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XIII

(413) Induimini Dominum Jesum Cliiistum.

(414) Induite novum hominem, id est simililu linem Clirisii, conversalionem ejus : habitum viilutiim. (Hugo card., In Eph., ei In Coloss. ni.)

(413) Id est novam vilain in qua secundum Clir.slum vivitur. ( S. Ansel., In Coloss. m.) , (110) Novum hominem, qui est Christus, induit, qui uer tidem renatus in Gliristo semulus est vit.»

Et ceci est d'autant plus important à remarquer, que plusieurs se trompent dans l'idée qu'ils se forment de ce nouvel homme. Car on s'imagine souvent qu'il consiste dans de grands talents, dans des dons éclatants, dans des grâces extraordinaires; etjcependant il ne consiste que dans la vérité'de ses vertus et la plénitude de son esprit. Les lumières, et les autres faveurs extérieures et dons sensibles, sont à la vérité de grandes grâces et des plus beaux ornements dont une âme puisse être embellie; mais ce ne sont que des écoulements de son esprit, des regorgements de ses richesses, des effets de ses libéralités. Et ce n'est point là au fond la vérité du Christ ; ce n'est point là proprement le nouvel homme dans son fond et dans sa substance. Ce sont bien des suites de la nouvelle créature qui reçoit ces avantages, mais ce n'est pas le principal du nouvel homme. Son fond consiste dans les inclinations mêmes de Jésus-Christ, dans ses mouvements, dans ses dispositions intérieures, qui est ce qui compose cette nouvelle créature (417).

Si bien que celui qui est le plus établi dans les dispositions de Jésus-Christ, et qui fait croître davantage en lui ses vertus, c'est celui qui aie piusde Jésus-Christ, c'est celui en qui le nouvel homme est mieux formé ; c'est celui qui est le plus participant de son fond, et en qui il a pris de plus grands accroissements (418).

Cest pourquoi celui par exemple qui a le (dus d'amour pour l'anéantissement, plus de Jésir de la confusion, et plus de joie dans les mépris ; celui qui adhère plus volontiers à la croyance qu'il n'est rien, et qui se complaît le plus en son abjection; celui qui a une pente, une inclination, un mouvement plus fort vers le néant, et qui, en un mot, a le plus de part à l'humilité de Jésus-Christ, c'est celui-là en qui Jésus-Christ est le plus établi, et qui a le plus du nouvel homme (419).

De même en est-il des autres dispositions du Fils de Dieu. Il avait inclination de ne rien avoir sur la terre, de se priver de tout, d'être dépouillé de tous les biens du monde, de renoncera tout plaisir humain pour n'a-

voir que Dieu qui était tout son bien, toutes ses richesses, tout son plaisir, en un mot, qui était son tout : et celui qui entrera le plus dans cette disposition, qui tiendra son cœur plus séparé des biens du monde, qui le dégagera le plus parfaitement de tout ce qui n'est point Dieu, sera celui en qui ce nouvel homme aura fait plus de progrès (420).

Le grand mouvement du cœur du Fils de Dieu, et le plus ardent de ses désirs était de glorifier continuellement son Père (421), et uêtre en religion perpétuelle vers lui, l'aimant, le remerciant, le priant et l'adorant incessamment (422). C'était là une de ses inclinations essentielles, qu'il communique toujours aux âmes, quand il habite en elles. Et c'est aussi une des marques qu'il vit le plus en nous, quand on nous voit brûlants de ce même zèle, et que nous n'avons point d'occupation plus agréable ni qui nous soit plus à cœur que les exercices de cette même religion.

L'amour du prochain, le désir continuel de lui faire du bien, et de se dépouiller de soi-même de ses biens en sa faveur, était encore une de ses inclinations; et c'est aussi par là que l'on remarque qu'il vit en notre cœur (423). En sorte que, pour tout dire en peu de mots, celui en qui les vertus chrétiennes sont le plus parfaitement établies, qui a en soi une patience plus invincible, une humilité plus profonde, rune charité plus ardente, un zèle plus infatigable, etc., ce sera celui enlfùi Jésus-Christ sera le plus formé, quand même il n'aurait d'ailleurs aucuns dons particuliers ni aucuns talents extraordinaires.

Or je dis que ceci est important à remarquer, parce qu'autrement il arrive ou que l'on tombe insensiblement dans l'illusion de ces âmes qui s'imaginent être bien parfaites, parce qu'elles reçoivent quelquefois des grâces extraordinaires ; ou que Von se laisse surprendre à la tromperie de celles qui se découragent, et se laissent entièrement abattre quand elles en sont privées.

Cependant, comme ces sortes de dons et de faveurs ne sont point des marques assurées

quam tradidit Christ us. (S. Ambr., In Epli. vi.)

(117) Induite novum kominem, in est, accipite vehit iudumentum conl'ormi'.siero couversalionis Chiisti, quse vos undique siecooperiat, ut nihfl in moribus vestris appareat, nisi similiiudo opefuin qiuc Clirislus egil. ( S>. Ansel., In Eplies. îv.)

(418) Qund dicit : Induite novum Iwminem taie est ac si diceret : Induite Domiilum Jesum Christum, id est conversationem novi hominis, et omnes virilités quas intetligitis in Clnisto esse. Quicunque «■M 1 1 ii assumil jusliliam, sauctiiaiem, verilatem, sapieniiara, chârilalem et omnes virlutes quas in Clnisto cognoscit t'sse, Christum utique induit. ( Haymon. cpisc. Halberstadt,, lu Eplies. îv. )

(119) Imaginent lotaui iota simililudine nostri porlcmuà anciens ; non majestate qua solus est, sed innocentia, siuiplicitaie, inansuetudine, patientia, humilitale. misericordia, coucordia, qua digna- U;.* est uobis ïit:ri conununis. (S. Curvsol., serin.

(420| Chiislum induinius : I" quando cum illo in novilatem vit* susciiati, illum intramus et inlra ejus viscera conlînemur ; 2° cum illiun semutamur in oinni vita, elc. ( Naclant., In Ephes. v. )

(421) Honorifico Vatrem. (Joan. vin, 49. )

(422) Quce placita sunt ci facio semper. (Ibii!., 29.)

Uescendi decœlo, non ut faciam voluntalem meam, sed voluntalem ejus qui misit me. (Joan. vi, 58.)

(425) Cesset vitiorum prurilus pestifer, delictoruin lethalia hlandimenta vincantur... discuiiaima sensibus ealigo iota pompa; saecularis, abjiciatur a mentibus mundaïue cupidiiatis illusio, appeiuiur paupertas Chiisti, tota sanctilas animx custodiatur et cornons, ut non magnitudine, sed aclu imago crealoris nostri portelur ci claiescat in uobis. i'S. CuRïSOL., scuu. 117. )

TRAITE DES SAINTS ORDRES. - PART. 1. DE LA CLEUlCATURE.

d(î rétablissement parfait de Jésus-Christ dans une âme, elle ne doit point régler sur cela sa conduite. Elle peut les avoir tous sans avoir le génie, la nature et les inclinations de Jésus-Christ , et par conséquent sans être plus parfaite : elle peut aussi eh être universellement privée, sans que la perfection du nouvel homme reçoive en elle aucun décaissement.

Souvent même l'éclat de ces dons et de ces faveurs spéciales ne sert que d'un vain amusement qui détourne du solide. Ce n'est souvent qu'une couverture de complaisance, et un aliment d'amour-propre. C'est pourquoi il faut être mort à tous ces dons extérieurs, et à ces grâces sensibles, cherchant seulement à nous revêtir de ses saintes dispositions, à nous remplir de son esprit, à nous établir dans sa vie, et à croître de vertu en vertu par un désir humble et fervent, et par une pratique lidèle et patiente (424).

C'est ce qui demande une âme forte et généreuse, et qui soit très-abandonnée à la divine Providence; car ia joie de Dieu est de former Notre-Seigneur Jésus-Christ et ses vertus dans les âmes avec patience et longanimité, et d'opérer ce bien en elles si imperceptiblement et si insensiblement , qu'elles-mêmes souvent ne s'en aperçoivent pas, et ne le peuvent remarquer.

C'est pourquoi, comme ces vertus qui sont du Saint-Esprit sont spirituelles et insensibles, il ne faut point se fier aux dispositions sensibles que l'on en a. C'est s'appuyer sur un roseau, c'est embrasser du vent, et s'exposer à l'illusion, que de s'appuyer sur les etfets que la chair en ressent.

De là vient que l'on voit plusieurs personnes fort abusées, qui, ayant eu quelques lumières et quelques sentiments des vertus, croient aussitôt les avoir imprimées au fond de leur âme, au point qu'elles les ont ressenties (425). Et cependant on découvre à la première rencontre que cela est faux, et qu'elles ne les ont qu'en idée ; car aussitôt

(424) Saepeenim gratis: donumest quod iiam députai, et sa:pe divins districtionis ira est, quud graliam députât. Nain plerumque graliam aeslimat doua virtulum, et tamen de eisdeni demis elalus corruit. l'ierumque velut iram ineluil adversa lenlationum, et lamen eisdeni lentaùonibus pressus ad virluLum custodiam camior exsurgit. Quis enini Deo se propinquare non a:siiniei, cuin supernis excrescere se muneribus aguoscit, cuni vel propbeli* donum, vel doetiinae niagistcrium percipit, etc. Et quis se derelictum a divina gralia non députes, eu m post experiinenlum mundilias tacessiri se carnis leiilalionilius videt, inhunesla ad animuiii cougeri, et ante cngilalionis oculos nonnulla iinproba et imniunda versai i. Et tamen cum fatigant isla née superant ; nequaquâui per pollutioncui trucidant, sed per iiuuiilitaieni servant, ut inlinnuin se auiinus in teiitaiione depreliendeus totum >e ad diviuitaiis adjutorium conférât, et sui fiduciam fuudiius aniittai; sicque fit ut inde Deo altius inliaïieal, uude se a Deo ppofundius eecidisse suspirabai. Accessus igitur recessusque Dei a mente nostia niipime côgnosciiur, quotisque rerum altcrnantium Unis ignoraïuur. (S. Ciiec, Moral., lib. tx,c. 7. )

après elles agissent contre ces sentiments, et souvent même il arrive qu'agissant encore dans le sentimenl.de la vertu qui les presse, parexemple dans un sentiment d'humilité, elles ne laissent pas d'agir avec, superbe, à cause que la vertu n'esfpas le sentiment, mais le sentiment n'est qu'une image, et un crayon de la vertu, qui sert seulement pour la faire comprendre et pour en dépeindre la nature.

Les vertus de Jésus-Christ aussi bien que Jésus-Christ même se cachent au fond de l'âme sans qu'on les voie ni qu'on les sente; elles y sont imprimées par la main toutepuissante du Saint-Esprit, qui est présent en nous, et qui y fait sa résidence ; mais c'est, par une voix si secrète uel si insensible, que souvent il les opère dans le temps même que nous sommes tourmentés de sentiments tout contraires, et tout opposés à ces vertus (426).

Ainsi, dans le temps des tentations de superbe, souvent Dieu opère l'humilité dans l'âme; en sorte "qu'elle souffre avec peine ces tentations, et ne désire rien tant que les humiliations, les confusions et les mépris, pour être parce moyen plus conforme à Jésus-Christ humilié, qui a mis toute sa joie en cette vie dans les opprobres et les ignominies de la croix (427).

C'est ainsi pour l'ordinaire que Notre-Seigneur se forme, et croit dans les cœurs pendant le temps même des tentations, comme on le voit par expérience : et cette voie est la plus sûre pour une âme, parce que pour lors elle se voit croître sans y penser, et sans s'apercevoir qu'elle y contribue par elle-même (428).

Elle voit que son bien s'est opéré par une autre main que par la sienne, et que c'est un excellent ouvrier qui a donné plusieurs coups de marteau et de ciseau sur la pierre dure de son cœur pour en faire sortir les éclats superflus, et tailler cette masse grossière de sa chair, afin d'y former un Jésiis- Christ le plus beau et le plus parfait des

(425) Qui ad icvelaliones ac iinniensam suavilatem gralia: pervciicruni, proplcr iminensani graliam et lumen illis adluerens se pérfeclos et libcros rcputanl, sic piieter experientiam decepli, eo quod possideant vira gralia:. (S. Macar., boni. 8.)

(42U) Dion nos oinnipolens Deus molostiis exerceri permitlit, atque ad nielioiem vilae Stalum iulcrveuienle tiislilia provebit, iniro consilio super l'uturum gregem gelu et glaciem gignit. ui ttecius quisque m liac vita tanquara in liieme adversa venlorum ei liigorum lolerel, et velut in aesliva seicniiaie, pos'. nioduni fruclus, quos hic conceperit, demonstret. (S. Gbeg., Moral., lib. xxix, c. 15.)

(427) Siepe cum nientem uostram concessis virlutilms respectus intima: largilalis illuminât, liane protinus eliam lubriese cogitationes luibant, ut quse sulilevata iiniiienso minière exsullal, etiam lenlatione pulsata, quid sil iuveniat, (Ibid., lib. Vin, c. 17.)

^428) Puisât, nec frangit ; impellit, uee inovet ; quxrit, née dejicit, ut île nostia inlirniilate, srn • tiamus esse quod quatimur, et de divino mu ncre esse quod stamus. {Ibid., lib. xxiu, e. 10.)

OELYI.ES COMPLETES DE M. OLtEK.

ouvrages de Dieu: Salubribus ielibus, el tunsione plurima (429).

C'est ainsi que se forme en nous le nouvel homme, dont le Saint-Esprit revêt dans la clërieature tous ceux qui sont fidèles à retrancher les désirs de la chair, qui couvrent ce beau portrait et cette belle image.

Cette manière dont Dieu agit sur nous est admirable el digne desa .-a;.;esse.Carparcette voie il conserve la puretéde l'âme qui s'humilie toujours dans cet état, et qui n'a jamais sujet d'orgueil dans l'accroissement des vertus (430). Car si elle vient à les connaître, elle est toute remplie de confusion, de voir un Dieu si bon, qui daigne habiter en une âme si pleine de trouble, et opérer en un cœur si rempli de sentiments contraires à ses vertus, et si opposés aux perfections de Jésus-Christ son Fils (431).

Que si ensuite elle se trouve dégagée de la tentation, et débarrassée de ce manteau honteux qui l'environne, elle voit son âme si embellie par la bonté de Dieu, qu'elle admire le prodige de grâce et de bénédiction qu'il a opéré en elle. Elle voit qu'il l'a rendue chaste dans les tentations d'impudicité, humble dans les mouvements de superbe, douce dans les émotions de colère, patiente dans les attaques d'impatience, pure en ses intentions au milieu de mille respects humains qui la tenaient environnée et interdite : en un mot, elle voit qu'il l'a rendue mille fois plus belle qu'elle n'avait jamais été auparavant (432), et qu'il ne la tirée du cloaque d'ordure et du lieu de ténèbres où elle était, que pour la mettre au jour, pour l'élever comme une lumière brillante sur le chandelier de l'Eglise, et pour faire ainsi paraître en elle aux yeux de tout le monde ses plus gandes miséricordes.

Cette conduite ne sert pas seulement à l'humiliation de l'âme, mais encore à sa gratitude; car comme elle voit que Dieu par un effet de ses immenses bontés l'a dégagée de si grands périls, et que non-seulement il l'a retirée d'un état si déplorable, mais encore qu'il lui a fait ce bien de la rendre

(420) Idcirco moderamine orculr.e dispensaiionis ila teniari permillimur ut iiui ex diviiio minière in \irlule proficimus, eliam quid sumiis ex piopria infirmitaie memoremur; el qui ex perceplione niuiicris opéra virlulis inl'eriinus, ex inlinniiatis nostru; misei'ia saerificium bumililatis ufferamus. iS. Gkeg., Moral., lib. xxn, c. 18.)

(-130) Ne mucjniiudo reveltilionum exlollat me, dams est milû stimulus, carnis mecs, eic. Nam virius in infirmilale pofn-uur. [Il Cor. xn, 10.)

(431) Per teniantia vilia disciuuis quid de nobis sumus... Per illa reslringimur, ne inteiius extollaniur. (S. Grec, Moral., 1. ixui, c. 18.)

(43-2) Ex fuya vltiorum carnalium, et compressione atfcciuiim adverti polenliam virlulis ejus : Ex eniendalrone morum iiieorum experius sum bonitaleiu niansueudinis ejus. Ex reforaiaiione ac renovaiione Spiritus mentis me.e, iil est inierioiis bominis mei, percepi ulcunque speciem deeoiis ejus. El ex coiiluilu liorum omiiium sinml expavi iniiltitudirièm maguitudinis ejus (S. Uekn., serin. 47 in Cant.)

(133) Nunqnid non majus beneficii eeeleslis opus est œsmaiilibus qiremquam subnaerSHin caloril us

selon son cœur, elle entre dans des sentiments tout particuliers de reconnaissance, et elle ne se peut lasser de lui rendre ses actions de grâces pour une faveur si spéciale dont elle sait qu'elle est infiniment indigne (433).

C'est ce qui engendre aussi en l'âme une haine étrange du péché, et de toutes les choses opposées à la sainteté et à la pureté que Dieu demande de ses ministres : de sorte que dans les rencontres elle s'en éloigne vivement, elle les repousse fortement, elle se tient soigneusement sur ses gardes; et sans s'y amuser, elle les rebute comme contraires à Jésus-Christ, comme opposées à ses maximes, et comme très-éloignées de la souveraine perfection qui doit être dans ses prêtres (434).

Cette conduite fait, de plus, que l'âme, se retirant en elle-même, s'unit de nouveau è Jésus-Christ et à ses pratiques; car cocume elle voff~ qu'il est le plus beau de tous les hommes; que cet homme nouveau vaut infiniment mieux que tous les hommes ensemble, et que tout ce qu'il y a dans le monde de plus charmant; que ses pratiques sont merveilleuses et ses vertu» admirables ; enfin qu'il est infiniment riche en toutes perfections. elle n'a point de plus grande joie que de s'en voir participante, elle trouve en cette divine possession le comble de son bonheur et de sa gloire (433).

Voilà ce que c'est que le nouvel homme, et comme il s'établit en nous (436). Voilà quel est l'habit intérieur dont l'Eglise souhaite que les clercs soient re\ètus de la cléricature, lorsqu'elle dit à chacun d'eux: Jnduat te Donunus novum hominem. C'est Jésus-Christ, dit saint Grégoire de Nazianze, qui est le grand habit des prêtres : Chris tus magna sacerdotum lunica. C'est son esprit, ce sont ses vertus dont ils doivent être remplis (437). C'est cet homme intérieur, cet homme du cœur, cei homme qui est infiniment riche devant Dieu : Absconditus cordis humo qui est in conspectu Uei locuples (I i'etr. ui, 14), qui doit paraître au dehors, et se

nullum omnino sensisse flammœ furenlis ardoreru, quant igni la m penilus non mirasse fornaeem? Nunqnid non inagis praedicabile divins ntiseralionis insigne est, si forte, quemquam besliis iraditum omnino conlingere leiita» impastis faucibus ariuaU non audeat, etc. (Ecsee. Einissen., llom.)

(454) Vigilantes animo. alque in oralionibus pernnclanles, hostium insidias sagacilcr explorant, anlicipiant consilia malignantiuui , deprehendunt laqueos, eludunt lendicula, reiiacula dissipant, uiachinationes frustraniur. (S. Berm., serin. 76 m

Caut.)

(453) Devincli piilchritudine illa et gloria ineffabili et décore iiucorruptibili el incompi eliensibilibus diviliis aeterni régis Clni=ii, cujus desiderio tapti leiienlur loti ad euni omnino conversi, etc., reeedunt ab oinni vinculo lerreno, ut possiut illud desiderium solum sein per in cordibus suis possidere. (S. Macar., boni 5.)

(430) Clnisius preliosuui incorruptionis indunieniuin. (S. Greg. Naz., oral. 40, u. i'J.)

(457) Sacerdoiès juslitiam, glorisque siolam induile, ac magna io illam lunicain Clirisiiiindeeus noslruui el ornamcntuui. (S. Greg. Naz., oral. 4, n. 34.)

T1ÎAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. 1. DE LA CLERICATL RE

répandre sur tout leur extérieur; en sorte que l'on ne remarque plus en tous leurs gestes, en toutes leurs actions, et en toute leur conduite, que ces mêmes vertus. Il n'y a rien en eux, disent les saints Pères, non pas même dans leur extérieur, qui ne se doive ressentir de la sainteté qu'ils professent (438). Il faut que tout soit rempli de la religion de Jésus-Christ: il faut qu'ils agis- M'iit en tout, comme Jésus-Christ môme ferait s'il était en leur place.

Or, pour cela il ne faut pas nous contenter de nous être mortifiés dans les commencements; car, comme ce nouvel homme ne nous est donné et ne subsiste en nous que par la mort d'Adam et de la vieille créature, à moins que nous ne persévérions dans cet exercice, et que nous ne soyons fidèles à nous crucifier en toutes choses et à tout moment, nous verrons bientôt le vieil homme revivre en nous (439). Au lieu que par une mortification perpétuelle faisant croître continuellement Jésus-Christ dans notre âme, ses sentiments dans notre cœur, et ses vertus dans nos œuvres, nous serons en état de pouvoir un jour avoir part à son sacerdoce, auquel il ne désire élever que ceux qui, comme lui, se mettent en état de victime, et ne veulent être toute leur vie que des hosties immolées incessamment à Dieu par la croix, et consommées parfaitement en son amour (MO).

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