‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 19 sur 394 · DE LA VERTU DE PÉNITENCE · texte numérisé non relu

DE LA VERTU DE PÉNITENCE

La vertu de pénitence est, ou extérieure ou intérieure. L'intérieure, qui est la principale, et qui donne la valeur à l'extérieure, porte avec soi trois dispositions nécessaires : l'humiliation, la contrition, et l'oblation à la justice divine, pour porter de tels effets de sa vengeance qu'il lui plaira.

L'esprit de pénitence est l'esprit môme de Dieu, qui a été répandu premièrement en Jésus-Christ, et ensuite par Jésus-Christ en son Eglise, et qui, opérant divers sentiments dans les âmes, y imprime spécialement ceux de la pénitence. Ce qu'on peut remarquer en la personne de David, qui avait reçu par avance l'abondance de cet esprit, comme ligure du Fils de Dieu pénitent.

On voit en lui l'expression de divers mouvements et dispositions, où son âme était établie par l'opération de l'esprit de pénitence, lesquels paraissent dans ses Psaumes qui ont été donnés à l'Eglise, pour le soulagement et pour la consolation des pénitents. Car ils sont merveilleusement consolés, lorsqu'ils se voient conformes à ce qui est exprimé dans l'Ecriture sainte, qui e*l la règle de leur conduite et de leur vie, et qui exprime la vie intérieure de Jésus-Christ uans les âmes, qui doit être la même en

(04) In qu.ocu.nque die comederts ex co, morte niorieris. (Geii. u, 17.) Nequuquam morte niurieiniiii, eritiî stcut dii. (Oe«, m, i, 5.)

elles qu'elle a été en lui ; comme elle a été la même dans ses membres, elqui l'ont précédé, et qui l'ont suivi dans J'Eglise.

Saint Paul, dans le Nouveau Testament, comme David dans l'Ancien, exprime l'intérieur pénitent de Jésus-Christ. Ils sont tous deux si conformes en leurs expressions, qu'on reconnaît facilement qu'ils ont été animés du même Esprit, qui, en l'un avant la venue de Jésus-Christ au monde, et en l'autre après son retour à son Père, a opéré les mêmes effets.

David dit que la crainte et la frayeur l'ont saisi, et qu'il a été épouvanté à la vue des jugements de Dieu : Timor et tremor venerunt saper me. A jmliciis enim tuis timui. (Psal. liv, 6; cxvui, 1-20.) Et saint Paul nous apprend-qu'il n'a pas eu moins à souffrir par les peines que les craintes et les frayeurs donnaient à son intérieur, que par les calomnies et les persécutions dont ses ennemis l'altaquaienten son extérieur: Forts pugnee, intus timorés. [Il Cor. vu, 5 ) David, en qualité de pénitent, nous témoigne qu'il a été disposé de souffrir en son corps tout ce qu'un criminel doit souffrir : lu flagella parafas sum. (Psal. xxxvn, 18.) ht saiiu Paul nous dit qu'il a traité son corps comme un esclave, et qu'il l'a châtié très-sévèrement : Castiijo corpus meum, et in servitutem redigo. (I Cor. ix, 27.)

L'un et l'autre nous font connaître, par l'expression de leurs sentiments , que les pénitents de l'Ancien et du Nouveau Testament ont été conformes à Jésus-Christ pénitent, qui était rempli de craintes et de tremblements en son intérieur (65) , à la vue des jugements et des rigueurs de Dieu son Père irrité contre lui, et qui en même temps souffrait au dehors la guerre et la persécution des Juifs, qui le cherchaient pour le crucifier. En cet état, il s'offrait continuellement à son Père, pour porter tous les tourments qu'ils lui préparaient en punition de nos péchés, pour lesquels il désirait ardemment de lui satisfaire.

Ainsi il faut , en lisant les psaumes , honorer en David l'esprit de pénitence, et respecter avec grande religion et quiétude les dispositions de l'esprit intérieur de Jésus-Christ, source de pénitence, répandu en ce saint. 11 faut y demander part avec humiliation de cœur, avec instance, ferveur et persévérance, mais surtout avec une humble confiance que cet esprit nous sera communiqué.

S'il arrive qu'après avoir demandé ce Saint-Esprit , dont nous voyons les effets communiqués à l'âme de ce saint , nous ne ressentions pas en nous sensiblement ces mômes dispositions , il ne faut pas pour cela se désoler. Car nous savons que nous ne soupirerons pas un moment dans l'oraison, animés de l'esprit , que nous n'attirions quelque chose sur nous, et en nous; à

(65) Terron

LXWVll, 17.)

lui cuutuvbiivcrunl nie. (Psal.

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