CHAPITRE III
De la patène que le sous-diacre tient sous te
voile pendant une grande partie de la
Messe.
Après quelesous-diacre a porté sur l'autel les instrument du sacrifice, cachés et couverts d'un grand voile; et après qu'il lésa laissés découvrir au diacre qui les met ensuite entre les mains du prêtre, il reçoit du même diacre la patène sous Je voile; et descendant au bas de l'autel, il la tient devant ses yeux pendant une grande partie de la Messe. Or cette cérémonie est fort considérable, et contient de grands mystères.
Le sous-diacre tenant ainsi la patène pendant le divin sacrifice, et l'accomplissement des mystères, témoigne que 1 Eglise et les peuples dont il est serviteur, et principalement l'ancienne Loi qu'il représente plus particulièrement, ne sont pas dignes de contempler les mystères cachés.
Celte cérémonie était figurée autrefois dans le temple de Jérusalem, lorsque le grand prêtre ne pouvait entrer dans le Saint des saints, que dans une nuée de parfums, qui le cachaient à la vue des hommes : ce qui nous représente que Jésus-Christ entrant dans le ciel, revêtu d'une gloire que les yeux des hommes ne pouvaient supporter, fut caché par une nuée : Et nubes suscepit eum ub oculis eorum ; pour donner à enten-
dre combien l'état de sa gloire était audessus de la portée des hommes ; aussi était-il juste que ce mystère fût caché par le rideau de cette nuée, et que Jésus-Christ entrât en liberté dans sa gloire, sans étonner l'esprit de ses disciples. Et comme le divin sacrifice de l'autel est le même sacrifice du ciel, où Jésus-Christ est dans la gloire, l'Eglise, en témoignage de sa foi, et de la croyance qu'elle a de ce mystère si auguste, proteste hautement par la personne du sous-diacre son ministre, qu'elle n'est pas digne de contempler ces hauts mystères, et cette auguste majesté de Jésus-Christ caché dans sa gloire, et retiré dans le sein de Dieu sou Père.
Le grand prêtre, entrant couvert d'une nuée dans le Saints des saints, représentait encore que Notre-Seigneur, entrant dans le sein de sou Père, était dans un lieu de ténèbres pour nous : Posuil lenebras latibuhun suum. [Psat. xvn, 12.) Nubes et calige in circuitu ejus. (Psal. xevi, 2.
Car nonseulement l'essence de Dieu est une nuée et des ténèbres à l'égard de l'homme; mais surtout le lieu intime où Notre-Seigneur Jésus-Christ a pénétré, est encore véritable-