‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 110 sur 394 · CHAPITRE 1IÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1IÎ

Du signe de la croix

Il faut remarquer que l'on fait le signe de la croix au commencement de cet auguste sacrifice pour beaucoup de raisons, et entre autres pour celles-ci.

Premièrement, on dit : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, en faisant ce signe vénérable de la croix, pour marquer qu'on offre ce divin sacrifice à l'honneur de la très-sainte Trinité, par les mérites de la mort et passion de Jésus-Christ, sans quoi nous n'aurions mérité d'avoir entre les mains cette divine hostie pour apaiser Dieu; et le prêtre qui représente Jésus-Christ fait ce signe sur soi, pour dire que c'est par ses mérites qu'on offre ce sacrifice; et à même temps le diacre et sous-diacre le font aussi pour témoigner que toute l'Egiise se sent obligée de ce saint sacrifice aux mérites de la mort de Jésus-Christ, lequel a obtenu pour nous tous les biens dont nous jouissons, et entre autres le Saint-Esprit de Jésus-Christ, qui nous donne cette puissance de présenter à Dieu ce divin sacrifice, ne pouvant pas l'offrir sans être oints et appelés de Dieu, comme Aaron, et comme Notre-Seigneur même, qui, par le choix de son Père, a été fait pontife selon l'ordre de Melehisédech : Qui vocatur a Deo tant/uam Aaron; quemadmodum et in alio loco dteit : Tu es Sacerdos in aternum, secundum ordinem Melehisédech. {Ilebr. v, 4, G.)

De plus, le diacre et le sous-diacre font encore le signe de la croix, pour dire qu'ils vont participer par ce saint sacrifice aux grâces et aux mérites de Jésus-Christ, qui, en sa communion nous apportera tous les trésors des grâces et bénédictions qu'il nous a acquises par sa croix, et pour cela ils font sur eux ce signe, comme disant: La croix de Jésus-Christ et sa mort seront répandues en nos cœurs. Ce signe est utile à cela, et il est bon de se renouveler souvent en ce sentiment et en cette dévotion, pour ne point faire un signe 'si auguste et si utile à l'âme sans révérence ou par coutume; ce qui doit moins arriver aux prêtres, lesquels sont exhortés à cette pratique par l'excellence des mystères qui y sont représentés, et qu'ils voient assez clairement en esprit.

En second lieu, on fait le signe de la croix à l'entrée du saint sacrifice, disant : Au nom du Père , et du Fils, et du Saint-Esprit ; en mettant la main au front, on prononce le nom du Père; et puis, portant la main au ventre, on dit, au nom du Fils; et après, portant la main de l'épaule gauche à la droite, on invoque le nom du Saint-Esprit. Cela porte de grands mystères, et déclare naïvement toute notre religion en ce qu'elle a de plus important et de plus magnifique, qui est cet adorable sacrifice de l'autel.

Et pour l'entendre, il faut concevoir ce que dit saint Léon: Agamus gralias Deo l'a tri per Filium ejus inSpiritu sancto (243)*

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