‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 123 sur 394 · DES CEREMONIES DE LA GUAM.VMESSE. — L1V. III · texte numérisé non relu

DES CEREMONIES DE LA GUAM.VMESSE. — L1V. III

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posant sur Jésus-Christ, entre dans la personne de Jésus-Christ, à cause qu'il le doit représenter tel qu'il repose clans le sein du Père dans la gloire et dans l'éternité.

Secondement, c'est pour figurer quelles sont les privautés d'un lils par dessus celles des serviteurs. Saint Jean représente le Fils; il tient la place de Jésus-Christ comme Fils de Dieu en sa résurrection, et les autres représentent Jésus-Christ comme serviteur et esclave du Père.

Ainsi donc le prêtre entrant à l'autel, le baise amoureusement, représentant les privilèges du Fils; et le diacre et le sous-diacre adorent religieusement le Père, et lorsque le diacre sera plus avancé en la lumière, et qu'il sera converti en Notre-Seigneur; c'est-à-dire après que Jésus-Christ aura éclairé le Nouveau Testament, et l'aura changé en lui, alors il aura droit de baiser l'autel. C'est pourquoi lorsque le prêtre devant la sainte communion, veut donner la paix au diacre, et qu'il le veut baiser en signe de la communion, où il entre par lui; alors le diacre baise l'autel, disant par là : Je commence de jouir de lajiaix et du baiser de Dieu par la communion. 11 exprime, parce baiser, qu'il doit être uni à Dieu intérieurement en la communion, comme le Fils est uni à son Père dans son baiser éternel et sa communion essentielle, où le Fils est communié de son Père, qui lui donne son essence par le baiser de paix éternel. Ainsi le Nouveau Testament, et le fidèle communie avec Jésus-Christ à Dieu le Père, recevant en lui-même l'essence et la personne du Père, par laquelle il se fait un baiser si intime entre l'âme et le Père, ou entre l'âme et Jésus-Christ (car le Père et le Fils viennent également en nous) ; que Noire-Seigneur ne l'a pu exprimer autrement, sinon que la communion rendait l'homme uni avec Dieu, comme l'essence rendait un et le Père et le Fils. Je suis en vous, et vous en moi par elle, de même que par la communion d'essence je suis en mon Père, et

mon Père est en moi. Ft proprement cette communion se passera dans le ciel par la consommation, où les fidèles seront tous appliqués et unis intimement à Dieu par Jésus-Christ. Ft pour cela même le prêtre baise le premier l'autel, puis le diacre, pour dire que l'union à Dieu a précédé en Jésus- Christ. Et cette grâce du diacre est bien éloignée de sonéiatde foi, où il ne voyait goutte aux mystères, bien loin d'y communier comme l'on fait dans le ciel ; car l'âme qui communie dans le ciel a tous les mystères de Jésus-Christ en lui, en jouit à découvert, où auparavant elle ne les voyait que dans l'obscurité et dans les ténèbres.

Il faut remarquer que le prêtre ne dit point : Dominus vobiscum, et Oremus, au'il ne baise l'autel; et avant même que de dire : Orate, fratres, il le baise encore, pour témoigner qu'il tire du sein de Dieu l'esprit d'oraison, qu'il veut donner au peuple, et qu'il dit habiter parmi eux. Le même en estil des bénédictions qu'il donne au peuple, ou à l'hostie, ou à soi-même; elles sont souvent précédées d'un baiser de l'autel, pour témoigner qu'il va puiser en Dieu la bénédiction des peuples et de soi-même, n'y ayant de bénédiction ni de grâce originairement qu'en Dieu, et de Dieu qui, comme dit saint Paul, nous a bénis de toute bénédiction en son Fils : Benedixit nos in omni benedictione spiriluali in cœlestibus in Christo. [Ephes. i, 3.)

Ainsi le prêtre, avant que de se bénir, et de dire ces paroles : Omni benedictione cœlesti et gratia repleamur, baise l'autel, et répand cette large bénédiction sur soi, en faisant un signe de croix sur sa personne. Et c'est ce que l'Eglise observe, de signifier par plusieurs signes extérieurs une même chose. Comme quand le prêtre, après avoir baisé l'autel, dit : Dominus vobiscum, il ouvre les mains, pour apprendre qu'il souhaite au peuple le Saint-Esprit, et qu'il le lui répand en abondance et en plénitude, comme nous remarquerons plus bas.

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