‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 162 sur 394 · L1V. VII · texte numérisé non relu

L1V. VII

représentant si naïvement le sacrifice du. paradis. Mais cet autel sans sang , qui était dans le Saint des prêtres, signifiait seulement que le sacrifice qui se devait offrir tous les jours sur la terre serait non sanglant, et le même sacrifice qui s'offrirait au ciel, sacrifice de bonne odeur, qui est Notre-Seigneur consommé en son Père, dont les louanges s'élèvent incessamment vers sa divine majesté.

Ut quotquot ex hac allaris participatione sacrosanctum Filii lui corpus et sanguinem sumpserimus, omni benedictione corlesti et (jratiarepleamur. Per eumdeiii Christian Dominum nostrum. Amen.

Ensuite de cette offrande si agréable, composée des louanges de Jésus-Christ et de celles des bienheureux, considérant que cette hostie se doit donner à nous en communion, nous soupirons après, et désirons qu'en même temps que nous la recevrons, nous soyons faits participants de toute bénédiction céleste et de toute grâce, puisqu'elle est toute comprise en cette hoslie. Car si elle est ainsi composée de tous les bienheureux consommés en Jésus-Christ, rendant à Dieu son Père toute bénédiction} toute gloire et toute action de grâces, nous pouvons bien nous assurer que nous recevrons avec elle en nous toute la bénédiction céleste, et que notre cœur, aussi bien que celui d'un bienheureux, comprendra en lui toute louange, toute bénédiction et toute action de grâces. Celui qui reçoit cette hostie de suavité reçoit en son âme tout ce qu'il y a de sainteté et de religion au ciel. Il a en soi le paradis; ilatout ce que Jésus-Christ rend à Dieu d'amour, d'hommage et de respect en lui et en ses saints. Ainsi l'âme d'un fidèle jouit, quoique sans sentiment et avec obscurité, de tout ce qui est compris dans le ciel d'harmonie et de musique spirituelle à la gloire de Dieu.

Il a plu à Dieu que nous puissions connaître ces vérités, et adorer en foi et avec respect les occupations de Jésus-Christ envers son Père, et les devoirs qu'il lui rend en nous pour suppléera ceux des saints du ciel et de la terre. Il vient en nous pourglorilier son Père, et pour multiplier sa sainte religion; et c'est de ses louanges et de ses honneurs dont nous devrions nous rendre spectateurs et adorateurs pendant qu'il est présent en nos âmes. Quelle bénédiction, d'être participant de cette grâce, et d'entrer dès la terre en communion de la gloire du ciel et de l'abondance du paradis 1 Que peut vouloir une âme au delà que d'avoir en soi de quoi offrir à Dieu, et se "''pandre envers lui dans des louanges immortelles et immenses ? Le cœur humain est trop petit pour satisfaire à ce qu'il veut, et à ce qu'il vaut; les saints entrés en Jésus-Christ, la parfaite louange, peuvent en lui suppléer à la mendicité de notre cœur et 5 son indigence.

Allons donc à Jésus-Christ, et nous perdant en lui selon tout ce qu'il est en nous,

(iiî)') S. Abc, quicst. 155 in Exod.

UEl'VHES COMPLETES DE M. OLIER.

rendons en lui et en tous ses saints, tout ce qui se peut présenter à Dieu d'amour et de louanges. Entrons ainsi en société et en communion des anges et des saints, par la communion à l'esprit de Jésus-Christ, qui loue son Père en tous les anges et en lous les saints; car le seul et unique esprit de Jésus bénit et glorifie Dieu dignement en Jésus-Christ et en tome créature par lui ; en lui toute grâce et bénédiction, puisqu'il a reçu toute grâce du Père, et qu'il la vient apporter aux hommes et la donner en communion. C'est une chose étrange que ce don. Tout ce qu'il a plu à Dieu de donner à son Fils, tout ce qu'il a plu ai; Fils de nous acquérir par sa mort et par tous ses autres mystères, tout ce qu'il yade grâce en Jésus- Christ, et tout ce qui est de répandu de lui dans les anges et dans les saints, tout cela est compris en la très-sainte communion, tout cela est donné aux hommes pour y participer. Ft c'est cela que l'Eglise souhaite, lorsque le prêtre dit en son nom : Ut quotquol ex hac allaris participatiune sacrosanctum Filii fut corpus et sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti, et gratta repleamur. Per eumdem Christum Dominum tiostrum.

Qu'y a-t-il à désirer en terre et au ciel davantage, que d'être assis à la table de Dieu, d'être assistant à son autel sublime et de manger sur cet autel d'une même viande avec lui, d'un même pain, d'un même vin ; en un mot, d'être l'ait participant de tout le don que Jésus-Christ a l'ait à Dieu, et qu'il a mis sur son autel sublime? en quelle séparation du inonde, en quelle élévation d'esprit au-dessus de soi-même devrait-on vivre se voyant ainsi emporté dans le sein de Dieu, dans ce louvre auguste, dans ce temple divin, pour y manger l'hostie de Dieu tout entière avec lui? Nous n'imitons pas les prêtres de l'ancienne loi, ni ceux qui offraient pour lors à Dieu des victimes, qui ne mangeaient que des portions très-légères de l'hostie : nous la consommons toute, nous nous en nourrissons ;et elle vient ellemême nous consommer et nous faire sa viande et son aliment, comme le feu qui consumedu bois ; elle vient, tout ardente en nous, nous l'aire une hostie avec elle, communiant notre âme, et la pénétrant de son esprit et de sesdispositionsd'hostie vivante, sainte et agréable à Dieu.

Notre-Seigncur, jaloux de la gloire de son Père, et désireux que tous ses membres soient des hosties comme lui, et qu'ils commencent dès la terre à prendre l'esprit du ciel, et à mener une vie d'hostie qui attend sa consommation, nous communie à l'hostie, et vient consommer petit à petit notre intérieur infecté de la malice d'Adam.en attendant qu'au jour de la résurrection il consomme le corps entièrement. Il commence la consommation de rame en e> prit sur la terre; il l'achève entièrement dans le ciel au jour de son entrée dans la gloire; et le corps comme l'âme le sera au jour de la résurrection, qui sera le jour de l'accomplis-

sement du sacrifice universel des créatures, lequel consommera tous les hommes en un, et en fera une seule victime avec laquelle Notre-Seigneur entrera dans le ciel : lnlroibo in domum in holocauslis, tibi sacrificabo hostiam taudis ( psal. v, 8 ; psal. xv, 7 ) : Fn ce beau jour de votre gloire, je serai sacrificateur de votre hostie de louange, la consommant en moi pour votre gloire, et j'entrerai dans votre sainte maison avec autant d'hosties que j'y introduirai de saints avec moi.

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