'instruction.

Près de cette classe privilégiée de la société, il eu est une autre plus nombreuse et où les eiifans ne reçoivent ^ ne peuvent recevoir aucune léducation de la part^ des auteursde leurs jours. L'on y vit d'un salaire modique et qui ne permet aucune épargne , et l'on épie le premier développement des forces des nouveau - nés pour recouvrer par leur travail le prix dé leur subsistance. . . .;./:.-:.

. Que ferons4nous pour ces eafaos qui sont aussi un héritage, de V Étemel ? ^^ feroni^-nous sa\ moins pour les instruire, aujaom de lare* Jigion , de.kar. précieux apanage? Cest 'à vous, )iiagi^tpat§ sAti>têmes , /èl;à voiàs tàusi, Ittà dépo-* sUfiires de r^utj[>ri^é ^iouv^iraiiie , qu'un' si juste devoir est imposé.' Les enfans des' hom-mes dénués de fortup^e védament.devous une é(lucatLonipremière\» uneiéducation morale et religieuse,. au même titre jet^avec plus de force encore que ]es inalades etlesi vjeillacds sans i:essources réclament de vous des secours.

Ce sont deux dettes. de& états politiques, deux dettes également respectables*, et on peut les considérer comme une condition tacite du droit d'héritage:, comme une condition tacite de la transmission libre des pro«

priétés ; idée particulière et que nous avons développée dans un de nos Discours précédens , en méditant avec vous $ur les premiers principes de la charité.

Ainsi , l'œil vigilant du souverain doit sç {}\tT. sur les deux extrémités de la vie, afin d'acqqitt'er, au nom de la société, l'obligation qu'elle a contractée en abandonnant au hasard» ou en soumettait du moins à un seul mouve-

mejfït régulateur la distribution des fortunes.

Rechercherons-nous, maintenant le genre d'éducation morale le pins propre et le mj,eux assorti à tous les enfans indistinctement, et plus particulièrement^encore aux enfans nés de .pare,n& sans fortune ? Nous reconnoîtrons facilement,, gui-^é^ par un petit nombres de réflexioni»9 quelles idées religieuses doivent former l'essence de cette éducation.

Et, en effet, si l'on ne vouloit employer que des raison nemens abstraits au soutien de la morale et à l'appui de ses instructions , il n'y auroit rien à dire à l'enfance ; car, à cet âge on ne pourroit saisir, on ne.pourroit entendre la. longue suite de déduction^ à la* quelle il faudroit recourir pour montrer, la liaison, directe ou indirecte, de la morale avec l'intérêt public, et de l'intérêt public, ^avec

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Tin térêt persotinel : c'est tout au plus à Pépoque où l'intelligence est formée, où Tesprit de rhomme est dans sa vigueur, que Ton peut . espérer de développer avec succès cette grande chaîne d'idées.

Si donc on ne vouloit agir et persuader qu'à l'aide d'un moyen si compliqué, on laisseroit vides, pour l'instruction la plus essentielle, les quinze premières années de la vie; et l'on renooceroit ainsi, non-seulement à lâ morale de la jeunesse , mais encore aux longs et heureux effets des opinions d'habitude.

Ce seroit donc une faute essentielle que de se refuser à entrer dans le cœur des erifans avec toute l'autorlré , avec tout le éàrlége de l'imagination , que de se refuser à pétiëtrer ce cœut encore neuf et sensible , ce tasur de toutes parts ouvert , de se refuser k le pénétrer des idées religieuses , ""de celles du moins qui peuvent s'unir à la grandeur et aux pierfeciloTis d'un Être suprême, d'un Dieu l« martre et l'ordonnateur du monde, d'un Dieu rémunérateur et veng'étir, d'un Dieu qui; jpar sa puissance , assisté à toutes nos acttor)S',<à toutes nos pensées, et qui écfai^e d^un tkynn de sa resplendissante lumière* les refuges obscurs et les détours fiecretis de notre cortscîence.

DE MORAUS: RELIGIEUSE. ^S^

. Et que penscrons-tiotis 'encore ^ si , > ttùuh nesdervant dans'une seule ôk^s^ de la société^ IIOH8 rappliquons ce& dernières réflexions k fouft 1er exiEansioéj» àe patins s^ns fortune ? Naus.verronk qne^ieur éd'«ica(ioi% étant néces-^ aairemenC oÎTConscf^ite datis tin petit esp^tre' de tempe ^ uneinstmctioni morale séparée dei idées:. et: nies images religieuses seSroit potii^ •ui( /absolument |>erdue« EtyaiY' contraire, k liaîde de ées^idéeci et de ces im^e^ ^ its ponr^ tpnt se livrer de4)onne:heureaois travbuii'M^ porels., ^^^y livnQr;en.èntier,€tcôn8ervéï*Wéâtt^ inoiai i (fiinb éducation rapide et pass^gèf'^ } des n0ti)ons^ dest principes! qui se'convertiront e«i eux danç une «orte .d'instinct; et cet in-t %tinot ; en trelea n par le oui te publié , ietit Vèr^ yir^ de gutdeu Oui, dépourvus »de s^ienee'i (ilislraits pâi-'le: besoin , distraits par Tinfbri ttiihe, ils 'potjirrarit «nco^è^dire tfvec -fé psâl** niiste:: O Éternel! tu parole est un^)iœfàp'é à m^s pim^iet un0 iumiere dnns'mon^^s^ehti^f ^

. You^donoqui pouTe*4es.fairejbuSrHê è^fte précieuse Juwtièce; vous qui leur dfevek tiné éducation ( vous qui la deves; au nom de 1-ih* térét commuh,^ au iiom cte la patrie, au nom dea convenHotïs lacites dont l'e.^ptil social est formé ; vou^esiiftn , les souveraini^ interprètes

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^etQus les .droits:^, acquîttea soignetiœmeiit la plus importante de Yos obligations; et que des ^établissemens publics. t sageméîit constitués.,; assui;ei(vt à touei lés eoEsiRS des instructions élémentaires de morale et de religion.

Yoti^ct: ifidifiérenoe* vous; rendrait: un jour reçpo^sablj^sdeS'égaretmeiiatiqué tous seriez ifyXS'^^ de punir ;\Yoii!e rcooscience 'tfu moins lierait çffrayée du Tfeproclie^que poofret^ vous adi^e.^3et ynjeune.hommte traduit devant ùri tribunal <;rimrinel;uh' jeune bantmé prêt à subir ,uAe condamnation rigoureusé.X^epotir* riejSrVOAisxép^ndre, en effets j'il disoit : Je n'ai j^XPais é.té formé à la vertu par aucune leçon ; \^\ é^)déjou€ à *des* travaux m^çenaires ; j'ai ét^^lsmcé daixs le monde aYanilii|u'on eût gravé dans mondcrœurt>u dahsmàn^souvèriirxin seul principe de conduite ; oh m'i parlé îfe^iberté, ^'fég^Utté ; jamaiëi^ ëe .mes rieyoû^st-en^vérs les {^uf^vjT j déniais de V^utorilé rèllgt^u^se qui m'auvotf soosaisr as ces* i}eYok*s* r o A ' n^ V -laissé ]('^]^€arit jdetj^a nature v et rqii VdUl'tne juger pa|[] 4es lois que te génie social a: composées; noi) ,/ce n'éitoit pasaVed linp sen^tencfedè mort qu'il |4Uoiï:m'eniseîgnier;le8:obhgii.li0ns de la vie ? IT^l' çist le langage* tërrfble que» pourroit t^nir un j0^ne hommeren entoftdaiit sa con«^

Ï)E MORALE RELIGIEUSE. SSj

'datanalion ; t6l est le langage* qq^il pourroit tenir dans niî pays au aucune •éducation publique, aucune éducation ilàorarle étréligieiiisè ne seroit établie.

San&aoute, la veiïgëàiid'é-publique est àlisSî un grand àvertissem^t)^; tnais elte doit former le complément de la politique ^sociale, et noii son coin mencém'entv êt'i^ti-son unique rès-* source; C'est, pour ainsi dir$, en larmes et ^^ habits de deiiil que l«s chefs d*un état doivent recourir auit' puiritioÀs solennelles; ils doivent* xëgretter . avec amertume que leurs soins pour, l'éducation publiciUë n'aient pa$ >

été suffisans; mais si ces soins n'avoient pas exîisté) si Ton avoit cru pouvoir s'en passer,ou les réduira à de simples raison nemens dégagés des idées religieyses , quel reproche le législateur n'auroit-il pas à se faire ! L'épouvantable idée, si jamais elle étoit conçue , que de vou- *".

loir donner à une nation le glaive du bourreau pour unique éveil , et l'échafaud sanglant élevé sur les places publiées pour seule tribune d'enseignement, pour unique* cbaire de morale! Non, non, il faut instruire les enfans de bonne heure ^ et tandis que, par leur innocence , ils sont encore l- héritage de r Étemel

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'^e dites point que:;)es i()éos religiauses soht Irop l^^Utes, trop subliio^s poui? être d'aucua usage daaa nos pri^mieres aimées* Sausi doute, si l'on vouloit donner aux e»f^ti9 de& leçans ^e f^ifi^tapl^ysîqua tF^m^cendanlie.» on è&piace- TQit^ }^9if^ dft.ï^l^e\u^:i^liii:^ esprit; mais les 7iv\t^ rp.ljgiôueifft f pijQpfs^s:, à ) fémétrpt Je»r âme 4:un sa\|)t riasp^çl pcNor l'Être: sapréme , $Qni h$ plus ^i]pp)jâ$ d^tPMtas<| ^t«'éàt là une des n^erveille^ du.i:i^Q(id9> l^a.ehainâ qtd lie )e ciel à la t^re, la. cjné^tpre au Créateup, et )'exi$t6noe conniJiQ k l'eKisleiice infinie ^xjétte (;l\aîne im{pense sembLevCamxKiefiGeriMDiiiivnous paF des a|ineau?c dont U foibb mmn des enf^jçïs peut se s^i^ir; ^t.^o^n .doit admirer à chaque instant eomm^i^t toul^.ee-lvàsfe et compliqué pour I^ sGi^ejtipe orguaiUiçuse, eoibment tout . est sini|>l^ pouç If^ boulfiet^r. :

Le rapport de notrQ nature Âwec. lai fei religieuse ^fi m^nifestq dès ^enfance, etpeiit'-étre |i,Yec dçs ti^aits plus, distînets que dans tout ^utç^ ège.fjLe biE|sdih'd'appiii^le^^ sentiment de uotire Ji^3uffisaiio^;, r^mpvesâçmenl à reeenoîr le$ id4?S{ cW. proteCtJoq. iuoopnué eidesau^ee-^ g^çde suprême ç ti>ut'e$:oefc didpffiiiitioD4.:doiit xxptr^ pf^fiiiw instiii^ct' se icWinfiafir;' août autant d'hommages secrets rendus à Ib Biaitî-

DE MORALE RE^^IGTEUSE. 35g

d£l]ce« Aucun effort n'est donc nécessaire pour attacher les enfans à la religion ; Far^ buste qui par une loi primitive se tourne vers Je soleil y est un symbole de leur organisation morale.

Parlons-leur de bonne heure et avec respect d'un Dieu qui gouverne le monde; et que nos premiers enseignemens les aident à en recueillir de nouveaux, à chaque pas qu'ils feront dans la carrière de la vie : ils retrouveront partout la représentation des premières Vérités dont nous aurons frappé leur entende* ment. L'apparition de l'astre d^ jour leur an* noncera laf grandeur et la bienfaisance d'un Etre, suprême ; et l'aspect de la terre, au mo- Tnent où un voilç ténébreux vient la couvrir, leur donnera l'idée de l'abandon où ils seroient réduits, si un Dieu plein de bonté ne renouveloit pas' sans cesse les miracles de sa puissance. Enfin, le cours des saisons, et toutes les beautés éclatantes de la nature, entretiendront en eux un sentiment de reconnoissance et d'adoration , pourvu que nous ay ions préparé leur cœur aux impressions douces, dans l'iâge où les plus légères semences prennent racine. Ah! combien est aisée une éducation religieuse, près de nos besoins et de notre

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fbiblesse, et au milieu défi majestueux p{iéao«^ mènes dont nous sommes environnés !

Sans doute, il faut que cette auguste tâche soit confiée à des hommes dignes de la rem-' plir, à des hommes pénétrés de Timportance dé leur mission ; et il s'en présentera , lorsque le prix d'une éducation morale et religieuse sera généralement senti, et lorsque les ministres de cette éducat^n seront honorés. Il est indispensable surtout que les magistrats et les chefs de l'état se montrent persuadés des rapports de la religion avec la morale, de la morale avec la politique ; de leur étroite union, et du soutien que ces colouiles sociales se prêtent mutuellement.

Il est, je crois, des personnes d'une âme assez élevée, d'une conscience assez fière et assezô^ndépendante pour se livrer aux devoirs de l'éducation publique, sans demander au* cune récompense à l'opinion : mais de tels êtres sont rares, et comme il faut au milieu d'une grande population un nombre considérable d'instituteurs, $:i les chefs de l'état laissent tomber la monnoie de l'estime et de la considération , il n'y aura plus d'éducation publique^ ou elle existera sans émulation et sans vie.

C'est donc le commenceiiient de tout, que de croi/e à Fimportance de la morale religieuse f car jamais on ne peut mettre en action , et en action vigoureuse , ce qu'on n'a pas dans le cœur et dans la pensée. Âh ! vous qui seriez encore en «doute , en étudiant un si grave sujet, bâtez- vous d'embrasser une opinion nécessaire , et n'attendez pas que la gé-* nération nouvelle vo,us présente le spectacle d'une jeunesse sans frein, sans retenue, et livrée également à la licence des principes et au libertinage des moeurs. Vous aurez jeté les rênes sur les coursiers, et vous ne'' pourrez les reprendre quand vous le voudrez. Vous multiplierez les lois, les punitions; vous serrerézde toutes parts les nœuds du despotisme ; et des essaims d'indépendans , des recrues suc* cessives d'écoliers affranchis et de petits phj^ losophes personnels échapperont à vos efforts répressifs.

Vous donc qui avez la charge du gouverne-* ment, facilitez votre œuvre en veillant avec intérêt à la culture de l'esprit et du caractère des enfans. Faites qu'ils reçoivent une bonne éducation avant l'époque où les inclinations se fixent; faites que des prinéipes de morale et de religion^ graivés ou empreints dans leur

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cœur, les mettent dans le sens des lois» les préparent aux vertus sociales.

N'en doutons point, c'est une éducation de ce genre , qui , en adoucissant les mœurs , en nous imposant une règle dés nos premiers pas danâ la vie, établit ainsi un« proportion entre la force Iimité.e des gouverneroens et la puissance des individus soumis en si grand nombre à une seule autorité. Oui, la morale religieuse mène les enfans au-devant des idées d'ordre et de subordination; au-devant des idées qui permettent aux gardiens de la sûreté publique d'exercer leurs fonctions suprêmes sans effort « sans violence et sans tyrannie.

Que tous les hommes cependant , tous les pères de famille riches ou pauvres^, distingués ou non dans l'ordre social par des rangsr ou des primautés, que tous se souviennent de l'influence d'un long exemple sur la conduite et le caractère des enfans. C'est une leçon de morale imposante que le spectacle des vertus d'un père^ des vertus d'une mère , et de l'ami*tié sainte dont ces vertus ont formé le tien. Et en général, l'exemple, cet enseignement €jn tableau , est plus sûrement persuasif, plus efficace que les paroles*

Les enfans n'imitent pas néc^ssiairemenilea

modlèléis placés devant leurs yeux ; mais lors* que ces modèles leur ont été présentés de bo^ne heur^ et sans interruption, lorsqu'une babitude de respect s'est unie à leurs premiers^ sentimens y lorsqu'ils ont respiré dans la mai* «on paternelle comme une atmosphère de ino« ralité> il est rare que ces impressions^ ne modi» fient pas leur âme, ne leur transmettent pas un instinct d'honnêteté, un instinct qui devient )eùr guide fidèle, ou qui reprend son autorité^ même après les combats , même après> les vic^ toires momentanées des passions.

Heureux , heureux les pères qui, trouvant dans leurs enfans une àme candide, des aiTec^ lions pures et des dispositions généreuses , peuvent les guider sans effort et sans des admonitions continuelles* Laissez alors , laissez s'élevervde lui-même ce beau jet d'une heureuse nature, et n'y portez la main qu'avec délicatesse;

Pères et mères , qu'il nous est dollx de ra« menei" ainsi votre attention vers les belles paroles de notre texte : f^eici^ les enfans sont un liériiagede VÉtemeL Ah! qu'un beau motif, indépendant des choses humaines, un superbe encouragement ^ous est pré&enté :

Foici, les enfans sont un héritage de i'Étemei!

364 xsovÉs

Ëveilléz-vous à ces paraks de consolation :

Les enfans sont un héritage de V Étemel. Oui , les enfans, vos enfans, appartiennent au Seigneur; il regarde des cieuic lenr tendre innocence , et il les aime comme nn ouvrage de se$ mains qu'aucun vice, qu'aucune pensée impure, n'ont encore souillé.

Ils nous seroient étrangers, ces enfans, que nous devrions les chérir , puisque leur séré-^ nité, leur douce joie., en entrant dans la vie, nous est un gage des intentions bienfaisantes du souverain Auteur de notre existence.

L'homme fait semble avoir mis la main à sa fortune , et ce qu'il est se ressent de Timperfection de l'ouvrier : mais l'enfance nous pressente oe premier trait du Créateur, auquel notre aveugle ambition n'a point encore tou** ché. O charmes du jeune âge! que mettronsnous en parallèle avec voua? La nature seule, la nature dans sa beauté naissante; la nature, lorsque 4es brillantes' £leiu*s du printemps viennent parer la terre , viennent forroef l'émail de nos prairies;

C'est pour nous consoler d'être éloignés de l'époque où notre enfance, recevant immédïatement les dons du Créateur, sembloit si près de lui , que Dieu nous accorda l'espérance re-

DE HORilLE KCLIGIEtrSB, 365

ligieuse ; cette première, espérance qui nous wqntre .ea. perspective le temps où nous re« tourneroné à l'Être des ètr^s , à notre Père céleste. >* . :.

L'eii£ance,'dil£éreiQment douée, n'a pas he* soin 'de regarder ;l!aven«r; elle est tout en-** tièr^ k ^félicité qui luia été composée, et son imaginatiop y comblé, pour, ainsi dire, ne ^urroit accepter, une jouissance de plus* Letifauice, on le croiroit, Taimable enfance , est encore sous les ailes- de l'ange qui l'a couduite sur la, terre. Hélasil cet ange protecteur la quittera comme 11 nous a quittés; il la quittera à l'heure où notre raisom demandera d'entrer en autorité ; à l'heure où , selon, les lois de notre destinée , nous devons' nous lessayer ^euls dans le combat que nos passions nous livrent Mais au milieu de x:e grand mys«tère^.ilfvo.i^sisùffit., pères et mères, de recon* iMH'ti:e que les.eftfàns, YOs.eofapsyappartiehi' nent au Seigneur. Soyez joyeux de cet<e pen>- ^é\$ soyez heureux de cpfnnokre> heureux au moins, d'espérer, que vous isîilti\e^r héritage d^il!£teirwlVfin cédAnt^ en obéissant aux plus doux mouvemens d.e v^otce atne. . .

Tendi'es^m^es! vous qui êtes appelées les preipîèfs^ au s&îo de cet héritage , l'amour si

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point fait de mal. Vous le direz, enfans, si YOU3 quittez ayant nous ce lieu de passage ; vous Je direz, si vous êtes questionnés au nom de notre grand juge. Nous sommes de vohre race >et nous fûmes un jour ce que vous êtes; mais le monde et ses vanités nous ont changés , et nous ne savons pas si nous somnoes encore VhérUage de V Éternel. O Dieu ! que votre bonté nous tende la main ; que votre bonté soit propice à nos timides prières l Hélas! nous ne pouvons plus recouvrer les années que nous avons* perdiies ; nouç ne pouvons plus les transformer en occasions de vous plaire , en voies d'espérance et de salut ; le temps en est passé, il ne reviendra plus^ mais nous vous offrons à genoux nos regrets et nos repentirs. Puissent nos laritaes amères nous tenir lieu de/purification s» > et nous faire, à vos.yeux, dés hom:m;es jiouveaùxv afin qu'il nous soit permis, de suivre .ces enfans, ces heurcnxjenfans que fTon^s ftp{)elez à vous ; afin qu'il nous «lit permis ^d'entrer avec eux dans iâ retraite des élus, et de nous sécrier tous eii>* semble,. aY6C>une sainte alté^^esse ^Yoici, vûiei les enfans. qui-iâreni etqbi^àont enèdre tké'^ ritagedefJ^emél! ; ' l : ' :

I>£ MORAtE he^igieuss. 36^

D I s c o u R Si II I.

Obligations des enfans envers leurs pères.

Et que leur rendras-ti^ en récompense ^ an prix de ce qu'ils

Of les homiiiQs étoient appelés à faire un choix entre lç$ différentes vertus ; si , par une supposition qu'on nous permettra, ils étoient réduits à en garantir une seule contre une subversion universelle, à en sauver, poiîlr ainsi dire, une seule d'un déluge m(»ral; celle qu^ils devroient préserver, celle qu'ils devroient placier dans l'arche conservatrice , ce seroit la reconnoissance ; oui, la reconnoissance : car, fortement et généralement sentie , elle nous prépareroit à tous nos devoirs , et deviendroit le principe du bonheur indivi* duel 9 du bonheur domestique et du bonheur socîaL

C'est la nature même qui a donné l'initia-*

tive des vertus humaines à la reconnoissance.

Le sentiment que les bienfaits de nos parens

nous inspirent , forme en quelque manière le

xiir. a4

3^^ <X>UBS

commencement de notre exUtence morale, et devient notre premièrie obligation. Nous n'avons encore âiioune conn^sxion avec les hommes; nouyn^avons encore aucun moyen, aucune occasion d'exercer la charité, la générosité, la justice, que nous pouvons déjà connoitre la reconnoissance ; et avant de la pratiquer comme vertu, nous y avons obéi par instinct. Cependant, cette reconnoissance envers nos parèns, un Aiu iprinisipes iàe notv^ confiance i leurs énseignetnens, ïnAëiéessefitireileAtent sur nos dispositions honnêtes , ^V a«KSsi iong^temps qu'elte conserve de la force, elle fait jouir le jeune hottime 4e la sagesse et ée l'expérieiice du vieillard.

Nous avons cru devoir t etracer ces dernier res réflexions sur la recomnoissanoe, avant de fixer particulièrement votre attention snr les pairoles de notre texte : £t que leur rendras-tu en récompense , au prix de ce qu'ils t'ont donné? Ce sont les bienfaits d^ pères envers leurs en« £ans q«ue Ae Sage rappelle ; et son âme en paroit pénétrée, lorsqu'il défie , en quelque manière, le sentiment de la reconnoissance par cette iaternogatian €Xf)ire&si ve : Et que leurrendras^iu en récompense ^4iu prix de ce quUls t'ont

Va

DE MOAALB RELIGIEUSE. 37 1

Vous ne vous en souvenez plus, de ces bietifaits, vous qui marchez maintenant »ans ap*^ [,^.

pui dans la carrière du monde , et qui croyez p

pouvmr vous fier à xos forces. Vous ne vous souvenez plus de ces bienfaits , vtnis qui, at^ jf

tirés vers l'avenir avec vébémence, ne tournez jamais vos regards en arrière. £t , si vous faites un moment le compte de vos obligations, vous ne prenez pour date que l'époque où vos intérêts de fortune ont été fixés, et où les sa* criôces de vos parens ont consacré votre indépendance; mais, bien avant ce temps, ils vous avoient prodigué les plus tendres soins , et leur constante inquiétdde vous avoit servi . de défense.

C'étoit,il est vrai, sans jamais songer à votre mJ

reconiioissance , que des parens sensibles ont fk

entouré votre berceau ; c'étoit par un doux in- r;

'H stinct qu'ils s'occupoient de vous , qu'ils vous <;7

récfaauffoient dans leur sein, et qu'ils se fus«

sent exposés à toutes les privations , à tous les

périls, pour rester constamment votre égide :

leurs regards étoient sur vous , leur âme vous

appartenoit , leur vie avoit pass^ djins la vôl2re.

Où est mon enfant ? que fait mon enfant ?

que demande- t-il ? que désii^-t-il ? O langage L

d'une mère passionnée , accens pénétrans de

iu

aa voix , vous n'eûtes point de modèle y et il«ille imitation ne pourra vous rendre ! Il grandit, cet enfant, l'objet de votre idolâlrie ; et les développemens de ses grâces et de ses manière?

inondent votre cœur de joi^. C'est un second amour qui commence ; vous formez , vous cultivez , de concert avec un époux chéri , le cœur et les sentimens d'un fils qui réunit et qui met «en commun toutes vos affections : vous voyez croître sa science et se perfectionner sa raison; vous dirigez ses qualités ou les prémices de ses talenSf et vous jouissez à l'avance du moment où il pourra connoître tout ce que vous avez fait pour lui. Votre fils y arrive; il y est, il a presque franchi le court période de l'adolescence; mais déjà^vers cet âge on ne songe plus au passé ; et lorsque les jeunes gens écoutent avec intérêt les détails de leurs premières an^ nées, c'est rarement pour s'instruire et pour se pénétrer de leurs obligations; ils ne prêtent l'oreille à ces récits que pour assister en souvenir aux commencemens d'eux-mêmes, et pour se contempler en miniature dans le tableau de leyr eîifance. Ils consentent à être entretenus des sentimens qu'ils ont inspirés de bonne heure; mais ils rapportent tout à leur personne , ils prennent tout pour elle, ,e,t

DE MORALE BEITGTEÙSE. 873

raveûgle prédilection d'un père ou d'une mère ne leur paroît le plus souvent que l'effet inévitable des agrémens dont ils sont doués. Fu* neste amour-propre , qui cachez aux hommes tant de vérités utiles, tant de vérités nécessaires! Funeste amour-propre , quand cesserezvous d être notre plus dangereux ennemi?

HumiUons*uous, en pensant que nous avons besoin de rendre des services , et d'en avoir rendu, pour apprendre la reconnoissance et pour en dire du bien. Humilions-nous, en pensant que les devoirs des antres envers nous éclairent les premiers notre morale, et créent souvent notre amour pour les plus belles vertus. Pauvre hun&anité ! l'on ne gagne rien en bonheur,#n vous observant de près, en vous étudiant, en ahalysant vos foiblesses; et cependant on doit le faire pour triompher de soi-même et pour se rendre meilleur.

On ne peut en disconvenir : les enfans, dans le calcul de leurs obligations, laissent communément en arrière leurs premières années ; ils comptent la vie, du jour seulement où ils dirigent leur destinée; et comme c'est aussi Vépoque des ardentes passions, ce n'est pas un * temps non plus pour la reconnoissance. Ils demandent^ par-dessus tout, des associés qui

les égalent en activité, et qui coareDt à leurs côtés (lan& les route» de la fortune et de l'arabition : mais leur père ne peut répondre à tant d'impatience; il essaie encore de les suivre,, mais sa démarche est trop lente, ou trop réfléchie; il parle de. prudence, et l'on ne veut que des eneooragemens ; il offre des conseils , et déjà l'on est trop en avant pour l'eùlcndre. Hélas [ il est trop vrai , ce père qui vous a conduit par la main sur le théâtre du monde ; cette mère qui vous a couvert de sa protectioik pendant votre enfance ; ces parens enfin qui vous ont tant aimé, ne peuvent plus vous rendre que de foibles services : on pressent que bientôt ils seront hors de combat dans les guerres d'intérêt et de vanité dont nos riv^ités sont la source, et l'on cherche d'autres alliés. Eux-, mêmes aperçoivent ce délaissement , et le déclin de leurs forcés les avertit de ne pas lutter inutilement contre ces nouveaux maîtres de la terre, contre cette arrogante jeunesse, qui ^dans son inconsidération , et juge aveugle du temps comme nous l'avons été , ne voit point de terme à sa puissance.

Qu'elle seroit effrayante pour les vieillards, cette bruyante ariivéedes usurpateurs de leur domaîuel qu'elle seroit efErayante pour eux, si

DE MOBA^Ê BELIG1EDSE. 3^5

le sagQ Auteur de la ^afture , en d^Ymut par h'* milles la race des horxjtpeis .».Ki'av<)ît paa mié dans chacune ua priii^ipet d'Qxiion:^ s^'U n'a^t pas confié les enlaça à l's^iQf^Qr des pèrea^ tA les pères à la ]?eçoi^nQissi£in«e èfiA eniains ; s% n'avoit pii3 .établi une i^otif^vUé mi^ale 1^ où le$ apparences s^ pr^Mf^t qti*une aépa?»

ratipn. Admiral^e conti<^i>ité^l Qt Vune des pàr^ ties de cet <n$haineiiae«il; universel > de oelt assemblage dfi rapports sans &a qiniforBMnl l'harmonie , 4u .inopde,

. I/aroouF p;|temel et raraour filial sont la plus YÎve expressioa des lois de lia nature* Malheur à l'être inaccessible aux plus heureux penchanSf eti qui ré&îste à Fîmstînct dont le CréateqrTs dooé!.

Je ne vosis quitte points enf»» rebelles à cet instinct qu'un I^ieu bon , éteraseilement boa >'a placé dans votre corUr : je^ «e vêt»

qutde poin^t; CAr c'està vovs.^ et à vous seuls ^ qiie î'aî ^ff^r4 siujoUr4'hai : c'^t k toiw qoe je dois. adue^siQr de|s i?e{u*oches; ou , &î vonA ym>U9 de mpi un langage plus doux ^ c'est k

^¥)^^!Vil^ j^ ^^^^ adresser 4«s plainfaes au ocom de la religioo.

Dires^vous que vos parons m v<eiiis.reai|ent plus aucuu serviiCé? iU itàvs^ en on^ reodu.

Qu'ils lie vtms'défendent plus ? ils vons ont dé-^ fendu. QiJ'ils ne se jettent plus- avec vous d'àn^ la mêlée, pour ys6bôfldèt-vy^'pàsfetéris4iostiles ? mais ils étoientiseol^; ils^^étôieiit sans vous, quand ils^onft^rantî: votre' jétitié' âge de tant de dangers ek^de tant d'ééueils * c'est à regret encore aujoprd^hûî qt/ils ne peuvent pltis vx>us' suivre. Est-ce à vous de 'ks< avertir de leur affoiblissedieait^peist-ce à vous' de les puùir par totre dédain 0U^par un cnlel abandon ? Hélas ! ils craignent déjà de vous-étre à 'charge; leur* goûts ne sont plus les vôtres*; leurs pensées ne. sont pluS' vos pensées r ils descendent de cette conitne où voiis montez avec une pleine confiance; et leurs ^as ne» peuvent plus marquer ni précéder les vôtres. Rassuréz-^/es , ou bientôt ils seront; . réservés êtpdiscrets : oui, ra8surez4es , ils ten^ontjies^'in^y Fdrcéz , avec respect v ce; noble sentiment f ^ette sainte ^u* detird'unfipère^qui (résiste à tnen^^eîcîger , à rieo demander au nom de sesibietmitli^y et qui bésite peu t*étre à faire àiii^iï'abâlûdùn- d'une supéHorité dont il a depuis si Idhg^iemps rbâbi^* tude. Entrez avec^méiia'gefti^éfi^ disins ttni cobof où vous avez régné j usqu'à pr ésen l J^at 1 -aino^r, et qu'un empire «dtïvejati peut si facilement blesser. Que vos ^soins paroi^si^t toiïjotii's purs

DE Mon AEEv RELIGIEUSE. 377

et désiatéréssés ; et que votre rçeonnoissance elle-même ait cette liberté, cet abandon qui anaonôe un sentiment naturel ; fût-elle pour vous une servitude ^ pleurez de la tronveF telle, et pourtant payez cette dette. Combien vous auriez à rougir rde vous-mêmes si vous '

calculiez l'âge de vos parens , et si. vous regardiez. avec impatience l'époque de votre affranchissement! Vous feriez , no<is le : croyons , des efforts pour soustraire votre, condyiite à l'inâuence de vos sentimens »secrets; mais les actions se commandejit une h une, et les vides ne peuvent être remplis que par l'affection.

. Ab! qu'il faut peu de chose pour rendre difians d'eux-mêmes un père et une mère avancés dans la vie ! ils croient aisément qu'ils sont de trop sur la terre ; ils croient, aisément qu'il est temps de laisser leur fortun:e à des enfans envieux d'en jouir ; qu'il est temps de les dégager des liens de la reconnoissance« A quoi se (^oiroient-iU bons pour vous , qui ne leur demandez plus de conseils? Vous vivez en entier dans le moment présent i. vous y êtes consignés par une passion dorainantç ; et tout ce qui», ne se rapporte pas à ce moment vous paroU antique et suranné. Enfin , vpus êtes j. r

tellement en votre personne , et de cœur et «j*

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Aài

d'esprit , qpe^ croyant former à vous seul un point historique 9 les ressemblances éternelles entre les temps et les hommes échappent à votre attention ; et rautorité de rexpérience vous semble une fiction , ou une vaine garan tie destinée uniquement au crédit des vieillards et aux dernières jouissances de leur amour^ propre. Quelle erreur est la vôtre ! Le monde , ce vaste théâtre , ne change pas d'acteurs ; c'est toujours l'homme qui s'y montre en scène ; mais rhomme ne se renouvelle point, il se diversifie ; et comme toutes ses formes sont dépendantes de qqelques passions principales dont le cercle est depuis longtemps parcouru , il est rare que , dans les petites combinaisons de la vie privée , l'expérience , cette science du passé , ne soit la source féconde des ensei* gnemens les plus utiles.

Honneur donc aux pères et aux mères ,bon« neur à eux , et honneur et respect ; ne fût-ce que pour leur règne passé, »pour ce t^mps dont ils ont été seuls maîtres, et qui ne re« viendra plus ; ne fut-ce que pour ces années à jamais perdues , et dont ils portent sur le liront I auguste empreinte : Lè^e^toi dewint les che* x^eux biancs y et honore le vieilkuti ; et crains ton Dieu , je suis VÉtemeL

DE MORALE REtlGTEUSE. 3^9

Voilà votre devoir, enfans présomptueux, et qui paroissez impatiens de courir seuls dans la route de la vie/lls s'en iront ^ voua n'en pouvez douter, ces parens qui tardent à vous faire place; ce pète, dont les discours ont encore une teinte de sévérité qui vous blesse ; cette mère dont le vieil âge vous impose des soius qui vous importunent: ils s'en iront, ces surveillaiis attentifs de votre en-* fance , et ces protecteurs animés de votre jeunesse : ils s'en iront , et vous chercherez, en vain de meilleurs amis : ils s'en iront , et dès qu'ils ne seront plus , ils se présenteront à vous sous un nouvel aspect; carie temps, qui vieillit les gens porésens à natre vue , les rajeunit pour nous, quand la mort les a fait di&paroitre ; le temps leur prête alors un éclat qui nous étoit inconnu : nous les voyons dans le tableau de l'éternité où il n'y a plus d'âge , comme il n'y a plus de graduation ; et s'iU «voient laissé sur la terre un souvenir de leur vertu , nous les ornerions en imagination tl'un rayoo céleste , nouâ les suivrions de nos re-« garda dans le séj^Hir des élus, nous les con«* templerions dans ces demeures de gloire et de félicité ; et , près des vives couleurs dont noua composerions leur sainte auréole , nou» nouf

38o COURS

trouverions effacéb au milieu même de nas beaux jours, et au milieu des triomphes dont nous sommes le plus éblouis.

Ah ! qu'elle est vaine et ridicule, cette jeu* nesse, dans ses seutimens d'orgueil et dans la supériorité qu'elle s'adjuge sur les vieiUards , sur les hommes qu'elle voit descendre au sépulcre, et dont elle envahit le domaine! Quels triomphes pourroient donc se partager entré eux les divers successeurs à cet instant que l'on nomme ) la vie ? Ils se touchent dans le grand espace des temps, et encore plus dans ce fleuve rapide , ce fleuve allégorique où leur mémoire va se perdpe.

Il n'y a d'homme jeune que l'homme juste, l'homme religieux ;. car lui seul peut vivre d'espérances jusqu'à son dernier moment; lui seul peut croire à de longs jours ; lui seul peut voir dans sa fin le plus beau des corn* mencemens.

Et vous qui ^ emportés par des passions ardentes, ou follement asservis aux: opinions licencieuses de notre siècle , voulez prendre pour seul guide la philosophie • de l'intérêt perfeonnel, vous devez encore méditer les paroles de notre texte , et y chercher une in-* structioti : vous le devez, en ne songeant ;qn'à

• or» >■

BE MORALE REUGIEUSE. 38 1

VOUS : car dans le cours borné de cette vie où votre attention se concentre, vous serez pères un jour; et l'exemple d'ingratitude que vous aurez donné dans votre jeune âge, vous laissera peut-être sans défense contre l'ingratitude de vos enfans.

Pourriez- vous en effet ^pelçr la morale à votre aide; pourriez-vous l'employer à l'appui ^

de vos droits paternels, quand vous l'auriez fc

dédaignée au moment où elle vous astreignoit à des devoirs , et à des devoirs précisément semblables aux obligations dont vous voulez que les autres soient tenus envers vous ? La grande autorité delà morale est daqs son unité constante , et dans son aplication universelle ; elle ne se plie point en tous les sens , comme les raisonnemens des hommes /majestueuse dt fière, elle n'est plus; au moment où son empire cesse d'être absolu.

Fils ingrats ! la punition dont vous serez les instrumens sera terrible ; elle le sera, si votre y

père , en butte à vos dédains , ne peut trouver dans ses souvenirs aucune consolation ; s'il a la conscience de l'abandon où lui-même il a laissé les auteurs de ses jours ; et s'il croit que le ciel vous a choisi^ pour être leurs vengeurs.

38a couits

Ah !r Tussions-nous réduiU aux idées naturelles , n'eussions«nous encore aucune des lumières de la religion , comment ne serionsnous pas entraînés à penser que TingrAtitude filiale est une des plus grandes offenses enrers l'ordonnateur souverain du monde moral ?^H semble , en effet, qu'une foible etp preinte des vues générales du Créateur ait été marquée dans Tesprit de famille ; dans cet esprit, lorsqu'il est encore pur, lorsqu'il conserve à nos yeux son caractère primitif. Innocence et foi^t blesse d'une part, celte condition de l'enfance; amour et protection de l'autre, ce premier instinct des pères ; voilà l'image imparfaite des rapports de l'homme avec la Divinité.

Et si vous tourniez vos regards vers l'Etre suprême, si votre âmè éloit remplie uniquement de lui , nous pourrions vous dire de même , et en empruntant les paroles de notre tex te : Que lui donnerez-vous en incompensé , au prix de ce qu'il a /ait pour vous ? Oui , ces paroles , par une juste application , nous rappellent aussi les relations des enfans de la terre avec leur père céleste, avec l'Etre unique et sans parallèle, auquel ils ne peuvent rien offrir, ni en échaiig^ ni en ressemblance de ce qu'ils ont reçu de lui.

DE MORALE BELIGIEUSE. 383 h^

RéjomssoâS-tKicis «n voyant, à l'origine et ati terrine de nos méditations , à l'origine et au : a\

tentie de nos intérêts les plus précieux, en y

Toyant partobC le Dieu qui nous gouverne.

Oui , sa haute sagesse , sa bonté , sa puissant;e , F

tant de perfections , et le cercle^ lumineux "tV^

qu'elles décrivent, les instructions qui en naissent^ les espérances que nous y attachons, cette effusion d'idées magnificmes, donnent de 1a vie à 4a morale et adoucissent pour nous tous les devoirs : elles nous présentent comme ^t

un moyen de plaire à l'Être suprême, comme un sujet de récompense, nos obligations les plus faciles, notre amour, notre respect pour les auteurs de nos jours; enfin, notre obéis* sance aux penchans les plus naturels.

Heureux les enfans qui pourront dire un jour en ^'approchant du tribunal céleste: O Dieu ! nous n'avons pu f foibles mortela^ élever I**

nos pensées jusqu'à vous avec autant de con- i^

stance et de ferveur que nous le devions : vos '' .

perfections, votre majesté, étonnoient notre • \

entendement ; mais vous nous aviez donné des guides , et nous les avons suivis; des pères ^ et i

nous les avons aimés. O notre juge ! daignez les entendre, daignez recevoir leur témoi- ' r

€«^ge, et qu'ils nous servent encore en ce -t* .

384 tioufiS

graud jour. Ah! vous l'obtiendrez,. ce témoin gnage, enfans déjà bénis sur la terre à cause de votre. piété filiale : un père tendre, une mèresensibie, on teu pour récompense de leurs vertus ta permission de plaider votre cause : ils se tiemient à genoux dans les parvis célestes , afin d'implorer pour vous la miséricorde divine ; et c'esyt encore le nom de leur enfant qu'ils m^noncent air séjour de Téter' nelle paix : leur amour survit aux idées terrestres , qui toutes se sont évanouies pour eux ; et cet amour est la seule chaîne qui les unit à leur existence passée.

O douces et sublimes affections ! le commencement et le type de notre immortalité , vivei dans le cœur de l'homme; et par voire association à toutes les vertus généreuses, élevez, animez notre faible nature, et rendezla dign^ de sa dernière destination. *

Hélas ! pour divers d'entre nous, déjà Tâgc de la mort s'approche , et les portes de I avenir s'entrouvrent; nous voilà prêts à obéir, et nous quitterons avec résignation toutes les pompes de la terre ; mais vous pardonnerez^ ô notre bon, notre souverain maître! vous pardonnerez a ce vieillard les larmes qi^" .verse en disant à ses enfans un dernier adieu ;

VOUS lui pardonnerez le déchirement qu'il éprouve , et le regard qu'il jette sur eux; vous lui pardonnerez, s'il s'efforce encore, eu expirant, d'étendre ses mains défaillantes sur une famille éplorée qui demande à grands cris sa bénédiction : ce n'est point là le monde et ses vanités qui le retiennent ; il aime , jusqu'à sa fin , ce que vous lui avez donné à aimer; il s'abandonne auxsentimens que vous avez gravés dans son âme, aux sentimens qui dérivent de vous , et qui ramènent à vous.

Dieu puissant! faites prospérer les bénédictions des pères, et donnez à la voix du juste l'autorité nécessaire pour rendre encore imposantes les leçons de la vieillesse. Dieu de bonté ! répandez la paix au sein^ de nos familles , afin que les enfans , et les enfans des enfans soient la couronne du vieillard y et afin au ils paroissent comme des plantes d^ oliviers autour de sa table. Dieu de bonté ! répandez la paix au sein de nos familles, et qu'une douce piété , ce nœud de toutes les affections, fasse de nos maisons autant de temples où le nom du Seigneur soit loué, où ce nom, ce saint nom , éveille chaque jour notre reconnoissance. O reconnoissance ! nous le dirons encore , nous le dirons en terminant ce dis*xui* ^S

386 couBs

cours, comme 'aous Tairons' fait en coiiimenfant notre méditation ; 6 reconnoissance !

émotion des âmes pures, et vertu des cœurs fidèles, vous seree notre premier sentiment et notre sentiment cbérî, puisque Dieu Fagrée; d reconnoissance ! devenez notre guide dans toutes les situations de la vie : instruisez Tenfaut à respecter les paroles de son père ; le jeune homme à vénérer le vieillard; le peuple à défendre ses magistrats ; les citoyens à ser-vir leur patrie , et que tous les fils de la terre , les hommes de i' Orient et de r Occident, alunissent et se répondent pour adresser des canti«« qnes à leur commun bienfaiteur!

DK MOBALE HÈLïGlNJSt.

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