‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 150 sur 394 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la Préface.

Les Secrètes qui se récitent tout bas ont pour conclusion ces paroles : Per omnia sœcula sœculorum ; pour montrer que les oraisons intérieures et secrètes de Jésus-Christ étaient prières éternelles, à cause qu'il était bienheureux en son intérieur. Et la Préface qui suit immédiatement après commence par ces mêmes paroles que l'on chante tout haut, pour signifier que Jésus-Christ commence une prière éternelle, où l'on n'invite pas les peuples à s'éveiller de leur paresse et de leurs distractions ; mais on entre en disposition d'excès et d'amour perpétuel, et l'on jouit de l'état souhaité par toutes les prières qui se terminent par le désir que l'Eglise a de louer Dieu, et de le prier à jamais dans les siècles. C'est là où il appelle son Eglise à vivre et régner avec lui, et à glorifier incessamment son Père ; ce qu'elle ne fait pas sur la terre, n'ayant que des prières courtes, interrompues et impuissantes d'elles-mêmes, si elle n'a soin de les unir à celles de Jésus-Christ, qui sont éternelles, immuables, et toutes-puissantes auprès de Dieu.

r Et c'est pour cela même que les oraisons de la Messe, qui représentent celles des peuples et qui sont offertes à Dieu par Jésus- Christ sous le prêtre, se disent tout d'un ton : où au contraire, les oraisons qui représentent celles des saints dans le ciel, comme la Préface, se disent avec notes différentes, pour marquer l'ordre et la distinction, et même l'harmonie et l'agrément avec quoi les saints prient dans le ciel.

La longueur de celte oraison dit leur assiduité à prier sansjinterruption, et signifie que ces prières du paradis qui sont contenues en ce sacrifice et qui y sont présentées

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