‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 142 sur 394 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Du « Credo. »

La profession de foi qui se fait par le Credo suit immédiatement la publication de l'Evangile; pour montrer le respect que l'Eglise porte aux paroles du Fils de Dieu, et la parfaite soumission qu'elle rend à sa doctrine ; car Jésus-Christ n'a pas plutôt achevé de prêcher son Evangile, d'annoncer sa parole et de publier sa doctrine, que l'Eglise, sa chère Epouse, obéissante à sa voix et parfaitement soumise a son instruction, s'écrie à haute voix : Credo, Je crois. Or, pour témoigner que c'est principalement pour l'Eglise que le prêtre proteste de sa foi, il ouvre et rejoint aussitôt les mains, et fait une inclination de tête, pour appeler et s'unir à soi le diacre et le sous-diacre, qui représentent l'Eglise dans son étendue; lesquels, ayant fait une génuflexion, se joignent incontinent au prêtre, non-seulement pour obéir à sa voix, et se montrer fidèles à leur vocation, mais encore pour faire connaître l'unité de la foi de l'un et de l'autre Testament qui sont unis en Jésus-Ckrist.

Après que le prêtre a récité, en particulier, le Credo, il va s'asseoir, et se tient en repos pendant que le chœur le chante à haute voix : niais le diacre est obligé de sortir de sa place et d'agir; et même, pour lors, le sous-diacre se tient debout; pour témoigner que l'on n'est pas dans un parfait repos en cette vie. Car, quoique l'on trouve le repos et la tranquillité dans la foi, ce n'est pas, néanmoins, comme dans le lit de gloire, où reposent les saints, et où leur joie est accomplie. C'est pourquoi, pendant \eGloria, qui est le cantique du ciel, le diacre et le sous-diacre demeurent toujours assis aussi bien que le prêtre, et ne sortent point de leur place ; mais comme le prêtre représente Noire- Seigneur, le prêtre seul demeure en repos au Credo, de même qu'au Gloria, pour marquer la béatitude de Jésus-Christ, et la vue parfaite dont il connaît clairement et sans foi tous les mystères.

Pendant qu'on chante le Credo, le prêtre se découvre et s'incline parfois, et même se met quelquefois à genoux à ces paroles : Et incarnatus est, etc., pour témoigner l'hommage qu'il rend à la grandeur de Dieu, et le respect qu'il porte à son Père en l'état de sa gloire ; comme chef, il donne exemple à tous de s'incliner et de s'anéantir devant Dieu.

Après cela, le prêtre s'étant couvert, le diacre reçoit la bourse du maître des céré-

monies, qu'il a tirée de dessous le voile de la crédence : il la lient un peu ouverte devant lui, et la porte ainsi devant ses yeux avec révérence, pour témoigner que le Nouveau Testament reçoit, avec un peu plus de clarté, les mystères qui étaient auparavant entièrement cachés, lorsqu'ils étaient annoncés et prédits par les prophètes ; car pour lors, ils étaient encore enveloppés dans les obscurités de la Loi. Il porte cette bourse avec révérence; pour montrer le respect qu'il porte aux saints mystères, quoiqu'il ne les voie qu'à demi. Et niême, il doit marcher gravement, pour donner exemple de la vénération due à nos mystères, quoique inconnus. Eu cette même posture il monte les degrés, et parvient à l'autel, où il tire le corporal de la bourse, le déploie et l'étend sur l'autel ; pour montrer que, par ce respect qu'il rend aux mystères, il parvient au ciel, où ils lui sont clairement révélés et entièrement développés.

Ensuite, il met la bourse en évidence, l'appuyant contre le gradin, et ne la couche point à plat sur l'autel; et celte bourse doit avoir une croix, pour montrer que la révélation des mystères, dans le ciel, ne nous est méritée que par la croix de Jésus-Christ, qui y sera toujours exposé en évidence, n'y ayant point de bienheureux qui ne connaisse que c'est la mort de Jésus-Christ sur la croix qui nous a révélé ces mystères. Ce qui fut figuré autrefois en la mort de Notre-Seigneur, lorsque le voile du temple étant déchiré, on vit clairement jusque dans le Saint des saints, qui était une figure du sein de Dieu ; car, dans le sein de Dieu, les bienheureux voient à nu et à découvert tout ce qui s'est passé de plus caché, de plus mystérieux, et de plus auguste flans le saint séculier : Sanctmn sœculare. (Hebr. ix, 1), c'est-à-dire dans l'Eglise. Et de même que quand le voile fut déchiré, on eût vu, dans le Saint des saints, la manne, les tables de la Loi et la verge d'Aaron, qui devaient y être renfermées avec l'arche, si, par une disposition de la divine Providence, tout cela n'en eût été ôté auparavant, pour n'être découvert qu'à la fin du monde, afin de servir à la conversion des Juifs. (// Mach. ii, 7.) Ainsi, dans le sein de Dieu, on y voit Jésus-Christ, nourriture des âmes; on y voit Jésus-Christ, notre loi, vivant en nous par son esprit; on y voit enfin Jésus-Christ comme prêtre, qui, 3yant aboli, en sa mort à la croix, le sacerdoce d'Aaron, représenté par la verge morte, a fait fleurir le sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech, pour durer à jamais : Tu es sacerdos in œtemum secundum ordinem Melckisedech. (Psal. cix, 4.)

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