‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 205 sur 394 · LEÇON XXV · texte numérisé non relu

LEÇON XXV

Du mystère de. l'ascension, de sa grâce et de son étal, qui est celui des parfaits.

Qu'est-ce donc que l'état et la grâce du saint mystère de l'ascension? — C'est un état parfait de consommation en Dieu, un état de triomphe et de gloif e achevée, un état où il ne paraît plus rien d'infirme.

Paraissait-il encore quelque infirmité en Notre-Seigneur Jésus-Christ , après sa résurrection?— Il en avait encore quelques marques , et semblait se dépouiller quelquefois de la gloire parfaite de sa consommation en Dieu et de sa totale ressemblance à son Père. Il rendait encore son humanité palpable et visible aux yeux de ses apôtres; il mangeait avec eux (1). Mais, au jour de son ascension, sa gloire ne souffre plus d'interruption ni de suspension ; l'éclat n'en est plus supportable aux yeux des hommes :

étant entré dans la splendeur de Dieu son Père, il demeure caché dans son sein , il ne tombe plus sous nos .sens; et, quoiqu'il y conserve les qualités de la nature humaine,

(I ) Palpate et vulele, quia spiritiis cai-nom et ossa non ludjel, sicul me vklelis liabero \t.uc, XXIV, 39).

CATECHISME CHRETIEN. - PART. I. 492

il ne les assujettit plus â notre infirmité. 11 y est esprit vivifiant, étant parfaitement entre en participation de la nature de son Père, glorieux, spirituel, tout-puissant , ce qui fait même qu'il envoie avec lui son Sainl-Espril et qu'il participe de la fécondité du Père, pour communiquer cet Esprit au dehors; car, comme le Verbe éternel et infiniment un avec son Père, par un principe intérieur et identique, produit le Saint-Esprit avec lui et eu lui, de même Jésus-Christ Notre-Seigncur , qui est extérieur à Dieu par sa nature humaine, en se réunissant à lui et entrant dans l'unité parfaite avec lui, produit le Saint-Esprit, et avec lui l'envoie à ses apôtres : et c'est en quoi consiste la merveille admirable du mystère de l'ascension. De là vient qu'une âme qui entre dans cet état de la divine ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, reçoit la participation de sa divinité, comme le chante l'Eglise Est elevatut in cœlum, ut nos divinitatis suce tribueret esse participes (Prœf. Ascension.), après le saint apôtre, qui avait dit que nous sommes faits participants ds la nature divine Dtvinœ consortes naturœ (11 Pierre, I, 4). Etat admirable de l'âme , intérieurement rendue conforme et entièrement semblable à Dieu; et, comme disent les saints, parfaitement déi forme, c'est-à-dire tout ardente d'amour et lumineuse de la clarté de Dieu. L'âme en cet état ne déchoit plus de l'union ou de l'unité en Dieu, pour descendre à la bassesse de l'infirmité humaine. Vous ne la voyez plus épanchée en passion et en amour-propre; elle n'admet plus au dedans d'elle-même la transformation en la créature; elle ne laisse plus prendre racine en elle à l'amour des choses périssables, qui fait qu'on se transforme en la créature, qu'on se voit en elle et qu'on la voit en nous ; et qu'ainsi on déchoit de cette parfaite ressemblance à Dieu et à Jésus-Christ monté au ciel , où étant transformé et consommé en son Père, il nous attire avec lui à la transformation et consommation en Dieu. C'est pourquoi il disait à Madeleine: Noli me tangere ; nondum enim ascendi ad Patron meum (Jean., XX, 17) : Ne me touchez point, car je ne suis pas monté à monPère : attendez que je sois dans l'état ou j'attirerai les âmes à mon Père et à la trans lormalionel consommation en lui. C'est ce qu'il qu'il fait au très-saint sacrement, où, étant entre, dans sa puissance , il consomme et transforme en lui les âmes : Non me mutabis in te, sed tu mutuberis in me. L'âme, dans l'état de la résurrection, doit craindre l'attache et même l'approche des créatures, de peur de déchoir, de se laisser transformer en elles et de devenir participante de leur être profane.

L'état de la sainte ascension est donc l'état des parfaits ? — Oui, c'est l'état des âmes parfaites et consommées intérieurement en Dieu , dans l'être et dans la vie duquel elles sont passées par la vertu d'une union parfaite et très-intime.

O l'union admirable! — Oui ; c'est pour cela que cette sainte ascension de Notre-Seigneur est appelé admirable, Per admirabilem ascensionem tuam (Litan.), et qu'elle fait en-

lr.->r les âmes dans un état de sainteté ineffable.

Dites-m'en encore quelque chose, pour me donner le désir d'y parvenir. — L'âme , en cet état, est impénétrable aux traits du monde ; elle n"est plus susceptible de l'imperfection des créatures; elle est parfaitement séparée de L'être profane ; elle possède une paix et un repos divin; elle est inébranlable dans son intérieur : et c'est à une âme de cet état que l'on pes.it adresser hardiment ces paroles : // ne vous arrivera point de mal, et aucun fléau n'approchera de votre tabernacle,Non accedet at te malum, et flqgellumnon appropinquabit tabernaculo luo (Ps. XC, 10). Vous diriez qu'elle est déjà, par une heu-

reuse anticipation, dans la région de î éternité. Cet état est un état de pureté admirable, où l'âme n'a plus de mélange avec l'être profane , ni plus d'épnnchemcnt sur lui. Elle peut voir autour de soi son vieil homme et sa chair se changer et s'altérer: mais, toujours intime et toujours intérieure à elle-même, elle, ne déchoit point de son état ; elle demeure ferme , elle fait même toujours de nouveaux progrès , et ce n'est qu'en sa chair que se trouve l'altération (1).

(I) Licet is, qui foris est, nosler homo corrumpalur; tameii is, qui niuis est, rcuovalur /lo itie in diem ( 11 cor., IV, 10*

econbe parti*.

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