‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 5)Chapitre 20 sur 90 · DES DOMAINES ET BOIS. III · texte numérisé non relu

DES DOMAINES ET BOIS. III

vision : aussi sommes^nous informés que , faute sans doute de motifs suffisans pour se livrer aux soins pénibles qu^exige nécessairement Tétude du domaine, plusieurs départemens ont été négligés, tandis qu'on a fait, dans un petit nombre , des améliorations importantes.

Ces différences nous ont fait connoilre de quelle conséquence pouvoit être , dans cette partie » un travail assidu , et suivi diaprés des principes uniformes : nous avons pensé que pour l'exciter et le soutenir constamment, il étoit important de réunir dans un centre et de lier à un intérêt commun, non - seulement toutes les fonctions dispersées de la compagnie des receveurs généraux des domaines et bois , mais encore celles qui sont partagées entre leur compagnie et la régie de domaines : nous avons trouvé , dans cette dernière , une partie des ^bus introduits depuis toiq|[«temps dans les compagnies de finance , c'ést-à-dire , des croupes , ou des parts accordées à des hommes étrangers à l'affaire , et des récompenses attachées essentiellement , non au succès du travail et des soins , mais à l'étenflue du fonds d'avance. #

C'est à tous ces différens inconvéniens et à plusieurs autres que nou» avons tâché de

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remédier, daiïsla composition d'une nouvelle compagnie qu« trous venons de former. Nous avons pensé que dix-huil personnes, choisies principalement parmi les receveurs généraux des domaines et parmi les membres de la régie actuelle , rempliroient parfaitement toutes les fonctions attribuées aux soixante-quatire charges de receveurs des domaiiïes et aux vingt-cinq régisseurs. En même temps nous croyons également inutile de laisser subsister les soixante-quatre charges de contrôleurs des domaines et bois , les cent cinquante-deux charges de receveurs particuliers des bois, les cent cinquante-deux charges de receveurs des amendes dans les maîtrises des eaux et forets y et les quarante-neuf charges de garder, généraux et collecteurs de ces mêmes amendes. Mais nous voulons que les finances de toutes ces charges , ainsi que les fonds d'avance des intéressés dans la régie actuelle , soient remboursés en argent comptant.

Nous croyons devoir profiter de Tordre qui s'introduit dans nos affaires , pour diminuer le nombre des offices de finance que les be-. soiAs d'argent seuls ont fait naître , et qui ont entraîné une multitude ^'exemptions et de privilèges contraires à l'ordre public. Nous serons justes envers les particuliers , en lés

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remboursant exactement , et nous le serons envers Tétat, en rendant aux fonctions utiles de la société , cette classe de citoyens qui se dévouoit auparavant à des occupations superflues , et dont le salaire néanmoins retoroboit à la charge de nos peuples et de nos finances. Nous ne doutons point que les membres de la nouvelle compagnie que nous avons formée , ne se livrent avec zèle aux fonctions importantes que nous réunissons en leurs mains ; et nous écouterons avec intérêt toutes les propositions justes et sages qui nous seront faites de leur part , pour l'amélioration de la partie de nos revenus qui leur est cotifiée : et cependant , nous étant déjà fait rendre compte des diverses charges de notre domaine y nous avons vu que Tentretien des prisons en avoit fait partie jusqu'à Tannée 1773, où le désir de soulager le trésor royal de différentes manières , avoit déterminé à charger les villes de ces mêmes dépenses ; mais étant informés que l'état de leurs finances les a empêchées, contre leur vœu , d'appliquer à cette partie intéressante tous les fonds qu'elle exige , et l'aspect de nos affaires nous permettant d'y employer une portion de l'économie que nous faisons dans cette occasion, nous avons cru devoir rétablir à la charge de notre domaine , les \\u 8

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fonds destinés autrefois aux prisons, à condi* tion cependant que les villes continueront d'être soumises aux dépenses qu'elles font actuellement, de manière que le secours extraordinaire que nous donnerons, et que nous fixons à trois cent mille livres par an , soit entièrement employé à des améliorations ; car nous n'avons pu être informés, sans une peine infinie ^ que faute de terrain ou de bàtimens convenables , les prisonniers détenus pour dettes , et qui ne sont souvent coupables que d'imprévoyance, étoient mêlés avec des hommes avilis par le crime et par la débauche; et que , bientôt corrompus dans cette funeste société , ils ne rentroient dans le monde que pour y répandre les vices qu'ils avoient contractés. Nous a'avons pas été moins affectés du compte qui nous a été rendu de ces lieux souterrains où d'autres prisonniers sont renfermés ; nous avons su que les ténèbres , la contagion, le manque d'air et d'espace, en avoient fait des séjours d'horreur et de déses» poir; et, si l'humanité peut prescrire d'épar* gner même aux criminels ces supplices ignorés et perdus pour l'exemple, c'est un devoir cher à notre cœur, que d'en préserver ceux de nos sujets dont le crime est encore incertain , jet qui se trouveroient ainsi puni$

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