CHAPITRE XXVIIL
Une loi permanente pour défendre V exportation des grains seroit-elle convenable ?
Nous avons examiné jusqu'à présent les inconvéniens attachés à la liberté constante d'exporter des grains , nous allons considérer maintenant si la prohibition continuelle seroit une loi sage.
Si le blé pouvoit se conserver sans de grands soins et de grandes dépenses , il y auroit peu d'inconvéniens à laisser amasser cette denrée dans un pays, comme on y garde de l'argent ; ce seroit une richesse aussi sûre , et cette abondance attireroit toujours tôt ou tard une population proportionnée , et un accroissement de travail et d'objets d'échange pour les propriétaires; mais le blé se gâte assez promptement; ainsi , mettre obstacle à sa sortie, lorqu'il y a un superflu évident, indé* pends^mment d'une provision de prudence pour Tannée suivante , c'est empêcher de convertir un bien périssable dans un bien durable, qui est l'argent.
D'ailleurs., une grande abondance ferDît
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baisser le prix sensiblement^ et si les propriétaires ne pouvoient pas se dédommager de cette baisse pajr la vente de ce même suf perflu, ils souffriroient un grand ;donimage.
L'amas d'ipi Superflu , entre les mains des propriétaires diminue la force de leurs pré" tentions, comme le retranchement de ce même superflu l'augmente ; mais ce n'^eçt pas dans la même propprtion, parce que la crainte do manquer du nécessaire agit bien plus sur let^ consommateurs que Tembarra^ d'un superflu sur les propriétaires. . . . ,. .\ . }
Ainsi, supposons, que quatre Bp^iUîons.de setiers de blé fussent la quantité de superflu nécessaire dan$ le royaume de France , pour l'entretien du prix raisonnable de vingt-quatre* livres ; si le quart de ce superflu était retranché, le prix pourrQ^t iponter à «trente-six livres, tandis que, l'accroissement <?e la même
quantité ne le feroit peut'^étre baisser qu'à vingt.
Quoi qu'il çjpi soi*>, il faut prévenjir, autant qu'il est possible, l'excès d^ ■supç;çflu.et la baisse ^ans les prix, qui ^n e;Sit. la. suite; car la somme des impôts et lepri:^ de la, main .dWiyrç UQ se proportionnant pas in^médiatemen^ à .cette variation, les proprié i;aires es$uien:l une diminqtion dans. leurs revenus: et ^i cette
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tnrconstaûce dé6mira[ge momentanément la culture ^ une rareté peut suivre Tabondarice ; et il en résulté des moùTemens e:2^tràordinàires dans \t% prix.
On a fait éohnaitrë qtié lesmenies écarts seroient l^effet de la liberté constante d'exporter des grains ; mais ces deux propositions né poutromit pàroîfré iine cotatraditition qu'aux personnefi^ qtii fie rénlarquent jâ'ibâi^ datlÀ kà diScussrioti^ que eietit systèmes absolus et pleinement coht<'àirës;rîen n'est plu6 fcôtimôde, et rien n'attache plus à celui qii'^on à choisi , parce qu'o'ti fàft servir à sa défense tôué les défauts qu^ôn aperçoit dans Tàuire; mais prétendre prouve]^ que là liberté cofié tante d'ex- 'porter des grains est le mëiïïèdr système, éii * montrant que là prohibitioil constante à des incofrvétiîefrS j c^est "toufôir déiîïohtrér qu*e lé blanc est là ][)Mè agi^éable de totifèà lès couleurs , parce qilè lè^rioir est ïa plu^ triste.
Rien n'annonce plus l'enfance des idées que cette maAfîêre: Lëà^ hdhiAéâr oilt dû ^épafrer d'abord tcWifë* îès vérités dânS îèùr méditatioè», par des bornes frappantes* ; mai^ à mest^re que leur esprit s'est perfectionné , qù^iï est devenu plus pénétrant et ^lus flexibte, ïés objets dé leurs dbservation.4 se sont muïtiplies , «et letfr aptitude à \t^ dis^tinguer s'est
£T LE COMSCERQl? BBS C^tlAIirS. iSc)
augmentée ; alors ils ont remarqué de grandes différences où ils n'avoient d^abord aperçu que de l'uniformité^ et des rapports où ils n'avoient vu que des contrastes; et c'est pour ex^ primer ces iiouv^Ues déeouYerles, et non pout favoriser la foiblesse^ <|ua les expressions mesurées se sont introduites.
C'est ainsi que dans k> question des grains, on n'a discuté pendant long- temps que la liberté ou la gène absolue ; il èH teii!i3p6 de chercher entre ces deux extrêmes quelques modifica* tions ï*lEii$ôËrnabks; mais coinme celles qu'on pourra choisit s'appt imiteront an ôomlmetce des grains en général, on a cru côtilrenable d'examiner auparavant la question de la liberté ihtérî^itt*è, et Vi^è 6?e*a Fobjèt de la se«conde Paftfe dé éët bUVHge.
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