CHAPITRE IV
De l'eau bénite.
Le dimanche, le célébrant étant arrivé à l'autel avec toute sa suite, commence à faire l'aspersion de l'eau bénite. Cette cérémonie nous met devant les yeux l'ancienne Loi, et doit Servir comme elle de disposition au peuple pour recevoir Jésus-Christ, et pour se présenter au mystère qui se va passer devant ses yeux, lequel contient tout l'abrégé de la vie de Jésus-Christ, et tout ce qui s'est fait par lui et en lui seul, devant et après sa venue, pour la gloire de Dieu.
L'eau bénite représente, ou plutôt sert de voix pour marquer la pénitence des peuples, laquelle était figurée par tous ces lavements inutiles de l'ancienne Loi, dont parle saint Paul ( Hebr. îx, 10 ), après VExode, le Le'vitique et autres livres Je l'Ecriture; et parce que ces lavements n'étaient que des éléments nécessiteux et vides de grâce, comme le dit saint Paul (Galat. iv, 9), ne portant rien en eux, et figurant ce qu'ils ne donnaient pas, et qu'ils montraient seulement de loin pour un autre temps, qui est celui de la grâce ï de là vient qu'on jette le sel dans l'eau pour guérir cette stérilité, et lui donner l'esprit de Dieu et sa sagesse qui la rende féconde : Qui te fer Elisœum prophelnm in aquam mitti jussit ut sanaretur sterilitas aquœ: car notre Sauveur, représenté par le prêtre, donne à l'Eglise ses mérites et tous ceux de ses saints, pour en disposera l'avantage de ses peuples ; si bien qu'il verse en l'eau, et y mêle l'esprit de la sagesse de Jésus-Christ, habitant même en plusieurs saints, pour rendre cette eau féconde par son attouchement, et par le lavement îles corps; en présence de quoi Dieu répand, verse et excite dans le cœur l'esprit de pénitence ; car Dieu, à l'aspect des mérites de son Fils et de son Eglise, verse mille bénédictions et mille grâces dans les cœurs des fidèles, et les conduit à pénitence. Cette fécondité de l'eau, qui est une chose sacrée, et qui a quelque rapport avec les sacrements de l'Eglise de Dieu, entre autres avec le baptême et la pénitence, dont les eauxsalutaires et les larmes sont mêlées et assaisonnées du sel et de la sagesse de Jésus-Christ, fut autrefois représentée par le sel que le prophète Elisée jeta dans l'eau pour guérir sa stérili té, marquant qu'un jour dans l'Eglise il y aurait des eaux fécondes, et que la stérilité des eaux de l'ancienne Loi serait guérie par le mélange de l'esprit de Jésus- Christ, fécond jusqu'au point d'avoir fait dés enfants par lu baptême, qui remplissent le ciel et la terre. ( l\ Reg. h, 19-21.)
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