‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 4)Chapitre 59 sur 79 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Convtendroit'U de fixer le prix des grains ?

Oir a quelquefois proposé de fixer le prix des grains ; il , existe même une ordonnance de Philipp£-l£-Bxl à ce sujet, mais qui ne fut pas de longue durée.

Ou peut fixer le prix des billets d'un spectacle, celui des ouvrages d'une manufacture unique dans son genre, enfin, celui de tous les objets dont la concurrence n'est pas étendue; mais un milliard de blé et un milliard de besoins ne peuvent jamais être soumis à une pareille règle. On ne viendroit point à bout de la faire exécuter, quand on leveroit une armée de surveillans aussi nombreuse que la nation même. D'ailleurs , la détermination d'un prix fixe et général s'opfioseroit à toute ciï'culation quelconque; car, le blé qu'on auroit acheté en Picardie , comment pourroit-on le vendre au même prix à Paris? ne faudroit*il pas y ajouter les frais de transport? Si l'on n'en avoit pas le droit,- toute oovhnunication seroit arrêtée.

' Rien ne seroit donc plus impraticable et

i34 6t}K L/L LEGISLATION

plus insensé qu'une institution pareille; mais derrière cette même idée on découvre peutêtre une gran4e vue ; c'est qu'il seroit à dé* sirer que tous les hasards des récoltes fussent pour les propriétaires; parce qu'eux seuls peuvent, sans un grand inconvénient, perdre dans un temps et gagner dan^ un autre; au lieu que lorsqu'ils proportionnent aux événe-» mens le prix des denrées dé nécessité dont ils sont les distributeurs » ils associent à leur jeu cette classé indigente de la société qui n'a d'autre mise que son nécessaire.

Page 1