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tempérer la violence de ses tourments, lui faisant part, au milieu de ses plus grandes amertumes, des miséricordes dont on jouit sur la terre avec tant d'abondance.
Enfin, le ciel et tous les anges, sur qui Notre-Seigneur domine et règne parfaitement, ajoutent par trois fois Kyrie eleison, vrai et adorable Seigneur, roi et dominant, ayez pitié des Ames qui gémissent en ces lieux de leur purgation; leurs fautes sont les nôtres, étant nos frères eu vous ; ayez donc pitié de nous.
Avant l'Evangile on dit : Munda cor meum, cl labiamea, omnipotens Drus, qui labia Isaiœ prop/iet<P calculo mundasti ignito, etc. Lorsqu'on dit celte prière pour les vivants, on la dit pour demander à Dieu qu'il lui plaise nous purifier par le feu de son amour, comme il a autrefois purifié Isaïe et les prophètesdu Nouveau Testament, qui sont tous les apôtres, au jour de la Pentecôte, par le feu du Saint-Esprit purifiant leurs cœurs et leurs bouches. Mais lorsqu'on dit cette oraison pour les défunts, on demande qu'ils soient purifiés par le feu du purgatoire, et par le feu de la justice, puisqu'ils ne l'ont pas été pleinement par le feu de l'amour, dont ils devaient avoir mieux usé pendant qu'ils étaient sur la terre.
On ne baise point le livre, à la fin de l'Evangile pour deux raisons. Premièrement, parce que les âmes du purgatoire sont mortes dans le signe de la foi; elles n'ont plus besoin de protester de leur croyance, elles en ont suffisamment fait la profession. A causedecela même on ne dit point le Credo, qui est l'expression de la croyance publique que l'on a aux mystères de noire foi, qui ne suffit pas au salut si l'on n'y joint les œuvres; ce qu'on exprime par le baiser du livre de l'Evangile, par lequel on fait profession que l'on veut acquiescer par amour à tout ce qu'on a lu, et qu'on veut amoureusement le pratiquer; et comme lésâmes du purgatoire ne l'ont pas lait entièrement, on ne baise pas le livre des Evangiles aux Messes pour les défunts : car si ces pauvres âmes avaient parfaitement acquiesce à tout, elles ne seraient pas séparées du baiser amoureux que Dieu, qui est ce grand volume, qui contient Jésus-Christ et ses saints, donne dans le ciel à tous les bienheureux. C'est pourquoi, dans la Messe pour les vivants, Jésus- Christ, qiioiqu'en gloire, représenté par le prêtre qui est en haut de l'autel dans le temps que le diacre chante l'Evangile, ne laisse pas de baiser le livre des Evangiles, pour témoigner qu'il est dans le baiser du l'ère pour avoir pratiqué l'Evangile. Et quoique le prêtre n'ait pas fait le signe delà croix sur le livre de l'Evangile quand le diacre a commencé de le chanter, il ne laisse pas de se signer lui-même, pour dire que n'étant plus voyageur, l'onction et la vertu qu'il lire de son Père n'est plus pour accomplir ses conseils et son divin Evangile, mais qu'elle est maintenant pour le remplir tout de son Père, et pour le couvrir tout de sa ver-
tu dans l'état de sa gloire, qui lui a clé acquise par la pratique du même Evangile, qu'il baise après qu'on l'a chanté; étant en esprit, en intelligence et en vertu, tout abîmé dans la gloire qu'il en a tirée, et il en fait encore profession dans le ciel.
Le prêtre, aux Messes pour le? vivants, bénit l'eau avant que de la verser dans le calice, parce qu'elle signifie les peuples qui doivent être unis au sacrifice ; mais, aux Messes pour les défunts, il ne la bénit point, parce que les défunts étant dans la pénitence, et éloignés des saints mystères du paradis, ils ne sont point renfermés dans le calice qu'on oll're à Dieu, pour y mettre, par ■la consécration, son Fils en un état de gloire, el pour y renfermer avec lui toute la sainteté de son Eglise, qui est le grand mystère du ciel, où rien d'impur n'aborde. Tout ce qui est souillé est banni du royaume céleste, jusqu'à ce qu'il soit purifié.
A l'Agnus Dei, on ne dit point : Miserere nobis, parce qu'on doit plutôt otîi'ir des sacrifices et des satisfactions à Dieu, pour lui payer jusqu'au dernier denier, que de demander miséricorde pour ceux sur qui il désire exercer sa justice. Le principal lieu de la miséricorde est la terre, et les sujets de cette clémence sont les hommes vivants au monde dans la misère de la chair; mais les autres, qui en sont délivrés, sont plutôt les sujets de la justice de Dieu que de sa miséricorde.
On dit : Dona eis requiem, au lieu de Miserere nobis. Faites, Seigneur, le don du repos éternel aux âmes du purgatoire, qui gémissent dans la peine et dans la Iribulation. Faites-le ayant égard à votre sacrifice, par lequel vous avez satisfait en rigueur à la justice de votre Père : acceptez par votre bonté votre même justice ; que votre libéralité fasse ce don à ces pauvres affligés ; remettez-leur cette dette, et la prenez sur le payement que vous en avez fait vous-même : donnez-leur donc la paix qu'ils désirent avoir avec vous dans le ciel.
On ne dit point l'oraison Domine, qui dixisti, etc., à cause qu'on demande à Dieu, par cette prière, la réunion de l'Eglise de la terre, à laquelle il donne sa paix. Or cela ne s'étend pas à l'Eglise du purgatoire : car, quoique Dieu la tienne dans la séparaticu de la gloire et dans les larmes, elle ne peut être néanmoins séparée de l'union amoureuse de Jésus-Christ.
Que si on ne donne point le baiser de paix, c'est que ces âmes pour qui nous parlons ne sont pas encore dans la réunion dernière, et consommées dans le ciel avec Jésus-Christ et l'Eglise du ciel.
A la fin de la Messe, on ne dit point : Ite, Missa est, c'est-à-dire allez, la Messe est dite; parce que les défunts ne sont point censés là présents, et qu'ils n'ont point besoin d'être envoyés à d'autres emplois. On ne dit point aussi : Benedicamus Domino :