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CHAPITRE IV

De l'ordre des acolytes.

L'acolyte esl encore une représentation d'une partie de ce que le prêtre esl dans l'Eglise; car il fait une des fonctions extérieures du prêtre en la maison de Dieu. 11 porte les chandeliers et la lumière ardente devant le peuple, pour montrer que le prêtre est le chandelier de l'Eglise, qui doit porter la lumière pour éclairer le monde (885).

Il entre par là en participation de Notre- Seigneur qui dit (Joan. vui, 12): Ego sum lux mundi (886) : « Je suis la lumière du monde : » et qui dit aussi àsesapôtres et à ses disciples (Mj^/i. v, 14): Vos estis lux mundi: « Tous êtes la lumière du monde: » car vous devez éclairer tous les hommes non-seulement par ma parole que je vous mets en bouche (887); mais encore parles bonnes œuvres qui seront en vos mains, qui leur découvriront quelle est la souveraine puissance de mon Père, et quel est le respect que mérite une Majesté si auguste, et qui est si saintement servie (888).

C'est pour cela qu'entre les moindres or-

(880) Ne illis snecumbatis qtios ab aliis vestro nlinislerio effugatis. Discile per officium vestrum vitiis imperare, ne in moribus veslris aliquid sui juris inimicus valeal vindieare. Tune etenim recle et aliis daemonibus imperabilis, cum prius. in vobis eorum niulliniodai» nequiliam superalis. (Puniif. liom., in ord. exorcisl.)

0 si audire eos velles el videre quando a nobis adjuranlur, et torqueniur spiiitualibus flagris, el verborum tormeniis de obsessis corporibus ejiciuntur : quando ejulanies et genieiites voce humana et poieslale divina, llagella el verbera senlientes ventuiuui judicem conlitentur, veni et cognosce \era esse quai dicimus. (S. Cytrian., Contr. Demetrian. Ajiicœ proconsul.)

(881) Hoc genus dœmoniorum non ejicitur nisi, etc. (Matih. xvn, 20 )

Qui eniin oiai el jejunat... terribilis bosiis dœmonibus reddilur; nihil enim est homine probo orauie polenlius. (S. Chkysost., in bunc loc.)

Precibus et jejuuiis lideque in Doniinum illico ipsi cadunt. (S. Anton., apud Aihanas.)

(882) Invisibiles adversarii el incorporâtes bosies, non erunl contra nos validi, si nullis carnalibus desidenis fuerimus imuiersi. (S. Léo, serin. 1 De jejutùo l'entec.)

Débet babere spiiilum nnindum, qui spiiitibus ïmperal iiniiiuudis, ul concordel viia cum ollicio, et maiignuin quem per acceptum ofliciiini expellii de corpore alieno, per inuiuliliain vilue expellat de corde suo, etc. No dicatur ei : Medice , cura le ipsum. (Ivo Carnol., Serin, de extell. sacr. ord.)

(883) Ajuiali per Deiiui veium nobis slalim ee-

dunt, el fateutur, et de obsessis corporibus exire coguntur. Videas illos nostra voce et oratione flageliis c;edi, igni torqueri, incremenlo poème propaganiis extendi, ejulare, gemere, deprecari unde veii ui ii t et quando discedant, ipsis eliam qui se colunt audieniibus eonhleri ; et vel exsiliunt slalim, vel evanescunl gradatim, prout lides patientis adjuvat, aut giatia curantis aspirai. (S. Cypr., De idol. vanit.)

(88i) Crux Christi tropseum diaboli in quo et crucilixus et iriumphaïus esl. ( Orig. , liom. 8 in Jos.)

Hoc tropseum singularis triumplii, ut praedae suce praedo ipse, capiivis suis ipse captivus , vinclis quondam suis, vinclus ipse diabolus uuuc tradalur. (S. Petr. Chrysol., serm. 170.)

(885) Idchco nos elegii ut simus quasi luminaiia, ut magistri caeierorum efficiamur. (S. Chris., boni. 10 in I Tim.)

Quod est candelabium ? Omnis ecclesiasticus vir babens verbum Dei. (S. Ciirysost., boni. 10, in Mallh., v.)

Sacerdos Ecclesiœ lumen est. (S Isidor. Pelus., lib. i, episl. 519.)

(880) Hoc ollicium Dominus-si babere teslatur in Evangelio dicens : Eyo sum lux mundi, etc. (l\o Carnot., Serm. de excellent, sacror. ord.)

Acolytbum se iudicavit dicens : Ego sum lux mundi. (Hugo a S. Vict., Spec. eccles., c. 5.)

(887) Aposloli oculi et lumen lolius mundi constiluii ae brdinali sunt. (S. Macar., boni. 1.)

(888) Ui qui videl minislrum altaris congruis ornaïuni virlulibus, auctorem prxdivet el Dominuui

TRAITE DES SAINTS ORDRLS. — PART. II. DES ORDRES INFERIEURS

dres, il n'y a pas seulement l'ordre des lecteurs, que le pontife exhorte d'être ornés de toutes les vertus, et de paraître avec modestie pour faire entendre la parole de Dieu en la lisant; mais il y a encore l'ordre des acolytes, qui font voir par les chandeliers et par la lumière élevée qu'ils portent, que le prêtre doit être élevé au-dessus de tous les peuples par ses vertus et par l'éclat de sa grâce et de ses bonnes œuvres, afin de pouvoir éclairer le monde par son exemp.e (889).

Les évêques dans l'Apocalypse sont figurés par ces chandeliers, au milieu desquels Notre-Seigneur se promenait, pour nous donner à entendre que c'est au milieu d'eux que repose la plénitude de l'Esprit de Jésus, qui leur fait part de sa lumière pour éclairer le monde, et qui est en eux pour briller avec éclat aux jeux de tous les hommes (890). Et c'est à cette grâce que participent les acolytes, qui doivent pour ce sujet être revêtus des vertus de Notre- Seigneur, pour en donner l'exemple, et pour en inspirer l'amour à tous ceux avec qui ils conversent (891).

Ils doivent commencer d'entrer en part deJésus-Christ, lumière de l'Eglise, qui n'éclaire pas seulement l'intérieur: ///uminoîonmem/tominem venientem in hune mundum (Joan. I, 9) ; qui est ce qu'ils sont obligés de faire comme lecteurs ; mais qui éclaire erreore extérieurement par les pratiques des vertus chrétiennes, dont il leur donne exemple, afin qu'ils les répandent ensuite dans l'Eglise, comme des lumières élevées sur le chandelier (892).

Et c'est pour cela que les acolytes sont toujours aux deux côtés de l'évangile, quand il est chanté dans l'église par le diacre. Et il y en a aussi deux qui sont devant le prêtre, quand, dans l'Ofiice divin, il chante les oraisons et les chapitres, qui sont tous

veneretur qui laies scrvulos liabcat. (S. Ambr., lib. i Offtc, cap. ult.)

'889) lia lucere délient eorum opéra ut populo sint tanquam lucerua lucens in caliginoso loco ad propulsandas tenebras et dirigendos pedes eorum in viam pacis. (Synod. Turon., an. 1557, lit. De lus quee incumbunl fucienda reclor. et cler.)

Nibilest quod sic boniinem facial insignem atque couspicuum, ut splendor isle virlulis. Sicut enini ipso sole circumdalus ulique claïus refulget, etc., ornai qilideiB luba documenta sunl operum claiiora, vilaque munda ipsa est luce fulgenlior. (S. Chrïs., boni. 15, inbsecverb. (Luc. xi, 55) : Nemo accendit lucernam.

(890) In prselaiionis culmine constitutif tolius sanclitatïs débet refulgere splendore. (B. Laurent. Justin., De regim. prœl., c. C, n. 5.)

(891) Videle ut cujus typum gestatis in nianibus, ejus iidein gestetis in mente, confessionem nominis iu ore, iniilationem in opère. (Petr. Ries.)

Anioiem innocentia; conversatione demonstreiii, sicut dignilas exigit ordinis. (S. Bern., lib. ni De cunsid., cap. ult.)

(892) Tanla islius luminis virtus est, ut non so- Ium bie fulgeat, veruin eliam ad vilain aHeruam possit perduceie. (lbid.)

Lucernas ardentes habere debemus, id esl mentes a lide accensas cl operibus veiiiaiis reluccnles.

tirés île l'Ecriture sainte, pour montrer que le prêtre doit joindre cette double lumière, l'extérieure et l'intérieure, pour satisfaire à toute l'étendue de son obligation, et à tout ce que demande la sainteté de sou é.at (893).

II faut donc que l'acolyte se considère comme étant mis dans l'Eglise ainsi qu'une lumière éminente qui doit éclairer tous les fidèles. Il faut que la lumière matérielle que son ollice l'oblige de porter devant les yeux du peuple, lui fasse connaître qu'il est encore plus obligé de l'édifier par son exemple et par la sainteté de sa conduite (89i).

C'est là le grand dessein de Notre-Seigneur sur les prêtres, en qui il veut se rendre visible à son Eglise. Il veut être en eux comme dans des trônes de cristal, au travers desquels se faisant paraître en sa majesté et dans l'éclat de sa sainteté, on puisse voir ses vertus se répandre ensuite comme autant de rayons pour éclairer le monde (895).

Cest ainsi qu'ils en sont la lumière, comme Notre-Seigneur même le témoigne en parlant à ses apôtres (Matin, v, 16): Laceal lux vestra coram hominibus, utvideant opaa vestra bona, et (jlorificent Palrem vestrum qui in cœlis est : « Que voire lumière luise devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les deux. » Voilà l'obligation indispensable des prêtres, et à quoi doivent aussi travailler les acolytes, qui reçoivent pour cela dans leur ordination le même esprit que le prêtre, quoiqu'ils ne le reçoivent pas dans une si grande plénitude (896).

C'est pourquoi dans l'exhortation que l'évêque leur fait en les élevant à cette dignité, il leur en donne expressément l'avis. Car, après leur avoir dit ces paroles de Notre- Seigneur que nous venons de rapporter, il ajoute : Ut filii lucis ambnlate : Estole igitur

(Tertull., lib. iv Advers. Marc, c. 29.)

(895) Acolyihi Giaece, Laline ceroTerarii diciinlui a deportandis cereis quaudo legeiidum est Evangeliiim, aut sacriQcium oflerenduni. Tune enini accendunlur luminaria ab eis et deportantur... ul sub lypo luminis corporalis i lia lux oslenJatur, de qua legilur in Evangelio : Eral lux vera, etc. (S. Isid., et Conc. Aquisg., lib. x, c. 12. Idem babet Alcuiu., De dh'inis uffic, lit. De tonsur. cleric.)

|89"4) Ideo ceieos accensos déférant, ut sicut yisibile lumen nianibus gestant, ita opéra lucis pioxi mis oslendant, et more lucis erranlibus viam in le nebris palpantibus ducalum prxbeant. (Ivo Carnot., Serm. oe excellent, sacror. ord.)

Qui lucein boni operis aliis minislral, spiritaliter aeolytlius est. (Hugo a S. Vict., Specul. eccles., cap. 5.)

(895) Oplime in moribus sanclorum, gralia, do clnua ei divinilas Cliristi Dei et Domini nostri eluceï. (B. Laurent. Justin., De regim. prœl., c. 15, u. 4.)

(896) Cœlestem in lerris vilam tanquam angeli Dei moribus veslris exprimere ulque adeo stuilete, ul a vobis divinaium virtutum exempta ad caeleros émanent. (Conc. Mediol. iv, lit. Mouitiones.)

Qiiemailinoiluiu sublimiori eminenl vitse gradu, sic luinine virtutum conspieui praslucere debout... cl praiciptium quoddam prolileri pi,csiaiitiusqut

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