‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 208 sur 394 · LEÇON III · texte numérisé non relu

LEÇON III

Que le sacrifice de l'autel est le même que le sacrifice de la croix ; que Noire-Seigneur y porte les mêmes dispositions qu'il a eues à la croix.

Donnez-moi , s'il vous platt , l'éclaircissement de ce que vous m'avez dit, savoir, que le Saint-Esprit continuait d'opérer toujours, dans l'âme de Jésus-Christ, les sentiments qu'il y avait une fois commencés; et que Notre-Seigneur portait partout ces mêmes opérations, soit dans le cœur des fidèles, soit dans le très-saint sacrement, soit dans le sein de Dieu, son Père. — Voilà une demande bien importante, et dont l'éclaircissement est merveilleusement utile pour résoudre trois difficultés considérables, dont l'une touche le saint sacrifice de l'autel, l'autre regarde la sainte communion des fidèles; et la troisième, la prière, soit mentale, soit vocale. Pour commencer à expliquer ceci, il faut savoir cette vérité fondamentale, que Notre-Seigneur est le chef-d'œuvre de Dieu, son Père, appelé dans l'Ecriture l'œuvre par excellence, Domine, opus tuum, in medio annorum vivifica Hïud (Habac, III, 2). Les patriarches et les prophètes, qui soupiraient continuellement

après Notre-Seigneur, l'appelaient de U, sorte; et, entre autres, le prophète David, qui dit de lui (Ps. CX , 3) : La grande œuvre de Dieu, c'est Jésus-Christ,. dont l'intérieur est tout rempli de la louange et de la reconnaissance des grandeurs de son Père, qu'il loue lui seul plus pleinement que toute l'Eglise du ciel et de la terre, plus que tous les saints et les anges : Confessio et magnifwentia opus ejus. Notre-Seigneur n'est pas seulement la louange de son Père, mais il est encore l'immense réservoir de la bonté et de toute la magnificence de Dieu sur l'Eglise ; et, selon le langage de saint Paul, c'est en lui et par lui que Dieu le Père a versé sur nous ses saintes bénédictions, Iienedixit nos in omni benedictione spirituali, in cœlestibus, in Christo (Eph., I, 3). Ce feu que le Saint- Esprit a une fois allumé en Notre-Seigneur, ne s'éteint jamais; et la même ferveur intérieure, qui était en lui sur la croix , pour se sacrifier à la gloire de Dieu, son Père, et pour opérer notre salut, continue encore en lui dans le saint sacrifice de l'autel, et continuera jusqu'à la fin du monde. Par là vou9 commencez à comprendre quelque chose de Notre-Seigneur, et à reconnaître comment il est le chef-d'œuvre de Dieu et le sanctuaire parfait du Saint-Esprit, rempli de tous les sentiments de religion, par lesquels il rend un honneur infini à la majesté divine. Parla encore on explique nettement la difficulté des hérétiques qui disent que le sacrifice da l'autel n'est qu'une mémoire de celui de la croix, à cause de ces paroles faussement et malicieusement entendues : Faites ceci r» mémoire de moi, Uoc facile in meam commemorationcm (Luc , XXII, 19). Car nous savons que c'est la même hostie qui est offerte, que c'est le même intérieur, que ce sont les mêmes dispositions de cœur, que c'est le même Jésus -Christ qui est présent au saint sacrifice de l'autel , comme sur la croix ; et ainsi ce n'est que le même sacrifice continué et qui continuera jusqu'à la fin des siècles, quoique sous un appareil fort différent. Sur la croix, Notre-Seigneur paraît versant son sang, répandant des larmes, priant à haute voix; et sur l'autel, il paraît en silence, il est sans marque sensible de sa nature humaine, de sorte que ce qu'il disait à ses apôtres : Faites ceci en mémoire de moi, était seulement pour les avertir qu'offrant, dans ce sacrifice véritable de l'autel, sa personne cachée sous les voiles du pain, ils se souvinssent de la charité qu'il a montrée visiblement sur le Calvaire et sur la croix, et de la religion envers son Père, qu'il y a fait paraître aux yeux de tout le monde. Or, apprenez qu'en Notre-Seigneur, aussi bien que dans le reste des chrétiens, "ses membres, le principal n'est pas l'extérieur des œuvres qui paraissent; mais que ce qui doit être le plus considéré, est l'opération secrète et intérieure du Saint-Esprit, auteur et principe de toutes les bonnes œuvres; et que c'est aussi en quoi Dieu se complaît davantage. Comme cet auguste intérieur de Jésus-Christ est le uiêim sur la croi-s et sur le saint autel, sous les

CATECHISME CIIIIETÏE.N. — PAKT. II-

voiles du pain Cl sous les voiles de la chair, c'est encore là ce que nous devons le plus estimer et honorer dans le sacrifice de Notre- Seigneur, qui a commencé sur la croix, et qui se continue sur les saints autels.

Je tâcherai, avec l'aide de Noire-Seigneur, d'étudier bien devant Dieu l'explication de cette difficulté sur le saint sacrifice, pour en profiter, surtout quand j'entendrai la sainle messe, me ressouvenant de la morl et de la passion de Notre-Seigneur, et des témoignages visibles qu'il nous y a donnés de son amour, en même temps que ce même Seigneur est là présent, rempli de charité pour nous. Par là je m'exciterai puissamment à aervir ce grand maître et à tout souffrir pour son amour. Mais est-ce là tout le fruit que vous prétendez que je relire de cette leçon ? — C'est assez pour celte heure; je suis bien aise que Dieu vous ouvre l'esprit pour vous faire comprendre les vérités chrétiennes et le profit qu'il faut en retirer.

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