CHAPITRE VIL
Du « Sanctus. »
Le prêtre poursuit par le Sanclus la prière du. ciel, comme s'il disait : Mon Dieu, après avoir été élevé dans les cieux et rendu participant des prières de vos saints, je reconnais maintenant avec eux et en leur compagnie où je suis, que vous habitez dans une telle sainteté, que je ne la puis comprendre. Le diacre elle sous-diacre montent à l'autel et s'inclinent comme le prêtre, et disent avec lui que Dieu est si saint en lui-même qu'ils sont obligés de s'incliner et de protester hautement qu'il faut s'anéantir en sa présence, et qu'aussi bien dans le temps de la foi comme dans la gloire, il faut confesser fortement que la sainteté de Dieu est incompréhensible. Ils expriment encore la figure et la posture des anges qui, ainsi qu'il est décrit en Isaïe {Isa. vi, 2), ont les yeux cachéssous leurs ailes et ne peuvent contempler la grandeur et la sublimité de la splendeur de Dieu.
De plus, le diacre et le sous-diacre montent auprès du prêtre pour dire le Sanctus, en témoignant que l'Eglise de la terre, le Nouveau et l'Ancien Testament, se joignent et s'unissent à Jésus-Christ pour glorifier Dieu en lui et avec lui, et pour avoir part, par lui, à la louange des bienheureux. Et pour cela même l'orgue, qui signifie la musique du ciel et les louanges des bienheureux joue au Sanclus. Il chanie par deux ibis, Sanctus. pour représenter que cette louange est la louang* du ciel, et que l'Eglise (ou les ch.ipiers qui la représentent) chante une fois au milieu, pour dire qu'elle se mêle, et qu'elle tâche de prendre part, et de se perdre dans les louanges du paradis.
Le diacre et le sous-diacre se joignent tout de même avec le prêtre au Gloria in excelsis, pour témoigner que l'Eglise de la terre, composée de l'un et de l'antre Testament, ne veut être qu'une seule chose avec l'Eglise du paradis, qui chante au Gloria in excelsis ; car ce cantique est proprement la louange des anges, qui louent, adorent, bénissent et glorifient incessamment la majesté de Dieu : Adoramus te. Benedicimus le. Glorincamus le. Gralias agimus tibi. Et partant, Ncilre-Seigneur Jésus-Christ, en la sainte Messe, offre à Dieu son Père un sacrifice et un présent qui comprend en soi tout ce qu'il y a de saint au ciel et en la terre. Il veut tout unir ensemble; il unit la prière des Juifs et des gentils; il unit l'Eglise latine, la grecque et l'hébraïque : ce qu'il exprime par le langage latin, grec et hébraïque dont la Messe est composée. Encore que le corps de la Messe soit en latin, à cause que la meilleure partie de l'Eglise parle en cette langue, et surtout son chef visiùle, son cher Père , à savoir le Pape , qui tient le Saint* Siége dans Rome, qui a été la vil.le oo le latin a fleuri en sa pureté; néanmoins on ne laisse pas d'y mêler quelques paroles grecques et hébraïques; ce qui signifie que toute langue et tout peuple est offert à Dieu, et