‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 254 sur 394 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De l'origine et de la grandeur des prêtres.

Tous les ordres dont nous avons parlé ne sont que le commencement des grands pou-

voirs dont Jésus-Christ rend le prêtre et l'évoque participants dans son Église. C'est une initiation au sacerdoce; ce sont les prémices de l'esprit sacerdotal et de la dignité souveraine de prêtre, qui va à sacrifier Je-

«us-Christ môme, qui est faction la plus sainte et la plusaugust» de la religion (1051). C'est une chose grande que de chasser les démons et d'entrer en part de l'autorité de Dieu même pour dompter ses ennemis, comme font les exorcistes. C'est une chose grande que d'éclairer les fidèles, et d'être la lumière du monde, comme les acolytes commencent à l'être, et comme les prêtres , le sont en perfection. Mais c'est une chose bien plus grande et qui surpasse infiniment toutes les autres, de remettre les péchés, d'être le sanctificateur des peuples, d'offrir, de bénir, de sacrifier Dieu a Dieu même. C'est avoir le salut de tout l'univers entre les mains; c'est avoir la sanctification de toute la créature, la louange de tout le monde, les devoirs de tous les saints, toute la prière du paradis en sa disposition ; et c'est ce qui relève infiniment la dignité de la prêtrise (1052).

Le grand fondement de l'éminence de cette dignité, qui parait visiblement la plus sainte et la plus sublime de la terre et du ciel, est que le sacerdoce est la plus haute participaiion de la sainteté de Dieu, et de sa souveraineté sur ses créatures (1053).

Dieu qui est, si on le peut dire ainsi, comme le premier prêtre, en ce qu'il est la source et le principe de toute la grâce sacerdotale, et qu'il contient éminemment en lui toute la puissance et la vertu des prêtres fl05i), est celui qui donne l'être a sa créature, qui la détruit quand il lui plaît, qui se sacrifie comme il veut son ouvrage, et qui par là fait paraître le souverain domaine qu'il a sur toutes choses (1055).

C'est dans cette vue que saint Ephrem dit que l'esprit du sacerdoce, dès le commence-

ment de la création, a détruit et «acrifieune partie des anges, et les a consumés dans le feu de l'enfer (1056).

Les anges et les saints dans le ciel sont les victimes qu'il consume dans le feu de la charité; et les démons avec les réprouvés sont les victimes de sa justice et de sa haine, qui le clarifieront toute l'éternité dans les flammes de l'enfer.

C'est ainsi que, en figure, Dieu partagea sous Noé les animaux mondes et les immondes (1057). C'est ainsi qu'il ordonna à Moïse le sacrifice des uns, et la répudiation des autres (1058). C'est ainsi que le bouc émissaire, comme victime de malédiction, devenant la proie des animaux sauvages, était poussé dans le désert (1059); les animaux mondes étant gardés par l'ordre de Dieu dans le temple, pour lui être sacrifiés.

Tout cela se faisait par le principe de la sainteté et de la souveraineté de Dieu, qui détruisait, sacrifiait, anéantissait, et séparait de lui tout ce qui n'était pas saint comme lui, et tout ce qui ne voulait pas entrer en union de sainteté avec lui (1060)

Le premier et originaire fondement de la prêtrise est la sainteté, et le second est la souveraineté de Dieu, qui exécute sur ses créatures les ordres de sa sainteté, soit pour attirer à la consommation intérieure de son amour, soit pour séparer, détruire et anéantir par le feu de sa justice (1061).

Pour le genre de sacrificature qui est de séparation et de destruction, Dieu l'a donné aux anges, et les a mis en part de ce genre de sai erdoce dès le commencement du monde. C'est ce qui paraît en saint Michel (1062), dans les anges de Sodome et de Gomorrhe, et dans d'autres esprits saints de l'ancienne

(1051) Presliyteri summum in Eeclesia ordinem gerunt. (Enchtrid. Christ, inslil. Conc. Colon., De sacram. ord.)

Tula plenitiido sacramenli ordinis est in tino ordine, scilicet saeerdolio; sed in aliis est qua±dam parlicipalio ordinis; sicul in regno, (]iiam\is loia potestalis plenitudo resideat pênes regem , non tamen excludunlur minoruin poleslaies , quse sunt parlicipationes qiixdam regue poteslalis. (D. Thom., SuppL, qu. 57, art. 1.*

(1052) Sacrosanetns hic siinimi sacramenli thésaurus, (lice a S. Vict., De offic. ecd., lib. u, c. 15.)

(Sacerdoles) mysleriorum Dei , sacramentorum rœleslium , et ihesauroruiD pauperum quos illis Chrislus acquisivit in mue dispensalores. (B. Laurent. Justin., De serm. de Euch.)

Hoc illis prxrogatum est ex gralia quod nusquam daium est angelis. Assistuni Deo, illiiiii conireciant maintins, tribuunt populis, in se suscipiunt, etc. (B. Laurent. Justin , Serm. de Euchar., n. 27.)

(I055i O quam magnum et lionorabile est offieiuni sacerdoium , quibus datinn est Dominum niaje^iaiis verbis sacris consecrare, labiis henedicere, inanibus lenere, ore prnprio su mère, et e;eterisminisiraie. {De Imitai. Citrisli, lib. iv, c. 14.)

Est hoc iliviiuiin opus. (B. Lalr. Just., De Euchar., n. 51.)

Himor cl dignitas sacerdolalis, nullis potesl comparationibus adxquari. (S. Ambr , De dignit. sacerà.)

(4054) Deus summum in omnibus rébus obtinet

prinripatum. (D. Thom., 2-2, q. 81, art. 1.)

1055) Deus omnibus creaturis utilur ad incommulabile arbitriuin voluniatis sua;. (S. August., De Tria., lib. m, c. i.)

(1056) Dumimis mortifient, et vivifient : deducit ad inferos, et reducit. (I Reg. u, C.)

Non desisto laudare, et glorificare illius dignitalis profundilatem, eic. llac impietas e terra sublala est, et diabolus e cœlo decidens subactus. (S. Eiphr., De sncerdut.)

(1057) Ex animanlibus mundis lotie septena et septena, elc. De animanlibus veto immundis, duo et duo. (Gen. vu, 2.)

Tollens Xoe de cunctis pecoribus et rolucribus mundis, obtulit holocausla. (Gen. vin, 20.) Vid.etiam, Levii. m, 4, 5, seq.; Num. xviu, 28.)

(1058) Ista est lex animantium ac rolucrum... ut differenlias noverilis mundi et immundi, et sciatis qnid comedere, et quid respuere debealis. (Levit. XI, 47. )

(1059) Offerat hircum viventem, etc. Imprecans caput ejus, emiltel illum in deserlum. (Levil. xvi, SI.)

(1060) Ut sentiat (Deum) veriim judicem , qui fugii indulgenlissiinum provisorem. (Petr. Chrtsol., serm. 1.)

(1061) Régit obedientes : conterit resistenies. (S. Aog., In psal. Lviu.) Vide etiam Apoc. xiu, 7.

(1062) De Michaele dicitnr, quod est sacerdos et princeps super omnes animas suscipiendas... Piignavit itaque Michael tanquain verus sacerdos et angeli, id est, ministri ejus, contra serpen-

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