‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 155 sur 394 · ES CEREMONIES DE LA C.RAND'MESSE. — LIV. VII · texte numérisé non relu

ES CEREMONIES DE LA C.RAND'MESSE. — LIV. VII

ïOâ

I s bienheureux consommés en lui. Et cette expression des choses qui se passent en Jésus Christ, est distincte des choses qui se liassent dans les membres visibles du Fils de Dieu sur la terre, qui sont ici offertes à Dieu. Car ce saint sacrifice contenant tous les devoirs visibles et invisibles de Jésus- Christ et des saints, contenant la religion des saints du ciel et de la terre, de Jésus- Christ visible dans le monde et caché dans le ciel; de là vient qu'il se fait diverses expressions de ces merveilles.

Je vous conjure (dit Notre-Seigneur dans cette première oraison du Canon, s'adressant 5 son Père) de recevoir non-seulement les présents que ie fais de ma personne et de celles de mes frères dans m* gloire; mais encore de vouloir agréer les présents de mes frères vivants sur la terre, qui se donnent à vous par moi, et qui unissent leurs présents et. leurs personnes à mon sacrifice, pour n'être qu'un en esprit avec moi, et pour se perdre au milieu de tout ce que j'y offre pour votre gloire. Je vous conjure donc d'avoir pitié de tous ceux qui m'environnent, qui sont ici présents en foi, et unis avec moi en esprit, pour qui nous vous offrons ce sacrifice de louange, et nous vous présentons encore les autres sacrifiées qui s'offrent dans le monde, qui tous ne sont qu'un sacrifice multiplié, à cause du môme prêtre véritable qui est en tous les prêtres, et de la même hostie qui est sous toutes les espèces, et de la même intention, qui est celle de Jésus-Christ offrant à Dieu son Père le sacrifice, et du même esprit que Jésus-Christ répand dans tous les prêtres; et ainsi il ne se fait de toutes les hosties, de tous les prêtres et de toutes leurs intentions, qu'un seul et unique sacrifice, quoiqu'à l'extérieur ils soient divers, puisqu ils sont offerts en divers lieux, en divers temps, sous diverses matières, par divers prêtres, qui devraient tous s'abiruer en Jésus-Christ Notre-Seigneur, et s'y unir si intimement, que leur esprit ne fût qu'un avec le sien, qui les dirigeât en leurs dispositions, comme il est l'unique qui leur donne la vertu de le présenter. Nous vous présentons, ô mon Père, ces sacrifices et ces présents tout saints et tout remplis de bénédiction, pour la personne des offrants, et pour tout ce qui les touche : Pro se suisque omnibus. Nous vous offrons ce sacrifice, non-seulement dans l'inlention d'impétrer les biens qu'ils pourront désirer, mais particulièrement pour vous demander la rémission de leurs offenses , leur délivrance de l'enfer, et l'espérance de leur salut : Pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suœ ; et enfin pour vous rendre, ô mon vrai Dieu vivant et éternel, tous les devoirs que la créature se sent obligée de vous rendre , d'adoration, d'amour et de louanges : Tibicue reddunt vota sua œterno Deo vivo et tc-ro.

Incontinent après, le prêtre dit, au nom de toute l'Eglise : Communicantes cl memoriam vénérantes, etc. Non contents de vous

offrir tous nos devoirs, nous vous offrons encore en Jésus-Christ tous ceux des bienheureux; nous vous offrons la religion de la sainte Vierge et de tous les saints, et ce grand sacrifice d'eux tons, qui sont tous une hostie avec Jésus Christ, et qui veulent bien n'en faire qu'une avec nous par le moyen de Jésus-Christ, en qui ils uésirent que nous ne soyons tous qu'un : Quorum meritis precibusque concédas ut in omnibus, etc.. ; par les mérites et la vertu desquels nous vous demandons toujours la grâce de vivre sous votre asile et protection.

Hanc igitur oblationem, etc. O mon Père, en vous rendant des devoirs si légitimes, je vous offre une hostie si sainte et si agréable, que vous l'avez appropriée pour jamais à votre gloire. C'est pourquoi le prêtre étend les deux mains sur les hosties, en témoignage de la protection céleste dont jouissent les bienheureux en Dieu, et de l'appropriation qu'il en a faite à sa personne pour une éternité : en sorte que les bienheureux ne seront jamais séparés de lui. De là vient que nous prions et demandons instamment de jouir de la protection de Dieu en celte vie, comme les saints dans le ciel, et d'être tellement appropriés à sa divine majesté sur la terre, que nous n'en soyons jamais séparés, et que nous ne souffrions jamais cette disgrâce, qu'il nous sépare de soi à l'éternité par une damnation malheureuse; mais, au contraire, que nous puissions prendre l'espérance en Dieu d'être joints aux bienheureux dans le ciel, et d'être unis intimement à Jésus-Christ comme ses membres et ses élus.

Page 1