‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 22 sur 394 · INTRODUCTION A L.V VIE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A L.V VIE

à des agonies, que ceux qui sont fidèles à la

mortifier et à la priver de toute propriété

inutile, éprouvent très- sensiblement.

IVe Section. — Motifs et profession de

pénitence

En l'honneur et en l'union de Jésus-Christ Notre-Seigneur pénitent devant Dieu, pour mes péchés, et pour les péchés de tout le monde, je fais profession de faire pénitt tous les jours de ma vie, et de me regan: en toute chose comme un pauvre et misérable pécheur et pénitent très-indigne.

Pour cela je porterai sur moi le portrait de Jésus-Christ souverain pénitent, qui me renouvellera, par son aspect intérieur et par sou amour, le souvenir et les obligations de pénitence.

Je dois amende honorable à la justice et à la sainteté de Dieu le Père; je la dois à son amour et à sa bonté; je la dois à tous ses atlributs divins.

Je dois faire pénitence, à cause que le Fils de Dieu l'a faite pour mes péchés, et qu'il m'a acquis la miséricorde de son Père, et la grâce de la pouvoir accomplir par le très-adorable et le très-précieux trésor de son sang en la croix.

Je dois faire pénitence, ayant reçu par le baptême le saint esprit de pénitence, pour en être animé, et pour vivre en ses sentiments dans toute la conduite de ma vie.

Dieu, qui est juste, qui ne peut et ne doit perdre aucun droit sur sa créature, ne manquera pas, ou en ce monde par ses fléaux, ou en l'autre par ses épouvantables châtiments, d'en tirer une entière vengeance et une très-rigoureuse satisfaction.

V Section. — Pratique de la vertu de pénitence.

■ Le pénitent en Jésus-Christ, et qui est revêtu de son esprit de pénitence, doit être disposé intérieurement comme lui, et entrer en la force et eu la vertu de ses pratiques.

t. Un pécheur doit, comme Notre-Seigneur qui s'est fait péché et pénitent pour nous (81), porter toujours son péché devant soi (82) : ce qui sera le fondement des autres devoirs qu'il doit à Dieu, en suite de ses péchés.

2, Le pécheur, en suite de ses péchés, doit porter, avec Notre-Seigneur, une confusion perpétuelle sur sa face (83). Il la doit porter premièrement devant Dieu, comme Jésus- Christ, qui a porté devant son Père la honte de nos offenses, selon ces paroles: La confusion a couvert ma face.

(81) Qui non nouerai percatum. pro nobis peccalum se fecit. (Il Cor. v, 21.) De peccalo Uamnavil peccatnm in carne. (Rom. vm, 5.)

(82) Peccatnm meum contra me est semper, \Psal. l, 5.)

(831 Dolor meus in conspeclu mco semper. (Psal. xxxvri, 18.) Operuit cunfusio faciem meum. (Psat. j.xuii, 8.)

(84) Eccc eio»qnvi fugîens, et mansi in soliludine. (Psat. liv, 8.) l'.xirutieus factus suin fralribus meis, et oereqrvnts Oliis matrii mew. (Psal. lxviii, 9.)

CHRETIENNE. -CI1AP. Vil.

Secondement, devant tout le monde, comme a fait encore le Fils de Dieu, qui dit dans le Prophète : Je me suis éloigné et retiié du monde, pour demeurer dans la solitude : j'ai été comme étranger et pèlerin parmi mes frères (84); c'est-à-dire, parmi les hommes et-parmi les saints enfants de l'Eglise. J'étais honteu le me voir au milieu d'eux, plus chargé de rimes que tous, portant sur moi l'horrible el lei honteux fardeau des [léchés de loul le monde. Je me suis caché dans la solilinle Cirant quelque temps; mais ai demeuré yours en esprit, comme indigne de paraû.S levant le monde, et a c les hommes.

Troisièmement, cette confusion doit être encore 8 l'égard de nuu*- bornes, ne pouvant nous sonllrir ni nous supporter dans notre honte et dans notre peine. C'est ainsi que le Fils de Dieu dit, en parlant <!e soi dans le prophète: J'étais à charge à Moi-même (83); et la conltadiciior, que je ; -tais de tous ces horribles et odienx péchés, faisait que j'avais peine è me sou- Dieu me fass" !.•■ miséricorde de participer à la saintt lu de I sus-CI ïst, qui, me faisant voi. > jr de mes péchés, me remplisse de ho

et l'esprit de confusk rd du mo

et de moi-même, et s (oui :

Dieu le Père; lui disant - mvent, i faut prodigue : Père du que je n'ose nommer le . hé

contre le ciel, contre les anges, el contre les saints qui vivent avec vous: mais surtout, j'ai péché contre vous-même (8G) : et avec le publicain, qui n'osait lever les yeux au ciel : Ayez pitié de moi, qui suis pécheur (87).

3. En suite de la confusion que le pécheur doit porter pour ses péchés, il doit e:: en avoir la douleur et la détesta n avec Notre-Seigneur, qui a vécu en sacrifice perpétuel de cœur contrit et angoisse pour les [léchés du monde; en l'union et en la vertu duquel Dieu reçoit la contrition de tous les hommes, qui, étant faits participants de son esprit, pleurent, gémissent, et sont contrits de leurs péchés (88).

Père éternel, par la contrition amère, et par l'abîme des douleurs intérieures de votre Fils (89), donnez-moi part au divin esprit de sa sainte et douloureuse pénitence.

Le pénitent, en suite de lant de crimes, doit, après sa confusion et sa condamnation, se soumettre à demeurer sujet tous les moments de sa vie à la justice éternelle, infinie,

(85) Factus sum 7>iiliimctipsi gravis. (Job vil, 20.) (80) Pater, peccavi in cœ'um, et coram te. (Luc. xv, 18.)

(87) Deus, propitius esto mita peccatort. ( Luc.

xviii, 13.)

(88) Sacrificium Deo spiritus contrihulatns. (Psat. L. 19.) Cor contrituin et humihaium Dcus non despicies..(lt>id.)

(89) Magna est velut mare contritio tua. (Ihren. », 15.)

et toute-puiss;> ii« ? Dieu, effets de vengeance et tel lui plaira lui imposer.

Il doit pour cet eff< jours uni

eu esprit à Jésjis-Christ i mouri

à la croix en rh;' timen! i dont la valeur et i ime nous étant co mquées, peu'

sanctifier no s.

très-petit- et tr. - par le lente adoi 1,., - u ■■ il tice de

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Paul; ctani juste, il a pour les in-

justes (90), afi 'nier à Dieu

son Père péni en - e( crucifiés en

notre chair pai ! ;éni-

tence, vivifiant ne x-urs du désir de venger nos crimes sur nous-mêmes, dans ie zèle de sa divine justice.

L'étendue des satisfactions immense- que JTésus-ÇJrrist Noti ura rendu sàsôn

Père, en l'arbre de la croix, et les peines extérieures qu'il a soufferte ■ peuvent réduire à trois, qi pondent aux trois

i - ie monde : l'a-

varice, la ci,' sir. et qui sont

pour m'! - ois ennemis capitaux,

la chair. 11 a souffert e pauvreté, une exextrômes douleurs et i .son corps.

duré sainte en l'ait mention expresse en; irs ei Iroits.En parlant de sa pau-

vreté, dit davantage en sa croix, où

i! est nu i .épouillé de tout, elle dit : Quéii , il s'esl appauvri pour nous. Il I àrh l -même de sa honte et de sa confusion : Je suis, dit-il, un ver de terre, l'opprobre des hommes, et le rebut du peuple. Et pour sa divine souffrance, le Prophète dit: Qu'il n'y a pas une partie de son corps qui ne soit dans la douleur (91).

Mais tous ces maux étaient peu de chose en comparai on des peines de son esprit, et des délaissements intérieurs de son âme, dont il se plaint uniquement sur la croix: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé (92)? Et le prophète, parlant de ce coup atroce de son affliction, dit : Qu'il l'a vu nonseulement comme un lépreux, distillant le pus et l'aposluuie de toutes parts, mais encore qu'il l'a vu en esprit, souffrant en son ihne le coup de la vengeance de Dieu animé (onlre lui, à cause des crimes de tous les hommes, qui s'attaquaient à sa grandeur, eiont il était chargé (93).

Les opprohres et les reouts, .es accahle-

(90) Tradilus est propier delicla nostra, et resurrexil propier justificaltoneniuostram. Iliom. iv, 15.) Juslus pru injustis. K I l'elr. m, 18.)

(91) Propier vos egenui faciusest, cum esset dites. (II Cvr. vin, 9.) ligo sum vermis, el non lionw; vpprubiium Iwminum, et abjeclio plebis. (Psul. xxi, ï.) A piaula pedis usque ad vcrliceni non est in eo sunilas. (ha. i, 6.)

(92) Deus meus, Drus meus, ut quid derctiquisli me'.' [ilalili. xxvn, lii.j

(fcUVRES COMPLETES DE M. OLIEK

nrler tels nts qu'il

ments et les peines que méritaient tous les péchés qui s'attaquaient à vous, ô mon Dieul sont tombés sur mon âme et m'ont causé la mort. Ils m'ont lait mourir dans cet accablement effroyable, qui me faisait sentir et porter un éloignement immense de mon revers vous, et de mon entière consouaion '91). • C'est !; le point énorme et effroyable des douleurs d Jésus, infiniment aimant et ureux .e Dieu son Père. Il ne respire que son amour et les témoignages de sa grâce, et il s'en voit rebuté par un excès terrible et effroyable de sa colère et de sa fureur (95).

C'est dans la prévoyance rie cette douleur épouvantable, qu'il disait à son Père : Que ce point de ma passion ne se passe pas sur moi (96); et plusieuis fois en son Prophète : Mon Dieu, ne me corrigez pas en votre fureur (97); que j'endure ce qu'il vous plaira, niais que ce ne soit point cet effet horrible dé vos colères, en comparaison desquelles toutes les soufflantes corporelles ne rue semblent rien, et ne sont point capables de me rassasier. Sitio : J'ai encore soif des peines extérieures: donnez-moi pour cela de souffrir après ma mort dans mon Eglise, et que mes membres s'abreuvent à mon calice, afin qu'ils fassent pénitence avec moi, et que je la fasse en eux.

C'est, mon Dieu et mon Père, ce que j'ose vous demander par les propres paroles de Jésus-Christ mourant, et désirant encore de souffrir en nous pour dilater ses peines, pour prolonger sa pénitence et pour vous faire ainsi une amende honorable et une satisfaction continuelle au milieu de votre Eglise.

Pour cela, ô grand Dieu, prosterné à vos pieds, je me soumets à toute votre justice, et à l'étendue des peines el des vengeances qu'elle voudra tirer de moi. lit en attendant qu'il vous plaise de me donner quelque pénitence, j'accepterai toutes celles que vous me ferez l'honneur de m'imposer par votre Eglise, et par les personnes qui ont droit en votre nom de m'humilier et de m'assujettir aux rigueurs de la pénitence ; et tout cela, en l'union de votre cher Fils, l'unique et l'universel de pénitent de l'Eglise.

En suite de quoi, ô mon Seigneur Jésus , qui vivez en moi par votre esprit, pour achever de souffrir l'étendue des peines et de la pénitence, que vous étiez disposé de porter durant votre vie pour la gloire de votre Père, si tel avait été son bon plaisir; faites-moi cette grâce, qu'usant de la puissance de votre esprit en moi, je vive en

(93) Nosputavimus eum quasi leprosum, et pevcussum a Deo, et humilialum. (Isa. lui, i.)

(94) Opprobria exprobratttium ubi cecidertitu saper me. (l'sal. lxviii, 10.)

(9t>) Longea satuic mea verba dcliclorum meorv.r.ï, (l'sal. xxi, 2.)

(96) Transeal a me calii iste. (Maltli. xxvi, 59.)

(97) Domine, ne in furore tuo arguas me. (l'sal. xxxvn, t.)

Mi

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