CHAPITRE VIII
De l'habit des clercs.
La soutane et le surplis qui font l'habit de la religion de Jésus-Christ (577), nous marquent extérieurement la profession que nous faisons, de nous revêtir intérieurement de sa religion envers son Père.
C'est là la protestation que font tous les clers aux pieds du saint évêque, en recevant ce saint habit. Car alors ils témoignent tous solennellement qu'ils se dévouent à Dieu en Jésus-Christ son Fils pour le servir dans son Eglise, et qu'ils le prennent pour leur hérilige, pour leur bien , pour leur possession, pour leur tout (578). En suite de quoi on les revêt du surplis , après néanmoins qu'on leur a fait la tonsure, et après qu'ils ont été couverts d'une soutane.
Toutes ces circonstances sont extrêmement mystérieuses, et doivent être beaucoup pesées et entendues par ceux qui entrent dans la cléricature. C'est pourquoi elles doivent être soigneusement enseignées par ceux qui sont chargés de l'instruction des clercs. El les clercs de leur part doivent avoir un grand désir de les apprendre et de savoir ce qu'elles signitient (579) ; parce qu'ils y remarqueront leurs principales obligations et les dispositions particulières qui doivent être en ceux qui entrent dans cet état , et qui embrassent cette sainte profession (580).
Section première. — De la sainte soutane.
L'habit avec lequel se présente celui qui prétend à la cléricature , est la sainte soutane , qui est un signe extérieur , qui ex-
prime l'état intérieur do son âme et la disposition avec laquelle il doit entrer dans le clergé (581).
Tout ce qu'il y a d'extérieur dans l'Eglise de Dieu , qui est gouvernée par son divin Esprit et par sa sainte sagesse, exprime quelque chose d'intérieur, qui ne peut être aperçu ni paraître au dehors, que par quelque chose grossière et par quelque expression ou figure sensible (582).
Le corps marque l'esprit en nous; et par ses gestes, par ses mouvements et par ses opérations , on découvre quelles sont ses puissances, qui sans cela demeureraient inconnues. On ne saurait jamais que l'âme a en soi la puissance de voir, d'entendre , de parler, si le corps, par ses fonctions qui dépendent de l'âme, ne faisait voir ce qu'elle est en elle-même (583).
Ainsi Notre-Seigneur fait paraître dans l'Eglise par des choses extérieures , ce qu'il y a de plus caché dans ses mystères (58V) : et par les ornements et les habits dont il revêt ses ministres, aussi bien que par les cérémonies dont il couvre ses opérations, il explique ce que le nouvel homme et sou divin Esprit opèrent dans nos âmes.
Or comme le premier de tous les vêtements dont le «1ère est revêtu est la soutane, qui est un habit vénérable, authentique, et ordonné même aux clercs par les sacrés canons , il faut voir ce qu'elle signifie, et ce que l'Eglise a prétendu par là nous exprimer
La soutane, qui est un habit noir, fait voir la première disposition qui doit être dans le clerc, et la première partie de la religion du saint clergé , qui est d'être mort à tout l'amour et à toute l'estime du siècle (585); comme le surplis exprime !a seconde partie de cette même religion , qui est de ne vivre qu'à Dieu. Et l'on revêt de cet habit celui qui se présente à la tonsure, pour lui apprendre qu'il doit être tellement détaché de toutes les choses de la terre , qu'il y soit en quelque manière insensible comme un mort, ne
(576) Dei adjutores. (I Cor. m, 0.)
Médius stat sacerdos inter Deuiii etnaturam bumaiiam. Uliuc venienlia bénéficia ad nos déferais, et noslras petitiones illue perferens. (S. Chrïsoot., lion). 5 Deverb. Isa. vi, I : Vi'di Uominum.)
(577) Haliitus rellgiosus. (Sidon., lib. iv, episl. 21; donc. Meld., ami. 845, c. 57. )
(578) Qui in clernm allegunlur prolitentur se particularité!' in sortem Domiui ascilos, quibus post huec omnia sordeant, ac solus Dominus sois et pars bsredilalis luturus sil. ( Conc. Colon., p. i, e. 27, an. 1536.)
Sensibilibus rébus omnia intelligibilia Iradidit noliis Cliristus, etc. ( S. Chrysost., boni. 85 in Matlh. )
(579) Quœratur ex singulis an ritus et cxreirionias quse ciim initiantur adbiberi solitse suut nover mi ? An sanetiores illarum noliones ? An sacraruin vi'sliura quibus induuntur, inysleria et signilîcala '.' (Insiil ad ord. Eccl. suscip. m Eccl. Mediol.)
Quxratur quid per tonsuiam significetur quae til in superiuii capitis parle : quid per supei peliiceuin quo cleriei induunlur, declareiur. ( Ibid.)
(580) Vestes immsirnruiii désignant idoneilalem
qweineis requiritur ,aa tractandum divina. (Div. Tikim., Suppl., q. 40, a. 4, ad 3.)
(581) Etsi lia bi tus non facial mnnacbum.in clerico laiiien magnum indicium est, ui ail Satoniou, ejus quod iu corde lalel. (Syiiod. Aleriens., an. 1571.)
(582) Quiecunque in ecelesiasiieis officiis rébus ac oinamentis consistant, divinis pi. na sunt signis alque mysieriis. (Dlra.mi., Divin, offre, Proœm.)
(583) Sicul accidentia niultum coiiferu.nl ad cognoscendani rai ipsius quidduatein : iia babiius exterior plurimum cou fer t ad déclara udam nioiuin boneslatem. (Sijnod. Veuusin., an. 1589.)
Ibcc (ornauientaj -uni virlutuni insignia quibus tanquaiu scripluris docenlur ulenles qualcs esse delicaul. (llti.D a S. Vicï., Soecul. Eccl., c. 6.)
(58't) Consuleiare deiiet pei symbola quam aceipil gratiam. (Sïmeon. Tbessal., De sacram. or dm., cap 5.)
Conc. Basilee7is., Laieran. v, sub Léon. X, an. 1511, sess. 9, et alia passini.
(585) Nigra veslis insinuai buinililateni mentis; vile vesliinentuni denuulial mundi conteinptuui. (S. liir.N., De moda bene viremti.c. H.i
désirant plus rien que Dieu, devant lequel rien ne paraît aimable.
C'est aussi ce que proteste extérieurement le clerc, lorsque se dépouillant de l'ignominie de l'habit séculier , il se couvre de ce saint vêtement : car par là il témoigne à la face de toute l'Eglise, qu'il veut changer de mœurs comme il change d'habit (586) ; qu'il ne prétend plus vivre de la vie de la terre, mais de la vie du ciel ; qu'il ne sait plus qu'un Dieu , qu'il n'estime plus que lui , qu'il ne veut plus que lui, qu'il est son tout, et que tout le reste ne lui est rien (587): enfin qu'il veut être comme les bienheureux, qui dans la vue de Dieu ne voient rien que lui; ou s'ils voient quelque autre chose , s'ils voient quelque créature, ils la voient tellement en Dieu, qu'elle est plus Dieu à leurs veux que créature.
L'habit du clerc, en qualité de parfait religieux de Dieu, et de religieux qui est dans la communion et la participation de la religion du ciel , est le surplis (588). C'est son habit parfait , sans lequel il ne peut faire aucune de ses fonctions; en s.orte qu'il n'est pas censé clerc représentant la vie de son état, qu'il n'en soit couvert et revêtu.
Si quelquefois il ne porte que la soutane , c'est lorsqu'il est au milieu du siècle' (589), qui est indigne de voir l'innocence, la pureté , la sainteté et l'éclat de son habit divin. Et s'il ne porte que du noir aux yeux du monde, c'est pour montrer qu'il est mort à tout le siècle , qui est si misérable , que pour vivre dans la justice et dans la grâce, il faut mourir à tout ce qu'il est , tant il est vicieux et corrompu (590).
Si l'on voit cet habit si ample, il ne faut pas s'en étonner. Car le prêtre représente tout le monde, et il doit porter en son cœur la religion que Jésus-Christ avait dans le sien , qui est la religion universelle qu'il olfrit à son Père, pour supplément de celle de toute son Eglise (591).
Il aimait , adorait et louait le Père élernel pour tous les hommes et pour tous les anges. Il faisait pour eux ce qu'ils ne pouvaient faire dignement, en sorte qu'il suppléait pour tous (592). Et ainsi il était le religieux universel , et celui qui priait, louait et glorifiait Dieu pour tout le monde.
C'est ce qu'il continue de faire encore dans le ciel (593), et dans le très-saint Sacrement de l'autel , où il rend à Dieu dans son intérieur tous les hommages et tous les devoirs de la religion , que l'Eglise lui rend extérieurement sur la terre, et lui rendra même dans le ciel.
Mais parce que Notre-Seigneur montant au ciel, et quittant la terre, cesse d'honorer extérieurement son Père pour tous les hommes, comme il faisait visiblement pendant qu'il était en ce monde, il a voulu laisser des successeurs de sa religion , qui continuassent de rendre ces même« devoirs à Dieu son Père (594).
Et comme cette religion est en lui par le moyen du Saint-Esprit, dont la vertu lui fait adorer Dieu en toute l'étendue qu'il le peut être , il a voulu étant monté au ciel envoyer son Saint-Esprit dans les apôtres et dans ses disciples, afin qu'il continuât de répandre dans leurs cœurs, comme il avai' fait dans le sien (595), une religion parfaite, une religion sainte, une religion intérieure, comprenant en soi les devoirs et les respects de tout le monde ensemble.
Ainsi les apôtres et les prêtres sont les successeurs de Jésus-Christ en sa religion , et ils sont non-seulement pour honorer Dieu en leur nom, mais pour le glorifier au nom de tout le monde (596). Et c'est pour cela que la soutane est si ample, comme représentant la rondeur et l'étendue de la terre: ce qui était autrelois tigurépar les robes des souverains pontifes, qui étaient aussi fort amples , pour représenter l'amplitude et
Omiiia tanquam cinerem despiciens, quasi niorluus prorsus ail nioriuum immobilis permauebat.
iS. Chrysost., hom. t De laud. Pauli.)
(586) Prions vestis deiraclio et allerius inductio, signilicat a média sancta vila ad perfecliorem iral'ui'lioncm. ( S. Dionys., De eccl. hierurch., cap. M
(587) Moneo le ut habituai quem ostendis specie i uipleas opère; sancliis est habilus, sanctus sit tnunus. Siciit Banda sunt vestiiuenia, sic sancta >int opéra. (S. Bern., De nwd. beneviv., c. 9. )
(588) Caveant lam siordoles quam clenVi ne Mipt'rpelliceo exsuii clericalibus fuiiganlur nflieiis. {Sijnod. Caputaquens., an. 1617, lit. De ministr. Eccl., c. 19.)
(389) Ne cuni superpelliceo per civilateni deanitudantes vagentur. ( Synud. Ytceim., au. 1628, lit. 1 5, De vil. el lion, cler., c. 3. )
(590) Moriendum esi inundo, ut Deo in sempileriuiii vivamus. (S. Ace, serin. 49 Delemp., c. 9.)
(591) Vestiinentuni anipUim et longum, propter detatem etdivinam charilalem. (Simeo.w Thessal., De ordin. )
Sacerdus viceni Eeelesiae solus expiet, cuni per imilaiis induise sacrameutum toia spiriiualiter sit Ecclesia. (Petr Dam..*opusc. 11, c. 19. |
(592) Sese Deo ac Paiii subjecit, etc., et obedienlise sua; odoreni tanquam pro omnibus simul < singulis Deo et Pat ri obiulit. ( S. Ciril. Alex., lib. il De ador. in spir. et ver.)
(595) Introiiii in ipsum cœlum, ut apparent mire vullui Deipro nobis. \llebr.u, 24.)
(594) Sacerdoies vicai ii Chiisii. (S. Chbts., hom. 17 in Mallli.)
Suum reticturus erat eis minislerium. (1p., hom. 85, in Jean, xx.)
Sicul misil mevivens Pater, et ego mittovos... Bœc cuni dixisset insiiflluvit, et dixit eis : Accipite Spirilum sanclum. (Joan. xx, 21,22. )
(595) ll.ii' vocula ( sicul ) illos quodammodo sibi a-quat, et paies elïidt, scilicet proportionaîiler ut suos successores el vicarios. (Corn, a Lap., hic.)
i Sicut, > signilicat etiam simililudinein in fine : unique enim missi sunt ail eunidein finem (le, ex S. Cyrill., lib. xu, in ead verb. in Joan. )
(596) Sacerdoles piocuraloies sunl apud Deuin pro ejus Ecclesia. ( Gcillel. Paris., De sacr ord.)
Pro universo lerrarum orbe deprecalor est apud Deum. (S. Chrysost., Desacerd., Idj. vi, c 4.)
Non jura sua, sed aliéna allegat. (Guilleh. Paris., ibid.j
TRAITE DKS SAINTS ORDRES. — PART. I. DE LA CLERICATURE
l'étendue de la religion de Jésus-Christ (597)
Le souverain pontife, dans l'ancienne Loi, portait sur soi les noms des douze tribus , pour figurer l'excellence de la religion du Fils de Dieu , et la grandeur de son amour envers son Père qui surpasserait celui de tous les hommes ensemble (598) ; et pour témoigner aussi que les prêtres doivent porter l'amour de tous les hommes dans leur cœur (599), qu'ils doivent contenir dans leur sein les respects et les louanges de tous les fidèles, et qu'ils doivent avoir en leurs âmes plus de religion envers Dieu , que toutes les créatures ensemble.
La sainte soutane est aussi comme un suaire qui nous tient ensevelis, et qui exprime au saint évoque l'état de mort et de sépulture où se trouve le saint clerc qui se présente à lui. Je dis saint partout; parce que comme l'Eglise est un monde nouveau et un monde de sainteté qui n'est fait que pour nous représenter Dieu et Jésus-Christ son Fils en leurs suréminentes perfections, il ne doit rien y avoir en elle qui ne soit saint (600).
La sainte soutane signifie donc que le clerc est mort au siècle (601) : et c'est ce qu'il proteste lorsqn'en étant revêtu, il dit qu'il ne veut plus que Dieu iDominus pars hœreditatis meœ. Et quand même il ne le dirait pas, son obligation ne laisserait pas de paraître par son habit, qui étant simple et noir, exprime à tout le monde que le clerc qui en est revêtu doit être mort à la pompe et au faste du siècle, et qu'il en doit être séparé de cœur, comme il en est séparé d'habillement (602).
La soutane couvre tout le corps, en témoignage que toute la chair est morte, et que le clerc qui la porte, porte en soi la mort de Jésus-Christ en tous ses membres.
En effet, il faut que celui qui est élevé à ce saint état montre en sa personne la mort de Notre-Seigneur et ses victoires, et il faut que toutes ses œuvres les prêchent et les annoncent partout (603).
Saint Paul dit de tous les Chrétiens qu'ils doivent être environnés en tout leur corps de la mort de Jésus-Christ (604) : Semper mortiûcationem Jesu in corpore nostro circumférentes. (II Cor. îv, 10.) Et c'est ce que figure la soutane qui couvre les clercs, qui environne tout leur corps, et qui ne laisse rien voir d'eux que sous un habit de mort.
Comme ils sont tout a Jésus-Christ, et qu'ils se sont donnés à lui sans réserve dans la cléricature, non-seulement ils doivent avoir crucifié leur chair en tousses dérèglements et en tous ses désirs, selon cette parole de l'Apôtre : Qui sutit Christi, carnem suam crucifixerunl cum vitiis et concupiscevtiis (605) ; mais encore ils doivent être morts et ensevelis avec Jésus-Christ pour avoir part ensuite à sa nouvelle vie. Et c'est ce qui est encore figuré par la soutane. C'est pourquoi comme le crucifiement, la mort et la sépulture précèdent la résurrection intérieure, l'évêque veut voir un enfant revêtu d'une soutane comme d'un drap mortuaire qui couvre toute sa chair et qui la tienne ensevelie, avant que de lui donner le surplis (606).
Le clerc revêtu de la soulane noire exprime la disposition de son esprit et le désir qu'il a de vivre humilié toute sa vie et mortifié en tout lui-même depuis les pieds jusqu'à la tête, n'ayant plus rien en lui à quoi il veuille vivre, ni volonté, ni jugement, ni passion; mais portant toute la chair morte en elle aussi bien qu'en tous ses propres désirs (607).
C'est ainsi qu'un clerc doit marcher dans le monde, portant la croix de Jésus-Christ
(597) Amiclus pontificis lotius mumli quaedam imago fuit. (Philo., De vit. Mos., lib. m.)
(598) Portabil Aaron nomina filiorum hraet coram Domino super ulrumque humerum. (Exod. xxvui, 12.)
Portabit nomina filiorum Israël super peclus suum quando ingredietur sanctuarium. I Ibid., 29. )
(599) Est Aaron Christi figura, et illius sacerdotii quod in spiritu et veritale inlelligitur. (S. Cyril. Alex., lib. h De ador. in spir. et veril.)
(600) Proprie sancta dicuntur, quœ Deo dedicala stinl. (S. Ciirys., Iioiii. 86 in Joun.)
Ecclesia ubique Cbrisluin iii se cirçumferi. (S. Cmus., lnpsal. xcv.)
(601) Clericatum elegislis, id est, mnndo renunliare, et cum babilu liumilitalis, affectum promitlere huinanitatis. (Ivo Carnot., serai. 2 De excell. suer. ord. poniif.; Biblioili. apost., Exhorl. ad i tonsur.)
(602) Paupertatem et buniilitatem proféras babitu corporis. (Ibid.)
(603) Moriifieatioiiem Jesu semper in corpore nostro circuinferinius, quoniam ad ejus imilalioneui assidue carnem niorlilicamus , ut et aliis exemplum prabeamus. (S. Anselm., in // Cor. iv, 10.)
Saccrdoies consliluli suiii per munduin Christi
narrare victorias. (Petr. Dam., opusc. !5|coHir. clericor. intemp., dissert. 1, c. 1.)
(60i) Christo occiso omnes ministri debent tonl'oriiiari. (I). Thom., Suppl.,q. 39, a. 4.)
(605) Hommes sacros tuin iuterius tum exlcrius oportet mortificationem Jesu circu in ferre in suo corpore. (S. Cyrill. Alex., lib. n De adorât, in spiritu et veril.)
Veslimentiini lalare, tam rétro quam a lateribus et aille (indique clausuin. (Conc. Basil.)
Loculus est Dotmnus dicens : Ei uni Levilœ mei. (iS'um. m, 12.)
(600) Qui sunl Christi, carnem suam crucifixerunt, id est , Christo crueilixo se conformaverunt, ailligendo carnem suam, etc. , cum vitiis, id est, cum peccatis, ci concupiscenliit, id est, passionibus quibus anima iiiclinalur ad peccandum. Non enim liene cruciligil eariiern , qui passionibus locuin non aufeil. (D. Thom., in ead. verb. Gui. v , 24, lett. 7.)
Crucilixus , mortuus , et sepulius , tertia die re- SUrrexit. iSymb. apost.)
(607) Quod historiée prsecessit in capite , conscquenler crediliir lieri uioraliter in ejus corpore. (S. Bf.rx., serin, parv. 18.)
Eleelo ad intiinam cordis humilitatem designanilam liiiinilioie cunclis coloribus nigro colore. (Pe'tr. Clun., btulut. lti.j
répandue sur lout lui-même : Crucifigentcs vrterem hominem in semelipsis; en sorte ijue rien de la chair ne paraisse vivant en lui. Il faut pour cela que la soutane soit toute fermée , et qu'elle couvre tout notre corps (608).
Il est vrai que la tête n'est point cachée sous cet habit comme le reste du corps : mais c'est afin de signifier, que c'est Jésus- Christ, qui est le chef de l'homme, qui doit paraître en nous . Fin caput Christus (I Cor. xi, 3) (609). Il faut qu'on le voie en notre bouche -.Si guis loguitur quasi sermoncs Dei (610). Celui gui parle, dit saint Pierre {1 Petr. iv, 11), doit parler le langage de Dieu; et il-faul qu'on remarque que c'est Dieu qui meut sa langue et qui animesa parole (611). Le visage aussi est découvert, pour témoigner que le clerc doit être en ses mœurs eu en sa conduite une image vivante de la Divinité (612).
Que si les mains paraissent, c'est que te clerc doit encore faire connaître par ses œuvres représentées par ses mains, que Dieu opère en lui (613) : Si quis minislrat, tanguant ex virtute quant administrât Deus [I Petr. iv, 11). Si le clerc opère, que ce soit en la vertu de D,ieu, que ce soit Dieu même qui le meuve, et qui lui communique l'efficace et l'énergie de son opération : en sorte que l'on voie dans son corps mort des œuvres de la vie de l'esprit, exprimée par les mains (614).
La face bien composée la vie bien réglée, sont nous font connaître que l'esprit et dans l'âme du clerc. Modeslia icslra nota sit omnibus hominibus : Vominus enim prope est (615). Que votre modestie, dit saint Paul, soft connue de tout le niunde,
(608) Quia saeerdos diix esl et autcsignanus exercilus Domini, bis tiluloruni insigiiibus jubeiur incedere , seseque sequcntibus Ecclesiie cuneis crueis Ghrisli débet vexilla portarè. (Petr. Damiam., opusc. 25, De (liçiiui. sacerdot., cap.-.)
(609) Ut et vita Jesii manifestent!- in carne nostia mortali. (Il Cor. IV, 11.)
Capite nudalo teslatur Chrislum sibi caput esse. (Simkon Tliessal., De ord. episc.)
(610) Os tuum os Christi est (S. Amrr., Lib. de Isaac, c 8.)
(611) Non enim vos eslis qui lûquimîni, sed spirints Patris vestri qui loquilur m cubis. (Mauh. x, -20.)
(612) Cluisli halilus ei foi ma uiidique fuirai ni reprascnlelur ni nobis. ( S. AnselmT, In Ilom. xiii, H)
(613i Exslanles et visa; manus virlutem ci eflîeienliain Dei in liis qme operalui sacerdos déclarant. (Simeon Tliessal.. De sacram.ord.)
(614) Nihil in moribus vestiis appareat , nisi simililudo opeium Christi. (S. Anselm., In Ephes.