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COI

TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. II. DES ORDRES INFERIEURS

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où étant élevé, il doit, par le soin particulier qu'il apportera à conserver les choses saintes et les trésors de l'Eglise, témoigner combien un jour il sera soigneux à conserver les trésors du ciel, les mérites des saints et les sacrements de l'Eglise dont il aura la dispensalion (781).

Le portier doit aussi avoir un très-grano zèle pour la maison de Dieu ; et comme il est de son obligation d'entrer dans la religion du prêtre et de Jésus-Christ, même envers son Père, et de son amour envers son Eglise, il doit avoir une grande vigilance pour en conserver l'honneur, et une fermeté inébranlable pour en bannir toutes les irrévérences, et pour n'y rien souffrir qui en puisse choquer la sainteté (782).

C'est ainsi que Notre- Seigneur, pour figurer ce que doivent l'aire les portiers, et pour faire paraître, en sa personne, la vertu de cet ordre, chassa du temple les vendeurs et les acheteurs (783), disant à son Père : Zeius domus tuœ comedit me : « Mon Père, te zèle de votre maison me décore. » (joan. n, 17.) Car, par là il voulut marquer un zèle extrême de la gloire de Dieu, une aversion très-grande pour tout ce qui s'oppose à l'honneur et à la sainteté de son Eglise, et particulièrement une très-iorte opposition à ce lucre sordide, qui, selon saint Paul, est un culte d'idole tout à fait opposé au culte de Dieu et à sa sainte religion (784)

Il faut que ce zèle rende le portier saintement passionné pour la beauté des églises , pour la décoration des saints autels , pour la magnificence de ses ornements (785) , en sorle qu'il puisse dire avec le Prophète : Domine, dilexi dccorem, domm tuœ, et locum habitalionis gloriœ tuœ : « Mon Seigneur, fui aimé la beauté de votre maison , et la décoration du lieu de votre gloire. » (Psal. xxv , 8.)

Dieu ne veut pas seulement un culte intérieur, mais il veut encore qu'on iui en

psa.. xc.

Animiis enini lerrenorum cupidilale sordescit. (S. Aie, serai. M, ex addil. Parts., c. 2.)

(781) Ecclesiaslicus ideirco Deo se probat, ut lune dévolus oflicium implcal quod spopondit, in Dei reluis sollieilus, a sa;culi negolio aliénas. (S. Ambr., In II Tim. u.j

(782) Uiuunquemque zelus Dei conieilat... Si in domo tua ne quid perversum liai salagis, in donio Dei, ubi sains proposita esl, debes pâli, quantum in te est, si quid forte ibi perversum liai. (S. Ace, Iracl. Il) in Joan.)

(7,-<5) Hoc ollicium Dominus iniliavit, qu.indo flagcllo de funiculis facto vendentes cl émeutes de lenipbi ejecil et cathedras nuinmulariorum cverlil. (Ivo Carnol., Serm. de cxcell. sncr. urd.)

(784) 'Jiiis coincdiliir zelo domus Dei? Qui omnia qux lorte ibi peiversa salagit emendaie, cupil corrigera : si emendare non potest, tolérât, gémit. (S. Aie, tract. 10, in Joan. n.)

Si Judaîi qui timbra legis deserviebant (i;ec facicbanl, mnllo inagis quibus Veritas pateiaela est, leinpla prout molius possumiis ornare debemus, (Kklix Papa IV, Ephl. ad omit, episc.)

(785) Nibil in ecclesiaruui vasis, oi uaniciilis, li-

rencte un extérieur, et c'est pour cela que l'on voit des temples si magnifiques et si majestueux, qu'il s'est fait ériger à sa gloire; que l'on emploie des ornements si précieux et si augustes pour ses divins offices; que l'on entend des sons de cloches si harmonieux pour appeler les fidèles à l'église, et que, par tout le monde, l'on découvre des marques si célèbres et si augusies de la religion (786).

Comme ce sont principalement les prêtres qui sont chargés dans l'Eglise de tout le culte et de toute la religion, que c'est à eux à qui l'on en confie l'extérieur aussi bien que l'intérieur et que, par celte obligation, attachée à leur ordre, ils doivent avoir un grand zèle pour la magnificence des églises, pour la beauté de ses ornements, pour la majesté de ses cérémonies et pour tout ce qui peut donner estime et rendre la religion vénérable dans l'esprit des peuples (787), il faut que les portiers qui commencent à entrer en part des fonctions aussi bien que des pouvoirs du prêtre, par ces emplois extérieurs du culte de Dieu qu'on leur confie, entrent aussi dans son esprit et dans sa gi Ace. Et, pour cela, ils faut qu'ils s'ap|-liquent avec beaucoup d'amour à ces mêmes fonctions, et ils doivent s'en acquitter avec tant de zèle, de vigilance et de fidélité, que l'on ne puisse douter que ce ne soit leur vocation, et que ce ne soit Dieu même qui les y appelle, pour les charger un jour de toute sa religion (788).

Ils doivent surtout prendre garde de ne point négliger les offices qui paraissent les plus vils et les plus abjects aux veux du monde (789), comme sont de balayer l'église,, de tenir propres les autels, d'en frotter même souvent les marche-pieds, d'avoir soin, particulièrement, que tout ce qui est dans le chœur soit extrêmement net, comme étant le lieu qui représente le paradis, et où, par conséquent, on doit voir reluire une plus grande uurelé (790)

bris, aut aliis mobilimis sordidiun SU, sed oinnia minuta et nidore splcudenlia appaieant. (Conv. Melodun., ami. 1579.)

(780) Non consécrations solum, sed ipso eliam nidore et uiuiuliiic loci majestas religioque eonservaiur. (Cvnc. ï'o/os., ann. 1590, p. S, c. 1.)

(787) Maxime sacvrdmi boc convenu ornare Dei lempium décore congrue», ut eliam hoc cultu aula Domini resplendeal. ( S. Ajui., lib. n Olfic, c. 21.)

Basilicas Ecelesia; diversis Ûoribus et arboium comis vitiumque pampinis adumbravil, ut quidquid placclial in ecelesia tan; disposilione qiiam visu presbyleri laborcin et studiuin testarelur. (S. Hier., episl. 3, ad lleliod.)

(788) Sit eis Ihlelissima cura iu domo Dei diebus ac noetibus. (Pontifical. Rom, iu ordin. oslioi.)

Virlutis medilalor vii tulem excrcu.hU, et paralo sacerdotio, curaiu locorum sacroruin', alque ra-rcmpniarum geret ; qujc nisi accédant, suiii quidem virtules, sed inunouc et oliobe. (Philo, , in id : Hcsipuil Moe.)

(789) Mens Clnislo dedila aeqite in majoribiis el in.mwiniibus intenta cs'..(S.,IIieiio.\ , epist. 5, AU lleliodor.)

(790) Osliarius singulis oclo diebus ccclcsiam

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but

C'est à quoi les oblige l'esprit de leur ordre; premièrement pour exprimer, par là, au peuple grossier quelle doit être la pureté du ciel. Secondement, pour témoigner quel est l'amour qu'ils ont pour Dieu, par ce grand amour qu'ils font paraître pour l'Eglise ; car celui qui aime bien son maître ne peut souffrir que sa maison soit sale, et il en ôte avec soin toutes les ordures qui ne lui plaisent pas. Troisièmement, pour édifier le prochain, qui, voyant ce soin et cet amour pour l'Eglise dans les serviteurs de Dieu, ne peut qu'il n'estime cette sainte maison, qu'il ne se tienne heureux de pouvoir ensuite contribuer à son ornement, et qu'il n'en estime même le maître, qui a des ministres si fidèles et si saints, et qui est servi avec une si grande religion.

Que si les portiers ressentent quelquefois en eux de la répugnance à ces fonctions, qui semblent porter quelque humiliation devant le monde, qu'ils se servent de cette répugnance même pour s'en acquitter avec plus de courage et plus de joie; considérant qu'ils ne doivent pas se contenter de tenir leur humiliation cachée, comme les religieux qui renferment la leur dans leurs cloîtres, où souvent l'humiliation est estimée et l'avilissement est glorieux, mais qu'ils la doivent porter devant les veux du peuple, qui souvent ne l'estime pas et qui s'en moque, parce qu'ils doivent être des modèles de toutes les vertus chrétiennes, et faire vivre Jésus-Christ en leur personne à la face de toute l'Eglise

Le portier doit aussi sonner les cloches (791) pour appeler les fidèles à l'Eglise, ce qui désigne encore une des fondions intérieures du prêtre, qui doit user de sa voix, et employer ,sa parole pour attirer les peuples à Dieu. Les cloches sont les suppléments de la parole et de la voix. C'est pourquoi les portiers, que l'on prépare au sacerdoce, et qui commencent au moins extérieurement à entrer en part de l'exercice du

scopis verrat, alque omnium sordium génère expurge!, pulvercm a sacris imaginibus ejiciat. Parietcs detergendos curet, etc. (Statut. Joan. Bonhomii Vercell. episc, cap. De ordin. funci.)

Erat sollicitus si niterel altare : si parietes absque fuligine : si pavimenla lersa : si sacrarium niun- (hini : si vasa liiculenla et in omnes caeremonias ilisposita. Non minus non majus negligebat officiant. Ubicunquc eum quuereres, in ecclesia iuvenires. (S. Hier., epist. 5, Ad lleliod. de Picpot.)

Cum clerici in suo quisque ofiicio quse singuli singula gorebant non cessaient, sed pulclierrinio online quisque quod agendum receperant, mtituo sulisevvientes exsequerentur, nonne tum Ecclesia pliiiinium babebal non soium alacrilatis, sed eliam iiiajeslatis ? etc. Legiiimus ille ei pins convenais profanas in admirationem soi rapiebat, idiotam aut iucredulum ingressum ecclesiani sanclorum procidere in faeiem suam, et adorare Deum, profllentem quod Deus sit in medio eorum. (Enclurid. Colun. urckiep., De sacrant, ord.)

Decet actuum noslrorum lesiem cssepublicam a?slimalionem et altestalionem, ut qui videt ministruin altaris congruis ornalum virtulilius auclorera prsedicet et Douiinuui vciierelur. (S. Amuii., lib. i Offre, c. uh.

prêtre, sonnent les cloches : ce qui montre la grande charité envers le prochain, et le grand zèle envers les âmes qui doit être en eux. Car, par la peine qu'ils prennent en cet emploi, ils professent et prolestent hautement qu'ils voudraient de bon cœur pouvoir parler aussi haut que les cloches, et se faire entendre d'aussi loin, pour appeler tout le monde à l'église

Comme ils entrent dans l'esprit et dans les vertus du prêtre, et qu'ils en font extérieurement les fonctions, ils doivent avoir le zèle non-seulement de chasser de l'Eglise les indignes, mais encore d'y appeler les bons, d'exciter les languissants, d'échauffer les tièdes (792).

Ils participent déjà à la dignité de Jésus- Christ, qui est la porte et le portier du paradis (792*). C'est une qualité qu'il communique aux prêtres, et par avance aux portiers qui en reçoivent la participation dans ce premier ordre, qui est un commencement du sacerdoce

C'est une dignité éminente que ceiie de portier, c'est une gloire inconnue , c'est une grâce que pour l'ordinaire on ne conçoit pas, et qui est souvent ignorée par ceux même qui sont élevés à cet ordre ; car sans doute ils trembleraient s'ils en avaient l'intelligence, et peut-être que s'ils y avaient bien pensé, ils n'auraient jamais osé y prétendre.

C'est pour cela que, dans la primitive Eglise, il y avait quantité de personnes qui demeuraient toute leur vie dans la simpie mais trës-auguste cléricalure, sans oser aspirer plus haut. Dieu ;;-e les appelant point à la sublime qualitédeportier.qui est maintenant en mépris à la plupart du monde, à cause que la plupart ne la comprennent pas (793).

Il n'y a rien de petit dans l'Eglise ; tout y est auguste, tout y est majestueux, et les choses les plus basses en apparence renferment en elles des secrets si sublimes et si magnifiques, qu'on n'ose presque les en-

(791) Ostiarius campanaspulsel. (Concit. MedioL, !, sub Carol. Boroin., p. u; Tertul., De osliar.)

Ostiarium oporlel perculere cymbaluin et campanain. (Pontifical. Rom., in exborlat, ad osliar.)

(792) Campanse prsedicalores significanl qui lideb's ad simililudineni campait» ad fidem vocare délient. ( Durand., Mimât, episc, lib. î Divin, offi., c. 1.)

Prxdicatores qui per carapanas figuraniur, tempore gratis opportune et importune instant. (Ibid.)

Fugiens ( ostiarius ) lerieiiain babitalionem cor suspendat, pendensque de turre forlitudinis... gesiet lignum crucis in capile mentis l'uneni exinde colligàlum, id esl vinculum < barilalis usque ad infliiios fralres quasi ad terrain porrigat. lnstans opportune, eteos qui dormiuni ad laudeni Dei violenter excitans. (Hugo a S. Vict., Mitcell., n, lib. v, lit. 18.)

(792') Ipse se ostiarium signans dicit ( Joan. x, 9 ) : Ego sum ostium (Magist. Sentent , lib. tv, dist. 21, De ostiar.)

("93) Vix timbra vetciis Ecclesiae nostiis ecclesiis remansit, etc. Nemo l'ère nunc suo ollitio ad vêlèrent morein fungilur, nomma tauluin relinemus ; miiiius nemo exsequilur, sed in pneros seu conductitios passitu relegatur. Ai ol'uti quant non tuent

TRAITEDES SAINTS ORDRES. — PART. II. DES ORDRES INFERIEURS

visager, tant elles sont élevées et remplies de mystères. Par exemple, cette dignité de portier, qui paraît basseaux yeux du monde, renferme néanmoins des mystères très-relevés (794), et Notre-Seigneur n'aurait pas institué un ordre exprès pour cette dignité, si ce n'était pour une chose bien excellente.

Elle est si auguste en elle-même, que, pour en recevoir la grâce, il faut l'institution d'une cérémonie, et l'application de Jésus, figuré par l'évêque, qui le représente dans son plus haut état (795). Car J'évêque qui est celui qui donne le Saint-Esprit, et qui l'envoie dans les prêtres pour prêcher comme les apôtres, est une ligure du Fils de Dieu en J'état de sa souveraine perfection, assis dans les cieux à la droite de son Père, donnant et envoyant son Saint-Esprit au monde (79C). C'est en cet état de son ascension , que Sotre-Seigneur jouit de ses plus hautes dignités, comme de celle de juge, de roi, de souverain pontife, ainsi qu'il est exprimé dans le psaume cix, où David l'appelle son Seigneur, qui doit avoir tout le monde pour l'escabeau de ses pieds, qui doit juger les nations, qui est déclaré prêtre par le serment de son Père, selon l'ordre de Melchisédech. C'est en cet éminent état que le pontife le représente dans l'Eglise; et cependant rien moins qu'un évêque revêtu du pouvoir de Jésus-Christ montéaux cieux, rempli de son autorité, et le représentant sur la terre, ne peut, au moins en qualité de ministre ordinaire, conférer l'ordre de portier, qui est un ordre où les clercs commencent à participer aux plus grandes dignités du Fils de Dieu (797).

Il faut donc concevoir de grandes idées de cet ordre pour en avoir toute l'estime que la religion demande, et comme il est mille fois plus saint et plus élevé que toutes

contemnendum eliam illud inler csetera minimum inunus osliariorum, etc. (Encliirid.archiep. Colon., De sacram. ord.)

Reperio omnes sanetos divini ministerii ingenlem veluti molem fnrmidantes. ( S. Cïr. Alex., hom. 1 De fest. Pasch.)

(794) Lex nihil quodaddivinum cullum perlineat exiguum existimare permitlit, aut ejusmodi quod sacerdotal! opéra sit indignum. ( S. Cyrill. Alex., De ador. in spir. et verit., lib. xu. )

Quuî per se vilia sunl, lides efficit preiiosa. (S. Léo.)

(795) Presbyter, diaconus et alii elerici ab uno episeopo ordinenltir. (Can. 2 apost.)

Neque fas est diacono sacrilicium offerre, neque presbytero ordinationes clericorum facere. (Consi. apnst., lib. vin, c. 46 ; item, lib. m, c. 20. )

D. Thom., Suppl., qu. 58, a. 1 in c.

(790) Jesuin représentât sacerdos : ejus enim potestatem per consecialionem est adeptus ; et amphus prae sacerdote pontifex qui et in cathedra Cluisti sedere dicitur, et poiestatis ejus copiam oblinel. (Simeon Tliessalon., De templo.)

(797) Pontifex de throuo in quo apparet descendons, Dei Verbi ad nos condescensionem figurât... El ad consessum supeiius contendens, Chnsti ad dixteiam Patris sessionem notât. (Ibid.)

(798) Ordinis quo iniiiaius est funttiones, non

les dignités du monde, il faut que ceux qui y sont appelés dans l'Eglise s en estiment tellement honorés, qu'ils soient ravis d en pouvoir faire les fonctions, lesquelles ils ne peuvent négliger sans se rendre coupables et tout à fait indignes des ordres suuérieurs (798).

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