‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 2)Chapitre 7 sur 25 · XIII · texte numérisé non relu

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So COCBS

huit cent millions d^astres de fiea arment ^ çpmnie notre soleil , cinq cent millions de masses terrestres i mon Yoir et â éclairer , le calcul et son résultat seroient presque effraya ns. Et néanmoins tout marche, tout pro^ cède avec ordre et sans confusion^ dans Tespace assigné à ces globes innombrables. Enfin une lueur s'aperçoit au-delà des limites ou Tart des ^strcmomes a pu s^^tendre , et cette lueur nous annonce des soleils encore inconnus ; elle nous annonce des mondes nouveaux et la pro* longation de Tunivers.

Jfous ne sommes donc , avec tous nos pas en avant , qu'aux prémices barrières de Tia* mensité, et sur le seuil de ses portes. C'est uniquement à notre imagination qu'il apparutien t de s'en former une idée. Et que dis-je en-* core? cette imagination elle-même n'est qu'un organe moral dont l'action est de beaucoup dépassée par l'imaginatiopi des êtres mieux doués que nous. Et les tableaux que se ioP'ment tous les n^iorteU disséminés dans l'univers ne sont rien peut -être auprès des perspectives qui appartiennent aux esprits célestes; et ççlles-ci ï:içn encore ayprèsdes réalités, dion^t ujp sçul Êtrç a la science* t> grau-r deurs incommensurables ! nous manquons de

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signes pour les tracer et d'ëxpfessïons pour marquer notre étonnemeiit. Abitnes que ïibtrs ne pouvons sohdér! hauteurjs que lious ne pouvons atteindre! Espaces, nombres, temps, ^ùè l'tefini dévote, Voùi êtes pourtant, dès les commiehcfè'mé'ns, par-delà nbs regards, par-delà notre pensée; mais notre ignot^ahce , comme tiôtre ^voir ; nos vaities recherches comme nos ptfeitaie^s succès , tout nouîs kppeile égale^iment à batsàet liii JTrdht te'sp'eciiuéiix devant itô oavrâges de l'Éternel. « AlorsDibiiditàMôîse: « Je suis àeiui qui suis. Il dit aussi, tu diras atix « enfâns d'Isk^àël celui qui s'appelle Je suis m'a « envoyé Vel'S Vous. »

Noua àViorià à pénéli^er Vos fcœurs , riôus^ avions à remplir Votre pensée d'une puissance infinie ; et noua avons d'abord élevé vos regarda ver^ ces hauteurs où les grandes *masses de l'univers,^ où des tetres et des soleils sans iioitibre annoncent pat leiir ordonnance et par leurs mouVèmens réguliers une volonté souveraine ,- une intelligence parfaite. Cependant nous n'avions pas besoin dé ces majes-fueuit phénomènes pour éveiller votre attention et pour vous unir pat un ^aint respect à Fidée d'un Être suprême ; car des miracles de ircience et àét secrets niiagoifiques i^oiït diitôur

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(le. nous; et Je moindre de tous suffît pour accabler notre entendement.

Il y a des systèmes de vie, des systèrnes de yégétatiqn pIjL^s admirables encore que les systèmes solaires; et l'infini s.ç découvre dans la diminution successive des,, grandeurs, comme dans leur extension continuelle. ..

Noujs marchons en maîtres sur cette terre abondante en richesses, et nous ne saurions répondre aux brips d'herbe que pous foulons de nos pieds , s'ils nous interrogeoient sur le principe de leu4: organisation, et sur le genre d'action ou de mouvement qui les fait sortir d'un germe inanimé, qui .détermine leur croissance, vivifie leur tissu, anime leurs veines, diversifie leur coloris, et les abandonne ensuite à une puissance destructive, à une puissance également inconnue, qui les flétrit et qui les dessèche. Ah! tout est obscurité pour l'homme, quand il entreprend d'iexpliquer les premiers secrets de la nature; mais le but a été mis en dehors , et les causes finales ne nous sont point cachées.

Ce but est le bonheur des êtres animés , et nul autre terme ne s'offre à nos regards, au milieu du mbnde que nous habitons. Nous ignorons le principe des forces concurrentes

qui meuvent avec harmonie la m ultîlude innombrable des sphères célestes; mais nous voyons que la distance établie entre notice terre et son brûlant soleil assure avec précicision le degré de température nécessaire au maintien de notre existence. Nous ignorons les propriétés élémentaires des rayons de lumière qui viennent éclairer notre demeure;^ mats nous savons que ïeur ténuité est exactement proportionnée à la délicatesse de notre vue, et nous pouvons nous étonner que les émanations d'une m^asse de feu , dont la circonférence est d'un million de lieues, se trouvent en rapport parfait avec ce champ de quelques lignes doivt la pruneHë de notre œit est formée, qu'elles y soient encore avec ce' point imperceptible , le foyer visuel des insectes découverts par nos microscopes; avec le foyer visuel de l'animalcule vingt-sept millions de fois pins petit que le ciron.

O prodiges ! prodiges! et qui passent notre entendement. Mais tout se fait dans l'univers^ tout s'explique par deux principes éternels f la toute îpuissance du Maître, et son immense bonté.

Encore un moment de votre attention avant de quitter, sur un &i beau sujets les témoi-

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gnag^ç.de la qature. Kous. ignorons p9]r quelle impulsion notre teri:e tourne s.ur son -axe, et poursuit en Tnêmetçxnpâ avec rapidité son, couri^.anquel autouir du soleil; mais ne verrÂons-nous pas avec surprise que; les hahîta.na, d'ujae demeure en si grande agitation n'entendent aucun bruit ^ n'éprouvent aucune; sensation pénible , et pourroient toi^s in^^glner qu'ils sont; placés dans, un monde çpntenu par une ancre, ou reposant sur de^co^p^i^nes immobiles ?

Qu'une autre combinaison: singulière attire encore notre attention. La terre, par soi> mou^vement diurne sur elle-ménçie, laisse tour ^ tour. sans claitté l'un de ses.hén^ispbères, et cette alternative répond au besoin, que nous avons tous d'abandonner le travail pour nous livrer au sommeil. Ainsi , non -seulement rien n'dst mal , mais riea n'est perdu pour le gra^d but que nous supposons, au régulateur des monde^^ au maître de nos. destinées. Majestueuse vérité , qui rçparoît sans cesse dans le tableau de la création !

Regardons n^i^intenaiit autour de npus , et nous apercevrons partout que TÊtre suprême^ en^ecoqvrwt d'un voile aux regards curieux de notre esprit;,. s'esIT- communiqué sans ré-

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serve à n09 sentiment et à notre amour. Nousf ne cofinois^on^ pas les lois ibysiérieuses de }a végétation , mais chaque année nous voyèilil }a terre se plaire^ à ehay mer nos sens , en rénouvelant pour nou^ sa brillante parure; nous la voyons plusr généreuse encore, et ponctuelle dans ses bienfaits, nous prodiguer aux mêmes saisons \ts fruits nécessaires à notre subsistanc^e; et comme une tendk*e mère^ â(e défiant de notre inconstance ou de notre satiété , elle vËirie ses dons et les distribue encore dans Tordre de succession le plus con« forme à nos vo6tiX' et k nos' bésôiiiS'. I^es plus douces s^isatidus' nous appellent à en jouir,, maisnous sommes avertis de n'en point abuser par' un instinct fidèle et toujours éclairé» Et c est ainfsi que d^autres éveils, inbériens égaletAent à notre nature, nous^ garantissent desr dangers', rions serveiat dé défense ou de précautions; et qu'indép^ndaiis du raisonnement, ils diminuent la tâ^he de nôrtre esprit dans le gouvernement de nous-mêmes»

Qtiels nombreux et richfeft détails ne troù- ▼eriôns-noui» pas encore dans la belle ordon-nance de la nature , qui tous nîôtiâ rappelle*roient à réxistence' d*unë souveraine intelligence! La terre eh eÂt parsemée;, et ^depuis la

source des fleuves^ depuis les hauteurs des.

montagnes jusqu'aux profondeurs souterraines où les métaux sont enfouis, on trouve à chaque pas, non-seulement des merveilles épaisses , mais encore des systèmes complets de sagesse dans tous les genres de produc-* tions.

Mais tant de phénomènes, dont un seul pris «au hasard seroit un sujet perpétuel d'étude et d'admiration ; tant de phénomènes et tant de prodiges, que sont-ils tous ensemble près du miracle de l'homme et de son intelligence ? Il remplit , ce miracle, et bien au-delà ^ toute notre capacité de voir et d'observer; et il épuise à l'instant notre méditation. L'homme est nous, et nous ne pouvocié l'entendre; l'homme est nous , et nous ne pouvons l'étudier qu'imparfaitement. C'est en lui toutefois^ c'e3t dans son incompréhensible nature , que nous voyons paroître l'image confuse d'un Être créateur, d'un Etre ordonnateur, d'un Être au-dessus dç ses œuvres !

Sans doute avant l'homme, .ou à part de lui , il a pu exister un spectacle abondant en merveilles; mais pour approcher de l'idée d'un Dieu , il falloit un exemple de l'intelligence^ et l'homme nous l'a donné ; il falloit un exem*

pie de Fesprit d'ordre et de cdmlxinaison , et l'homme nous Fa donné; il falloit un exemple de la mémoire et de la prévoyance, et rhomme nous l'a donné; il falloit un exemple de la liberté , et l'homme nous l'a donné; il falloit un exemple de la volonté, et l'homme nous l'a donné ; il falloit enfin , et par-dessus tout, un exemple de la puissance active de cette volonté, et l'homme encore nous Padonné.

Âh ! qu'il est imposant, un pareil exemple , pour amener et pour fixer la croyance dans l'existence d'un Dieu.- £t déjà nous serions étonnés et presque épouvantés, si, après avoir étendu, multiplié dans notre imagination les dons , les pouvoirs et tous les riches attributs de notre nature, nous les rassemblions dans un seul Être. Cependant, au milieu des mondes innombrables qui remplissent les voûtes crélestes , et à la vue d'un temps , d'un espace sans bornes, comment oserions-nbus penser que nous sommes à l'extrémité de la chaîne , en aucun genre de facultés? N'en doutons point ; si l'on s'adressoit à des êtres habitans de quelqu'une des planètes dont le firmament est parsemé ; à des êtres nos égaux ou nos supérieurs en intelligence, mais doués d'une

BS COURS »

nature diffârèffited^Idnotro, i4« r^ianderoienr peotvétre oonime fabuleux ^ canvroe inconi-« pséheni^ible, tout ce qui leu« sèroit raconté d'étranger à leUr^ notions et à< leur expérientee. Et, sans étenduei si loin' Ia> stipposition vsaai^porternos regards au-delà- de notre glohey auL^dlelà dé i»oCre ilè aérienvie, i^^ sa^ fons-nous pa». qu^a^i milieu de nous Fbonlmé dè< génie est un» émre^ îocdimu ponr^ le plù^ grand nombre de ses spectateurs; et si ndus> pouvions^ cojmoitTe Topinion: dUnstinct o«i de xaisdHmemént qui appartient ài'abeiile,H(ons^ 'wrrions L^nduslrieuse ouvrière, éprise di5* son? talent et fière encolle- de son agrUté, considérer sa^rucbe et le cercle où elle* voltige conitnele^ bu&delft cnéatioR et lesf Iimitesvd«p moilde.

€etle< dernière réflexion notfs* donne' une idée juste de l'oi^eilleuse vanité' dès philosophes de notre* siècle. Ils mesureait, ils^ap^précient tout avec leur raison, cet instrument" imparfait dont ils ont l'usage; et là où lerforces de 'leur intelligence s'artétenc, ils mai^^' (^n<7 le te^me des miracles d« la nâttire , ils» ftxent des bornes à Pirïflni. L'homme a sâ^ Fuebe comme l'abeille, et il la ptétid auisâri p^ur Funivers^ dans les* momens^ où il dSnie Texistettoe de-tout ce qu'il nesait pbint

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Cependant, ^u, milieu de notre demeure, nous wmm^s^ t^cppin^ de tant de merveille$r> que si nous n'en avion$ p^s l'habitude , et si nous les avions découvertes par succession j aucun des douter de l'incrédulité nauroit combattu les. opinipns. religieuses. ^

Vous, en effiet, à qui l'observation d'un pbénomènç éclatant , mais isolé, n'auroitpa^ inspiré l'idée d'une cause première, ne Tau-» riez-voMs pasr adpptée, ne Tayriez -* vous pas fait avec, trans.ppr4; , a,u moinei^t où^ une barlUQijiiq ui^iverselle seroit devenue le résultat des élémçi^et des forces de la naiture?

Yqu^ à qui cette» barmoï^iç n'eût pa/5;encoi?er suffi, 6t qui auriez^ dewjandé, pour conditioa 4^e votre foi , d'aperçcîvoir un but moral prè& des m^nificeUiÇe^Si du nK)nde physique, n auriez; vous^pas été satisfaits; n'^uri^z-vous pasi été péné|;i?és,d'ui^.reLigieuse admixatioi;!, en apprenant que la terre se couvroit d'êtwsanimes, d,'êtj?es doué^! de divers, sens, l'opjgine ou l'appel des jouissances 1^ plus variées ?

Ij[fau^iez*-vou4.pa$ éfé satisfaits, nJaiiriez-vous* paA éité, pénétrés d'admiratîpn^ en voyant tous, le^ miracles de la.terre, tous les miracles de l'univers corresppndipe. immédiatement avec la félicité de l'bgmrP^, et en voyant ainsi le

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système dès causes 'finales se développer et s'ëtendre d'une manière uhivêrsèlîe, et avec autant de régularité que de précision? ^

Et vous encore, vous qui, pour être entièrement persuadés de l'eitistence d'un ordonnateur suprême, auriez osé former un vœu déplus, quel eût été ce voeu? Nous le cherchons et nous le présumons. Vous auriez deniandé quelques notions sur un phénomène prodigieux sans doute; vous auriez demandé s'il étoit concevable qu'un Être, par l'acte seul de son commandement, pût diriger, modifier, animer les élémens, les atomes, l'esprit et la matière. Et nous nous représentons votre extase, au moment où vous auriez vu les mouvemens et les actions de l'homme obéir h l'instant ; obéir avec la rapidité de l'éclair à un simple désir, à un simple souhait, à cette autorité mystérieuse que nous avons appelée la volonté.

Enfin , pour dernier terme à votre étonnement, et pour combler en quelque manière le vague de votre imagination , on vous auroit montré les globes innombrables qui peuplent la voûte céleste; on vous auroit appris que ces globes lumineux sont autant dé soleils destinés , selon les apparences , à éclairer des

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mondes habités; habités, cqhq me la terre, par des étresi wtplligens; .pt que, ,de nous à ces êtres , et des. uns aux autres ^ il existe peutêtre des degrés de facultés: jqui a^t^e^ignent par leqr succession à une çoi^noissance distincte du Dieu de ^'ur^iyefs. rt-;.

N'en joutons point; si. des observateurs philosophes;avQien^t assisté au développement que nous yenoijiç de soipposer, à ce développement gpaduel,dBjSystème.du,monde 9 ils^e-f roient devenus .l;e$. plus fervens adorateurs d'un Être $uprén(xç.. Mais le miracle delà nature s'est* offert à leurs regards dans son en* tier; leur esprit,, , s'y accoutumant de bonne heure, a considéré cei^ii^acle comme un fait simple; et jama^d ijin ipouvement de siirprise n'est venu les exciter à contemple^ l'Éternel dans ses œuvres. Étudiez-les, ces œuvres magnifiques , et suivez^en le cours majestueux ; étudiez-les , et vous verrez que l'existence d'un Dieu nous, a été anapncée dans la forme la plussolennel:^ç,..,et avec l'éclat qu'exigeoit une proclamation de la première des vérités.

Et s'il est un dernier mot qui nous manque encore , il nous sera dit au temps marqué par la sagesse éternelle.

Pevancez ce temps par votre pensée, et en

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TOUS aidant i!e tous les moyens dHnstraetîon <!|[uivous ont été donner. Votrt esprit, votre steritiwient, i^otre conscience, seront pou t* vous des sources de tnirtrères ; écoutez ces inspirâtians secrètes qui vous annohcetit t*existence d'un Dieu protecteur; écCUtcz cet instinct qui vous fait chercher un iaiiîi datis lieiciel, lorsque les homtnes vous oppritneht; tet ne disputez jatiiais dans votte CûbUt cotikre les impressions qui vous ramènent, de tâtat dé fn'ânières , à l'idée d'un Êlré suprêitae.

C'est ici, toutefois, que nous crbyotts entendre les athées nous adresser tin Reproche ^ et nous dire : Nous craignez-»vôU8 , que vous Tl'ôsiez faire' eiïtendre notre princljjale objection contre l'existence d'un Être siip^éme , et contre toute espèce de systèrtie religieux?

Nons leur répondons : Sans doute , oti doit vous craindre, puisque vos afgumens^ vos paroles blessent notre sentiment, et s'attaquent à tout ce que nous avons de plus cher; mais nous ne voulons pas' dissimuler votre raisonnement aux fidèles qui nonis écoutent.

Appelés qu'ils sont à vous entértdre , à vivre près de vous et au milieu d'une société que vos leçons, que vos doutes corrompent, ils ont besoin peut-être d'un soutien ; et leur

am^f leur pasteur, doit leur prêter assistance. Plus heureux pourtant les hommes qui , soumis sans réserve aux principes de la piété, ne se mêlant jaiq|ûs aux conversations des philosophes du siècle , n'entrent jamais en lutte avec eux, et suivent avec sécurité les inspirations d'uQ cœur sensible, et les avertissemens d'un^ oonsoiedce éclairée par une lumière céleste.

Ils disent , lès chefs d'une secte infortunée, ils disent que la beauté du monde ne leur échappe point; qu'ils jdécauvrent aussi un rapport entre le but et lés moyens , un ordre admirable dans la succession des effets et def) eauses, une harmonie générale dans Tensemble; mais ils. ajoutent qu'ils ne rejettent pas ipoins l'idée d'un Dieu, créateur, puisqu'aucune matière, aucun corps, aucune chose ne peut sortir du néant ; qu'aipsi tout ce qui existe doit exister de tout temps, et sans la médiation d'un Ê.tre éternel : quelques-* uns seulement se bornent à admettre l'éter* nité d'une matière divisible à l'infini , et at«^ trihuent ensuite au hasard , secondé par des chances innombrables , la formation de l'unv* ver».

Observons d'abord que les deux supposi-

tiens se rapportent à un même système , à l'éternité du. .monde. Car •une matière orga- ]:iiquei propre à^ servir d'élément à .toutes les forces productrices de la naUire , propre en^ Gore ;à. composer des. êtres animés, à créei; des penseurs et des pensées ; une telle. matière^, existant de tout temps, ^eroit un phénomène peu différent de l'éternité du- monde. Et où placer iez-vous en imagination l'époque de cette conversion d'atomes: en mondés > réguliers ?

Choisissez un moment; il siéra toujours tardif d'une éternité.; car tous les momens ont-^une éternité qui le^ précède , coriinie;iliiKe éternité ^ui les suit.

G*estdonc uniquement l'éternelle existence de l'univers qu'il faut mettre en «parallèleavce Féterneile existence d'un Dieu <iréateur. .

^ ¥ous ne coqaprenez pas, dites-vous , comment jaucuné puissance auroLt eu la faculté de faire sortir la matière du néant; mais quand vous la rendez éternelie, cette matière , vous accablez aussi notre entendement. Le néant, il est vrai , n'est plus alors à la vue de notre .imagination, mais il deineure en abstraction le cercle idéal d'une existence éternelle. Notre esprit va toujours le chercher, ce néant primitif^ tant l'absence d'un commencement dans

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ks objets successifs et variables , dans les ob* jets de notre nature , est une proposition que nous ne pouvons saisir. Nous reculons le passé pour y parvenir ; fM: en arrière des temps que nous connoissons , nous rattachons des jours à des jours ; mais nous n'allons pas loin dans cette marche rétrograde de notre esprit, et nous apercevons bientôt le dernier terme de nos efforts.

Cependanf les athées se placent avec avantage, lorsqu'ils attirent le combat sur les bords de l'infini; car là toutes les pensées des hommes deviennent égales, tant elles sont en disproportion avec l'objet de leur méditation !

Qu'il nous soit donc permis , en descendant d'un degré de la plus haute métaphysique^ de rendre ainsi liotre discussion moins vague et moins abstraite. ^

C'est l'apparition hors du néant des premiers élémens de la matière que les ennemis de la foi, que les athées rejettent comme inconce-* vable. Nous supposerons donc, pour un moment , l'existence éternelle ^de ces premiers élémens; et nous dirons , que cette hypothèse ne seroit point en opposition avec l'ejxistence d'un Être suprême. Oui^ nous aurions égale^ XIII. 5

S6 oonts

iMenl ttotre Dieu « latsqa'U seioit seulement le r^klear des cieiuL et de la teire, Fordon-* Moteur dts mo n d e s el de rmÙTeES, Time et le MOtt^TMMiit de %oal ce qui^cspife, le msitre •onttnm deaes dcstmées. Oat, nous aurions êfafewMit noUe Dieu, lorsque les premiers m>tt«riaitt de ses orairres seroient eu ooincit i s n ce atee son existence éternelle.

De quel affament alors se serviroit^on pour j kSen ifci t W dogme de Ta théisme ?£ssaieroit^n de nous persuader qu'un ordre parfait , existant dt Imnoséme, fut une supposition plus TffoisMablable qu'un ordre parfait allié à une pnissance morale , à une puissance éclairée^ et fixé> soutenu par elle ? £ssaieroit-on de nous lepstsuader, et refuserions-nous d'assigner à l\iuiYers entier un guide et un maître, lorsque nous avons la eonnoissance d'une magistrature mdividuelle , destinée à régler et à gouverner le système de nos actions? Ce que nous voyons en petit , ne le soupçonnerions-nous pas en grand? Ah.! n'en doutons point, le majestueux univers a son moteur, a son maître , comme notre organisation a le sien ; et les perfections de cet Être suprême , sa puissance et la force de sa volonté, sont, avec nos facultés agts^ niantes, dans la proportion qui doit exister

DE MORÂtB RELIGIEUSE. 67

entre l'atome e}; la grandeur infinie, entre notre moment et Téternité.

O Piçu î vous nous avez asse? donné , puisque vous nous avez rafc en état de connoître votre existence , de la préjuger du moins avec unp confiance éclairée. Yous nous avez assez donné, puisque vous avez joint aux lumières de notre esprit un avertissement intérieur qui nous appelle à vous par la crainte et par l'espérance. Vous nous avez assez donné , puisque vous nous ave? permis de vous aimer, de vous adorer, de recourir sans cesse à votre projtection paternelle.

Hélas ! pour l'homme capable de réflexions, l'image d'une collection immense d'êtres sensibles , jetés çà et là dans l'univers , sans aucun patron , sans aucun défenseur, seroit tellement effrayante, qu'en s'jjt arrêtant, ne fût-ce qu'un moment , on éprouve un saisissement dont aucune de nos émotions ne peut donner l'idée. £h quoi ! nos sentimens ^ nos pensées , ne répondroient àrien ; nos larmes ne seroient point aperçues ; nos gémissemens ne seroient point entemlus ; et une abstraction silencieuse serviroit d'abîme à nos yqeux et à nos espérances ! Nous serions sous l'empire d'une fatalité aveugle ; et dans l'immensité des copibi-^

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naisons appartenant à un tel règne , dans cette immensité placée au milieu de réternelle durée , le malheur continuel et la douleur sans terme seroient une chance aussi probable qu'une autre! car l'épreuve d'un jour que nous faisons sur la terre ne pourroit être reçue en garantie dans les calcula de l'infini.

Oui 9 l'univers existant sans cause, sans ordonnateuf ; l'univers sans relation avec une sagesse suprême , avec une volonté éclairée ; l'univers , sans aucun assujettissement à une puissance morale , ne seroit plus pour nous qu'une nature insensible , une nature étrangère à la distinction du bonheur et du malheur ; et les bases constitutives de notre repos ne subsisteroient plus.

Quel abri nous resteroit-il, en effet, dans le yague de l'avenir ? La mort, diriez-vous ; mais nous ne nous sommes point encore trouvés après elle : et dans la marche inconnue d'une nature sans guide, serions-nous certains de n'être pas rappelés à des souvenirs et à des peines ? Et en supposant que lé nmis d'aujourd'hui fût éteint , serions-nous sans intérêt au sort de tous les êtres qui , dans la succession infinie des siècles, pourroient être le jouet et les victimes souffrantes d'une impassible fata-

DE MORAIX RSLTCn&US£» 69

lité? Ces êtres ne sont pas nous ^ mais ils ne soiit pas eux encore ; et si , par une force aveugle y ils dévoient être précipités dans un abîme de ténèbresi^ ou daos un gouffre de feu ; si, par une force aveugle, ils dévoient y con-^ server le sentiment^ serions*nous étrangers à ces horribles chances, par la seule raison (^u'il n'y a poidt d'identité sans souvenir? Et nous croirions-nous sufâisamment rassurés par une idée métaphysique , même la plus juste en apparence ?

Ah ! fuyons y fuyons ces épouviintables penr sées. Qu'elles avertissent, qu'elles effraient les athées j des conséquences de leur système; mais que jamais elles n'altèrent notre paix et notre repos. N'en douton& point ^ la nature a son maître : et l'univers , Tharmonieux. univers, vous l'atteste.; la nature a son Dieu , et ce Dieu, c'est le nôtre; c'est lui qui règle tout, aux cieux et sur la terre ; c'est lui qui est notre défenseur , notre ami secourable ; c'est lui qui entend aos prières et qui veille sur notre sort. O Dieu ! vous existez , vous régnez sur les mondes , et c'est un des rayons innombrables de votre bonté qui toipbe sur nous; c'est un de ces rayons innombrables qui a gravé dans no^ cœurs votre image et qui nous a donné

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Fespérance. Nous ne pouvons parler dignement du Roi des rois', du Seigneur des seigneurs , et nous ne pouvons atieîndte, ni par la pedsée, ni en imagination même , à un Êt^e éternel^ à tin Être infini ; mais nous répéterons ces paroles sactées , noiis les répéterons avec respect et avec tremblement : « Et Dieu dit à Moïse : Je n suis celui qui suis. Et il dit aussi : Tu diras (t ainsi aux enfans d'Israël : celui qui s'appelle «ye suis m'a envoyé vers vous. » O quïl est grand , notre Dieu ! nous l'adorerons en présence des anges qui environnent son ttône , et nous le célébrerons avec tous les peuples de la terre. 11 nous a dit ce qu'il éloit , et un jour peut-être nous apprendrons de luice que nous sc^mmeâ, ce que nous sommes dans Tordre général de ses conceptions et de ses vues; un jour nous connoîtrons le secret de notre destinée ; un jour peut-être nous serons appelés à considérer les merveilles que Vœilna point vueSj que Voreille n a point entendues ; uii jour enfin nous approcherons de ces sources fécondes de félicité qui andoiicent la demeure de l'Éternel. Mais poui* méritet tant d'honneur et pour devenir les élus de notre tendre père , il faut que hôUs puissions lui offrir le tribut de notre vie, car ses jeux sont trop purs pour

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voir le mal; belle parole des Livres saints , qui sera le sujet de notre premier Discours. Puissent nos forces s'accroître, en continuant notre route ! Puisse notre amour suffire à votre instruction , et notre zèle répondre k* la tâche que nous avons entreprise ! O Dieu ! soutenez l'interprète timide de vos grandes pensées ; élevez son esprit, animez son langage, et que la piété des fidèles appelés à' l'entendre soit de jour en jour excitée et rendue plus fervente, par les inspik*ations de votre grâce et de votre souveraine puissance.

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