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une seule, autant qu'il m'en aouvient, se pro» nonça pour le dépari du roi , aans aucune modification. Deux ou trois dirent oui et non, et mirenl; leur opinion en sÀreté à l'abri des sij des mais et des cependant; à l'abri des formules am bîguës qui permettent de se replacer comme on veut après les événemens. Tous les autres délibérans, gens du* conseil ou hors du cqa-^ seil, exposèrent avec fixité les inconténiens attachés à l'éloignement du roi, et je vais rappeler en peu de mots leurs motifs et les miens* Il y avoit alors deux partis prédominans. à Paris : Tun^où l'on distinguoit M. de La Fayette, désiroit d'avoir une influence directe et habi-^ tuelle sur les décisions du monarque et sur sa conduite politique; et l'établissement de la cour à Versailles contrarioit cette ambition. Un pareil vœu n'étoit pas difficile à expliquer; il dérivoit de l'aveuglement où l'on vivoit alors sur le mérite des principes qui dévoient set-* vir de base à la nouvelle constitution* On voti-* loit que le roi les adoptât sans réserve, et Von supportoit difficilement que des ministres âc« crédités, en y refusatit publiqneinent leur hommage, entretinssent des doutes dans l'opinion. Ce parti néanmoins crbyoit pouvpir concilier toutes ses vues avec uu sentiment de respect pour le monarque «t pour sou autorité, et
FIlAKÇOtSÉ. ' 275
SOUS ce rapport ôii fa aVoîè & lui i^eprochep qu'une grande méprisé.
Un autre parti moine ndtïïBrëtit, riiais plus ^ed&tit^blë par la nàtufé dé ées Viiê^, hë vouloit qu'un grand trouble. On lé désîgnoit alors ÈottÉ le <iom dé parti d^Orlëatié. Ce parti , le 5 octobre, désiroit avec passion que le roî s'éldignâl. On présumoit t[h'e cette première détnsirche eik entraineroit d'autres; et par une cotifistncè ihfcôiisidérëè , àti vôyoit déjà M. le duc d'Orléanà nommé lieutenàht^général dû royaume, et prenant chaque j5ttr uii accroisdemetit de crédit, dont le derniei* terme àùroit été fixé pat la chance dé^ événemëns.
Telle étôit la polit]|i[^ue dôtit on àccusoiî lés hommes qui s'étoîent emparés d'un prince trop facile à cot*romj)i*ë, et jeté j)eut-être hors de son cairâctèrè, hors dé ses premîèréi înclinatiôns àii riioins, par l'artifice consommé des conseillers les pins dangereux. ïl se. remit, danâ son indifférence, entre les mains des ihtrigatis qui avoient entrepris de te gouverner, et il se làisàa marquer de tous leurs vices.
Le roi, guidé par des hôtioiis particulières
et que je ii'ài jàràais eues, crdighoit les résul-
tats de ce foyer de machinations plus que lei hasards de tout autre mouvement intérieur.
Ainâi lor^tie les hommes du monarque déli-
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béroient, le 5 octobre^ en sa présence, sur la itiesure la plus conveuable à sa situation , ou , . si l'on veut, la moins dangereuse ^ ils étoient fondés à lui rappeler cette maxime : Évitez de faire ce que vos ennemis désirent.
D'autres se demandoient où iroit le roi sans préparatifs, et en laissant derrière lui une assemblée qui s'empareroit à Prnstant des fi< nances et de la direction des revenus. Je devois sentir mieux que personne une circonstance particulière , c'est que le trésor royal n'ayant encore reçu aucune aide extraordinaire, se trouvoit à cette époque dans la plus grande pénurie. On &isoit le service en employant des ressources momentanées, et on les comptoit , on les disposoit par semaine avec un embarras continuel. Ainsi en réussissant, chose très - incertaine , ^ pomper inopinément les caisses publiques, et à faire venir de Paris à Versailles les secours d'argent absolument nécessaires dans ime si grande circonstance, il n'y auroit pas eu de fonds libres 1^ lendemain, ou pour satisfaire aux payeipens de l'Hôtel de ville, ou pour envoyer dans les provinces le prêt des ti^oupes , ou pour acquitter les lettres-de-change relatives aux achats de grains. Toute espèce de crédit encore auroit à l'instant cessé ; et avec quel plaisir les ennemis .
du roi n'auroient-ils pas saisi une occasion d'imputer à sa résolution, d'imputer à sa défiancé des Parisiens, d'imputer à un projet tramé de longue main, un scandale éclatant et ses suites incalculables ! On n'eût pas man« que d'exagérer la somme sortie du trésor royal , et l'on eût multiplié^ dans tous les genres, les mensonges et lès faux brtiits, ainsi qu'on en possédoit le talent. Enfin, dès la première nouvelle qu'on auroit eue , dan^l'étranger ou dans les provinces, du départ du roi, la crainte des troubles auroit à l'instant suspendu les expéditions de blés ; et au 5 octobre on étoit encore dans une si grande détresse, que le moindre embarras extraordinaire auroit occasionné momentanément une disette absolue à Paris et à Versailles, Le roi devoit-il être indifférent à la réunion de toutes ces circonstances , et auroit-on pu les hiî céler sans trahi* son et sans perfidie ?
11 résultoit encore de là pénurie des subsistances * que partout où le monarque auroit passé, partout où il se seroit retiré, il auroit trouvé le peuple en fermentation; et la cour, obligée de prendre, avec son nombreux cortège, une 'part des appro vision nemens, eût été exposée à tous les effets d'un mécontentement que les nouvelles de Paris et de
^jS' DE H- BéVQLUTlOir
rassemblée auroient Tapidement aiQcrq. Et quelle impression n'aiiroit pas pf*odi|il;e encore le zèle ardent , le zèle inconsidéré ^vec lequel le prince auroit été suivi p^f 4^ bpîn* ines, tous d'up ni^ine parti, et qvii^ sans lui piréter aucupe assistance réçllc^ au suffi^f^nt;^ , auroient j^t^ ^ plus grande d^fay^ur sur sç9 résolutions et ^ur ses déiparplies !; Je dirai plys : et supposant ^uç le ^ octobre çp eut. prévu la succession d^événemens fqturs, çeftesuccesT sion hor^ de Tat teintée de toutes 1^ çç^Q^pr tiqnSf et que le roi eu( formé )e pr<^jist de s'éloigner de l'ftsjeïnbl^e natiop^ilQ» ^P.ckwz cher une sécq^ilé dans quelque ville f)(pi^^$^rf9 $ il eut étç plus sage de différer rei^j^ç^tî^Qr<f,UIl pareil çle^sein; et répoqiie 4oUit Iç, iQ.Qn^rqu^ fit choix en 1791 était d^i]i>e9m;oup,p]réfi^aT ble. Ep. effet, il s'éto^t donpé 1|? teinpsri^écefH saire pour arranger sa ipftrch'e, çt pftvjr sçj^cm*/ certer avec un commandant de prQViiaOf^ k.^ dévotion; et en cachant ses vues, m. t«m9nt spn départ secret, conin^e il k pjouYoit ;alçff%, il s'éloit assuré. dç douze hçures) d*2|yance.^ Ën^ fin les alarmes sur l^s subsistances étoi^nbt finiçs, et la finance, mise à V^jisp par i;^nf^ctfé4** tion d'assignats, ne se troi^vpit pliv^s çiçpo^ée à l aucun écla,t ; deux cirçonstapoes import^nt?^;
puisqu'çjp^ supposant la non*réassjite dfi réva"-
sion du pnctce , il ne troovoit pas à son ceiour un peu pW exaspéré ptic L^s aoûfFranccss d^ la famine et par les rigoureux efleta d!uae sitts^ pensiod de payemena.
Li^ iroi prll dooc j lé 5 octobre , le. parti le plue convenable à sa situatioa : ce liil aloi» r^pinion générale; et cependant peu de pei^?
aonnes éloient en état de connoître l'ensemble dea molâ£s qui d^Toient influer auc ladécisitm' du monarque.
Le roi , je dois encore le dire à Tboniieur de son caractère, en hommage à La Térilé;Je roi étoit virement in<|uîet des risques que som départ précipité pourroik faire courir aux per> soiwes et aux familles oo^nmiea par leur^attaK ob^ioent à ses intérêts et à sa caoie , et' qu'il laisseroit à yersaillesr sans aucune protectioii) militaire , et cocpoeées à tons^ les excès d^un^* peputace déréglée et trompée d;i^ns son attenter . Il ne prévoyoii; pas sans doute les crimes aii^ dacieuX' auxquels au osa ;se liwer dti 5, an 6; et comment auroit-il: pu imaginer, lui<mf per-» sonn^ , qu^aU^mitieu d^tf ne force armée eonsi*-' dérable, lane troupe d^botnm^s- épara rénssî-' roit à s'introduire da.ne le château, et que sans résistatxco' elle- parviendroit jusqu'à Tappaiw terneht de lâ;Teine? Mi <^- La Fayette , en sa qualité de commandant de -la milice nation
aSo DE UL RÊTOLOT'IOIf
nale, avoit pris la garde du château. Il étoit cette iwit épuisé de fatigue, et il «se reposa trop siir des seconds ; mais la méchanceté la plus calomnieuse a pu seule lui imputer de rindifférence aux devoirs qu'il avoit à remplir, et dès l'aube du jour ou le vit s'exposer de sa personne et avec le plus grand abandon pour sauver, des gardes du corps poursuivis par une bande de furieux; et ses plus intimes amis m'ont souvent assuré qu'il ne pouvoit se consoler de n'avoir pas veillé lui-même dans l'intérieur du château. La témérité des bri-« ganda qui s'y introduisirent étoit si grande^ le succès^ à en juger par les apparences, étoit si peu probable,. qu'on dut leur supposer des guides et des complices parmi des hommes d'une .classe supérieure, et les soupçons se dirigèrent vers, le .parti qu'on croyoit lé plus intéressé à un grand trouble , vers ce parti que j'ai déjà nommé, et dont le roi avait déjoué les projiets en ne s'éloignant pas de Yerj^ailles. L'histoire rendra compte péut-rétre des recber*> ches que l'assemblée nationale fit elle-même piour atteindre à la vérité ; recherches d'apparat et qui se teriûinèrent pir un rapport longtemps attendu, où Ton ne vit rien avec clarté, et où le,s premiers mobiles,d'uo grand attentat demeurèrent caqh§s.d$ins l'ambre d'un tibUw
soigneusement compose. On ne put saisir aucun motif d'accusation ; mais les doutes subsis* tèr^nt, et les soupçons ne furent pas détruits*.
Le matiadu 6 octobre, le roi n'hésita point à promettre qu'il iroit se fixer à Paris. Il se mit en route environné de la garde iiationale, et suivi, précédé d'un peuple immense. Son âme étoit déchirée en pensant au sort de plu^ sieurs de ses gardes fidèles qui vénoient de périr sous un fer assassin; et ses regards pu* rent distinguer au milieu de la fouledes mons-» très à figure humaine qui portoient en trophée les épouvant2É)les signes de leur férocité sanguinaire. Quelle route! quelle inaugura-* tion de l'avenir!
Cependant les hommes occupés uniquement de faire prévaloir leurs systèmes et d'y soumetlre les opinions du corps législatif, ces hommes se réjouissoient en songeant que le monarque au milieu de Pai^is ne combattroit plus le développement de leurs idées, n'arréteroit plus la marche de leur génie, et l'on CJepyoit éé}k toucher au terme d'une constitu* tion qui assureroit à jamais la gloire de ses auteurs et deviendroit la lumière des siècles. Mais > l'assemblée nationale ne tarda pas à dé-^ couvrir les conséquences du nouveau degré de confiance, du nouvel accroissement de force
28a DE lA RiVOLUTlOir
qu elle yenoit de doaner ou de laisser prendre aux dernières classes du. peuple. Elle croyoit avoir reçu une assistance efficace contre les foibles oppositûins du monarque et de ses ministres; mais en élevant davantage l'autorité du peuple, elle acquit un maître impérieux, et se vit en nécessité de le servir, de Taduler sans cesse : heureuse encore «de pouvoir déguiser ses timides complaisances, en feignant de vouloir, la première, tout ce qu'elle ëtoic obligée d^ faire. L'assemblée nationale, au sein de Paris, eut ses galeries habituellement rem-* plies par les hommes les ]plus ardens dans le parti populaire ou par leurs insolens délégués; mais tel est l'empire des applaudisse^ mens et des» baltemens de main^ entendus en masse , tel est l'empire de ces témoignages anonymes de la reconnoissance et de l'admiration , que l'assemblée nationale ne cessa jamais dé ^y montrer sensible ; et au milieu de ces retentissemeqs , qu'elle prit ti*op souvent pour Iq bruit de la renommée, elle oublioit dans son illusion les sévères conditions d^un làriompbo durable; . .^
. L'assemblée nationale , détournée ainsi dé son but et entraînée vers, une ambition coiti^ mune par les séductions d'ui^e vanité impa-' tiente de jouissances , ne pouvoit plus tracei^
FRAnçoisc. a83
d'une main sûre une constitution politique.
On ne forme poip^ iip ouvrage, de oombinaison , on n'y réussit point quand on veut de la louange dès le premier jour, et Ton est découdrage d^ travailler pour le tep[)p$ devant des juge^.dpnt les façpUé^ i^'^çUçctueUes ne 3ai« sissent que le présent
if st-K:e j? peuple qui peqt marquer la route du génie ^t Tawstfr danj» sps profondes m.é* dilations? Est-^ce li^i ^euleipçnt qui peut connqître co|in):>ien esVgi^^pde la tâche du législa* tAur ? %£ît-cç lui quii peut âu tendre par quelles raisons il y a tant de difficultés à concilier en<v s^mhl^ etd'une inanjii^redyrable Tordre public et \^ li):ierté? Ëstrce l.ui,qui pent décrire les devpir^ cle rbom^in^ ep SK)<çiéténît k$ r^ipporta de ces 4^vQ4r^ 2|vçc Ift t|-is»nqiiil]itjé publique ? Est-î ce Iqi qui p^tit.renfljrfi Uon^pfiagQ k rinstitùtion des propriétés, e^ ^^^çQ^vrirà IVwnce Tucuioa intime ^ ,h i^Kkç^ 4v^ç 1^^ auocès.de, l'agrîçv)lti)re»^ aveç^ U fiVPa^érité du commeree et Vai^tiy.il^ de l'indWIrie? £si<q lui StWtoutqui pflVt éteqdre as^2^ loi^ ses regards pour cal-* cnkr \w d^vçrgçi^ d^p4^Ces de l'égalité dea T^ng^^t 4^ q^i^itiç^n^ ^ ei les funestes suitea de^ vaias ef^tta em,ployés à siputemr: un pareiUy&tcm^? Pn^n:, 1^ multitude a'aspire qu'à «hai^ger ^:sîAui9ti«^, et 1^ fij^it^, la dUrée.^aont
a84 BE l'A Rivoiiirrioir
le but ou la condition essentielle des lois des^ tinées à régler le sort des nations. Tout fut donc désespéré lorsque rassemblée constituante choisit le peuple pour compagnon et cessa d'être son guide. Elle lui inspira des vo* lontés sans lui donner des lumières , etpour déguiser le mensonge des louanges qu'elle lui prodiguoit, ses orateurs s'instruisirent dans l'art de la flatterie; ils retendirent, ils le perfectionnèrent, et l'on vit de jeunes sénateurs dépasser en ce vil talent les yieux serviteurs des princes*et les plus habiles cour^ tisans.
Le roi , depuis la révolution de juillet 17891 n'appeloit plus à lui par l'espérance; et la faveur populaire devènoit, chaque jour davantage , le gage des succès dans les nouvelles voies que l'ambition s'étoit ouvertes. Cependant le désir d'obtenir cette &veur n'introduisit d'abord qu'une rivalité d%omme k homme ; mais au moment où une côvporation célèbre fut établie sous le nom de Jacobins, on vit naître une émulation plus dangereuse. Cette corporation et l'assemblée Nationale, unies d'in-* térêt et de principes, isoîghèrent néanmoins séparément leur popularité; et rassemblée nationale^ en voyant près d'elle une société formidable dont les séances étorent publiques ,* et
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qui célébroit journellement la force et la puis^- «ance du peuple, ne fut plus la maîtresse de changer de marche et de langage; et quand elle crut avoir passé le but, elle n'eut pas la liberté de rétrograder. C'est une incommode association pour des législateurs qu'une grande réunion d'agitateurs politiqi^es étrangers au gouvernement et déchargés de la responsabilité que les actions imposent. Ils saisissent les affaires et les circonstances par quelques points principaux, et sûrs de faire trace dans l'esprit du peuple avec un petit nombre d'idées et beaucoup 4^ véhémence, ils s'avancent har« diment et forcent de mesure les hommes qui traînent à leur suite le char de l'État : c'est là peut-être le plus grand mal qu'aient fait les Jacobins dans leurs commencemens, et du temps encore de l'assemblée constituante. Ils contraignirent cette assemblée à être plus démocrate que son inclination ne l'y portoit, à l'être plus encore que ses lumières et ses réflexions ne l'y eussent engagée; et comme ils soutenoient en même temps son autorité dans le royaume à l'aide de leurs nombreuses affiliations, ils empêchèrentlespremierslégislateursd'àpercevoir de bonne heure et au flambeau de l'expérience qu'un gouvernement sans considération , un pouvoir exécutif sans force, au milieu de vingt-
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cinq millions d'hommes, et de vingt-cinq m il^ lions d'hommes encore proclamés égaux et rangés sur la même ligné , formdient un système |)olitiqù6 absolument iùcotapatible avec rétablissement et le maintien d*une société régulière.
Une autre circonstance, et d'un genre différent, retarda pour l'assemblée constituante l'instruction qui naît des difficultés et du tnalheur. L'autorité exécUtiVe a surtout besoin d'énergie lorsqu'elle est appelée à lutter efficacement contre toute la puissallice de l'intérêt particulier; mais l'assemblée nationale avoit affranchi le gouvernement de cette grande tâche, en laissant tomber à dessein la plupart des droits dont le revenu public étoit composé, et en permettant tacitement aux con*' Iribuables de se refuser aux demandes du fisc. Il falloit sans doute suppléer d'une autre manière aux dépenses de YéïAt les plus impor-tantes; mais cette obligation ne fut point importune aux législateurs de la France. Ifs s'en remirent d'abord à moi du soin de balancer le vide des revenus par tous les ndôyens extraordinaires que je pris mettre en usage; anticipations, emprunts passagers. Crédits dans l'étrangei*, transactions avec la caisse d'escompte, dons ou contributions patriotî-
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ques, appel de la vaisselle aux monnoies, tout fut employé pour soutenit les pdyemens du trésor public et pour garantir l'état d'une banqueroute éclatante; et lorsque toutes les res« sources fureàt épuisées , l'assemblée créa cette monnaie Àt papier^ devenue célèbre sous le nom d'à^signàtSy et qui , prolongeant la faculté de dépenser sans recevoir, rendit le maniement des finatices si facile et si commode. Alors le gouvernement fut encore plus dispensé de presser les contribuables et d'exiger d'eux des sacrifices : alors la considération et la fotCè du pouvoir exécutif ne furent plus appelées k aucune épreuve difficile ; et c'est ainsi qiie l'institution d'une monnoie fictive , en affranchissant l'administration du joug impérieux des réalités , permit aux législateurs de s'abandonner avec plus de confiance à leurs abstractions; et les besoins d'argent, ces grossiers etnbarras, ne vinrent point les détourner de leurs hautes pensées.
L'assemblée constituante fut encore entretenue dans une funeste illusion sur le mérite de son outrage, 'par le loug temps qu'exigea sa composition; elle y consacra trois années, et pendant cet intervalle elle attribua tou-* jours la désorganisation de tous les pouvoirs ail retard de ses dernières dispositions, jamais
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à ses premières vues^ jamais aux défauts de ses principes élémentaires.
Elle s'exagéra de plus de très-bonne heure les contrariétés qu'elle avait à vaincre; elle parlait sans cesse et des efforts de laristocratie et des manœuvres secrètes de la cour; et fixant toujours Tattention publique sur les obstacles dont elle se disoit environnée ^ elle se prépara des excuses qu'elle opposa bientôt à toutes les critiques , et fut ainsi plus occupée d'affoiblir sa responsabilité que de la reconnoître et de l'acquitter.
>Enfin , une conétiti^tion politique toute nouvelle ne peut jamais être combinée avf c prudence par une assemblée nombreuse, surtout quand elle prend en mains^, dans le même temps, le gouvernement de l'empire; car les discussions journalières que ces vastes fonctions occasionnent, multiplient les altercations, entretiennent les animosités, exaltent l'esprit de parti; et au milieu de tant de passions, comment espérer aucune unité dans les vues , aucune harmonie dans les plans, aucun accord même et dans les volontés et dans les intentions?
Les Américains, lorsqu'ils voulurent en 1787 donner à leur pays une constitution nouvelle, investirent de leur confiance ufï pe-
tit nombre de députés, qui se livrèrent uniquement à cette grande méditation , et qui n'eurent dans le même temp9 ni des finances à régir, ni des transactions de commerce à régler, ni des administrateurs à conduire, ni des particuliers à juger ^ ni des autorités à combattre. Un seul terme attiroit leurs regards ^ une. seule obligation leur étoit imposée, et de plus ils n'étoient pas, comme les législateurs de la France, habituellement distraits dans leur marche et dans leurs travaux par le tu* multe des spectateurs; ils ne délibéroient pas comme eux soqs l'inspection redoutable d'une horde de gens sans éducation, et qui, incapables de saisir un vaste ensemble, rece-^ voient les idées une à une, les jugeoient de même , et toujours au gré de l'intrigue ou à la mesure de leurs passions. Certes ce n'est point ainsi que les œuvres du génie se préparent et s^accomplissent; et c'étoit un apologue bien instructif pour ces temps-ci que la fable de Kuma méditant les lois de Rome en présence d'une déesse, et n'ayant qu'elle pour témoin de ses travaux et de ses pensées.
L'assemblée nationale égarée par son esprit ^ de système et d'innovation, entraînée aussi par la force des circonstances, mais toujours en respect devant le peuple, et foible égale-