VI
ŒUVRES COMPLETES uE M. OLtEii.
solliciti in omni justifia, bonitate, ut et vos, et alios, et Dci Ecctesiam iUuminetis (897).
Il faut pour cela qu'on voie reluire eu eux toutes les perfectionsdivines, eltoutes lesvertus de Jésus-Christ, pour en donner l'exemple an monde; sans quoi, l'on ne devrait point les promouvoir à ce saint ordre. Il faut surtout leur recommander d'avoir une grande modestie (898) ; parce qu'il n'y a rien qui édifie tant les peuples, et qui soit plus efficace pour leur donner estime de la religion et respect pour nos mystères, que de voir reluire cette vertu dans ceux qui sont appliqués par état au culte de la divine -Majesté (899).
Un extérieur recueilli, une posture modeste, un maintien réglé, une composition de corps respectueuse, montrent dans un acolyte et la présence de Jésus-Christ qui l'anime, et la sainteté de l'esprit qui le règle, et l'auguste majesté de Dieu qu'il sert (900).
On ecclésiastique modeste est un prédicateur muet, mais puissant en vertu, qui porte la dévotion dans les cœurs (901). C'est une lumière sensible, mais vive et pénétrante, qui convainc chacun de son devoir. C'est une statue animée, et une image vivante et spirituelle dont Dieu se sert pour toucher les esprits, pour les élever b lui, et pour les tenir recueillis en sa sainte présence.
Quoique cette obligation d'éclairer l'Eglise et d'y donner bon exemple soit honorable à l'acolyte, ce n'est pas là néanmoins ce qui fait connaître le plus haut point île sa dignité. Il est bien plus relevé que cela par son ordre; car dans la cérémonie de son - istitulion, on lui fait toucher les burettes, qui sont les instruments des principales fonctions de sa charge (902); ce qui représente la haute fonction de l'acolyte, et mar-
que expressément l'union qu'il a au prêtre dans l'exercice de son plus haut ministère, qui est d'offrir le divin sacrifice à l'autel, dont l'acolyte est censé, faire l'apprentissage, par le service qu'il est obligé d'y rendre, et par ces fonctions extérieures qu'on lui fait exercer (903).'
Ces fonctions sont de porter à l'autel la matière du sacrifice, «avoir le vin et l'eau, et de verser l'eau sur les mains du prêtre (904); en quoi il doit donner des témoignages par la modestie et le recueillement avec lequel il approche de l'autel, quelle sera la révérence et la religion avec laquelle il offrira un jour dans l'Eglise ce divin sacrifice, duquel il présente déjà la matière au sous-diacre et au diacre.
Cet ordre, qui est le plus élevé des inférieurs, touche au dernier des ordres supérieurs, qui est le sous-diaconat. L'acolyte met entre les mains du sous-diacre la matière du sacrifice (903), et il lui présente encore lorsqu'il n'est point occupé ailleurs, l'eau pour laver les mains du prêtre, comme il présente au diacre la serviette pour les essuyer (905*); ce qui est un digne emploi pour exercer la religion de l'acolyte. 11 doit en cette fonction révérer tellement la majesté du piètre, que, le considérant dans une dignité infiniment élevée au-dessus de lui. il s'estime indigne de le servir par luimême, et de -verser l'eau et lui donner la serviette pour laver et essuyer ses mains. C'est dans cet esprit qu'il donne l'une et l'autre au sous-diacre et au diacre, comme à des personnes plus dignes que lui, pour les présenter au prêtre, se tenant cependant dans les mêmes sentiments qu'était saint Jean, qui ne se jugeait pas oigne de délier la courroie des souliers de Jésus-Christ Notre- Seigueur (900).
vivcmli genus (puni alios exempta excilel ad sanclitalem. (Stjnvd. Phan. an. 1059, lit. Decleric. lit., cup. 22.)
(80 1) Qiiatenus lmncn visibile manibus prseferenies, lumen quoque spiiiiuale muribns prabeant. (Pontifical. Hum., in oui. acolylb.)
(81)8) Omni virlutiim génère ornari délient : spe- Claculum facli mundo, angelis ci bomimbu's, etc. (Conc. Burdig., an. 1585, De vit. etmor. cteric)
Omnibus viilulibus ilebel es.-e ornalus. (S. Cimvs., 7» Matth.)
(899) Nihil est quod alios magis ad pietatem et Dci culluin assidue inslruat, quaui eoitim viia et exemplum qui se divino niinislerio inanciparuiil. (Conc. Trid., sess. 2, c. 2, De reform.)
(1100) Ulii Clnisius est modeslia quoque est. (S. Giieg. INaz., epist. 11)5.)
Conversemur ut t>ei lempla; ni Demn constat in nobis babilare. (S. Cvrii., De oral. Domin.)
(1)01) Perpeiuum quoddain prsedicaudi genus. (Conc. Trid., sess. 25, c. 1, De reform.)
(1)02) Forma eslo Gdelium, hoc est, exemplar viix alque inorum. Tanquain imago. Tanquain aniinala lex, veluli régula, ac norma boue Vivendi. (S. ChrïSOST., boni. 15 in 1 Tint.)
Hos vidisse eiudiii est. (Ennod., p. 415 )
Exemplum eslo fidetium (1 Tint, iv, 12) : L't quilibet se respiciens respectu lui silti vilcscal secunduin illud {Job xxxm, 27) : Respiciel Iwmiiiet, id est, prxlalos, et dicet : Peccari et vere deliaui.
(Hugo card., In 1 Tim. iv.)
Etlicacius vice quam lingux leslimonium est : habeul opéra linguam suam, habent facumliain suani eliani tacenle lingua. (S. Cvpr., De dnpl. martyr.)
(l)05j Ul ad suggerendum vinum et aquam ail conficieiidiim saitguinem Christi lilii lui in offerenda Enchaiisiia sanclis allaiibus li leliter subminislrenl. (l'oniif. Iïum., ii> ord. acolylb.)
(1)01) Acolylliuni oporlet vimim el aquam ad Euclianstiam minislrare. (l'oniif. liom.)
Ipsi praeparanl pro Eucharislia suggesta, id est, vinum et aquam. (Durand., liu. n Dietn. offic, c. 7.) Est minislei iiiiu onliualiim ail pisesentandum nialeiiani sacramenii : el Imc compelil accolylho. (I). Tiiom., Suppl., q. 57, a. 2 in c.)
(1)05) Acolyilnis iirceolos vini el aquae subdiacouo porriget. (Cœrem. episc.)
(1)05') Acolytlius diaconum et subdiaconum ad minisierium procedeutes anie ire débet, eisque prout res exigit , minislrare. (Franc. Uomiom., epise. Vercel., Statut.)
Subdiacouus ampullam accipil de manu acolylb i. (Gavant.)
Minislrant acolylhi ampullam aqu.ne cum pelvicula el mariutérgio. (ftubr. Missal. el Comment, in Rubr.)
(906) C.ujus non su m iliouus solvere corriaiam calceamentorttiu. (Luc. in, 10.
TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. H. DES ORDRES INFERIEURS
On voit visiblement quel est le sentiment d'humilité que l'Eglise demande en celui qui est élevé à cet ordre, puisqu'elle l'établit le serviteur du sous-diacre; car le diacre est le serviteur du prêtre; le sous-diacre n'est que le serviteur du diacre'; et l'acolyte n'est que le serviteur du sous-diacre. En quoi elle lui veut faire voir que la hauteur du mystère où il est appelé, et auquel il se dispose par son ordre, qui est l'offrande du sacrifice dont il l'ait l'essai et les préparatifs par ses saintes fonctions, ne peut être espérée que par la petitesse (907);-et que l'on ne peut parvenir à la grandeur du sacerdoce, que par la profondeur de l'humilité de cœur, qui doit donner à l'acolyte un grand amour et une haute estime pour ses emplois, quelque vils et abjects qu'ils paraissent aux yeux du monde (908)
Et d'autant que le sacrifice de louange dans l'Ecriture appartient au prêtre, comme l'une des hosties principales qu'il offre sur l'autel de Dieu (909). On met l'encensoir entre les mains de l'acolyte, comme étant celui qui est le plus digne d'entre les clercs, et qui étant immédiatement après le sousdiacre, a droit d'approcher de plus près des saints autels: et c'est lui qui le porte et qui encense, pour faire voir par la piété de ce saint exercice, quelle est la disposition de son cœur, et surtout quel est son amour et son zèle pour les louanges qu'il présente à Dieu, et qu'il offre en figure dans l'Eglise sous les symboles de l'encens et des parfums qui s'exhalent en odeur de suavité (910).
■ L'acolyte a encore le droit de porter l'encensoir, et de donner de l'encens au peuple ; non par son ordre, car il n'y a point d'ordre qui soit particulièrement institué pour cet emploi, comme nous avons dit ailleurs ; mais par la commission due à sa dignité : ce qui est une image de la fonction du prêtre qui doit offrir à Dieu des prières pour les peu-
(907) Dei est nos ad dignitatis gradum erigere. Nostrum autem inspirante ejus gratia liumiliialem seuiper eligere. (Puiurp. abb.,/>e dignit. cleric, cap. 17.)
Diguiias imliget humililate, nec nisi liumilitas digna est ilignilale. (Ihid.)
(908) Humililae, hnidamentalis est radix totius roieiiliaj dominandi. (Bern. Sen., serin. 2; serin. 10, a. I, e. 1.)
(909) Fungi sacerdvtio et liabere laudem in nomine ipnius, et o If erre ilti incensvm dignum in odorem suauilalis. (Eccli. xlv, 19.)
Immola Deo sacrificium taudis. (Psal. xi.ix, 11.) O sacrilicium gratuilum ! Hoc a uobis quxrit Deus. (S. Aur.., In psal. xux.)
(910) Per Ihuribulum cor liumanum compelenter noialur qnod débet esseaperluni superius ad suscipiendiim;el clausum inlerius ad lelinenduni : liabens ignein cbarkatis et tbus devolionis, etc. (Durand., tib. iv Divin, offic., c. 5, n. (i.)
Thuiibulum est corpus Chiisti, v.el verbum incarna lum, vel cor bominis : ignis charitas , s>-ii fervor devoiionis; incensum oialio. (Durand., lib. iv Divin, offic., c. », 10.)
(911) ThuribuliiHi cum ibure significat orationcm cuni devoiione. (Dirand., lib. îv Divin, vffic., c. 2i, a. 12.)
[des, dont l'encens est l'image dans la sainte Ecriture (911).
Nôtre-Seigneur est l'oraison publique el universelle de l'Eglise ; et le prêtre qui est appelée posséder l'esprit universel de Jésus- Christ, et qui entre en ses plus belles dignités, doit être aussi regardé comme la prière universelle de l'Eglise : c'est pourquoi il prie pour tous et au nom de tous. Or, comme l'acolyte commence à le représenter, et à en recevoir l'esprit, non-seulement comme lumière et (lambeau du monde, mais encore comme prière, il doit avoir un amour trèsparticulier pour l'oraison, et il ne doit point sans cela être élevé à cette dignité (912).
Ce qui est remarquable dans cet ordre . est que non-seulement l'acolyte doit porter la lumière, mais aussi le chandelier, et que c'est en le touchant que cet ordre est conféré, et que le caractère s'y imprime ; pour signifier qu'il ne représente pas en l'Eglise une lumière médiocre et commune, mais une lumière sublime, relevée, et exaltée au-dessus du commun (913).
L'acolyte en ceci peut être considéré comme une image qui ne représente pas seulement le prêtre, mais encore l'évoque ou le pontife, qui est cette lumière excellente de l'Eglise, et qui est une figure continuelle de Jésus-Christ exalté et monté dans les deux, d'où il envoiesa clarté dans le monde. El parce queNotre-Seigneurayant pénétré les cieux, est entré dans le sanctuaire, pour y présentera son Père les encens et les parfums tle nos oraisons, et nous remplir ensuite de toute sorte de bénédictions, l'acolyte est celui d'entre ceux qui ont les moindres ordres, qui a droit d'approcher de plus près de l'autel, et d'y porter même l'encens, et le donner au diacre pour être mis entre les mains du prêtre ou du pontife, qui, étant chargé des devoirs de tous les peuples, l'offre avec leurs prières à Dieu, et en parfuma aussi toute l'Eglise (914).
Sacerdos incensat, ad ostendendum quod sacerdotis maxime ollicium est. oralionis ignilum saeiïHcium, quod per incensum signiûcalur, Cinïsto yfferre. (]bid., n. ôi.)
(912) Tantie cliaiiialis esse débet, ut inslanti desiderio non pelitor, sed peliiio esse se-iilialur, Salutem quippe tidelium lam iiiSiantius débet appelere, ul ex usu inlerni guslus oninem inolum cordjs in alïectuni ducat supplicalionis. (S. Gregor., In I lieg. xiu, 2; 1. v, c. 5.)
lllos assumito qui oiandi sludiiim gérant, et usum babeant, ac de omni re oraiioni plus lidani, quam industrie vel laboii. (S. Bern., lib. iv De consid., cap. i.)
(915) Vox eslis lux mundi. Non iinius profecto gentis, nec viginti urbiiiin, sed lolius orbis lumen lune perhibcuiur , et lumen intelligibile, ipsoque sole fulgentius. (S. Ciirïsost., boni. 1S in Maiih.)
(911) Monaclius est velul lucerna sub modio. Epiàcopus aiileui factus, ponilur super excelsum caiidtlabrum utclarissimorum operum et seiinouniu ubique radios emiliat. (Bartol. aMartïR;, Brachar. arebiep., Stnn. pusl. p il. n, c. 5.)
Pontifex lliuiibulum accipiens a tiare lliurificat... quia Clirislus se pio nobis oblulit. Cujus corpus Ihuribulum Ecclesiae ex quo Deus Pater suavilatein odoiis accepit .;t propilius mundo exslilil : Fiiuius
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