‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 102 sur 394 · XX · texte numérisé non relu

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en l'Eglise, en l'honneur .les soins que le Père éternel a pris de préparer la Synagogue, pour recevoir son Fils, et de disposer toutes choses nécessaires à son saint sacrifice.

Le sacristain se souviendra en parant les autels, et en ornant l'église de tableaux et d'images, que le Père éternel avait préparé la terre par les figures et par les cérémonies de l'Ancien Testament, afin que son Fils ne vînt pjs, dans un monde nu et dépouillé de toute décence; étant nécessaire qu'à son avènement, le monde fût recueilli par quelque exercice de piété, et retiré de l'esprit séculier et de l'état profane, où il était noyé.

Quand il enverra un prêtre à l'autel offrir le sacrifice, il le fera dans l'amour môme du Tère éternel, envoyant son cher Fils pour sauver le monde, (désirant ardemment et priant en son cœur que les peuples se convertissent par l'efficace et le mérite de ce saint sacrifice.

Quand il verra tous les officiers assemblés avec le prêtre, et préparés pour aller officier, il se réjouira de l'honneur et de la louange qui se va rendre à Dieu.

Cette assemblée dans la sacristie, devant qu'elle aille célébrer, représente l'assemblée des saints avec Jésus-Christ dans l'idée du Père, devant que de l'envoyer dans le monde. Le Père regardait cette assemblée avec joie et grand ressentiment, attendant d'elle un jour toutes sortes d'honneurs et de respects, tels que maintenant elle les rend dans le ciel et sur lu terre. L'attente de ces louanges le réjouissait, et doit de même réjouir le sacristain.

Le Père contient dans son sein toute l'image de l'Eglise, cachée aux hommes de toute éternité dans le secret de son cœur : c'est ce que la sacristie représente; à savoir, le sanctuaire du sein de Dieu le Père. Il faut donc un homme vénérable et de sainteté très-parfaite en ce saint ministère de la sacristie, qui soit regardé comme l'image de Dieu le Père, envoyant son Fils dans l'Eglise pour accomplir son sacrifice. Et pour cela il faut qu'il ait soin et prudence pour tenir tout prêt dans l'Eglise, comme Dieu avait préparé le monde à la venue de son Fils, et à son sacrifice par l'Ancien Testament, qui, sans voir ce mystère, y servait en esprit de foi, et dans l'obscurité des choses à venir, auxquelles il ajoutait croyance sur la voix des prophètes. Et pour cela, devant qu'on soit sorti de la sacristie, on porte sur la crédence les instruments du sacrifice, et on les y tient cachés, attendant que le Nouveau Testament en la personne du diacre les développe, comme on le verra dans la Messe.

Cette préparation est l'aile par le sacristain, en honorant les préparatifs du Père pour le sacrifice et les mystères de son Fils, qu'il voit lui seul à découvert, et qu'il cache au reste des hommes qui n'en sont pas instruits, et qui doivent dans la foi mériter de les voir face à face, et d'en jouir un jour, participant ici cependant à l'esprit de la loi, qui est l'esprit d'attente, de désir, de

foi et de pénitence. C'est pourquoi le curé représentant le Fils venu au monde, d'abord qu'il est sorti de la sacristie, et qu'il s'est approché de l'autel, ayant à préparer les peuples aux mystères de Jésus-Christ, et au même sacrifice qu'il a fait une fois, se sert des mêmes dispositions envers le peuple, dont Jésus-Christ usa dans le monde, et par lesquelles son Père l'avait préparé à sa venue.

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