‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 172 sur 394 · LIV. VIII · texte numérisé non relu

LIV. VIII

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Je snulfrir; car en purgatoire elles n'endu- - reraieut que' pour leurs péchés particuliers; et ici, en participation de la passion du Fils de Dieu , elles endurent pour les péchés de tout le monde. On voit parfois toute leur chair en feu, et leurs poitrines ardentes consommer l'eau qu'on leur jette, tant elles sont dévorées par le feu de l'amour, et par ce grand désir de souffrir, qui est une communion à la soif ardente que Jésus-Christ avait de souffrir pour son Père. Il exprime extérieurement en elles, et répand jusque dans leur chair ce qui se passait intérieurement, en lui. Il leurdonnesa mortencommunion et prend leur vie pour souffrir en elles ; et c'est là l'effet de la communion à Jésus- Christ : Sicut socii passionum estis , sic eritis et consolationis. {II Cor. i, 7.)

Notre-Seigneur nous rend participants de son esprit de souffrances, pour nous rendre ensuite participants de son esprit de jouissance et de consolation Communicantes Cliristi passionibus gaudete. (I Petr. iv, 13.) Il faut communier à l'esprit de souffrances , aux désirs de mort, aux désirs de la croix et du crucifiement universel de tous ses membres. Car Notre-Seigneur Jésus-Christ était ravi d'endurer et de souffrir en tout lui-môme, pour satisfaire à tous les péchés de la nature humaine; et il a dessein de nous donner aussi ce zèle et ce désir de nous crucifier à son exemple, par la vertu et la vigueur du Saint-Esprit , qu'il nous donne en la communion. Il faut donc s'oublier soi-même et se soumettre avec plaisir a la croix, dont il nous afflige comme il lui plaît, selon la mesure de son amour et selon l'étendue de ses desseins sur nous. Il nous donne les souffrances à proportion des biens qu'il nous prépare et de la gloire qu'il veut nous donner dans le ciel ; nous communiant aux consolations de l'autre vie , comme il nous aura communies aux souffrances de celle-ci : Sicut socii passionum estis, sic eritis consolationis.

Et comme le divin sacrifice ne se termine pas dans l'immolation, et qu'il va jusqu'à" la consommation et au retour de l'hostie en Dieu, à l'exemple de Notre-Seigneur en sa sainte résurrection et en son ascension, la sainte communion doit opérer en nous toutes les dispositions et tous les sentiments de Jésus-Christ ressuscité et monté dans les cieux telle doit mettre en nous le désir de la consommation en Dieu, qui nous fasse gémir dans la vie présente, comme saint l'aul et comme les grands saints qui ont communié plus particulièrement à Jésus-Christ : Co.arclor usque dam perficiatur ( Luc. xn, 50), disait Notre-Seigneur : Je languis jusqu'à ce que mon sacrifice s'accomplisse : Vesiderium habens dissolvi, et esse cum Christo (Philip, i, 23), disaient ces grands saints : Je désire ma consommation, jedësire de me voir délivré de cette chair, et retourné en Dieu avec Jésus-Christ, afin que ma vie sojt cachée, anéantie et absorbéeen Dieupar la communion à Jésus-Christ consommée en Dieu même.

C'est la vocation des Chrétiens appelés à ce bonheur par Jésus-Christ, qui le premier a passé par ces voies, se consacrant à Dieu lorsqu'il est venu au monde : Holocautomata pro pcccato non tibi placuerunt. Tune dixi : ecce venio (Hebr. x, 6 ; Psal. xxxix, 7) : Les holocaustes et Jes sacrifices pour le péché ne vous ont pas agréé, je suis venu moimême me.substituer à leur place; je me suis offert et consacré pour m'immoler à votre gloire à la plane des victimes pour le péché. (Levit. xvi, 10.) Comme ce bouc chassé au désert et abandonné à la rage des bêtes sauvages, j'ai été environné des loups, des chiens et des taureaux, et ils m'ont assiégé de toutes parts pour me déchirer et me dévorer en leur fureur : Circumdederunt me viluli multi ; tauri pingues obsederunt me. (Psal. xxi, 13. j Comme cet autre bouc réservé à êire immolé pour le péché, je me suis vu égorgé et immolé sur la croix, afin d'entrer ensuite dans le Saint des saints, comme le grand prêtre, par la vertu de mon sang répandu pour la rémission des péchés de tout le monde. Enfin, je me suis mis à la place des holocaustes, je suis entré dans le feu de mon Père, où j'ai tout consommé au jour de ma résurrection ; et, après avoir été réduit dans un état de sainteté et de pureté digne de lui, j'ai retourné à lui au jour de mon ascension. (Joan. xvi, 28.) Or Jésus- Christ, dans la communion, nous appelle à la participation de tous ses divins mystères, à la participation du sacrifice entier, par lequel se répandant dans l'Eglise, et l'associant à ses dispositions, il entre en elle, et la rend une avec lui dans la communion. Ainsi le sacrifice qui est universel, et qui doit tout réunir à Dieu réellement, doit être répandu en nous pour nous porter en Dieu; il doit s'achever en nous, qui avec Jésus-Christ faisons la totalité de l'hostie offerte et présentée à Dieu, qui est l'Eglise en Jésus-Christ, l'Eglise communiante à Jésus-Christ.

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