‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 203 sur 394 · LEÇON XX11I · texte numérisé non relu

LEÇON XX11I

Du mystère de la sépulture, et en quoi sa grâce diffère de celle de la mort.

Et pour la sépulture de Notre-Seigneur, quelle est la grâce qu'elle nous acquiert, et en quoi cette grâce est-elle différente de celle de la mort? — C'est que le mort a encore la figure du monde et de la chair : l'homme mort paraît encore être une partie d'Adam ; encore parfois leremue-t-on ; il donne encore quelque agrément au monde ; mais de l'enseveli, on n'en dit plus mot, il n'est plus dans le rang des hommes, il est puant, il est en horreur ; il n'a plus rien qui agrée ; il est foulé aux pieds dans un cimetière, sans que l'on s'en étonne : tant le monde est convaincu qu'il n'est rien et qu'il n'est plus du nombre des hommes. La sépulture dont parle S. Paul, lorsqu'il dit que nous sommes ensevelis avec Notre-Seigneur par le baptême (1) , est la même chose que la pourriture dont parle Notre-Seigneur en saint Jean, lorsqu'il dit : Si le grain de froment qui tombe en terre ne meurt et ne pourrit, il demeure tout seul et sans fruit ('2). Celle sépulture et cette pourriture sont différentes de la mort, en ce que l'état de mort dit seulement un état de consistance, de fermeté et d'insensibilité ; mais l'état de sépulture et de pourriture dit la destruction totale de l'être et la production du germe d'une nouvelle vie. Le grain pourri est le tombeau d'où ressuscite la nouvelle créature ; et le corps d'un chrétien, déjà condamné à la pourriture dans Adam , voit renaître de sa pourriture le germe d'une vie divine , que le Saint-Esprit y produit, avec tous les effets et tous les mouvements de sainteté qui l'accompagnent. Ce mystère est fondé sur celui de la~ sépulture de Notre- Seigneur, puisque ce divin Sauveur a vu renaître sa vie du milieu du tombeau où la mort avait mis cet admirable grain du froment des élus.

(I) Consepulli enim sumus cum illo per baptlsmum in marient nom ,V1, 4. Consepulli ei in baptismo (( y(.,If, li\.

(i) Nisi granum friiiuenli cadens in terrain tâoruiuni fiieril, ipsum solum manet: si aman uiorluuui tuent, muk lum frucluui afferl (Juin, XII, 2iJ.

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