CHAPITRE Y
Du sous-diaconat.
Quoique les moindres ordres Jont nous avons parlé dans le chapitre précédent , mettent les clercs dans un état beaucoup élevé an-dessus de tous les peuples, il faut néanmoins qu'ils passent encore parle sousdiaconat et par le diaconat, avant que de pouvoir être admis à la sublime dignité de la prêtrise (915).
Les premiers ordres ne sont que des initiations au sacerdoce, et de petites participations et dispositions pour recevoir le caractère parfait de la prêtrise : et même, ces derniers, quoique sacrés, ne sont encore pourtant que des degrés pour y monter, et des préparatifs pour y arriver avec toute la perfection que demande l'excellence de cet état (91(5).
C'est ce qui nous fait connaître combien la dignité du prêtre est relevée. Car ne fautil pas que ce soit une qualité bien auguste, puisqu'il faut tant de choses pour y disposer les personnes qui y sont appelées'? Quelle merveilleuse étendue que celle de sa vocation et de son caractère, puisque tous les autres caractères qui sont donnés dans tous les ordres inférieurs ne sont que pour préparer à celui du sacerdoce, et qu'ils n'en font tous ensemble qu'un parfait et accompli (917)!
Le sous-diaconat, qui est un ordre qui suit immédiatement les moindres, et qui est le premier de ceux que l'on appelle plus grands et sacrés, est donc encore une préparation au sacerdoce. Et c'est un ordre qui représente aussi une partie des fonctions et de l'esprit du prêtre (918). Car le prêtre entre dans l'esprit de Jésus-Christ, médiateur de son Eglise et serviteur de tous, et surtout
serviteur des serviteurs de son Père.
C'est la qualité que lui-même prenait en parlant à ses apôtres (Lue. xxu, 27): Eijo in medio vestrum sum, sicut qui ministrat:\« Je suis au milieu de vous, qui êtes serviteursde mon Pt*re, comme celui qui vous sert;» et ainsi je suis serviteur des serviteurs de mon Père (919).
Or, pour exprimer cette dignité dont le prêtre est revêtu, il y a un ordre qu'on appelle le sous-diaconat, qui donne au sousdiacre l'esprit de servitude envers le diacre (920) ; car il oblige de lui présenter le pain et le vin, de passer toujours derrière lui, de lui porter le livre des Evangiles (921), de ne s'asseoir jamais quand il marche, d'avoir la tête nue pendant ses fonctions, de ne se couvrir point pendant que le diacre est découvert, enfin de lui rendre tous les devoirs d'uu véritable serviteur.
Le sous-diacre, en cette qualité de serviteur des serviteurs de Dieu, doit avoir une grande humilité et une profonde religion envers Dieu (922). C'est pourquoi lorsqu'il tient la patène en servant à l'autel, il la met toute couverte devant ses yeux (923) , pour témoigner qu'il n'est pas digne de regarder les saints mystères.
L'Eglise, qui est une très-sage mère, et qui sait comme il faut préparer les serviteurs de Dieu, afin de les rendre propres à son culte et au service de ses autels, veut qu'on exerce les sous-diacres au moins un an tout entier dans ces fonctions qui paraissent basses et ravalées (924), avant que de les élever au diaconat, pour les préparer à ce saint ordre par l'humilité et par le respect (925), et pour les disposer par là à servir dans les plus saints ministères de l'Eglise de Dieu, qui ne veut que des humbles dans sa maison, et qui n'en peut souffrir d'autres si proches de sa personne.
aromatum nrationes sanctorum sunt, qua: super aureani ai nui Christum per cbaritalis aidorem vol illuminationis Spirilus sancli carbonis incensi ad Deuni asceudunt. (Gemma anim., De anliq. rit. Miss.. I. i, c. 7.)
l'Jlo) Constat ordines istos minores veluti gradus quosdam Cuisse per quos explorati gradaiim ad majores peHrâhereulur. [Enchirid. cunc. Colonn., De tuer, ord.)
^16) Iniroducli sunt niinnruni ordinnm gradus per quos lanquam per camica graduum ascenditur ail sacerdolium. Hic est thruuus eburneus eujus reclinaloriuin aureum est, ad quein ascendiiur sex gradibus média cliarilale conslralis- (Petr. Blés., serin, ni hsereverba psal. xlviii, 15) : llumo cum in honore esset.)
A niinoribus nrdinibus iisdemque non saciis, ad majores et sacros legitimus adilus et ascensus palet. In eoruui primo gradu subdiacouus collocalur. (Calech. conc. Trid., De sacris ord.)
(917) Cm» divina res sit lam sancli sacerdotii minislerium, coiisenlaneum fuit quu dignius et majori cturi veneratione exeiceri posset, ut in Ecclesia: oïdinatissima dispositions plures et divcisi estent iiiinistroniin ordines qui sacerdolio ex oflicio ileservirent. (Conc. Trid., sess. 23, cap. 5.)
(!M8) Ordo dicitur sacer dupliciler. Uno modo secundum se : et sic quilibel ordo est sacer, cuiû sit saeiainenlum quoddam. Alio modo raliene ma- ! i i.e circa qiiain habit aliquem aclum. Et sic urdo
sacer dicitur, qui babet aliquem aclum circa rem aliquam consecratam. El sic subdiaconaliis qui liabel aclum circa vasa consecrata, elc. (D. Thom., Suppt., qu. 53, a. 1. ad 2.)
(1)19) Ordinati efliciuntuf medii inter Deuin et plebem. (D. Thom., Suppt. , q. 3a, a. 1, ad 2.)
Quis ignorai clericum in inedio Ecclesix esse lanquam eum qui minislral? (Conc. Colon., p. il, cap 25, ann. 1556.)
(ÏI20) Tu le omnibus exhibe, cogilans le omnium servum, cunctis geiiitum le vivere credas. (Petr. liles., De insiit. episc, c. A.)
(i)21) Calicem cum patena et bostiis dat in malins diaconi. Eidem tiadit ampullam vint. Diacono legeuli Evangelium tenet amliabus manibus librum apei'lum, elc. iCœrem. episc.)
(922] Subdiaconi in Esdra appellanlur Nalbinsei, id est, in humililate Deo servienies. (S. Isid. Hispal., 1. m De Eccl. offre., cap. 10.)
(9251 Subdiacouus ponil in dexlra manu palenaui, quain coopent exlremitate veli suslineus eani clevatain. (Hubric. Missul.)
(92-i) Promoli ad sacrum subdiaconatus ordinem, si perannum saltem in ea non si ut versali,ad alliorem gradum , nisi aliud episcopo videalur , aseendeie non permillanlur. (Conc. Trid., sess. 2j, cap. 13.)
(925) Talibus clericis sutis non prodest clericalus, quibus non placet religissi buinililas l'aniulalus il'uiLirr. abb., De continent, clerie., c. i8.)
TRAIT*- DKS SAINTS ORDRES. — PART. 11. DES ORDRES INFERIEURS
Le sous-diacre n'a pouvoir que de lire les prophéties et les épitres
Les prophéties font voir comme il est encore éloigné des mystères, qu'il ne les, regarde que de loin, et qu'il ne les voit que sous des figures (926).
Et les épîtres.qui figurent aussi l'ancienne loi. ou la prédication de saint Jean, font connaître comme il n'est point encore appelé pour prêcher l'Evangile, ni pour découvrir aux peuples tout le fond des mystères (927), se contentant de les y préparer en les exhortant aux pratiques chrétiennes, et en leur faisant voir qu'il y a des choses saintes et sacrées qu'ils ne sont pas encore dignes de contempler.
C'est ce que le sous-diacre figure encore par cette patène, qu'il tient couverte devant ses yeux pendant la célébration des mystères sacrés; car cela marque son état, et représente l'Ancien Testament, qui étant sous les ombres et sous la nuée (928), c'est-à-dire sous les figures qui les enveloppent et qui couvrent les mystères, ne les fait point encore paraître à découvert (929).
Cette action du sous-diacre exprime aussi l'état du Fils de Dieu sur la croix, lorsqu'éloigné de son salutaire, comme il le dit luimême, Longe a salute mea, et délaissé de son Père, qui lui ôtait tout sentiment de consolation et de joie, il s'écrie hautement : Mon Père ! mon Père 1 pottrquoi m'avez-vous délaissé (930)? c'est-à-dire délaissé en ténèbres et en sécheresses, abandonné aux peines et aux tourments. C'était en cet état qu'il était vraiment serviteur des serviteurs de Dieu et de toute l'Eglise, qu'il servait de sa vie et de son sang (931).
C'est encore au sous-diacre à porter souvent la croix, pour montrer quelle doit être sa vie, toujours humiliée, toujours souffrante, toujours crucifiée, pour se préparer par là à l'honneur de la prêtrise (932).
Il doit d'autant plus aimer cette vie cruci-
fiée, que ce n'est que par elle qu'il peut garder la chasteté, et conserver inviolable cette vertu, qui doitfaire sa principale gloire, et qui est en effet le plus beau fleuron de sa couronne (933;. C'est pourquoi l'Eglise en fait faire une profession toute particulière en lui conférant l'ordre; et sou engagement y est si grand, que les moindres fautes qu'il commet contre cette vertu ne sont plus en lui des péchés ordinaires et communs, mais ce sont des crimes honteux et d'infâmes sacrilèges (934.) .
Il n'en est pas des prêtres de Jésus-Christ et des ministres de la nouvelle loi , comme il en était des prêtres selon l'ordre d'Aaron et des ministres de l'Ancien Testament : car comme ceux-ci traitaient tous les jours avec la chair et le sang, qu'ils n'avaient entre les mains que des hosties grossières, qu'ils communiaient à elles, selon leur état de chair, il leur était permis en quelque manière d'être charnels , et on leur laissait au'ssi l'usage du mariage, si ce n'est aux jours qu'ils s'approchaient des autels, à cause de Dieu qui est esprit, avec lequel ils avaient à traiter. Mais pour les prêtres de Jésus-Christ et les ministres du Nouveau Testament , qui n'ont pas seulement à traiter avec Dieu, mais qui doivent recevoir en eux un Dieu ressuscité , qui doivent unir leur âme avec une hostie qui n'est plus dans l'infirmité de la chair, mais qui est dans un état spirituel , il faut qu'ils vivent dans un état semblable à cette hostie , il faut qu'ils soient aussi purs que s'ils étaient déjà ressuscites , il faut qu'ils aient une chasteté augélique et une pureté toute divine (93o).
En effet, quoique la chasteté, à laquelle les sous-diacres aussi bien que les prêtres sont si spécialement obligés, et dont ils font une si étroite profession , ne regarde que les voluptés brutales dont ils doivent se tenir universellement séparés ; leur vertu pourtant doit se porter plus loin, et elle doit être
(926) Epistola (quœ mine simuler de proplietis, nunc de apostolis) praemiltilur Evangelio. Epistola îiamque désignât officiant, quod joahnes aille Clirisiuiii exercuerat, qui prxivit anie faciern Domini parare vias ejus. Joannes ergo quasi subdiaconus et subminisler illius qui de se dicit. Non veni ininislrari. (Dcrand., lit). îv Div. offic.c. 15, n. 3; lrwoc. 111, De myst. Miss., lib. n, c. 29.)
(927) Gerit Epistola figurais legis et propheliae, aux Christi adventum pracesserunt, sieut ipsa Evangelium prscedit. {lbid.)
Quanivis Epistola persxpe de apostolicis sumalur lilleiis, lanien in eo gradu est, ac si semper de Lege s'il et Proplietis. (Iluco a S. Yict., De offic, eccl., lib. n, c. 17.)
(928 1 Oriiues sub nube fuerunt. (I Cor. x, 1.)
(929) Omniu in figura conlingebant Mis. (Ibid., ll.)ldcsi, lanquam figura;. In illis eniiii noslra ronscribébanlur. (Thcodoret. liic.)
(9.30) Deus, Deus meus, quare me dereliquisli ? {P*al. xxi, 1 ; Matth. xxvu, 44.)
(931) Quia tam graviter patiebatur, ae si a Deo conlemptus fuissel; quia volunlali iinpioruin exposiius ; et quia nulla fiehul rediindaulia rnnsnlalioiiis a parle superiori ininl'enoiein. (Dion\s. Carlh., liic, cl Comment, passim.)
(932) Crucem ferens subdiaconus cœteros prsecedil. (Sïmkon. Tlicssal., De ord. cœremon. evisc.)
Hoc cnini seutire oporiet sacerdotem, quoi! et in Clirislo Jesu, non sobmi ut se per liuinililaieni exinaniat; sed ut crueitUionem Domini reprajsentans, sligniala ejus portet in corpore sno, et in ara cordis se ipsuin Domino eruciligat. (Pf.tr. Blés., epist. 123.)
(933)'Cum spirilualis radius luminis caslilas sit in clencis, esl lanien caslilas quasi propria viiïus eorum, qui accedunt ad lios ires suminos ordines. (Hugo a S. Vict., Specul. eccles., cap. 5.)
(1)34) Placuit Palribus, ut qui sacra mysleria contractant, casti sint, et continentes ab uxoribiis, et ab omni carn.ili imnuindii.ia sint liberi, juxla quod illis piopheia dicente jubetur : Mundamini i|ui l'erlis vasa Domini. (S. Isidor. Hispal., lib. De ccele. offic, C. 10.)
Inier caetera ornamenta virlulum, nilore carnis debent propeusius entière. ( Conc. Totelan. vin, c 1.)
(935) Omnibus caslilas pernecessaria est, sed maxime ministris allaris quorum vila aliorum débet esse erudilio, et assidua salulis pncdixalio. (S. Aub., serin. 249 De lemp.)
Qua pnritaie oportcbil cuslodire nostri corporis
OEL'VKF.S COMPLETES DE M. OEIER.
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beaucoup [>lus étendue (936). Car leur diastole doit être une chaste sainteté , selon que l'exige l'éminente perfection que Dieu demande dans) ses sacrés ministres. Or la chaste sainteté ne renonce pas seulement à ces sortes de voluptés et à ces plaisirs plus grossiers de la chair, mais elle se tient séparée de toute approche de l'être grossier et de tout mélange des créatures; le Saint- Esprit, qui la revêt, ne permettant pas que rien que Dieu y ait accès (937).
Il n'y avait autrefois que le grand prêtre, environné de ses parfums , qui entrait dans le sanctuaire, et on n'y voyait rien que de saint et de sanctifié à Dieu. Ainsi , une âme pure, chaste et sainte, aime trop la sainteté de Dieu , pour souffrir rien en son cœur que Jésus , qui entre en elle pour y louer son l'ère , et pour lui rendre tous les devoirs de sa religion (938).
L'attache à la créature empêche la pureté du saint amour; et l'approche agréable des choses de la terre s'oppose à la sainteté , qui d'elle-même dit séparation et éloignement de toute créature (939). C'est pourquoi le sous-diacre , étant obligé d'être chaste et d'être saint, il doit être mort et crucifié en tout soi-même , demeurant au milieu des créatures sans pencher de cœur vers elles , et sans être sensible à leurs attraits (940).
La pente du cœur vers les biens dé ce monde, l'inclination de l'âme vers les créatures, la joie sensible de la jouissance ou de l'approche de ce qui n'est point Dieu, détruit cette haute sainteté, et celte éminenle chasteté, qui devrait être dans les sous-diacres (941).
Le sous-diacre perd sa chasteté par la bouche, par les yeux, par les mains, par les oreilles, par lous ses sens, lorsqu'ils sont
ouverts aux objets agréables qui s'insinuent dans l'âme , et lorsqu'elle s'en laisse envelopper. Un sous-diacre, qui se nourrit des divertissements du monde , qui prend plaisir à'goûter les bons morceaux, qui repaît sa vue des objets agréables, qui se laisse environner des espèces des choses du siècle, et des agréables idées des créatures, sent son âme se lier à toutes ces choses. Et c'est ce qui est contraire et tout à fait opposé à la sainte chasteté. C'est ce qui ternit son lustre et son éclat. C'est ce qui dessèche la fleur de la sainteté de l'âme. C'est ce qui couvre et obscurcit cette pureté angélique , qui doit reluire en elle (942).
Saint Paul défend aux femmes de paraîtra dans l'église sans voile , à cause de la distraction qu'elles peuvent causer aux anges. Ce qu'on explique communément des saints ministres des autels, dont la sainteté ne doit pas être commune, mais angélique : car ils doivent être des anges dans la chair (943).
Les anges par eux-mêmes sont des substances complètes: c'est pourquoi ,ils n'ont point de puissances ni de facultés animales, ni par conséquent de capacité pour animer un corps, pour être insinués dans la chair, et pour être rendus participants (les inclinations animales et charnelles, et de ces sensibilités qui portent aux créatures avec plaisir et avec joie. Un ange dans la chair d'un homme ne ferait qu'adorer Dieu , que le louer, et que l'aimer, sans entrer dans les inclinations de la chair , et sans la rendre capable de chercher des plaisirs sensibles, ni des satisfactions animales et grossières dans le commerce du monde et dans l'usage des créatures (944).
Ainsi , un sous-diacre doit être tellement
atque animx castitalem, quos necesse est quotidie sacrosancirs carmins vesci;quas nemineni immundum coulingere eiiam veteris legis prxcepta perniiliunt. (Cassian., lib. vi Instit., c. 8.)
lia carnalia crucifigat, ut ante resurrectionem resurrectionis imaginent ad instar angelorum meditari noscatur. (S. Cïprian., De singut. cleric. )
(956) Ipsain castilalem exigebat Dominus quando dicebat Pelro : l'être, amas me /Quid est amas me? Castusne es ? Non est cor tuuin adullerum ? Non tua quseris in Ecclesia, sed mea? Si talis es, amas nie; pasce oves meas. (S. Ace, serin. 49 De verb. Dom.)
Verns continens tant a corporis quam animx se passionibus absùuet. ( S. Basil., Admonil. ad fil. spir.)
(957) Coniinentem, non etim qui jejuniu studeat hic significare, volait Apostolus, sed qui vitium omne superaveiil. Hxc quippe est contineiiiia, nulli viito subjici. ( S. Chris., boni. 2 in TU. I.)
Est enim animi excitas amor inordinaïus. ( S. Auo., Demendacio, c. 20.)
(958) Quomodo casius esse potest qui ab illicito tanluni concubitu abstinensse, exieris peccalis non tlesinit inquinari? llle est veie casius qui Deuin atlendii, et ad ipsum soluin se leuei. ( S. Ane, De btala rila, disput. 2. )
Amor casius spoosum solum amat ; gratis amat, q'iia in ipso liabet omnia. (lu.. In psal. lsxii.)
(959) Sancli estole, hoc est quod dicilur libi, sépara te a lerrenis aclibus, sépara le a concupis-
centia mundi, etc. Quia ego sanclus sum : bocest, sicut ego segregatus sum et longe separatusab omnibus, etc. (Urig., boni. Il inLeeit.)
(940) Segrega te et secerne te, tanquam phialx saneix, et sa ne ta tliuribula, solius lempli Oei usibus et Dei ministeiio vacans, etc. (Ibid. )
(941) Quisquis a Deo prxler Deuin aliquid quxrit, non caste Deuin quxrit. ( S. Aug. , serin. 49 De verb. Dom.)
(1)42) Omnibus prorsus deleelalionibus encupiscentix, qux adversantur delectalioni sapienlix coercendis atque sanandis invigilat ollicium contiiienlix. Unde anguslius eam sine dubitalione meiiiiniur, qui solas libidines corporis cohibere delîniunt, (Apud S. Aug., t. IV, De cumin., c. 13.)
Sii easta mens, casti oin'nes sensus. ( Cunc. ttediol. iv, part, m, lit. Moniliones, )
Non qux creationis sed qux recreationis sunt celebremus. Id autein consequemur si nec oculum pascamiis, nec aiirem canin miilceamus, née ollacium inuliebriter •leliniamus, nec guslui lenocineimir. ( S. Greg. Nui., Oral, in Christ, nalivit., n. 7. )
(943) Débet babere velamen super capul suum, propter sacei dotes... 1. propter eoruin revereiiiiain, etc. 2. propter eoruin caulelam, ne seilicel ex eonspectu mulierum non velatarum ad concupisceiiiiain provoeenlur. (D. Tiiou , In 1 Cor. si.)
(944) Propter angelos, id est, propter sacerdo'.es divinx voluntatis nunlios. (S. Anselm., ibid.)
Conformes debent esse archangelis, ut, scilieet
TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. 11. DES ORDRES INFERIEURS
pénétre, possédé et rempli par la prescrire de Jésus-Christ qui le revêt de sainteté, qu"i! soit séparé de la chair et du monde, et appliqué incessamment à Dieu dans un saint oubli du corps môme qui l'environne'fOiS).
Il faut que sa puissante élévation à Dieu et sa divine sainteté tiennent la chair en rebut et en suspension de ses propres recherches. II faut que sans soin et sans attache il la soutienne, qu'il ne prenne ses besoins que comme en passant, et que s'oubliant soi-même , il ne cherche qu'avec, regret à se soulager dans ses nécessités (946) , et cela sans réflexion de|peur que l'âme, en s'y amusant , ne se lie aux choses avec satisfaction , et ne perde ainsi sa chasteté , qui la doit tenir séparée de toute approche aimable et agréable àes créatures (940*).
C'est pourquoi il faut que le sous-diacre, pour conserver celte belle vertu , qui lui doit être si chère, examine souvent, s'il ne recherche point à se satisfaire par la vue des choses de ce monde, s'il ne se plaît point à regarder de beaux visages, s'il n'est point porté à jeter sa vue sur des femmes ; s'il ne prend point son plaisir au boire et au manger; s'il ne s'attache point avec trop de joie sensible et de consolation aux chants et aux musiques; s'il ne s'épanche point sur les bonnes odeurs , s'il ne se plaît point à toucher des choses qui le délectent; enfin, si son cœur ne se laisse point aller par atfeetion sur quelque créature (917).
L'âme d'un sous-diacre doit être au milieu de son corps comme au milieu d'un vaisseau vide, sans toucher jamais à ses bords pleins de lie et d'ordure. 11 faut qu'il soit détaché et séparé incessamment de tout lui-même : ce qui demande un soin inexplicable, une attention continuelle , une vigi-
eorum mens, et conscienlia ab imaginations et appelilione carnalilatis sit remola, sien t naiura aicliangelica ab oinni tali condiiione esse dignosritur aliéna : et ideo non solwn expedil lalibns a carnis passionibus abstinere, verura etiani illecebrani carnis saltem in memoria non tenerc. Dicilur enini : Spiritus carnem et ossa non habet. El : Qui facit angelossuos spiritus. (S. Bonav., De eccl. Merarcli., p. m , c. 2.)
(945) Omne sacrificium sacerdotum holocausliim fieri insliiuit... ulnihil carnale, niliil sapiant imperfectiim : Niliil sibi volupluosum présumant retinere, sed tolos igni divino studeanl exhibere. (Philipp. abb.. De continent, sucerdot., cap. 57.)
(946) Sacerdoles quasi quidam cœlites ab bac niorialiiatesejuncti, ipsuin duntaxai corpus in terra gerentes, cogitalioneet aninio in cœlo degentes.
(94t>*) Spiritu ambulantes ultra non seutium desideria carnis ; aut si senliunt, languida cerle et quasi palpilanlia ad exlremum ducenlia halitum. (Gilbert., In Cant. serin, 14.)
(947) Qui se abslinet ab illicilo visu, auditu, odoratu, gustalu, taeiu, propterin ipsain integriialem viigiius nomenaccepil.(S. Alg., De verb. Dont., serra. 32, c. 2.)
Valel incorriiptam caslimoniam cuslodire, custndia sensuum. bons elenim elationis, incenlivum libidinis, viotatio caslitatis, est sensuum curiositas. (Laurent. Justin., De lignu vilœ, c. S.)
Ab omnibus oculorurri et auiium illecebris abstinere se délient sacerdoles. (Cône. Cabilon. il, an. 813, c. 9.)
lance qui ne doit point avoir de relâche (948).
Le meilleur moyen pour en venir à bout est l'oraison et le recueillement intérieur (949), qui au dedans tienne l'âme occupée de Dieu et de sa religion, et au dehors crucifiée à tous ses sens, afin qu'ils ne donnent aucune ouverture aux objets qui voudraient pénétrer l'âme, et l'éveiller en son sommeil et en son repos , en son oubli et en S3 mort pour le monde (950).
C'est pourquoi l'Eglise , comme nous avons dit . donne aux sous-diacres la croix à porter (951) , et elle leur met aussi entre les mains le saint office . comme étant les deux moyens les plus efficaces pour se conserver dans une pureté angélique, et dans une sainteté inviolable , en menant une vie perpétuellement crucifiée en la chair par la mortification , et incessamment appliquée à Dieu en esprit par les louanges continuelles qu'elle les oblige de rendre à sa divine Majesté (952).
La vie d'un prêtre rempli de l'espril et de la grâce de son état, est une vie du ciel, une vie du paradis, une vie de résurrection, une vie angélique, une vie divine. Or c'est à cette vie que participent les sous-diacres, Inquel le l'Eglise veut reconnaître en eux, avant que de les élever au sacerdoce. C'est pourquoi elle commence à les obliger à dire le saint Office, qu'elle parlage même exprès dans les différentes heures de la journée, afin qu'ils soient appliqués continuellement aux louanges de Dieu, et qu'ils commencent à mener sur la terre cette vie d'adoration et de religion perpétuelle envers Dieu, que l'on mène éternellement dans le ciel (953).
Unguenlis et omnibus odorum illecebris abslineant. (Conc. Aquens., an. 1585.)
Tactus et joei, moriluiœ virgiiiitatis principia. (S. IIieron., in Vil. S. Hilarion. )
(948) Si virginitatem aniui.B integram servare desideras, quantum potes observa blandimenta draennis, ne forte si incautus fueris, quinque sensus qui in le sunl, quasi quinque virgines permutas a serpente conuinpi. (S. Auc, Semaines, Append., serin. 55, lom. V éd. Aligne.)
(949) Ut scivi quoniani aliter non possem esse continens nisi Deus del... adii Dominum et deprecatus siim, etc. (Sap. vin, 21. )
(950) Sacerdotis vila naluiam punicorum imitetur pouioruni : exterius aspera, et dura : intus autem in occullo suave quoddam ediilium débet continere. (S. Grec. Nyssen., De vita Moysis.)
(951) Gongruit statui nostro ut reprimendarum earnalium cupidiiaiuin crucem nobisipsis faciamus. (B. Laurent. Justin., De ligno vil., lit), il, e. 2.)
Crux, virginum caslilas. ( Chrïsost., Iiom. de cruce, t. III.)
(952) Nec suHicit corporale jejuniiimad possidendam perfecta; castimonia: puritatem, nisi prajeesseîiteonliilio spiritus et oratio contra bune immtindissimum spiritum persévérant (Cassian. ,Deinstit,, lib. vi, c. 1.)
(955) Oralio, pudieitiae praesidium atque ttit.v rnoii Virgiiiitatis sigillum. (S. Gkeg. Nyss.. orat. 1, De vrat.)
Sitvobis cœleslis vita, sint vobis divini mores, et forma Dcilalis tola vestra pra:fcraiur in forma.
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C'est pourquoi le grand désir du prêtre, et dans lequel doit entrer aussi le sousdiacre, est de pouvoir louer Dieu sans relâche, et d'être sans cesse devant lui en oraison (95i).
11 doit pour cela être bien aise de se voir engagé a réciter le saint Ollice ; et bien loin de le considérer comme un fardeau pesant, et une charge incommode dont on ne cherche qu'à se défaire, il doit le regarder comme un très-grand bonheur qui fait commencer dès ici-bas la vie du paradis.
11 doit encore, pour cette raison, être ravi des longs offices, qui lui donnent plus de sujet de s'entretenir avec Dieu, et de lui rendre plus longtemps ses devoirs.
II doit aussi, lorsqu'il récite le saint Ofhce, pour s'en acquitter avec toute la sainteté que demande une fonction si divine, se tenir beaucoup uni à Jésus - Christ, afin qu'étant revêtu de son esprit et animé de sa vertu.il soit élevé sans cesse à Dieu, et qu'il entre dans la pureté de son culte et de sa religion (955).
C'est la principale partie de la religion que d'être appliqué à toute heure aux louanges de Dieu; et c'est là aussi la principale vocation des prêtres qui le doivent adorer, louer et glorifier pour tous les hommes (056).
C'est pour cela que la majesté de Dieu les oblige de lui offrir cet adorable sacrifice, celte hostie sainte, cette victime digne de lui, qui est Jésus-Christ lui-même, par lequel ils lui rendent tous les devoirs, tous les honneurs et toutes les louanges qu'il mérite, et que tout le monde lui devrait rendre. C'est pourquoi le prêtre doit se regarder comme un homme universel, parce qu'il doit adorer Dieu pour tous, le prier pour tous, lui demander les besoins de tous, et le
contenter par cette divine hostie pour tout le monde (957).
Or avant que de lui confier entièrement cette adorable victime, et avant que de lui mettre entre les mains Jésus Christ, qui est toute la louange de son Père, et la prière universelle de l'Eglise, qui comprend en lui seul tout ce qu'elle peut jamais lui demander, on lui donne à dire le saint Office, pour voir par la fidélité qu'il aura apportée à le réciter, et à offrir à Dieu cette hostie de ses lèvres (958) et ce sacrifice de louange (959), ce que l'on peut attendre de lui, lorsqu'il aura entre les mains une hostie plus digne, qui fait toutes les richesses de l'Eglise, et qui est le centre et tout le trésor de la religion (960).
H faut donc exercer beaucoup les sousdiacres à l'oraison et à l'application à Dieu, aussi bien qu'à l'humiliation, à la mortification, à la pauvreté et aux autres exercices de la croix (961), et ne pas souffrir qu'ils montent plus haut ni qu'ils soient admis aux ordres plus élevés, à moins qu'on n'ait remarqué en eux une grande fidélité à s'appliquer aux louanges de Dieu, et un grand amour pour la croix imprimé dans leurs cœurs (962).
Je dis un grand amour, car un amour médiocre ne leur suffirait pas. Tous les Chrétiens sont obligés d'aimer la croix, comme on le leur apprend dans les cérémonies du baptême; car on met de l'huile en forme de croix sur le cœur de celui que l'on baptise, pour montrer l'onction du Saint-Esprit, qui porte dans le cœur ce saint amour : et après, on me', une autre croix toute semblable au milieu des épaules, pour montrer la force que le Saint-Esprit donne pour la porter (963). Et c'est alors que le commencement
(Petr. Chrïsol., serai. 71.)
In Exodo (xxv, 40) legitur : Omnia fac secundum exemplar quod tibi in monte monstralum est. Quodcirca nos conformai! convenu illi ctlesli llierusa- Icni quae Domimini laadare jubelur, etc., juxta illud (Isa. lxii, Oj: Supermuros luos, Uienisalem, coustilui cuslodes, qui lolu die el nocle non ceszubunt laudare nomen Domini. Et Apoc. iv.
itloii Ànimalia requiem non hnbebant dicen'.ia : Sanclus, Sanclus, Sam tus, elc. Verumlainen niililans Ecclesia iinilari plane Requit triumpliantem, quia sicot legitur (Sup. îx) : Corpus quod corrumpilur aggravai animant. Nequimus enim inlirmilale nusira prapedienle, in singulis duodecim diei horis iugiter divinis insistere laudtbus, quoniam necesse habet bnnio aliquando necessariis corpori insislere. El idi'o facimus quod possuinusceriis diei naturalis horis Deum 'auilando. (Durand., lib. v Dii. o/j'., c. 1. n. !.)
(1)55) Consuescat illa quae agit, conjungere atque unire operibus Clnisli • sic enim ineffabilein dignitaiem ex nierais Chrisli quibus unientur aeeipienl, etc. Liona opéra illios qui islud pie observât excellant incomparabiliter fuma opéra ejus qui non observât. (Blosiis abb., Insiilul. spini., c. 9.)
Qualem qua;so oportel esse sacerdolera, qui pro civitnle tola, imo veio pro universo tenaiiim orbe legauis intercedit, deprecatorque est apud Deum ? (S. Chrïsont., lib. vi De sacerd., c. 4. )
(950) Per ipsuin, cuin ipso et in ipso est tibi Deo l'alii, elc , omnis lionor el gloiïa. (Can. Misa.)
(957) Quasi mundus illi universus concreditus, atque adeo omnium sit pater, sic ad Deum ipse aecedit, deprecans quidquid ubique bellorum est exstingui, etc. Denique malorum omnium unicuique iinminentium defuiictionem postulans. (S. Chrïsost., lib. vi Desacerdot., c. 4.)
(938) Cum nosseni neminem magiio Deo, et sacrilicio, et Ponlifice dignum esse, nisi qui prius se.psum viventem bosliaui exhibueril .. et sacriliciiiiii laudis oblulerit, etc. Qno tandem inodoexlernuin illud sacriliciuui illud magnorum mysteriorum antuypom ipsi offerre auderem ; aut qnnniodo sar cerdotis habituai et nomen subire... piiiisqiiain lingua divin* melodiae plectrum elTeola, elc. (S. Greg. Naz., oral. 1.)
(959) Tibi sacrificabo hosliam laudis. (Psal. cxv, xvu ; Hebr. un, Si. )
(900) Eucharislia alDueulia oninissaciosancloium charismatum. (S. Cïrill., In Isa. lvi. )
Thésaurus in agro abscondilus. ( Paschas., De taeram., c. 17 ) Dos Eeclesiae sponsae. (S. Chrïsost.)
(901) Crucein non simpliciler d'gilo in corpore, sed magna lide in mente piius formare oportel. (S Chrïsost., hoin. 55 in Maltli. )
(902) Christiani crucis Chrisli consecrati. ( S. Macar., bons. 17.)
GIoi iosum salutis nostrae signum Chrisli crucein ut coronani porlemus. (S. Chrïsost., Hum. de ador. crue, in lin., I. 1. )
(903) Eteuim nosira omnia cruce pcificiuntur .
TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. II. DES ORDRES INFERIEURS
de l'amour de la croix est donné au Chrétien, qui est fortifié ensuite en la confirmation, mais qui doit être achevé dans le sousdiaconat par le caractère qu'on y reçoit. Ce qui fait que le sous-diacre mérite d'être élevé à une plus haute dignité, et de monter au saint ordre de diacre (96i).