‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 213 sur 394 · LEÇON VIII · texte numérisé non relu

LEÇON VIII

Méthode que l'on peut suivre dans l'oraison. Après avoir renoncé à moi-même et purifia

(1) CurrusDei decem miUibus multiplex, millia la-ta» tium ■ Dominus in fis in Sina, in sancto [pj>. L.\vl, ijsi.

mon cœur au commencement do l'oraison, et après m'étre uni en esprit à Nôtre-Soigneur, que faut-il que je fasse? — Deux choses, comme nous l'enseigne l'Oraison dominicale: la première est d'adorer, de louer et de glorifier Dieu; la seconde est de lui demander nos besoins.

Sont-ce là les deux parties de l'oraison?— Oui : la première s'appelle adoration ; la seconde, communion.

Pourquoi commencez-vous par l'adoration?

— 1° Parce que, (les deux lins de l'oraison, la principale est d'honorer et de glorifier Dieu; 2° parce que la sainte Eglise le pratique ainsi au commencement de ses prières publiques, en disant : Venez, adorons Dieu, et prosternons-nous devant lui, Venite, adoremus. et procidamus ante Deum (Ps. XCIV, 6). Pourquoi appelez-vous cette première partie adoration ? — Parce que le mot adoration, dans l'Ecriture sainte, se prend souvent pour celui de religion, vertu qui porte l'âme à l'anéantissement, à l'admiration, aux louanges, aux remercîments. à l'amour, en un mot, à toutes sortes de devoirs et d'hommages que nous devons rendre à Dieu dans cette première partie de l'oraison.

Pourquoi appelez-vous la seconde partie communion? — Parce que dans cette partie on se donne à Dieu pour entrer en participation de ses dons et de ses perfections. Or, cette participation est appelée communion. surtout par les pères grecs, parce que Dieu nous rend par là ses richesses communes. La participation au corps de Jésus-Christ s'appelle communion sacramentelle, parce que ce sacrement nous rend communs les biens de Jésus-Christ, et nous communique ses plus grands dons : et la participation qui se fait dans l'oraison s'appelle communion spirituelle, à cause des dons que Dieu y communique par la seule opération intime de son Esprit. L'âme qui éprouve quelque opération secrète, doit se tenir en repos et en silence, pour recevoir toute l'étendue des dons et des communications de Dieu, sans agir par ellemême ni faire des efforts qui troubleraient les opérations pures et saintes de l'Esprit divin. • ■

N'y a-t-il que ces deux parties dans 1 oraison? On y ajoute une troisième partie, que les uns appellent les résolutions, et qu'on peut nommer plus proprement la coopération; elle est le fruit de l'oraison, et s'étend à toute la journée.

Expliquez-moi ce que c'est que la coopération. — Après s'être excité, dans la seconde partie de l'oraison, à imiter Notre- Seigneur dans le mystère ou la vertu qu on a adoré en lui au commencement, et après s'être tenu longtemps en sa présence, comme un pauvre mendiant qui ne se lasse jamais de faire connaître ses besoins, ni de tendre la main vers ceux qui peuvent le secourir; la troisième partie consiste a correspondre et à coopérer fidèlement à la grâce qu on aura reçue On forme alors de bons propos, on prévoit les occasions que l'on aura de les "xecuter dans la journée

?t on s'abandonne

Parfaitement à l'Esprit de Notre-Seigneur ésus-Christ, pour lui obéir, non seulement dans le jour présent , mais encore dans la suite de notre vie.

Quelle différence mettez-vous entre la coopération et les résolutions? — C'est au fond la même chose; mais le mot de coopération marque plus expressément la vertu du Saint- Esprit, duquel nous dépendons bien plus, dans les bonnes œuvres, que de notre volonté, qui ne pourrait rien, si elle n'était mue et fortifiée par la vertu du Saint-Esprit. Au contraire, le mot de résolution marque plus expressément la détermination de notre volonté, et semble moins donner à la vertu et au pouvoir efficace de l'Esprit saint, à qui pourtant il faut demeurer tout abandonné, afin qu'ensuite il agisse en nous dans les occasions, qu'il nous fasse souvenir de ses desseins, et qu'il nous donne la grâce et la force de les accomplir. C'est pourquoi on doit conclure l'oraison par un délaissement et un abandon total de soi-même au Saint- Esprit, qui sera notre lumière, notre amour et notre vertu.

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