‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 181 sur 394 · DES CEREMONIES DE LA GRAND'MESSE. — EXPLICATION DU GLORIA · texte numérisé non relu

DES CEREMONIES DE LA GRAND'MESSE. — EXPLICATION DU GLORIA

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Continuons à bénir Notre-Seigneur, parce que les âmes, au milieu de leurs tourments et gémissements, ne sont pas encore dans le dernier état de la louange éternelle ; mais on dit : Requiescant in puce ; leur désirant un repos éternel, afin que, tians la paix de leurs cœurs, elles puissent bénir et glorilier Dieu à jamais dans le ciel.

Enfin, on ne donne point la bénédiction à la tin de la Messe, pour dire que ces pauvres âmes n'ont point encore reçu la dernière grâce signifiée par ces paroles : Venite,be.nedicti Patris mei, percipite regnum (Matth. xxv, 34), et Notre-Seigneur ne leur a point

donné encore la dernière bénédiction, qui consiste à les mettre en jouissance de son royaume éternel. On lit néanmoins l'Evangile de saint Jean, qui comprend en abrégé tout le bonheur qu'elles posséderont un jour, parce que c'est le terme où elles aspirent, où elles auront la vue du Verbe en Dieu, et où elles seront transformées et consommées en lui, qui est l'unique du Père rempli de grâce et de vérité, après qu'elles auront été entièrement purgées, et qu'elles auront payé par leurs peines et tourments, ou par les suffrages de l'Eglise, tout ce qu'elles doivent de reste à la justice divine.

EXPLICATION DU GLORIA IN EXCELSIS, CANTIQUE DES ANGES A LA NAISSANCE DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS CHRIST.

On dit : Gloria in excehis Deo. Et in terra pax hominibus bonœ voluntntis, pour marquer la fin de la descente du Verbe sur la terre par l'Incarnation. Car il y descend pour deux raisons. La première est pour honorer Dieu en toutes ses grandeurs ; et la seconde, pour racheter les hommes. La première est exprimée par ces paroles : Gloria in excelsis Deo; et la seconde par celles-ci : Et in terra pax hominibus bonœ voluntaiis.

On dit ensuite : Laudamus te, Renedicimus te, Adoramus te, Gloripcamus te, pour se joindre aux intentions des anges et pour suivre leur esprit. Ce qui est conforme à l'Ecriture sainte, qui nous marque trois sortes d'actes principaux de notre religion envers Dieu, dont le premier est la louange, le second la bénédiction, le troisième la glorification ou adoration, selon Daniel, parlant des trois enfants, qui, dans la fournaise, louaient, bénissaient et glorifiaient Dieu d'une même bouche : Uno ore taudabant, benedicebant, et glorificabant Deum : et qui nous représentaient l'Eglise consommée en l'amour de Jésus-Christ.

L'Eglise ajoute : Grattas agimus tibi propter magnam gloriam tuam, suivant toujours l'intention des anges qui, reconnaissant qu'ils ne sont point capables de glorifier Dieu en toutes ses grandeurs et en tousses mystères, se réjouissent de voir naître Jésus- Christ, comme le supplément de leurs louanges, desquelles ils n'étaient pas pleinement satisfaits jusqu'à sa venue, qui étant la splendeur de la gloire de son Père, est aussi par conséquent sa parfaite louange.

Nous avons une figure visible de ce sentiment des anges dans l'ancienne Loi, que saint Paul dit avoir été donnée par leurs mains. C'est qu'il y avait des anges autour de l'arche, dont les uns, se regardant les uns les autres, étaient tournés vers la porte,

et d'autres qui voilaient l'arche de leurs ailes,' pour témoigner qu'ils se reposaient sur Jésus-Christ des sublimes devoirs que mérite la grandeur de Dieu, qu'ils ne pouvaient louer dignement, étant eux-mêmes éblouis par l'éclat de sa splendeur.

Les ;inges qui regardaient vers la porte, signifiaient qu'ils étaient appliqués spécialement à louer Dieu dans les créatures , et ceux qui se regardaient les uns les autres, signifiaient que leur emploi particulier était de le louer dans l'ouvrage de la nature angèlique; mais que pour ce qui était de Dieu en lui-même, ils ne le connaissaient pas dans toute l'étendue de ses perfections. De là vient que l'arche était dans l'obscurité, dans un lieu où il n'y avait point de fenêtres : ce qui nous marque que la parfaite et entière connaissance de Dieu était réservée à Jésus-Christ, qui seul habite dans la sublimité des divines lumières : Ego in altissimis hubito.

Nous voyons par là pourquoi l'F.glise remercie Dieu (Je ce qu'il lui a donné Jésus- Christ pour être sa glorification, et pourquoi elle l'en remercie après avoir elle-même glorifié Dieu du mieux qu'elle a pu.

Or, comme l'Eglise de la terre est d'accord avec l'Eglise du ciel et avec le monde angélique, et qu'elles avouent l'une et l'autre qu'elles ne sont pas capables de louer Dieu, et qu'il n'y a que Jésus-Christ, on joue des orgues pendant le Gloria in excetsis, pour dire que l'Eglise du ciel, représentée par les mêmes orgues, et celle de la terre, sont unies dans la louange de Dieu. Au Credo les orgues ne jouent point, parce qu'il n'y a point de foi au ciel, mais seulement sur la terre

Ensuite l'Eglise s'adresse à Jésus-Christ comme à son médiateur de rédemption et de religion. Elle l'appelle son Dieu, roi du ciel,

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