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de trois ans , demander raison à un minis* tre de l'emploi des revenus d'une année. Lorsque M. Necker entra en place ^ les choses n'étoient , en véritë , gu^e plus avancées, et les états de finances qui ont précédé le Compte rendu ne sauroient élre considérés que comme des aperçus de l'esprit de tel ou tel ministre. Les comptes du trésor royal, loin d'offrir une description fidèle de toutes les opérations financières , ne donnoient à cet égard que les renseignemens les plus incomplets et les plus oIh scurs : une partie des impositions n'y figuroit point en recette , et un grand nombre de dépenses, étant acquittées par toutes ces caisses dont nous avons fait mention , ne laissoit aucune trace au trésor royal. Les dépôts des chambres des comptes ne pouvoient nullement suppléer à ces lacunes , non-seulement à cause du temps prodigieux qu'elxigeoit la production et l'apurement d'un compte , mais parce que les chambres des comptes étant au nombre de onze, l'on ne pouvoit obtenir un résultat général qu'en faisant à grand'peine le dépouillement d'une masse énorme de papiers. L'on sait d'ailleurs combien , m^e sous un ordre de choses plus régulier, il est difficile de faire cadrer des comptes admi-
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nistratifâ avec des ccmiptes sur |âèces , tels que ceux que l'on ipBesente à une chambre des comptes. M. Necber remédia à une partie de ces inconvémeoQS y 01 âaidîssatrt; une comptabilité ceâtrale^ et en xndianBMd: que désormais aucun comptai)!» ne seroit valaUementiiécharge^ qu'en rappfotantdes quittances des ^gardes du trésor nroyal. Ce nouvel ordre fut im (progrès important /et les gens instruite en jugèrent ûinm. Le parlement de Metz j qm >faisost fonxrtien de cour des comptes , écrivit à M. Nedker^ an sujet de la idedLaratran du 1 7 octcdire 1 779, concernant ie trésor royai : «r La cùxb*i< pagnie 7 a neoomiu, a^vec satis£Etotûin,)la £( S(upérioril)é de TUi^ qui caraotériss vodxe 9) adjxiimstratiiDn. I^jgxus parvenez à recueilr « dir tous les avantages d'un plan génësal ^ « en même temps que vous ^c^ntittiteiz a « vous procurer les 'éclaircid9eine9iisfq»eèe6 « connomsanoes locales peuvent répandre <i sur les diverses branches. 'Qn^ ne peuit u imaginer un système jplus: sage £t ossemsux i( combiné, m
Dès lors^ on afak un^rand pas de pkis« XJn admmislrateiu*^ dont le nom est juste-snent honoré , a appliqué A :Ia comkptabilité des ^tinances le système des^'écrilnxres comr fnerciales, système ingénieux, qui>ne tolère
SUR H. NEG&ER. CVÎj
point de lacune dans la description dos £siits ; et les divers perfectîcmnemens qui sxmt encore désirables à'cet égard , décon*lermit Wùs de l'organîsatioo intaiodtiîte par M^ le comte MoUien.
Si Ton coiiipaœ la Fmnce soit à la Hollande , soit suïtomà TAn^eteiTe et a rAméf ique y on est frappé de i^oir à quel point nous sonoimies arriérés dans la ^science des moyeds de crédit et de cireulatian. Tandis qu'à Londres ; par esetnple ^ l'art des vireïù/êbs^^ été perfectionné an point q[ne les prîAcipattiL caissiers de la cité font, jns^'à trois ^s par jour, la compensation de leurs Inândats^ et soldent des comptes én(H:mes par des appoints de quelques livres sterling ; en France , tomt se fait en argent ; tous lès banquiers , tous les négocians ont dans leurs caisses une masse considérable de fonds ^naorts ; -TMie grande -partie des contribution'S ptLbïiqnes aft-ive eA numéraire à la 'trésorerie , et ilti?est pas râre^que les «ca* Vèsdeïa banque soient encombrées de plus de deux cent millions d'espèces. Ces inconvéniens tiennent à plusieurs ^causes , dont lés iprincipales'SOtttd abord «ne grande absence de Itimièresdan s les provinces, ensuite le peu de rapports çomnaterciaux qui existetft entre î^aris ^t le reste de la France ,
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enfin , la terreur que les assignats ont laissée dans les esprits ^ et qui fait confo^dre toute espèce de papier avec le papier monuoie. des mêmes causes èxistoiënt à un degrë beaucoup plus fâcheux sous l'ancien régime, si ce n est qu au souvenir des assignats^, il faut substituer le sotivenir non moins effrayant de là banque de Law.. Aussi Je mot seul de banque étoit un ëpoutan«< tail , et ce ne fut pas sans peine que , sous le ministère de M. Turgot , quelques: gens d'esprit parvinrent à fonder à Paris uni* caisse descomptei Mais cette jastitution resta fort languissante , jusqi:tau monpient oii]\([. Neckerlui donna la vie y moins. pAr ses actes comme ministre, que parj'^u-t torite que son nom et ses lumières avoieut jconservée chez les nëgocians. Il fit comij9ÎT tre au commerce lés avantages de cet ul^ile établissepû^ent 9 il engagefiles prinçi{^uX banquiers de l?i capitale à: y placer à^9 fonds et à recevoir ses billets dans leurs payemens ; et enfin , lorsque rexpériepçe eutdémpntré que rprganisation de la cdis^ d'escompte etoit bonne , il se détermina , sur la demande des actionnaires eux*^mér mes , à en faire sanctionner les statuts par un arrêt du conseil du 7 mars 1779.
, M. Necker étoit persuade, du reste , que