‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 233 sur 394 · SM · texte numérisé non relu

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l'on en doi! porter dans le clergé (532). Il faut qu'il ait passé un temps considérable dans le tombeau, et que toutes ses puissances et ses facultés soient détruites et comme anéanties, afin d'avoir des preuves suffisantes d'une vie nouvelle et d'une véritable résurrection. Car alors il est évident que ce n'est pas seulement un sommeil, que ce n'e.st pas qu'il ait repris ses premières forces, que ce n'est point qu'il use de ses premières puissances pour agir, mais que c'est un principe nouveau qui l'anime, et qui est la source de tous ses mouvements et de sa vie (533).

Or, pourcela, il faudrait qu'un Chrétien fût tellement accoutumé à obéir, qu'il ne se souvint plus d'avoir autrefois commandé, et qu'il ne restAt rien en lui qui fît même paraître qu'il eût jamais fait sa propre volonté. Il faudrait qu'il fût si établi dans une totale soumission et dans une entière dépendance, qu'il ne lui fût plus possible de se résoudre à vouloir quelque chose pour lui, tant sa propre volonté devrait être anéantie, et tant elle devrait être absorbée et vivifiée par la volonté de Dieu vivant en lui (534)

Il faudrait qu'il fût si patient et si accou tumé à souffrir, qu'il n'eût plus aucune idée de ses ressentiments passés, et qu'il se vît hors d'état de pouvoir -amais se laisser aller à la vengeance (,535).

Il faudrait que la douceur fût tellement établie en lui, et se fût tellement rendue maîtresse de son fond, qu'il eût oublié ce que c'est que la colère, et qu'il fût dans une espèce d'impuissance d'en suivie les mouvements ; si ce n'est lorsque Jésus-Christ, lui donnant des impressions saintes et des dispositions nouvelles et toutes divines, l'animerait de son amour et de son zèle, qui, quoique ardent, n'est jamais néanmoinssan> douceur, et n'a rien de l'aigreur du vieil homme, et de l'amertume de la chair (536).

Enfin, il faudrait que toutes ses passions

tuis, resurretlionis, etc. (S. Grec. Naz., oral. 1 apolog.)

(525) Quadam contrilionis crue» hostie (Christo)se conformet. (Cassian., lib. iv Inslit., c. 55.)

(5"26) llle vere victima est, qui coi pus el aiiimain a viliis emuudando, Deo peramorcm Sphiius sancli consecrat. (S. Hier., In Mallli. ix.)

(527) Semelipsum primo immolet, seipsum vitiis jugulet.utsua priuspeecalo membra moilitieet, etc. (Oricen., lib. x Comment, in Rom. xv.)

(528) Sacrificinm Deo spirilut contribidalus. (Psal.

(529) Morialur anima mea morte jiistorum. Lli-

nam bac morte ego fréquenter cadain, ut non sentiam vilae luxuiianlis inortifera blaiidimenla, ui nnnobslupescam aclsensum libidinis, ad ;estum avalilise, ad iracundix et impalienliae stituulos, ad angores sollicitudiiiiim et molestias curarum. (S. Bern., serm. 5*2 in Cant.)

(530) Reruin se inferiorum rorporearumque non modo uipidilalibus sed el siiuililudinibus se exual.. flD., ibidj

(531) Frius (quam ordinentur) aspiciatur si vita eorum conlinens in annis plurimis fuit. (S. Grec,

OEUVRES COMTL. DE M. Ol-IER.

lib. m, epist. 26.)

(532) ISullus laicus ad qnemlibet gradum ecelesiasticum repente promovealur, nisi post mutatuni habituai diuturna conversatione inier clericos fueril coinprobalus. Cvnc. Rom., ann. 1059, eau. 13.) (333) Quomodo s*acerdotis habilum et nomeii subire audereni, priusquam sanclis operibus maiius piirilicasseni, elc. Priusquam uni nia memhra jusliuae aima ell'ecta fuissent, omnemque niorlalilalein abjecissent, a vita scilicet absorptam ac spiritui cedenlem. (S. Grec. Naz., orai. 1 apolog.)

(534) Bealus qui dicere potest : Ecce etoitgnvi fugiens et mansi in solitudine. Non luit conleiilus eiire, nisi et longe se facerel, ul possel quiescere,. Transilisti carnis oblectamenta, ut minime jani obedias coneupiscentiis ejus , necteneaiis illecebris ; piot'ecisli. Separasli le, sed iiondiim ebmgasti, nisi el inuenlia undique pliantasmala curporeartui* siinilitudinum transvolare mentis purilale prxvaleas. lS. Bern., serm. 52 in Cant.)

^555) Ut excedenle anima, elsi non vita certe vitat sensu, etiain nec Vilae lenlalio senlialur. (S. lii.ii.s., serm. 54 in Cant.)

(556) Sufficiaiil vobis omnia tctUra veslra. Eç

lussent si entièrement ensevelies et perdues, que quand on le verrait agir et qu'on observerait ses déportements et toute sa conauite, on ne remarquât rien d'humain, rien de l'impureté de la chair et du vieil homme, rien de ses premières inclinations et de ses propres désirs, mais que l'on vît que tout procède du nouvel homme, remplissant l'âme et la vivifiant de sa nouvelle vie.

C'est là ce qui serait à désirer en ceux qui se présentent à la cléricature, et l'état auquel l'innocence, ou cultivée depuis le baptême par la pratique solide des vertus, ou réparée depuis le péché par une longue pénitence, devrait avoir réduit un Chrétien qui aspire à la tonsure, et qui se présente pour être admis à cet état religieux.

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