‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 226 sur 394 · XXIII · texte numérisé non relu

XXIII

(585) Si quis vult post me ventre, abnryel semetipsum [M ut th. xvi, 24.)

Qui non renuntiat omnibus nuœ possiilel, non poiesl meus esse discipulus. (Luc. xiv, 55.)

Qui relinquere universa oisponis, te quoque inler relniqueiida numérale mémento. (S. Bern., declam.l.)

(586) Puiitas cordis in duobus consistit. In <iv,:vrenda gloria Dei el ulilitate proximi , ut in omnibus vidtlicet vel anis suis diclis vel nihil suuin quseral, sed tanlum aut Dei honorem aut saluteui proximoruni aut ulroque. (S. LSERN.,'epist. 42 , Ad Henr. Sencu.)

OEUVRES COMPLETES DE M. OLitr..

rite (387). Cor autre est la génération et l'inelination naturelle des hommes comme enfants d'Adam , et autres sont leurs inclinations, leurs humeurs et leur génie comme Chrétiens et comme enfants de Dieu (388). Comme enfants de Dieu régénérés par le baptême , ils le cherchent avec amour et avec pureté de cœur (389) ; ils aiment leur prochain et ne lui font point de tort; ils se haïssent eux-mêmes et se mortifient en toutes choses. Mais comme enfants d'Adam, ils necherchent jamais Dieu, ils ne travaillent que pour leurs propres intérêts (390), et suivant tous les mouvements de leur amourpropre et de leurconvoitise, ils tirent à eux tout ce qu'ilspeuventdubien de leurs frères.

C'est à ses inclinations du vieil homme qu'ont renoncé !esclercs(391). C'est pourquoi, après avoir protesté qu'ils ne veulent plus avoir de part à cette vieille génération; après avoir témoigné hautement qu'ils ne veulent plus suivre ces sentiments corrompus et ces impressions malignes du vieil homme; après avoir fait profession publique de renoncer à tout le siècle présent et à tous les biens de la terre (392), l'Eglise ne les regarde plus que comme des gens d'un autre monde, comme des hommes d'une nouvelle génération, comme des personnes qui ne cherchent que Dieu, qui ne veulent que Dieu et Jésus-Christ en vue, commencent à mener sur la terre une vie toute sainte et divine : Hœc est generatio quœrentium Dominum, quœrenlium faciem Dei Jacob (393).

Attollite portas, principes, vestras. Portiers du temple, augustes principautés, ouvrez vos portes au roi de gloire, qui veut entrer en ce royaume. Les évoques qui introduisent les clercs dans l'Eglise, et qui en sont appelés les princes (394), sont désignés par ce mot de principautés (395), comme le clerc est signifié par celui de roi. Car les évêques

(387) In persona cleiiei dicitur : Une est gencratio quœrentium Dominum. (l'ontif. Hom.)

(588) Hœc est generatio quœrenlium Dominum. Quœrentium an habenlium ? Habenlium utiqu'' et quserenlium. Alioquin non possent quaerere non halientes. (S. Bern., serin, in tucc verba.)

(589) Generatio quœrenlium Dominum, hoc est, diligenliuiu. Qui enim diligit, quaeril. (Ecthysi., jic.)

(590) Cupiditas est moins animi ad fruendum se etproximo, elquolibel corpore non propter Demi». (S. Aie, De doct. Christ., lit), m, c. 10.)

(591) Soins l Dominus videalur in nobis, homo velus. (Primas, episc, i" haec verb. c.

Rom.) . .

(39:!) Induimini Dominum Jesum Cbristum in cleium allegunltir, rem proliienlur minime culam, quippe se peculiariier in sorlem Domiui los quibus post liac omnia sordeant, ac solus Dominus. sors ac pais hxredilalis luturus su. (Cône. Colon., an. 1530, cap. 20.)

(593) Deus Jacob, Deus Pater ab Hebrœis pulabauir : faciès aulem Pairis, Filius. (Ectym., Inc.)

Faciem Dei ac Patris esse Filiuin qui apparuit iiobisneino ambigii. (S. Çjrill., lib. n Deadorut. in spir. et vent.)

(591) Episcopi suni popidi principes. (S. îiiL.Mi., lu Malin. x\iv.)

(595) Sacerdoium principes. (D. Thom., buppl.

non xiu

Qui

•i.liasci-

sont ceux qui figurent Jésus-Christ, le prince des rois de la terre, princeps regum terrœ, dans l'éclat de sa principauté (396), et qui le figurent monté au ciel, qui lé représentent en sa pompe, qui l'expriment assis à la droite de son Père. C'est pour cela qu'on les voit toujours élevés sur un trône et assis dans un fauteuil pour faire leurs fonctions (397), représentant ainsi Jésus-Christ dans la gloire, qui du haut du ciel agit sur son Eglise (398).

L'Eglise aussi par ces paroles faisant allusion au Fils de Dieu, veut comparer l'entrée du clerc dans l'Eglise, qui est le paradis du monde, à l'entrée glorieuse de Jésus-Christ dans le ciel au jour de son ascension. C'est pourquoi elle donne au clerc le nom de roi (399), parce qu'en entrant dans la cléricature. il commence à entrer en quelque dignité de Jésus-Christ, roi de gloire et le véritable roi de toutes les vertus : Dominus virttitum ipse est rex gloriœ.

D'où vient même qu'aussitôt qu'il a reçu la tonsure, il commence à porter une couronne qui exprime l'éminente dignité dont il est rendu participant (400). Et si cette couronne n'est pas si grande que celle du prêtre et beaucoup plus petite que celle del'évêque, c'est parce que le clerc a bien moins de part à la royauté de Jésus-Christ que le prêtre ni que l'èvèque ; car le prêtre représente Jésus-Christ comme roi absolu en sa résurrection, et l'évoque le figure comme roi parfait en son ascension, avec son apanage des hommes et des anges (401). 11 l'exprime dans son entière gloire, et dans le trône magnifique où il repose à la droite de Dieu, d'où il envoie le Saint-Esprit, qui est la grande marque de son autorité et le titre magnifique de sadignité admirable, d'envoyerainsi dans le monde une personne qui lui est égale.

Le clerc a donc part à la royauté de Jésus- Christ, et il reçoit cette grâce en entrant

(S. Léo, serm. 5 in ( S. Aie, 1. xx

qu. -10, a. 4.)

(590) Ecclesiae principes.

die ussutnpt.)

Principes super oninem lerram.

De civil., c. te.)

(597) Tbroni Dei divinilatis in se prxscnliani circuml'ereiues. (S. Grec, lib. i in Ezeeh., boni. 5.)

(398) Tanquam Clinsti imago... Ponl.lex Dominum redivivum in cœliim elevalum quadain figura reddil. Tribunal enim ipsum cœlum referre docuimus. (Siheon Thessal., De temple)

(599) Clericus ad regiam in Chrislo poteslatem assumiiur. (Hugo Victor., De sacrant., lin. u, pari. ■Il, cap. 5, loin. 111 ) * .

(400) Corona, regale decus sigiuûcai. Propter hoc coma capiiis clerico in uioduiu corona: londetur. (Hugo Victor., ibid.)

Clericos Deus in sues elegit. lh namque suni reges, iil esl, se et alios in virlulibus régentes, et ita inDeo reguum habeni; et hoc désignai corona in capite. (fi. Hieuo.n., lib. su , q. 1 , can. Duo suni.) .

(401) AscendensChristui m altum captivant du.v.t captivitatent. (Ephes. IV, 8.)

Nos fuimus ipsa caplivitas, etc., ad siniililudinem alicujus priucipis iriumpbanlis, etc. (S. Bruno, ser. 1 De asc.) Prœdarum et Deo acceplum peculium a Patré sibi donatum. ( Naclant., *» Epltes. i.)

TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. I. DE LA CLERICATBRË

dans la cléricature , comme étant revêtu (l'une puissance absolue sur soi-même, et sur le vieil homme, qu'il doitlenircontinuellement assujetti (402).

El c'est là la disposition où l'on suppose qu'est le Chrétien qui reçoit la tonsure; car I Eglise prétend qu'il dominera tellement sa chair en tous ses mouvements, que l'on verra que ce n'est pas vainement qu'on lui a donné cet honneur, puisqu'il paraîtra publiquement qu'il est roi de ses passions et de lui-même (403).

Il est aussi appelé rex gloriœ ; parce qu'en esprit il est roi de gloire, puisqu'il doit être revêtu de la vie nouvelle, de la vie divine, de la vie delà résurrection (404), en un mot, de la vie du ciel, qui lui est figurée par le surplis. blanc dont l'Eglise le couvre. Celte dignité royale dans les clercs a été autrefois si universellement reconnue par toute la terre,» et si publiquement révérée de tout le monde, que la police chrétienne a accordé à ceux qui en seraient honorés, des privilèges qui les rendaient exempts des droits du commun des sujets du royaume (405); et quoique parla vie peu régulière des ecclésiastiques, ou par le peu de religion des peuples, cette illustre qualité soit aujourd'hui extrêmement avilie clans le siècle, et peu considérée de la plupart du monde, l'Eglise ne laisse fias toujours d'en honorer ses clercs, premièrement pour leur donner estime de leur état, et leur faire connaître quelle doit être la sainteté de leur conduite; ne leur étant pas permis de mener une vie basse et roturière dans une condition si sainte et si relevée (406).

Secondement, elles les appelle rois, pour faire connaître au peuple qui est présent à leur ordination, le respect qu'il doit avoir pour eux (407), puisque cette qualité fait voir qu'ils sont aussi élevés au-dessus des autres fidèles dans l'Eglise, que les monarques le sont au-dessus de leurs sujets dans le monde (408).

Troisièmement, eu donnant la qualité de roi à ceux qui se consacrent pour servir Dieu dans le clergé, elle veut instruire les uns et les autres de cette grande maxime : que c'est véritablement régner de servir cette souveraine Majesté (409). Agnosce ergo, o clerice, dignitatem tuam, et regio? cotisons factus digniiatis, noli in reterem vilitatem degeneri seu sœculari conversations redire.

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