‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 166 sur 394 · DES CEREMONIES DE LA GRAND'MESSE. — L1V. \ II · texte numérisé non relu

DES CEREMONIES DE LA GRAND'MESSE. — L1V. \ II

Pendant es sentimenls de modestie et de respect que le prêtre exprime nu nom de l 'Eglise militante, qui vit encore dans l'impureté de la chair et dans l'éioignement extrême de la sainteté que doivent avotr les enfants de Dieu pour approcher de " I ni en qualité de Père, le diacre, qui représente I Eglise, est auprès du prêtre, pour témoigner que le prêtre parle pour elle; qu'elle est dans les mêmes sentiments de respect qu'il exprime, et qu'elle ne prendrait jamais celte liberté d'elle-même.

Quand le prêtre commence à dire : Pater, le diacre descend, comme si l'Eglise disait par là : Cela esi bon à Jésus mon Maître, qui est dans la gloire et dans la parfaite ressemblance de Dieu, de le nommer son Père ; c'est à Jésus ressuscité et à tous ses élus consommés en lui, de nommer Dieu leur Père; car alors ils sont en sainteté parfaite, ils sont dans l'éclat et la splendeur de Jésus- Christ, qui est la splendeur du Père; ils sont de parfaites images de Dieu le Père, étant tons transformés et consommés en Jésus-Christ, sa vraie image et son caractère ; ils sont tous abîmés et perdus dans le Verbe, qui est la figure de sa substance : Qui cum sit splendor yloriœ et figura substantiœ ejut. (Hebr. i, 3. )

C'est donc à eux proprement h qui il appartient de l'appeler leur Père. C'est au milieu de la gloire où Notre-Seignenr habite eu parfait repos, où il est dans lo sein de son Père habitant dans les cieux, et où il voit la magnificence de la sanctification du nom Oe son Père, qu'il dit : Sanctificetur nomen tuum : Mon Père, que je souhaite de voir que sur la terre on sanctifie le nom auguste de votre majesté, de même que je le vois sanctitié dans le ciel : Sicut in cœlo et in terra! Si la sainteté était parmi les hommes et parmi les ministres de votre autel, de même qu'elle est parmi vos anges et vos saints qui sont au pied de votre trône, que je serais content! Faites-le, je vous en prie; laites aussi, mon Père, que vous soyez absolu dans le royaume de votre Eglise en la terre, comme vous l'êtes dans le royaume du paradis. Faites que vous y soyez aussi craint, aussi aimé et aussi respecté, comme vous l'êtes dans le ciel ; faites qu'on vous y estime, qu'on vous y loue, qu'on vous y honore et qu'on vous y adore comme on le fait là-haut; en un mot, faites qu'on vous rende ici tout l'hommage qu'on vous rend dans les cieux en qualité de roi : Adveniat regnum tuum, etc. Sicut in cœlo et in terra. Enfin, si votre volonté est accomplie par les hommes, comme elle l'est parles anges, je serai satisfait : Fiat vulunlas tua, sicut in cœlo, et in terra. Mais afin qu'ils en puissent venir à bout, je vous demande pour eux, ô mon Père, le pain quotidien, le pain supersubstantiel, qui doit être la vie continuelle de leur âme.

Pendant que le prêtre dit ces paroles, le diaGre et le sous-diacre sont retirés en bas, etrendenttémoignage, parleur éloignement, qu'ils ne sont [>oint en l'état de la sainteté,

OEUVRES COMPL. PE M. Dur.»

ni consommés dans toutes les dispositions que Jésus-Christ demande pour eux. Ils écoutent le prêtre avec étonnement; ils admirent de loin l'état des bienheureux, et ils gémissent se voyant si malheureux et si opposéss à ses dispositions, ils n'osent s'approcher de Nôtre-Seigneur, à cause de leurs péchés, et ils ne prétendent point se mêler avec les bienheureux, ni entrer en société du respect, de l'amour, des louanges et de la soumission parfaite qu'ils rendent aux volontés île Dieu, que Notre-Seigneur n'ait demandé pour eux le pardon de leurs péchés : et jusqu'à ce qu'ils l'aient reçu, ils neprendront jamais la hardiesse do monter à l'autel, et d'entrer en comparaison avec les bienheureux.

Notre-Seigneur, pendant cette oraison fait la description de la vie des saints, et il veut que notre Eglise y aspire pour s'y consommer dès la vie présente. C'est pourquoi il l'invite, disant : Oremus, à s'unir à lui, et à entrer en société d'esprit avec lui régnant dans les cieux. Mais l'Eglise, .bien inslruito des dispositions où elle doit être, n'ose s'en approcher dans la vue de ses misères.

\ oyez, dit-elle en esprit, ô Père éternel, si nous pouvons satisfaire aisément aux saints désirs de votre Fils. Nous sommes tout remplis de péchés; nous sommes environnés de tentations; nous sommes assiégés de la malignité du siècle et du démon ; le moyen que nous puissions y satisfaire? Quel moyen de sanctifier votre saint nom? Comment votre royaume s'établirait-il en nous? Quelle résistance ne trouverez-vous point en nous à vos saintes volontés?

C'est en cette vue qu'elle se tient toute confuse au bas du saint autel; mais aussitôt qu'elle entend le prêtre, qui demande pour elle la délivrance de ses misères, elle se lève et va se joindre à lui par l'entremise du diacre et du sous-diacre, qui s'approchent du prêtre, disant : Notre Père en Jésus-Christ, oubliez nos péchés comme nous oublions les offenses des autres. Car, mon Dieu, vous sachant irrité contre nous, nous ne pouvons pas vous servir en liberté et dans la paix des bienheureux, réconciliés parfaitement avec vous; éloignez, ô mou Dieu, les tentations, et nous fortifiez contre leur malice. Ne suspendez point, je vous prie, votre secours dans le péril où nous sommes : car aussitôt nous nous verrions précipités dans le péché. Délivrez-nous aussi des embûches du diable, et nous nous verrons dans l'état de vous servir et de vous glorifier dans la paixetle reposdes bienheureux; nous pourrons faire de la terre un paradis, et de l'Eglise un royaume du ciel.

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