CHAPITRE II
De la révérence ou génuflexion.
Après que le prêtre s'est revêtu, il vient nu (lied de l'autel, et fléchit le genou avec le diacre et le sous-diacre, où s'inclinant profondément, pour protester la révérence et le respect avec quoi Jésus-Christ s'est prosterné devant son Père au moment de sa venue au monde, se dédiant à lui, et offrant avec lui tous les fidèles : In qua volunlate sanctificali sumus (Ilebr. x, 10) ; nous consacrant et dédiant à Dieu, pour être ses hosties vivantes, et pour souffrir un jour la mort en son esprit de sacrifice, afin d'entrer après dans le ciel avec lui, comme victimes consommées : Introibo in domun tuum in holocauslis (Psal. v, 8) : et pour cela ils se lèvent tous trois ensemble, pour dire: Introibo ad ultare Dei.
Par cette élévation, ils expriment qu'après avoir adoré Dieu en esprit d'anéantissement et de mort, ils espèrent d'entrer dans le ciel, et de s'élever par la résurrection en la gloire de Dieu : Rapientur obviam Christo in aéra (/ Thess. iv, 16) : Nous serons élevés de la terre, pour entrer avec lui dans le ciel en esprit de louanges etde bénédictions, et dans l'état de consommation parfaite, comme des holocaustes, pour être mis avec Jésus-Christ sur l'autel de Dieu, où nous monterons tous ensemble après ce sacrifice de la croix. C'est pourquoi, après avoir fait le signe de la croix, ils commencent Introibo, et ensuite ils montent ensemble les trois marches de l'autel; ce qui signifie l'élévation des saints avec Jésus-Christ dans le ciel, après avoir exprimé la croix et la mort de Jésus-Christ, et après avoir imité sa pénitence en terre, comme l'expriment toutes les paroles de Y Introibo, et du Judica qui le suit avec le Confiteor, comme nous verrons ci-après.
(245) S Léo, serm. 1 De Nat. Dont.