‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 4)Chapitre 30 sur 79 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

0iiel effet produiroit sur les prix la liberté constante d'exporter les grains.

La liberté constante d'exporter des blés -augmente dans un pays les moyens de vendre y puisqu'elle admet au marché les acheteurs étrangers , ainsi que les nationaux.

Cette liberté n'augmente pas en même temps les moyens d'acheter au dehors , puisqu'elle n'assujettit les étrangers à aucune réciprocité.

Il est donc manifeste que la permissioi^

constante d'exporter des grains doit tenir les prix plus hauts que la loi de prohibition.

Cette même liberté constante doit aussi occasionner des écarts considérables dans les prix , parce qu'elle n'est pas une sauvegarde contre une exportation inconsidérée, et qu'une exportation de cette nature , quoique médiocre en quantité , peut quelquefois donnet lieu à une hausse excessive , ainsi que nous l'avons déjà développé. Enfin j les prix qui ne sont que le résultat d'une cause quelconque , ne peuvent se rapprocher davantage d'une certaine égalité , qu'autant que les circonstances qui influent sur eux sont elles-mêmes rendues plus égales. Ainsi , que la France autorise les nations étrangères à venir enlever ses blés dans leurs besoins; si ces nations lui accordent la même permission , et qu'on puisse compter sur leur engagement à cet égard (deux suppositions vaines), l'égalité des prix sera favorisée , puisqu'un champ plus vaste sera ouvert à des secours mutuels. Mais , que la France ouvre ses greniers aux étrangers, tandis qu'ils lui ferment les leurs , l'inégalité est manifeste. Enfin , qu'elle les ouvxé indistinctement à toutes les nations, tandis qu'une partie d'entre elles seulement lui reni 4ra le réciproque , cette inégalité , moins I. 5

66 317?t hA xjkHS{i43:Y9N

p^lp^blç , n'^a çst pas moipÉi uqe fnpqre; car si les Flam^nçl^ , les Aoglois , leâr Savpy^pcJs » les Suisses , p^Çn ont, la p^rc^issioA ^'e^porter cle^ blés cle france , un esps^cç de huit }aura leur suffira pour en fai^^ us^ge ; m^ia si ces nations refusent toute réciprocité , ]^ France ne pourra recourii* dans ses besoins qu'il l'Amérique , k la Çarbarie , ou au Nord do VEuyope ( pays qui , les uns par leur éloigne^ Wf^nt :, k^ ?iutfes pa? Jes obstacles <juç les saisons lueueut k leur navigaûpUy^e p^uTent

donner du sçcqurs qnç dans Vespac^ d« d«uK » tçpis o^ quatre mois), et il résvUera de cette disparité des effets inég^un: , #t par conséquent dçs écarts dans les priip plus fréquens pu plus

faciles-

Ain&i» ^u milieu du système prohibitif plu^ pu moips étçudu qu'obseryent les diverses nations dç l'Europe , une Ipi qui permettrait çonstamuient en France la libre exportatioo des grains, ne sçrpit qu'un moyen de joindre av3ç acçid^Q^ intérieurs qui influent sur les ^xi^ j tqus ceux auxquels les nations étran^ gères ppurroient être sujettes ; w seroit expo* S^er \^ Frçinçe k se ressentir de leurs besoins , 4fi leijir inquiétude r de leur politique, sans lui assurer dçs secours réciproques dans les temp^ de di^et^e et dalarmç.

£T LE COMKEBCK SES GRiaiTS. 67

Page 1