‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 237 sur 394 · IV · texte numérisé non relu

IV

(615) Nec oculus sine Dei nuiu moveatur. (S. Basil., In psal. xxxn, 8.)

Ex visu cognoscilur vir, et ab occursu (aciei co- 'juuscitur sensatus. (Eccli. xix, 26.)

(616) Conveiseiiiui quasi Dei lenipla , ut Denm in nobis constet hahiiaiv. (S. Cmr. , l>c orat. boni )

Modeslia poilio Dei esl. (S. Ambr., lib. i Offic. C. 18 )

(617) Ubi Christus ca, modeslia qui.'uuc esl.

et la conduite de des marques qui Dieu habile dans

à cause de l'approche de Dieu et de l'union à Jésus-Christ, qui, résidant en vous, fa il rejaillir la modestie sur votre face (616).

Ce grand Dieu qui compose toutes choses avec tant de sagesse, et qui meut la créature avec tant de conduite, lait voir s'il est présent à l'âme, par sa contenance, et par le mouvement du corps (617). Car si l'on reconnaît la présence de Dieu par la cadence réglée du firmament et par le mouvement îles cieux qu'il conduit, combien plus aisément peut-on discerner la présence de sa majesté habitant dans une âme qu'il gouverne, par le mouvement qu'il lui donne (618)?

Il ne reste donc de découvert en celui qui esl revêtu de la soutane, que la face et les mains : ce qui montre qu'il ne doit plus paraître de vie dans un clerc, ni dans un prêtre, si ce n'est la vie divine, la vie de Jésus-Christ, qui se découvre par les paroles et par les bonnes œuvres (619). Tout le reste doit être mort en lui ; lout doit être enseveli dans le tombeau (620). La vie de Dieu seul, la vie de la foi et de la sagesse divine, doit éclater uniquement en lui (621); et même comme la foi doit opérer par la charité (622), de là vient que les mains sont découvertes, aussi bien que le visage, ce qui marque la charité de Dieu opérant en nous, et cette vie de foi découlant dans nos œuvres (623).

Pour les pieds, ils ne paraissent pas, et la soutane les doit couvrir : ce qui signifie la mort aux désirs et aux atl'eclions terrestres. Car les pieds qui marchent expriment nos alTections qui nous meuvent en tout, et qui nous portent vers les lieux et vers les «ibjets que nous aimons (62i): et comme ce sont ces affections terrestres et ces désirs

(S. Greg. Kaz., epist. 195.)

Amiclus corpuris et ingressus hominis enuntiaut de eo (Eccli. xix, 26.)

(618) Cœli, consono ordinalionis concentu , pro lestaiitur gloriani Dei, ci pra?dicatione perpétua majeslatem sui loquiintur auctoris. ( Auct. lib. De vocal, gent., lib. u, c. I, apud S. Ambr.)

(619) Accipe hoc sacrum indumenlum, quo cognoscaris mundum ronleinpsisse et te Chrislo perpeluo subdidisse. (Frédéric, archiep., Institut, ad ord. suscip. in Eccl. Uediot.. lit. 1.)

Forma esse debemus canteris non solum in opère, sed etiam in sennone. (S. Ambr., lib. u Ofjic, cap. 19.)

(620) Nos oportet non solum viliis carnalibiis , verum etiam ipsis elementismorluosesse. (Cas»ian., lib. îv Instil., cap. 55.)

(621) (Juod nunc rivu in carne, in fuie vivo Filii Dei. (Gulat. n, 20.)

(622) Justus enim ex lidc vivil. (S. At<sEL>(., ind.)

(625) Fuies quœ per cliaritalem opcrulur. (Gulat. v 6.)

V ua jusiilix est per Dcum habiiauiem m nobis per lidem... Ll iiitelligendiiin esl de lïde per dileclionem opérante. ( 1). Thom. , lu Galut. m, lecl. 4.)

(624) tïumaiii affeclus quasi pedes sunt. (S. Aur.., tract. 56JH Jonu.)

Pedes noslii aiîectus noslri sunt. Proul quisque allée tu m cl amorem halmeiii, iia accedit vel rece- (lil. (In., In pi>nl. sciv.)

TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. I. DE LA CLERICATUUE

grossiers qui font les principales parties de jr vie animale, ils doivent être mortifiés et étouffés dans les clercs, parce qu'ils ne doivent plus avoir que Jésus-Christ vivant en eux, qui y tienne toute la vieille créature ensevelie (625).

Il faut que tout ce qui est en eux serve à l'édification des peuples, et qu'il n'y ait rien, même lians leur extérieur, qui ne prêche les mystères de notre sainte religion. El c'est pourquoi on les revêt d'une soutane, qui annonce au monde le mystère de la mort et de la sépulture du vieil homme (626). Car c'est là ce que publie hautement cet habit noir qu'ils portent. Mourez, dit-il, aux vanités du siècle (627), mourez à ses maximes, mourez au péché, au diable et à la chair; mourez enfin à tout ce qui n'est point Dieu, vous trouvant ensevelis avec Jésus-Christ dans un général oubli de toutes choses.

En effet, le clerc par cet habit qui e>t tout autre que celui du siècle (628), fait bien connaître qu'il a déposé toutes les mœurs du monde, qu'il ne veut plus avoir de conformité ni de société avec lui (629), et qu'il fait une profession publique de s opposer à ses pompes et à ses vanités. C'est ce qu'expriment la simplicité, la modestie et la couleur de ce saint vêtement.

Le clerc prêche encore la mort par son visage et par son maintien (630). Car, comme nous avons dit, il ne porte le visage découvert que pour montrer qu'il vit à Dieu, dont le visage en nous est la représentation et l'image : et comme Dieu, qui est au-dessus de ce monde, vit en lui d'une vie infiniment sublime et relevée au-dessus de la terre, de là vient que le clerc doit porter un visage de mort, d'oubli et d'élévation grande audessus de toutes les créatures, montrant à

tout le monde comme i! faut mépriser la terre et tout ce qu'elle porte (631).

C'est pourquoi le clerc doit être aveugle à ce monde : il n'en doit point considérer les beautés ni les raretés; il doit être sourd à ses nouvelles ; il doit fouler aux pieds toutes ses pompes ; il doit condamner ses artifices ; il doit avoir le cœur fermé à ses maximes et à ses sentiments : en un mot, il doit être insensible à tout ce qu'il propose, à cause qu'il est intérieurement revêtu de l'homme intérieur, et de cet homme du ciel qui ne vit plus à la terre, laquelle ne peut rien avoir digne de lui (632).

Comme il est d'une antre génération et d'un monde plus beau, plus pur et plus saint mille fois que ce monde présent, parce qu'il est déjà dans le ciel, où Dieu est tout le monde de Jésus-Christ et ceux qui sont revêtus de lui, il n'a plus selon cet état aucun rapport à ce monde grossier (633). Il n'est plus, comme il était dans l'ordre de la nature, la clef à laquelle aboutit toute la voûte de ce monde, mais il est la clef à laquelle aboutit toute l'Eglise du ciel, qui repose sur lui, qui le regarde, et pour lequel tout ce monde supérieur a été formé (634).

Il faut donc nous regarder comme des personnes hors du monde qui vivent dans le ciel (635), qui conversent avec les saints, qui sont dans un oubli, dans un dédain, dans un mépris et dans une aversion et condamnation souveraines de tout le siècle (636); Car c'est ce que les ecclésiastiques doivent exprimer continuellement au monde (637), au milieu duquel ils doivent marcher comme Dieu même, et comme Jésus- Christ, faisant paraître par leur conduite à tous ceux qui les voient, qu'il y a une meilrleure vie qui les attend au ciel (638), où ils

(G25) Signum ernpis impressurn (in ordinationc) désignai omnium simut cupidilalum cessationem , ttivinxque vit;e imiiaiiouem. (S. Dio.nys., De cal. hier.', cap. 5; Contempl., § 4.)

(G2G) In eos tauquam in spéculum reliqui oeulos conjiciuul. Quapropter sic decet clericos vilain moresque suos omnes coinponere, ui habitu , gesiu, inevssu aliis.|ue omnilius nihil nisi grave, moderaliiiii ac religione plénum praese feraut. (Conc ï'nd., sess. 2-2, c. 1, De reform.)

(027) Noiue confonnuri hnicswculo. (Rom. xu, 2 )

(628) Yeslis irigva humililanlis et religiosas vitse symbolum est. (Simeo.n Thessal., Lib. de sacris ord'in., <ap. 2, De rilu ordinal, lector.)

(029) Ahjeclo inundo et despeclis Saïaïuc pompis, prolitenlui'. hoc Davidicum : Ùuminus paru hœredilalis meœ. (Conc Biiur., Declertc.; 1554.)

(050) Monuum nobis hune munduni députantes, nos quoipie liuic mundo nioiiamur, et diiamus qund Aposlolus ail (Gatut. vi , 14) : Milii mundus crucijixus esi, ei ego muiido. (S. Aie, lib. n De Triait., cap. 17.)

(051) Eo usque mente secedat et avolet, ut eommuuem hune transcendât usuin et consuetudinem cogilaudi. (S. D-ern., In Canl., serin. 52.)

Qikc reiro sunt, id est lerrena quai reliqui obliviscens, ad ea quae snnt prima, id est cœleslia qu;e sunt elevainia me exiendens, persequor, id est perffCte sequor mente et opère. (S. Assel., In Philip. in , 15.)

(032) Quemadmodum qui inllaminatus estac Celui

laboral, quemeunque ei ofteras cibum aut poluni quaiuvis suavissimum auominalur ac renuit, etc. : sic qui Spnitiis sancti alque Idiristi cœlesti desiderio sunt accensi , et amore dilectionis Dei m anima sauciali , omnia quai sunt in hoc s;cculo prxclara et preliosa repudianda et odio digna repulant. (S. Macak., hoin. 9.)

Quid agis in saiculo , qui major es inundo ? (S. Hier.., episl. 1.)

(055) Deus ipsi sibi et mundus, et locus et omnia. (Teutclc, Contra l'rax., c. 5.)

Nihil nobis sil commune cum s;rculn. (S. Ciiiiysost., boni. 4 ir Tu. n.)

(034) Respiee universum niuuduiu hune , et considéra si in eo aliquid sil quoi! lili non serviat. Oinnis creatura ad hune linem cursuin suuui dirigil, ut obsequiis luis l'ainuleliir et ulililaii désertât. Iloe cœlum , h;ee terra , hic aer, hase inaria, etc. (Apud S. Aug , l. \\, tiédit, dedilig- Deo, e. 4.)

Ecclesiae coron».' (S. Clem., Conbl. aposl., lib. n, c. 28 )

(055) De mundo non eslis, sed ego elegi vos de mundo. (Joan. \\, 19.)

Nosira conwrsalio m coulis est. (Philip, ni, 20.)

(050) Non soliiin non se imiuiseeal cina saecularia negolia . sed nec eogilel de inundo. (S. CukïsOST., hom. 10, Op. imp. in M au li.)

(057) In hoc posili sunt ut Deuni représentent. (I). Tiiom., Svppl.,q. 54, a. 1.)

(038) Cognoscenles vos havere metiorem et manenicm bul'sluntiam. (llebr. x, 54. )

sont déjà transférés, et où ils conversent en

esprit avec les saints.

Section ïi. — Du surplis.

Le saint évêque, en parlant de l'habit aes clercs, le nomme l'habit de la sainte religion, (639), comme nous avons déjà remarqué cidessus. Cet habit exprime deux choses : l'une, la mort à soi et au péché; et l'autre, la vie à Dieu. Considérez-vous , dit l'Apôtre saint Paul, comme morts au péché, et ne rivant plus qu'à Dieu en Jésus-Christ Notre- Seigneur (640).

Ce double état de mort et de vie pure nous est donné premièrement dans le baptême par Jésus-Christ (611), qui, dans ce sacrement, nous ensevelit avec lui en sa mort, et nous ressuscite aussi avec lui en la nouveauté de sa vie (612). Et c'est de quoi nous faisons une solennelle et spéciale profession dans la tonsure, où nous protestons de mourir au monde et à toute créature, afin de ne vivre qu'à Dieu, pour sa gloire et pour le service de son Eglise (643).

Saint Jacques explique notre religion par ces deux etfets : Religio munda, dit-il [Jac. i, 27), et immuculata apud Deum, et Patron, hœc est: Yisitarepupillos et viduas in tribulatione éorum, et immuculatum se cuslodire ab hoc sœculo (644). Notre sainte religion consiste premièrement à être morts entièrement au siècle, en sorte que rien ne reste en nous de la souillure du monde, de la corruption de ses maximes et de l'impureté de son amour (645). Secondement, elle consiste à opérer eu sainteté les œuvres de charité et de vie divine, comme est de secourir le prochain dans ses besoins, en la vue de Dieu, pour l'amour duquel nous servons ceux même dont nous ne pouvons rien attendre (646).

L'habit decette sainte religion est double : il est extérieur et intérieur; de même que la religion, laquelle doit être extérieure et intérieure, pour être universelle en l'homme, qui, étant composé et de corps et d'esprit,

N659) Habitum sacra religionis. (Pontif. Rom.)

(640) Exiflimate vos mortitos peccalo : vivenies aulem Dco in Lhrislo Jesu. [Rom. vi, 7.)

(041) Coiiscpulii ci in baplismo, in quo cl resurrcxislis. (Col. Il, 1:2.)

(642) Moriuum sibidepuietmundum, ac semundi blandientis illeeebris exliibeat crueilixum. (Prosp., lili. i Oc vit. contempt. sacerd.,c. 8.)

(645) Mercenarii sumus eonducii , et ideo vocati a Lhrislo ul liaec sola operemur qua: pertinent ad glnriain Dei... proximiqueprofectum. (S. Chrysost., boni. 54, Op. imp. in Mollit.)

(614) Yisitarepupillos et viduas, etc., itl est, exeieere se in operibus misericordia: erga proxiiitiim , et in operibus mundiux erga seipsum. (Liban., Iiie.)

(645) Per sxctiiiim inlelligit mnndum et omnia i|u;e sunt in mundo. Qui (eniin) mundum diligil, iinniaculalum se a sa:culo non custodit. (Gloss.)

(646) Puritas cordis in duohus eousistit : in quoerenda gloria Dei et utililaie proximi, ut in omnibus ii t la il siium quxrat, sed taiilimi aul bei lion ■ircui , aul salutem proximorum aut uirumque. (S. Bern., Ep. ad Hoir. Senon., cap. 3.)

(647) Duplex est cultus D«i, interior et exlerior. Cuiu cuiiii liomo bii coinposinis ex anima et cor-

doit rendre des témoignages en tout luimême, et au dehors et au dedans , de son culte et de sa religion (647).

L'habit extérieur de cette religion consiste premièrement en ce vêtement noir de la soutane dont nous avons parlé , qui exprime la mort au monde et à toutes les inclinations et sentiments d'Adam, jointe à la mort et à la sépulture du Fils de Dieu, que le clerc doit représenter au monde par ses œuvres et dans toute sa conduite. Secondement, il consiste au surplis, qui représente la vie nouvelle de Jésus-Christ établi eu nous sur la mort du péché, et qui exprime encore sa résurrection et sa vie divine, qui est rendue sensible aux enfants de l'Eglise par l'innocence, par la sainteté et par toutes les vertus qui doivent reluire dans les clercs

Cet habit extérieur a été imité dans 1 Eglise presque .par tous les ordres religieux. On le voit dans l'ordre des Carmes, des Bernardins, des Augustins et des Dominicains, qui ont partagé leur habit entre le noir et le blanc, pour exprimer par là au dehors ce qu'ils doivent pratiquer au dedans, qui est la mortification de la chair et la vie de l'esprit (649). Et si saint Benoît, par dévotion particulière à la mort et à la sépulture de Jésus, s'est tout vêtu de noir, il devait naître de lui un saint, qui est le grand saint Bruno, qui, achevant les desseins de Dieu sur son ordre, fut vêtu tout de blanc.

Ces deux saints expriment les deux principaux mystères de notre religion; saint Bruno représentant par la blancheur de son habit la résurrection de Notre-Seigneur , comme saint Benoît avait figuré auparavant, par son habit noir , le saint mystère de sa mort (650). Et ce sont ces deux mystères et ces deux états du Fils de Dieu, qu'expriment dans les clercs la soutane et le surplis dont ils sont revêtus.

L'habit intérieur des clercs est Jésus- Christ même. Et cet habit est bien différent

pore, utrumque débet applicari ad colendum Deum, ut seilicet anima colal inlerioii cultu , et corpus exleriori, etc. (D. Thosi., 1-2, q. 101, a. 2 in c.)

(648) Ad boc a Deo daii estis, ut depravatos mores ac leges nuindi verbo et exemplis virilitei impuguetis. (Barth. a Martyr., Slim., part, u ,

Superpellicium 1° propter sui candorem muiiditiam seu purilatem carnis désignai... 5° inuoeenliani dénotai. El ideo ante omues alias vestes sacras induitur, quia divino cullui deputati, innocentia viue cunclis virtutum aetibus superpollere debent, juxla illud psal. (xxiv, 21) : lnnocetiles el recli adluvserunt milu. (Durand., lib. m Divin, off., c. 1, n. 11.)

(649) Visum est, ut niilii videtur, magnis Painbus ilbs nigrum colorera magis liumiliiati , inagis pœnitenliae, magis luclui eonvenire, elc. Vesles candidas magis gloriam quam abjeciionem , magis gaudium quam mœrorem anliquilus désignasse. (Petr. Cluniac. abb., Epist. ad Bern. abb. Claravul.) . .

(650) Veteres Patres caudida vesle ad spintualiuin genesim indicandam usi sunt ; eum albus color \iue symboium sit, et ater raorlis. (Vicecoiies, De bavlism,, lib, v, c. 8 )

TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. I. DE LA CLERICATURE

des vêtements extérieurs, qui n'ont qu'une union morale avec les corps qui en sont revêtus, et qui les couvrent seulement, mais ne les pénètrent pas (651); car celui-ci est pénétrant et s'insinuant à l'âme qui en est revêtue : et c'est Jésus-Christ même en nous, se mêlant, si on le peut dire, avec nous, nous remplissant de ses perfections et de sa substance, nous pénétrant de tout luimême, et exprimant sur nous ses qualités divines (552); en sorte que par cette union et pénétration intime de sa substance , il ne se fait que comme une chose de lui et de nous.

C'est cet habit dont saint Paul désirait que tous les Chrétiens fussent revêtus, lorsqu'il leur disait {Rom. xm, 14) : Induimini Dominum Jesum Christum (653) ; et l'évêque , en imposant aux clercs le surplis, qui représente la perfection et l'achèvement de notre religion , leur montre l'étroit engagement, et l'obligation spéciale qu'ils ont d'en <être revitus, en disant à chacun d'eux : lnduat te Dominas novum hominem , qui secundum Deum creatus est in justitia et sanctitate verilatis ;« Le Seigneur vous revête du nouvel homme, qui a été créé selon Dieu dans la justice et dans la sainteté de la vérité (654).» Ces termes sont mystérieux et sont remplis d'une profonde intelligence sur la conduite de Dieu dans son Eglise et sur la sainteté des clercs.

Et pour ies entendre , il faut savoir que l'homme, réparé en Notre-Seigneur par le baptême, n'est pas conforme à Adam dans l'état de son innocence ; car Adam avait été créé en sainteté universelle, c'est-à-dire qu'il était saint en son âme et en sa chair (655). Mais l'homme , renouvelé et réparé dans l'Eglise , qui est le véritable paradis terrestre, n'est pas créé en sainteté universelle, ni seulement comme Adam, mais en sainteté et justice : In justitia et sanctitate.

Car l'homme baptisé porte par justice une chair rebelle et pesante à l'esprit, qui lui est un joug très-fâcheux et un poids trèspénible. C'est pourquoi il doit avoir en soi l'esprit de zèle et de justice contre soi-même pour punir sa chair et pour la réduire en servitude, en la crucifiant par justice, et la châtiant de son orgueil et de son insolence.

Il faut qu'en vertu de l'esprit de Notre- Seigneur qui l'anime, il la soumette à la loi de Dieu, qu'il l'applique malgré elle au service du prochain, et qu'il la réduise encore au total anéantissement d'elle-même (656). C'est en quoi le nouvel homme est différent du premier qui avait été créé dans une telle sainteté, que la chair et les sens suivaient les inclinations de l'esprit et vivaient ensemble dans une parfaite intelligence, étant toujours d'accord dans leurs mouvements, et toujours également portés aux œuvres de sainteté et de justice, cequi n'arrive pas dans le nouvel homme et dans les Chrétiens de qui la chair n'est pas sanctifiée

La seconde différence qui se rencontre entre la sainteté du Chrétien et du nouvel homme réformé en Jésus-Christ, et celle du premier homme dans l'état d'innocence, est que la saintetédu Chrétien le porte incessammentà se priver, autant qu'il le peut, des créatures, qui depuis le péché ne lui sont quedes sujets de tentation, pour s'appliquer à Dieu par la foi pure, dans un dénûmentde toutes choses : au lieu que la sainteté du premier homme et la grâce de l'innocence en Adam ne le séparaient pas de la sorte et ne l'obligeaient pas à cette privation, l'appliquant même aux créatures, pour lui faire remarquer en elles les beautés divines qu'elles exprimaient l'élevant ainsi à Dieu sous ces formes visibles et par le ministère de ses sens (657).

Cette différence marque la grande pureté

(651) Vestis ad lionorem et gloriam plane sacrati sauclique gem-ris , Cliristus est : alque prœclarum ac supernum sanctarum animarum omamenlum. (S. Cïrill. Alex., De ador. in spir. et ver., lib. il, qui est De sacerd.)

(652) David ex persona Dei. de eis qui in Ecclesiis sacerdolali munere funguntur, dicit : SacerdoLes ejus indttam salutari. Paulus indueie Dominum Jesum praeepil ; hoc illud est de cœro habilaculum, i lia exsullalionis lunica et indunientuin salmis, (lbid.)

(653) Christum induimini, id est, formant Christi sumite vestem, ut habilus et forma illias undique fulgeat et lepiaesenlelur in nobis. (S. Ansel., In Rom. m.)

•(654) Dicilui- induere Christum qui imilatiir, quia sicul bomo conii.ieiur vestimento, et sub ejus colore videlur, ita in eo qui Christum imiiatur opeia , Chiisti apparent. ( D. Thom., In Rom. xm, 14.)

(655) Adam non opus babebat eo adjutorio quod implorant sancli in bac vila ad quos peitinet liberationis gratia, cum dicunt : Video aliam tegem in membris meis repugnantem legi mentis meœ, etc. Quoniam in eis caro concupucit advenus spirilum, et spirilus adiersus camem... llle vero nulla lali rixa a seipso adversus seipsura tentatus atque turbatus, in illo beaiitudinis loco sua setura pace

fruebatur. (S. Auc, De corrept. et grat., cap. 11.)

(656) Byssus est genus lini candidissinti, et au summum caiidorem milita vexatione et ablutions perductum. Significat autem peifectam carnis munditiam secundum illud quod in Apocalypsi (xu, 8) legilur : Byssus sunt sanctificaliones sanctorum. Hanc munditiam caro sacerdotis ex se non habet , sicut nec linuui ex se est candidunt ; sed, suait dlctuin est, mullis castigatinnibus et ablutionibus reddilur candidum, utaptum liât iiidumenlis ponti ficum... Forma est sacerdolalis mundilix, ut secundum Apostolum sacerdotes camem suant castigenl et in servitulem redigant , et prseunle gratin. babeant per industriam , quod non polueruui habere per iialurani. (lvo Caruoi., De signif. induni. sacerdot., serin.. 3 in synod. ; Hugo a S. Victore, De sacrant. Christ, fid., lib. u, p. 4, c. 2.)

(657) Qui non renunlial omnibus quœ possidet non poiest meus esse disciputus. (Luc. xiv,55.)

Crealurœ Dei in odium fuctœ sunt, et in lentalionem et in muscipulum vedibus insipientium. (Sap.

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