‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 4)Chapitre 35 sur 79 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Rapports du prix des blés avec les biens

étrangers.

Nous avons vu la somme des impôts, les fruits du travail et de l'industrie , se proportionner dans un espace de temps au prix des denrées de nécessité ; nous avons montré qu'il existoit aussi des proportions constantes entre le prix des blés et la plus grande partie des autres productions de la terre.

Examinons maintenant quel est le rapport du prix dB|grains avec celui des marchandises étrangers qu'on introduit dans un royaume.

Il n'est pas douteux d'abord que pour tous les pays peu favorisés par la nature , le haut prix constant du bié ne soit un avantage , puisqu'ils n'ont ni des productionst particulières, ni des arts ou des manufactures , et qu'ils sont contraints de payer les biens étrangers avec leurs denrées de nécessité.

£T LE COMMERCE DES GRAINS. qJ

Les blés sont la seule monnoie politique de pareilles nations , et plus la valeur en sera portée haut, plus elles recevront d'autres richesses en échange ; mais un tel pays seroit alors dans le cas de ceux qui , contrariés par la nature , ou dans une sorte d'enfance et de barbarie , doivent permettre constamment la sortie des grains , ainsi que nous l'avons expliqué, en traitant, au commencement de cet ouvrage, des principes généraux de l'exportation.

Ici cependant l'on peut observer que si dejux états ont un intérêt fort différent à la cherté des grains, celui des propriétaires est partout le même ; ils peuvent être indifférens à la valeur de leurs blés sous les divers rapports que nous avons parcourus, mais le haut prix constant de cette deqrée les intéresse pour la partie de leur revenu qu'ils emploient à acheter des marchandises étrangères , vu que le cours des blés, dans un pays , ne peut avoir aucune influence sur celui des biens achetés dans un autre royaume.

Je cherche la vérité , et je ne suis pas le défenseur dune opinion; ainsi je conviendrai d'abord que c'est en effet pour ce genre d'échanges que les propriétaires ont le plus d'intérêt à la cherté constante de cette denrée.

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Ce n'est psis cependant qtre le prix des grains datis un pays n'influe nn peu sur celui des lûatchandises étrangères qu'on y débite ; ear un prix de vetite se forme non-seulement tnA raison du prix d'achat , mais aussi en faison des tnoyens plus ou moins avantageu* qu'on troliVe pour s'acquitter ; et ce^ moyens tiennent en psif tie à la modération: du prix des Mes et dé la maih d'œùVre; puisque cette modération , en multipliant et variant l'industrie , accroît le nombre des objets d'échangé ^ et les ressources du commerce. D'ailleurs , con^me tocites les marchandises sont renchéries , par les profits dés agens nationaux qui transportent , achètent et revenu* dent , la valeur modique des deni^ées qu'ils consomment et du travail dont ils jouissent, tempère ces mêmes profits; et cette circonstance influe encore sur la taléur des biens étrangers qu'on introduit dans un pays.

Au reste , c'est pour suivre notre sujet dtctis toutes ses branches, que nous sommes entrés dans cette dernière discussion.

Qu'importeroît, en effet, qu'il y eût un rapport sous lequel la cherté constante des grains fût avantageuse aux propriétaires de cette denrée ; la société ne peut être intéressée à leur procurer le plus grand bénéfice pos-

£T LE comiTEitce Ms ùlikîTxs. 95

sible, qu'autant que )e^ ptogfèH âe l'agriculture dépenéroient de cette ednditioil.'G'e»t ce que nous allons estaminet dans le chapitre suivant

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