CHAPITRE PREMIER
De l'Oraison dominicale.
Le Pater est une oraison en partie du ciel, et en partie de la terre. Pendant que l'on chante la partie selon laquelle elle est du ciel, et où on en fait mention, le diacre et le sousdiacre sont en bas derrière le prêtre, protestant par leur abaissement et humiliation, qu'ils ne sont pas en l'état dont la prière fait mention. Pater noster, qui es in ccrlis : sanctificelur nomen tuum. Adrcniat regnum tnum. Fiatvoluntastua,sicut in cœlo et in terra. Ces dernières paroles, qui font comparaison du ciel avec la terre, se doivent étendre aux trois premières demandes.
Le prêtre ajoute : Donnez-nous aujourd'hui le pain sursubstantiel : Panem nostrum supersubstantialem da nobis hodic. (Matlh. vi, 11. ) C'est encore une prière que Notre- Seigneur fait au ciel pour nous; il demande au Père qu'il nous donne le pain de ses enfants, qui est surnaturel ; après quoi il demande pardon de nos péchés ; et l'Eglise, qui
se voit avoir part à cette prière et en être la cause, s'élève en la personne du diacre etdu sous-diacre, et se vient joindre au prêtre.
Le prêtre, avant de commencer l'Oraison dominicale, se prépare et fait comme une préface ou avant-propos, et Notre-Seigneur, au nom Ue l'Eglise, semble faire civilité et un saint compliment à son Père avant que de le nommer Notre Père: il témoigne par là l'estime qu'il fait de cet honneur pour les hommes, d'être les enfants de Dieu, et de pouToir appeler Dieu leur Père : lidete qualem charitatem dédit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et simus. (I Joan. m, 1.) Quelle grâce Dieu nous a faite, de nous donner la liberté de l'appeler notre Père !
Prœceptis salutaribus moniti, et divina institutione formati,audemus dicere:Ce n'est que pour obéir aux saints commandements qui nous ont été faits, et à l'institution de Dieu même vivant avec nous sur le terre, que nous prenons la hardiesse d'ai>peler Dieu notre Père.