‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 4)Chapitre 62 sur 79 · CHAPITRE Xiy · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xiy

Sur les primes explicables à la circulation inté^

Heure des gfains.

J'entends par ce genre 'de primes, une rétribution qui seroit promise sur tous les blés qu'on apporteroit dans une telle ville, ou dans une telle province , n'importe qu'ils vinssent des pays étrçingers ou de quelque ^autre partie du royaume!

Cette méthode seroit une source d'abus el d'inconvéniens.

^1 On conçoit comment on peut allouer une prime sur les b)és étrangei's qui arrivent dans un port, parce qu'il y a des entrepôts établis et des formalités observées, pour prévenir toute confusion.

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L'Angleterre néanmoins , en accordant des primes sur. Texportation de ses blés , n'a cru pouvoir se garantir des inconvéniens inséparables de cette institution , qu*en met-^ tant des- obstacles à Timportation ; mais les abus qu'elle craignoit ne sont pas comparables à ceux que présente une distribution de primes dans l'intérieur du royaume. Quelle multitude de barrières ne sdroient pas néces- 3arres ppur empêcher quç le ipcme setier de blé ne jouit plusieurs fois de la rétribution accordée ! Se borneroit-on à n'encourager par des primes que les blés qu'on porteroit dans les villes ? mais on seroit alors obligé de garder leur enceinte , de peur que ce même blé n'en sortit pour rentrer ensuite. Quelle source enfin de jalousie , des villages et des campagnes envers les villes , et même des provinces envers les provinces !

La publicité de ces primes ne serviroit qu'à entretenir l'alarme; et si l'on y avoit recours^ fréquemment y la circulation seroit retardée, parce que les marchands s'habitueroient à attendre la promesse d'une rétribution, pour faire leurs envois , et transporter les secours nécessaires.

D'un autre côté, toutes les personnes qui auroient formé quelques spéculations dans

XT LK COMMERCE DES GRAINS. 2^g

l'espérance que le blé pourroit monter, se trouveroient tont à coup contrariées par la concession d'une prime , qui leur procureront des concurrens inattendus, et ils abandonneroient ce commerce.

Il faut prévenir, autant qu'il est possible, la cherté des grains par la sagesse des lois ; on doit surtout les modifier avec assez d'intelligence pour qu'elles puissent convenir à tous les temps; mais lorsque des circonstances extraordinairies appellent le secours dé l'administration, il est important qu'elle évite une trop grande publicité dans ses expédiens, de quelque nature qu'ils soient ; car il seroit à désirer qu'on ignorât qu'il est des momens où la loi la mieux (Combinée est encore impar* faite ; les exceptions qu'on y fait sont comme autant de signes qui déposent de sa foiblesse; c'est au grand administrateur à la voiler, afin que le respect pour cette loi soit toujours'conservé, et que les hommes ne cessent jamais d'y conformer leurs habitudes ; comme il arrive dans le commerce des blés, lorsqu'on aperçoit des dérangemens trop fréquens dans le système adopté par le souverain.

35o SUR LA LÉGISLATION

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