‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 171 sur 394 · VJ · texte numérisé non relu

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l'hostie. C'est

d'hostie, à cette opération particulière de consécration à Dieu. Et pourquoi ne le ferons-nous pas ? Pourquoi ne nous laisseronsnous point pénétrer i\ Jésus-Christ pour entrer en ses dispositions, et en l'état intérieur dont il veut nous rendre participants?

Cette communion h l'hostie est encore pour nous faire entrer dans les dispositions intérieures de Jésus-Christ mourant, qui a voulu que la communion fût le dernier de ses mystères, pour porter en notre âme l'esprit de ses mômes mystères, et les dispositions merveilleuses du sacrifice par lequel il a commencé et fini sa vie. El parce que sa vie n'a été qu'un exercice continue), qui nous apprend à rendre nos devoirs à Dieu le l'ère, et qu'il veut que nous les lui rendions au moins en esprit, il vient nous communier a ses dispositions, il vient nous faire proteslerque nous méritions la mort nous-mêmes, et que siNotre-Seigneûr l'a soufferte comme l'hostie du monde , c'était pour témoigner de sa part ce que tout le monde méritait, et qu'il mourait pour tous, parce que tous devaient mourir. Il était le supplément universel du genre humain ; ainsi, en mourant , il fait connaître que tout le monde et chaque particulier doit être mort, puisque lui-même, qui tient la place de tous les hommes et qui rend pour chacun d'eux ce qu'ils doivent à Dieu , est obligé de souffrir la mort : Si unuspro omnibus mortuus est , ergo omîtes mortui sunt ( 11 Cor. v, 14 ) : Si Jésus-Christ est mort, s'il est notre victime, donc nous sommes morts par obligation ; cette pauvre victime ne marque autre chose, sinon qu'elle porte en notre place ce que nous étions obligés de porter en notre particulier : Unuspro omnibus mortuus est . cryo omnes mortui sunt : Il est mort un pour tous, un en la place de tous, qui avouent le mériter, et qui, mangeant l'hostie, disent qu'ils sont un avec l'hostie , et protestent d'entrer en son esprit et en ses obligations. '

Autrefois l'offrant mettait les mains sur l'hostie pour plusieurs intentions, entre autres pour la charger de ses devoirs et de ses obligations ; et lorsque ensuite il y communiait, il protestaitde se faire un esprit avec elle , de vouloir mourir et d'avoir mérité la mort, comme l'hostie l'avait soufferte. Ainsi il faut que le fidèle qui communie à Jésus-Christ hostie , proteste de mériter la mort et d'être en disposition de la souffrir, et il en reçoit même la grâce par la communion qui lui est donnée , et qui le fait participant de Jésus immolé à la gloire de son Père.

Cet état d'immolation est un état où la créature d'elle-même ne peut arriver sans la giâce de Jésus-Christ, dont elle a besoin aussi bien que de l'esprit) dans lequel il s'est offert lui-même et livré à la croix : Per Spiritum sanction semeptisum obtulit (Ilebr. ix, 14) ;Oblatas est, quia ipse voluit (Isa. lui, 7 ) : H s'est offert et livrée la croix à cause qu'il l'a voulu : ainsi cette volonté de mourir et de se crucifier pour Dieu est une grâce donnée par la communion à

ourquoi anciennement en l'Eglise, au rapport de saint Cyprien, on avait un soin tout particulier de donner la communion aux fidèles dans le temps de persécution , pour leur donner l'esprit de Jésus-Christ hostie : Qui proposito sibi gaudio sustinuit crucem ( Hebr. xn , 2 ), qui se porta à la croix avec joie, et qui répand cette joie dans le cœur des hosties vivantes qui communient à lui, et qui sont disposées à recevoir son esprit de gloire, de vertu , de force et de toute-puissance, et qui porterait nulle et mille croix, si on voulait s'abandonner à lui.O Jésus I de qui la croix élait trop petite, et dont l'esprit en portait une mille fois plus grande que celle du corps, vous étiez accablé sous le poids insupportable de la justice et de la rigueur de votre Père ; et toutefois vous aviez soif d'endurer encore tous les tourments que Dieu a depuis fait souffrir à vos martyrs.

Jésus voyant son corps trop petit pour supporter les peines extérieures que les Juifs et les démons eussent désiré de lui faire souffrir, voulut emprunter après sa mort les corps de ses fidèles, pour endurer en eux et accomplir ce qui manquait de peines et de martyrs à sa passion : Adimpleo ea quœ désuni passionum Chrisli {Col. u,24): Son esprit embrassait tous les tourments imaginables ; dans son zèle, i'soupirait poulies endurer tous , et les bras ouverts et étendus sur la croix, il disait : Sitio : Ah ! mon Père, que je désire de pâtir ! que je souhaite d'endurer l Ah ! mon Père , accablez-moi sous la souffrance ! Et ainsi il mourut.

Et c'est à cet esprit de zèle des souffrances que communient les Chrétiens , en communiant à l'hostie; c'est à cela que Jésus- Christ nous veut faire participer, en nous donnant tout son intérieur et son extérieur, nous donnant son esprit et son âme aussi bien que son corps et son sans1 Aussi voyons-nous des âmes dans le christianisme , qui, dans cette communion d'esprit et de disposition intérieure, désirent avec des transports extraordinaires et de saintes fureurs les douleurs et les peines; on les entend s'écrier - Aut pati, aut mori ( Sainte Thérèse ) : Ou souffrir, ou mourir. Ce n'est pas assez , disent les autres, parlant des croix et des souffrances ; et : C'est trop, ô mon Dieul s'écrient-elles dans les consolations. ( Saint François Xavier.) Quelques-unes, à l'aspect des souffrances que Dieu leur donne, disent en extase et en la jubilation qui prévient leur martyre : Paralum cor meum, Deus, paratum cor meum. ( Psal. cvn, 1.) On en voit d'autres qui, dans les temps des débauches du peuple ou aux jours de la mort de Jésus- Christ, sont mises par les opérations du Saint-Esprit dans les mêmes postures et les mêmes situations où Nôtre-Seigneur a été dans sa passion ; et pendant ce temps-là, elles endurent des pejnes plus violentes que celles du feu du purgatoire , que souvent même elles ont souffert ; Dieu en disposant ainsi pour répondre au zèle qu'elles ont

DES CEREMONIES Ut. LA GKANu'MESSE.

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