LEÇON VIII
*>e notre première génération, où le démon est le père de nos inclinations perverses ; et de la régénération du baptême , où Jésus- Christ étant notrepère, nous communique sa vie divine.
Qu'est-ce à dire que notre âme est régénérée par le baptême ? — C'est-à-dire qu'elle reçoit des inclinations et des impressions toutes nouvelles, et différentes de celles de sa première génération.
(1) Caro concupiscit adversus spiritual ; spirims aul'-m adversus carnem : hœc eiiim s.bi invicem adversuiiur
Comment cela ? — C'est que , par la première génération, l'âme avait des inclinations perverses qui la portaient tout au péché , foute à la terrect aux créatures. Ad contraire, par la régénération du baptême, elle reçoit île nouvelles impressions et des inclinations toutes différentes, qui la portent à l'amour de Dieu et à sa religion , à la séparation des
créatures et «à la recherche des choses du ciel Depuis le baptême
plus noire père, ni
Non, et nous ne devons plus suivre leurs mauvaises inclinations.
Par '.e baptême, Dieu est-il notre père ? — Oui, nous appelons Dieu notre P>»re, et il l'est en vérité , parce que, dans le baptême, il nous communique par son Saint-Esprit sa nature et sa vie divine, Ut efficiamini divince consortes naturce (Il Pierre, 1, h). Ut filii Dei nominemur, et simus (I Jean., III, 1).
Le démon n'est-il pas le père de l'homme? — Dans la première génération, le démon est proprement le père de l'homme pécheur en Adam , parce qu'il lui a communiqué sa vie et ses mauvaises inclinations, qui depuis nous ont été transmises dans notre naissance. Vos ex pâtre diabolo estis, et desideria patris vestri vultis farere (Jean, VIII, W).
Et dans la seconde génération? — Il en est tout autrement, parce qu'en cette génération, le Père éternel est notre père ; il nous communique ses inclinations, ses sentiments, sa sainteté, par la vertu de son Esprit qu'il nous donne pour être en nous le principe de sa \ ie sainte et divine ; et l'éclat de celte vie rejaillit de nos bonnes œuvres, qui étant alors semblables à celles de Dieu , le font glorifier sur la terre (1).
Mais puisque, dans notre première généralion, le démon est noire père, et qu'Adam nous a transmis toutes les inclinations perverses du démon , nous sommes donc bien
OEUVRES COMPLETES DE M. OLIF.R. iui
le mépris, l'abjection et la contradiction Y — Non.
C'est donc par un trait de la justice de Dieu, que, dans le baptême, l'amour du mépris, l'amour des souffrances et l'amour de la pauvreté sont imprimés dans le coeur de l'homme? — Oui ; car l'homme n'étant par lui-même que néant et péché, il ne doit avoir d'autre désir pour lui-même que celui d'être traité comme il le mérite; c'est-à-dire, de souffrir le mépris, la persécution, la pauvreté, etc.
l'homme n'est donc
la chair notre mère ? —
misérables en nous-mêmes '
Oui
je ne puisse
puis l'exprimer; il n'y a que Dieu qui le comprendre.
Pourquoi? — Comme il n'y a que Dieu qui conçoive la malice du démon et la misère où la justice divine l'a réduit, il n'y a que Dieu aussi qui conçoive la misère, la malignité et le dénûmenl de notre chair réduite a un état si pitoyable , qu'outre qu'elle est faite participante de la malédiction du démon, elle y joint encore des faiblesses, des souillures et des misères dont n'est pas capable le démon par sa propre nature.
Cela étant, l'homme par justice doit bien chérir l'abjection ; il doit bien aimer le mépris. — Oui, car ils lui sont bien dus.