CHAPITRE IX
De la tonsure et de la couronne des clercs.
La couronne que l'on fait aux clercs est une marque de l'empire qu'ils ont sur eux-
mêmes et sur les mouvements de leur chair (682).
Cette couronne se fait par le retranchement de leurs cheveux : ce qui marque comme ils doivent être séparés intérieurement, des choses superflues du monde (683-89), et qu'ils ne doivent pas être plus sensibles à toutes les pertes qui leur peuvent arriver sur la terre, qu'ils ne le sont à la coupure de leurs cheveux.
Ils protestent par là, que non-seulement ils ne sont plus attachés à leurs cheveux, qui servent d'amusement à la plupart des gens du monde et qui font une partie de leur plus grande vanité; mais encore qu'ils en abandonnent toutes les autres superfluités, desquelles ils ne veulent faire non plus d'état, que de ces excréments qu'on leur coupe (690).
Ils témoignent qu'ils regardent tous les biens de la terre comme de la corruption (691), et qu'ils connaissent que tous ces amusements extérieurs ne sont pas plus utiles que ce qu'on leur retranche de leurs cheveux, qui ne valent pas même le brûler, à cause de leur mauvaise odeur : ce qui exprime l'inutilité de la créature présente, qui un jour sera brûlée comme une chose immonde et comme un excrément impur qui déplaît infiniment aux yeux de Dieu (692).
Les cheveux ne sont que la décharge du superflu de l'homme. Et cette supertluilé doit être d'autant plus en mépris aux saints ministres des autels, qu'elle sert d'ornement et d'un fol amusement aux gens du monde, qui, par une vaine affectation, recherchent à relever par là leur beauté, et qui en font le sujet d'une sotte complaisance.
La pompe et toute la vanité du siècle est en estime aux hommes terrestres, parce que c'est ce qu'ils considèrent comme l'ornement du monde (693). Mais aux yeux de
(676) Sacris vestibus indutos extra tabeinaculum vuleri non perniiltit, ne sanclificata? res, si ad impures hoinines perveniant, contracta ex alienis labe sancli tabernaculi venerationeni inmiimiaiit. (S. Cyrill. Alex., Deador. in spir. el vent., lib. xu.)
(677) Tabei-nacubim Dei in lerra Ecclesia est. (S. Ace, 7»i psal. xu.)
(678) llabere Cbrislura nemo poierit, nisi qui in ejus Ecclesia fuerit. ( S. Ace, De unit. Ecoles., c. 19.)
Ecclesia candelabrum est, qux bajulat verbum vitœ. (S. Chrys., boni. 10, in Mallh. v, Op. imp.)
(67î>) In mundo pressurant habebitis. ( Joan. xvi, 55.)
(680) Ponile vobis Ecclesiam ante oculos ad instar similitudinem paradisi. ( S. Acgust., In psal. xlvii. )
(681) Templum cœli loco habemus, et paradisi in Edem similitudinem gerit. (Simeon Tbessalon., De tempt.
(682) Corona regale decus significat, quia servire Deo regnare est. Unde minislii Ecclesi* reges debent esse, ut se et alios regant. (Petr., iv Sent. diff.' 24, lit. Quales assum. in cler. )
(685-89) Kasio capitis est lemporalium omnium ûepositio. (S. Hieron. 12, q. 1, c. Duc. snnl. )
(690) Cajiut radere significat cogilaliones terrenas et superfluas a meule resecare. Nec incongrue
per pilos et capillos significantur cogilaliones superflus!. Sicut enim pili non sunt pars, sed quaedain superfluilas procedens a corporis bumore : sic bona lemporalia non suut nobis naluralia, sed aliéna et supeillua. (Ace, Tract, de coniemplu mundi, c. 5. ) (091) Omm'a arbitrer ut stercora. (Philip, m, 8.) (692) Piloium ademplio mentis purgalionem innuii, quam in nobis divinum illud et penetrans Dei verbum ellicit... ex animo abradens insitorum in nobis carnalium moluum impiiritalem... quam legem peccati Scriplura vocal, et quae sancli Spiritus virluie piaicisa enervaiur aique eliamsi rursus in nobis pulltilet vehementius, tondetur. ( S. Cyrill., lib. xi Deador. in spir. el verit.)
(695) Saeculi liomines suspiciunt eos qui bis gaudent privilegiis : nos laudamus qui pio Salvaiore ista despexerint. (S. Hier., Ad Euslocli., epist. 27.) Spiritualis liomo omnes mundi res preiiosas, divilias, luxum, acomnem voluptateni, etoinnia quse sunt iiiijus sseculi, exsecranda ducit et odio digna. (S. Macar., hom.9. ) Pretiosum stercus. (S. Grec. Naz., orat. 58. ) Haec eiqui me in sortein accepil dono dedi ; ex iisque hune dunlaxal fructum cepi, quod conlempsi, ac quœdam liabui quibus Cbiisium anteponeicm. (Ibid., orat. 1.)
SSt
TRAITE DES SAINTS ORDRES