CHAPITRE III
Que les prêtres doivent faire sur la terre dans V Église tout ce que Jésus-Christ fait dans le ciel.
Les prêtres sont obligés d'exnrimer en ce monde la vie cachée de Jésus-Christ dans le ciel, et de continuer ici-bas celle qu'il y eût voulu mener, si c'eût été la volonté de Dieu son Père (1173).
Ils sont sur la terre comme des Jésus- Christ ressuscites vivants dans la chair. C'est Jésus-Christ caché sous l'extérieur d'un homme qu'un piètre vivant en esprit et faisant ses fonctions divines (1174).
En elfet, un prêtre qui, administrant la sainte communion, donne le corps de Notre-
Seigneur aux fidèles, n'accomplit-il pas en substance ce que cet adorable Sauveur fait dans le ciel, où il administre et donne son corps à l'Eglise pour la nourrir (1175) ?
Un prêtre, en donnant Jésus-Christ, ne doit-il pas comme lui se donner soi-même en esprit, puisqu'il doit être tout consommé en Jésus-Christ (1176)? et que donnant ce sur quoi il a dit : Ceci est mon corps, il sidoit regarder comme n'étant plus à soi, mais au Fils de Dieu même, et aux peuples, pour le service desquels il se doit livrer incessamment (1177).
Un prêtre, disant l'Office et priant au nom de l'Eglise, n'est-il pas comme un Jésus- Christ dans le ciel, priant pour cette même Eglise (1178)?
Jésus-Christ, envoyant une fois son Esprit du ciel en terre, ne continue-t-il pas a le donner par le ministère des piètres dans le baptême, dans la pénitence et dans les autres sacrements?
Jésus, offrant son corps et son sang à Dieu son Père dans le ciel pour nous, n'estil («as le même qui, tous les jours, par In moyen des prêtres, multiplie parmi nous à la sainte Messe ce divin sacrifice (1179)?
Notre-Seigneur a deux fonctions capitales dans l'Eglise : l'une envers Dieu, l'autre envers les hommes (1180) : l'une d'offrir à Dieu le sacrifice, et l'autre de prier pour l'Eglise, et obtenir Je Saint-Esprit. Et ce sont aussi les deux grandes fonctions ds« prêtres : l'une d'offrir le sacrifice, et l'autre de dire l'Office (1181), à cause qu'ils entrent dans l'esprit de Jésus-Christ et dans l'étendue de son ministère, qui est de prier pour l'Eglise et de lui obtenir le Saint-Esprit, qui lui serve comme de supplément en ses langueurs et en ses distractions sur la terre (1182).
(1170) Sicut substantif panis ( in Eucharisiia ) translormaïur in subsiantiam corporis Cliristi , ita anima nostra iransformatur in Deum... El anie hoc sacrainciitiira nunquaiu luit demonsirata Irausformatio anima: in Deum. (S. Bernardin., loin. III, senn. 43, paît, n )
Tni eranl et milii cos dedisti. (Joan. XVII, 6.)
(1171) Ego ski» in Paire meo , et Vvs in me, et ego in vobis. (Joun. xiv, 20.)
(1172) O poleslas ineffabilis ! O quam magnam in se commet profunditatem formidabiie et admirabïle sacerdolium ! (S. EniR., De sucerdol.)
Qiianlo sacerdoles honore, quanta dignitaie Spiriins sancli gratia dignaniur ! His namque terrain incolenlibus et in ea versantibus cominissum, ut ca quae in cœlis sunl , dispensent. (S. Chrïsost., lib. in \ De sacerd., c. i.)
(1175) Sacerdos vice Cliristi fungitur. (S. Cïprian., episl. G3.)
(il 7-i) Debent forma m visibilem Cliristi iu seipsis oslendere. (S. Bonav., De sex ulis seraph., c. 6.)
Vicem Cliristi débet gerere in beneplacili ejus proniotione, in poleslalis ejus auctorilale, et in similitudinis ejus reprœsentatioiie, ut eiun se imilabilem moribus et vita deraonslret. (Ibid.)
(1175) Doiuinus Jésus ipse est sacerdos et boslia, ipse est qui per ininisiros Ecelesi» baptismi nibuit saciaiiientum, et pereosdein ininisiros corporis et sanpuinis sui conlicit sacramenta- (B. Lau-
OlîllVRES CCMPL. DE M. O.LIER,
KENT. Justin., Serm. de Euchar., n. 28.)
(H70) linitator Cluisti sil cujus legalione fuiigj. lur. (Enchirid. archiep. Colon., lit. De sacr. or'd.)
(1177) Libentissime impendam, et supaimpendar ipse pro animabm vestris (II Cor. xn, 15.)
ld est non solum impendam vobis bona lempolalia et spiritualia , sed paratus suiu mon pio sa- Iule animanim vestraruin. (b. Tiiom., hic.)
(H78) Sive sinl iiiinoiis onlinis, sive siinimi orUinis sacerdoles, vicem Cliristi summi Pontiliiis gerunl, dum populos oralioniiin siiaium meilitainenlo sanant. ( Ivo Cainol., Serm. de excell. suer, ord.)
(il79) Doininus Eucbarisliam quolidie in omni Ecelesia verliis suis per niaiius et uni saceidoium in salulem credentiuin consecrat. (Uincmar., Opusc. de divort. Lotlmr. et Th.)
(1180) Attende quid fecerit mediaior, et ni h il in eo reperies, msi paierai honoris et salutis anima riim zeliim. ( B. Laurent. Justin., De toniemp. Christ, perfecl.)
(1181) Adininistratio sacerdotum, licet exerecatnr in înuliis... spectaliter coitsislit in duobus , iu psalmodia et celebralione Missaium. (Petr. Blés., Serm. 56.)
(1182) Ad bon procul dubio praelicuintur plebilms Ut pio illis nient assidue, oli'eianiqiiu pro eoium sceleiibus grala Deo iibamina. (li. Laurent. Justin., De insiii. et regim. prœtat , c. 10.)
Ils récitent pour cela le Psautier dans les différentes heures de l'Office, afin d'exprimer les prières intérieures de Jésus-Christ, et les dispositions de son âme (1183) : car le Psautier n'est qu'une expression de ses sentiments divins et de son adorable intérieur, qu'il veut faire connaître et dilater dans l'Eglise par lemoyendes prêtres (1184).
Le Saint-Esprit, qui savait bien de toute éternité les louanges que Jésus- Christ rendrait à Dieu, et qu'il lui ferait rendre quand il serait au monde, a commencé à les exprimer par avance en David, qui était père de Jésus-Christ selon la chair, aussi bien qu'il en était la figure selon l'esprit. Ce saint prophète était comme une étendue du cœur et de la dévotion de Jésus-Christ; car ce divin Sauveur, répandant en luises sentiments, dilatait déjà sa religion et multipliait ses hommages qu'il voulait rendre à son Père (1185). Il était aussi un membre du corps mystique du Fils de Dieu (1186), qui est l'Eglise, laquelle il voulait tenir appliquée dans tous les temps aux louanges de son Père, afin qu'en tout son corps mystique de même qu'en tout son corps réel, il fût une hostie de louange à la gloire de sa souveraine Majesté (1187).
Comme les prêtres sont choisis de Jésus- Christ, pour exprimer au milieu de l'Eglise son esprit et son cœur, et pour y rendre son intérieur sensible, il faut qu'ils le produisent au dehors et qu'ils fassent paraître sa religion envers son Père : et comme le Fils de Dieu vivant sur terre était dans son cœur en louanges perpétuelles, quoique au dehors il parût quelquefois dans la distraction, et appliqué à d'autres choses (1188); les prêtres, comme les expressions de son intérieur en son corps mystique, doivent
être, comme les saints, continuellement élevés à Dieu, continuellement appliqués à se? louanges, continuellement occupés en son amour et en ses autres dispositions saintes et sentiments divins, pendant que le reste de l'Eglise, qui est comme son extérieur, es» dans la distraction des choses sensibles e' dans les occupations de la terre (1189).
C'est pourquoi on leur donne à réciter le saint Office, comme une image ou expression de ce divin intérieur, auquel ils doivent se conformer, et dans lequel ils doivent entrer autant qu'il leur est possible, s'unissant à l'Esprit-Saint qui y est répandu, et qui est en eux pour opérer les mêmes effets qu'en Jésus-Christ, et pour leur faire commencer ici-bas, dans l'Eglise, la même vie que les anges et les saints mènent dans le paradis, où ils louent incessamment la majesté de Dieu par Notre-Seigneur :Per quem majestatem tuam laudant angeli (1190).
Jésus-Christ fait tout ce qu'il vent de ses saints, soit au ciel, soit en laterre. Et comme en qualité de prêtre il est chargé des intérêts de Dieu et de ceux de tout le monde, il ne se contente pas de demander incessamment à son Père l'établissement de sa gloire et le salut des hommes, mais encore il fait que tous les saints le demandent avec lui, les appliquant comme il lui plaît, et leur faisant demander ce qu'il désire, en même temps que lui-même le demande au nom de tous. Et c'est là ce que fait aussi le prêtre, chargé des devoirs de toute l'Eglise. Il devient en Jésus-Christ un homme universel, qui non-seulement agit au nom de tous, mais qui fait ce qu'il veut de Jésus-Christ et de tous les saints, leur faisant demander à Dieu ce qu'il désire (1191).
Car Notre-Seigneur étant entre les mains
(1185) Discant ergo quotidie , obsecrare pro populo : discant Dominici corporis sacrosancta mysieria jugiler ininiolaie. (B. Laurent. Justin., De inst. et rey. prœl-, c. 10.)
(1184) Spirilus adjurât inprmitatem nostram... Ipse postulat pro nobis... Postulat secundum Deo pro sunctis. (Rom. vin, passim.)
Clii'islus ubique difl'usus... ejus vocem in omnibus psalmis vel psalleniem , vel gemeniem , vel lauaniem, vel suspirantem familial issiuiam habeie debemus. (S. Açg., In psal. xlii.)
(1185) Quemadniodum Clnïsius ex semine David speeialiler nasci elegit : sic Spirilus sanclus aniinaiij beaiissiini David prophetico lumiue excellenler iniplevit, eumque de Chrisli mysleiïis praecipue illusliavit. (Dionys. Carlhus., Proern. Psal.)
(1180) David figura et pater Chrisli. (Anast. Sinail., Anaaog. conlemp. in llexam., lib. iv.)
In David Chiisius eiat : in David Chiisius praefigurabatur. (S. Auc., serm. 9 De rerb. aposl.)
(1187) David aule Evangelium evangelice vixisse creditur. (Petr. Da.m., 1. iv, episl. 9.)
Nondum noinine , sed re ipsa Chrislianus. (S. August., I. m ad Bomfac, c. i.)
(1188) Corpus Cbrisli est Ecclesia toto orbe diffusa... ad cam perlinentibus omnibus fidelibus (etiam bis qui fucruul aule nos) quia fidèles omnes inembra suul Cbrisli... Quia ergo lotus Cliristus caput est et coi pus ejus, propterea in omnibus psalmis, sic audiamus vocem capilis , ut audiamus et vues corporis. Loquilur iu nobis , loquitur de
nobis, loquitur per nos quia et nos loquimur in illo; noluil loqui separatim, quia noluit esse separatus. (S. Hue., In psul. lvi.)
(1189) Accédât igiiur sacerdos ad altaris tribunal, ut Cliristus, assistât ut angélus, ministre! ut sanclus, offerat vota ut ponlifex... Huic expedit ut divins laudis sit amator , religiosus in se. (Laur. Just., Serm. de corp. Cliristi.)
Continue et indesinenler in ore laudabo Deum raeuin , in vila mea , psallam Deo mco qnamliu fuero. Recédant ergo omnia vetera de ore meo et de anima mea. (S. Bonav., Opusc. de prœpar. ad Miss.)
(1190) Scriplura non sapit, si non ibi Cliristus intelligatur. (S. Auc, tract. 9 In Joun.)
Ollii min divinum in Ecclesia Spirilus sanclus ordinavit : Primo propter imilalionem cœlestis conceutus, quo sancti et angeli iu cœlo assidue in pnesentia Dei ejus laudibus suul inlenli. Unde diiil Psalmisla (Psal. lxxxiii, 5) : lleali qui habitant in domo tua, Domine ; in sœcula sœculorum laudabunt te. Cum enim hic digneiur Chiisius nobiseum esse, dignum est nos ci pro modulo nostro exhibere nverentiam honoris et laudis, juxta exemplar similitudiuis cœlestis , ut ei et si non commue sien t illi cceli cantores, interpellant pro nostra fiagililale psalleudo , alacriter assistamus , imitantes illain qiue siirsum est Hierusalem. (S. Bonav., De sex ulis serapli., c. 8.)
(1191) Non potesl aliquis difliteri, quod Chrislo Palreni accedenle, ac pro nobis interpellante, congiuum maxime sit et saiicioseumdem Patreiu acee-
1KAIIL DES SAINTS ORDRES. — PART. III. DU SACERDOCE
du prôtre, y étant avec tous les saints et avec toute l'Eglise qu'il porte en soi, et y étant comme hostie pour demander ce que l'Eglise désire par le prêtre, il demande à Dieu ce que le prôtre désire (1192) : etaussitôt que le prêtre a témoigné son intention, le Fils de Dieu la prend sur soi, et la présente à Dieu, lit comme tous les saints ne sont qu'un avec Notre-Seigneur, et ressentent en eux tous ses saints mouvements, lesquels ils suivent en tout, de là vient que Notre-Seigneur s'adressant à son Père pour demander une chose, tous les saints le suivent, et s'y adressentavec lui. Si bien qu'en suite de la prière du prêtre, Jésus-Christ et tous les saints se présentent à Dieu, pour demander ce que le prêtre demande (1193.)
O admirable prière que celle du prêtre ! ô prière universelle, non-seulement à cause de l'Eglise de la terre, qui est unie dans le prêtre, mais encore h raison de toute l'Eglise triomphante qui est jointe avec lui. Ainsi, ie prêtre est le ressort qui remue le ciel et la terre, qui fait agir tous les justes et tous les saints. Quelle puissance que celle des prêtres 1 Et ceci est un point de la communion des saints dans le ciel, qui prient tous une même chose par Notre-Seigneur Jésus- Christ qui les tourne où il veut. Quelle admirable communion 1
C'est ainsi qu'en la personne du prêtre, lequel prie pour tous, il se l'ait en lui communion des fidèles qui prient tous ensemble pour une même chose (U9i); en sorte que toute l'Eglise en lui demande tout ensemble ce que chaque particulier désire (1195); et un prêtre offre en même temps à Dieu, s'il entend bien sa vocation, tous les yœux de
l'Eglise. Si bien que le prêtre est comme le symbole de l'unité de l'Eglise et de sa communion, laquelle se réunit en lui, et par lui elle se présente à Dieu, comme tous les saints sont réunis au ciel à Jésus-Christ, et parJésus-Christ ils se présentent à Dieu(119G).
Il faut que le prêtre qui se voit ainsi devant Dieu, chargé de toute l'Eglise, lâche de se remplir de toute la charité, de toute la sainteté, et de tous les dons qu'il voit en elle, pour ne point succomber sous cette charge. Il est cette grande âme qui embrasse tout, et qui contient tout dans son sein. Il est lui seul pour ainsi dire comme toute l'Eglise. Et il faut qu'il se regarde non plus comme particulier,' mais comme étant devenu un homme universel chargé des devoirs de tous (1197).
C'est ce qui le doit faire trembler dans la vue de ses redoutables et prodigieuses obligations, et ce qui doit le porter à s'anéantir incessamment devant Dieu, pliant sous un fardeau si pesant, comme sous tout le monde (1198). C'est faire le mélier d'Atlas, si je rosedire, que d'être prêtre; car c'est porter le monde sur ses épaules. Ce n'est plus parcourir le monde ;'e'est en même temps être présent à tout le monde ; c'est se trouver en esprit par tout le monde : c'est entrer dans les besoins etles nécessités de tout le monde ; c'est être en tous en même temps ; c'esl habiter par toute la terre et la comprendre en soi (1199).
Voilà quelle est la condition des prêtres, qu'on ne doit regarder que comme des prodiges et des chefs-d'œuvre de la main de Dieu, dans lesquels Jésus-Christ, qui y veut vivre en qualité de chef, continue les fonc-
riere, ac pro nnbis pariter interpellare. Imo necesse est dicere , quod lantuin sit gluten inler Christum capul et sancios ejus nsembra lanla connexio et transformalio , etc., ut sitnul assistant semper vubtui Dei pro nobis. Raclant., in Ephes. i.)
(1192) Sacerdos ut procurator et nuntius universalis Ëcclesiœ ab ea inissus ut oret pro omnibus. (Gcillel. Paris., De suer, ord., c. I.)
Sacerdos personam induit Ecclesi*, verba illius gerit, vocem assumit. (Gihllelm. Paris., De mer. ord., c. 5.)
In Eucharistie sacramenio summis ima, bumanis divina junguntur. Ibi est angelorum societas , sanciorum prœsenlia. (S. Bern., t. IV, serra. 9, De praparat. sacrant.)
In ipsos cœlos cœlorum sine impedimenlo atque labore ascendit, et in inedio angelorum si nui I cum spirilibus incorporels facile versatur. Quid dico in niedio supernarum virtutum ? quin et cum ipso angelorum Domino, etc., quae postulat, suo jme quodainmodo impetrat. (S. Ephr., De sacerd.)
(1195) Sacerdos pro le angilur , seraphim adslant, omnes incorpores virlules pro te cum sacerdoce iulerceduul. (S. Chrysost., Hum. de Euchar. in Encœitiis.)
In ipsa immolationis hnra ad sacerdolis vocem rœli aperiuiilur : in illo Jesu Chiisli myslerio angelorum choii adsunl , summis ima sociantur, lerrena cojlesiibus junguntur , unmn quoddam ex visibilibus et invisibilibus lit. ( S. Gkeg., lib. iv Dulog., c. 48.)
(1194) A cunclis sacrificiuni illud laudis oflerlur,
licel ab uno specialiter offerri sacerdote videalur, quia quod ille Deo offerendo inanibus traitât , hoc inultitudo fidelium intenta menlium devolione cominemlat. (Petb. Dam., opusc. 11, c. 8.)
(1 195) Sacerdos publica persona , atque tolius Ecclesiue os. (S. Bekn. Sen., serin. 20, a. 2, c. 2, t.l.)
(1196) 2uid mirum si sacerdos quilibet vicem Ecclesiae solus explet, cum per uniiaiis intimai sacrainenlum tota spirilualiter sit Ecclesia? (Petr. Dam., opusc. 11, c. 10.)
Si omîtes unum sumus in Christo, licel per corporalem speciem videamur abjungi, lamen ab invicem separari non possumus, quia in eo niauemus. (Ibid ., c. 8.)
(1197) Quasi communis totius orbis Pater est sacerdos. Dignum igitur est ut oninium curaui gerat, omnibusque provideat, sicut et Deus , cujus fungilur vice. (S. Chrysost., boni. 6 in I Tint. H.
(1198) Celsiludo graduum ecclesiasticorum ipsis eliam augelis fornudanda. 'S. Berm., serin. 2 in Ascens.)
Reperio omnes sanctos divini ministerii ingentem velut niolein formtdanles. (S. Cykill. Alex., boni. 1 in Pasch.)
(1199) Mundi fundamenta. (Grf.g. Naz ,carm.H.) Columiue qui mulaiilis orbis slaluiu orationiblis
suslinent. Ili huuulilate subnivi atque proslraii omis tolius orbis portant bunieris sanclitaiis. (S. EuciiER., boni. 5, ex euitis cum Tlieod. Siudilse.) (Sancli Paires) boinines illi uiagni , Dei spintu imbuii , de llierarcbico muneie et sacerdoiio non
tion
qu'il a cotumencées sur la terre, et il désire encore, étant dans le ciel, accomplir par eux dans son Eglise (1200).
Il faut donc considérer le prêtre comme étant véritablement l'homme de Dieu (1201), c'est-à-dire, comme étant celui non-seulement qui ne doit plus avoir d'autres intérêts que ceux de Dieu même, qui doit entrer dans tous ses desseins, et se soumettre à tous ses ordres, qui doit être uniquement à lui, pour ne songer plus qu'à procurer sa gloire, mais encore étant celui en qui et par qui il veut faire toutes choses en son Eglise
C'est pour cela qu'il s'établit si spécialement dans chaque prêtre, et qu'il y veut demeurer comme dans un saint tabernacle, où il puisse reposer en sa gloire, et d'où, comme d'un autre sein du Dieu le Père, si on peut parler de la sorte, pour exprimer la sainteté consommée qui doit être dans ses sacrés ministres, il puisse répandre sur la terre ses abondantes miséricordes, et .remplir le monde de l'immensité de ses bienfaits (1203).
C'est pour cela aussi qu'ayant institué les sacrements, qui sont les canaux de ses grâces et de ses dons, il les met entre les mains des prêtres, afin de les rendre des sources fécondes et intarissables de toute grâce, et afin que tout ce qui s'opère de saint, de grand et de divin dans l'Eglise, émane d'eux, et s'opère par leur saint ministère (120ij.
C'est pour cela encore qu'il fait qu'on ne s'approche, guère des saints prêtres qu'on ne soit touché de Dieu, et qu'on n'en reçoive quelque grâce, à cause de la présence et de la majesté de celui qui est en eux, et qui par eux continue d'agir toujours dans son Eglise (1205).
;.lia ratione loquebanlur , quam ut ouus esse ilieerent imm'ensum, /Etna gravais, siib quo vel gigantesipso opprimereiitur , etc. (Cresol., Myslug., lit). m cap. I. — Vide Pair. ibid. citai.)
(I-1 00) Sic n inislris suis Cliristus ecclesn.slie.e coiisecrationis delegat officiutn, ul lamen apud se omnium ordinum contineal principaliier sacramenlum.... IJnus Sacerdos magnus, ex quo lanquam quoilam verlice , omne sacerdotiuni per fccclesiae uiembra diffunditur, omiie quod sacrum est, hkII.ibililer propaSaiur. (Petr. Dam., opusc. C, c. 2.)
("1201) Quid nobilius quam assimuari J) ilio Uei I (S. Bo.vvv., Slim., p. 2, c. 6.)
Tu auiem, o homo Dei ! (1 Tim. vi.lt.)
(1202) Dei aciores. (S. Amer., i" / ïim. m.) Eoiumqua: Dei sunl negotialores. (S. Augost.,
serai. 3t>, Ad fr. erem.)
(1203) Verus Dei uiinisler, Deo non sibi natus. (S. Ambr., In psal. cxviu.)
Recie comparante apibus sacerdoies... qui velut alveario qnodam gratiam niairis Ecclesiae continent, in qua divereorum meriloruni cellnlas çompoueiiles, de uno alvaloris examine Clirislianorum examina milita produeuut. (S. Ambr., serin. 85.)
(1204) Specialissima Dei laberiiacula. (a. leo,
' ' Aliis sacramenta Iradunt , suo modo Deo in hoc assimilai!, quasi Deo coopérantes. (D. Tuou., Suppl., qu. 51, art. 1 in cl
lp-i sunl instrumentum per qnod perfteit opus suum Dei sapientia. S. Laubebt. Justin.,^ r.'gim.
vralal., c. 2, n. 3.)
Leurs paroles sont comme des étincelle^ de feu qui embrasent les cœurs; leurs regards sont des tlèches ardentes oui pénètrent jusque dans le plus intime de l'âme (1206); leurs prières sont si puissantes qu'elles font descendre mille bénédictions sur les fidèles : ce sont des Moïses dont Dieu se sert pour opérer ses plus grands miracles parmi son peuple (1207).
O prodige de grandeur inconcevable! ô sublimité incomparable du prêtre (1208), qui, comme un Jésus-Christ ressuscité, opère tout avec, une souveraine autorité dans son Eglise! Saint Jean dit (i, 3), parlant du Verbe : Que toutes choses ont été faites pat lui, et que rien n'a été fait sans lui (1209). Ne pourrait-on pas, en quelque sens, en dire autant du prêtre en Jésus-Christ, ou d£ Jésus-Christ dans le prêtre, pour les choses qui se font dans son Eglise? puisqu'il est le principe de tout le bien qui s'y opère, et que sans lui il n'y aurait aucune grâce communiquée aux hommes. O dignité mille fois plus élevée que celle des anges et des plus hauts séraphins, à qui Dieu n'a point donné ce privilège, ni accordé cette grâce (1210)! Et ce qui est en ceci admirable, et qui relève encore infiniment !a dignité des prêtres, est que Nôtre-Seigneur n'a pas mis les sacrements et ces sources de grâces entre leurs mains, seulement pour les distribuer, et pour n'en avoir que l'administration extérieure, mais encore pour les proi luire par la puissance qu'il leur donne, et pour en être comme les seconds auteurs, puisque ce sont eux qui baptisent, qui consacrent, qui absolvent et qui confèrent les autres sacrements (1211).
Et en cela, ils sont encore bien plus rele-
(1205) Quasi petra salis débet esse sacer.los... ul quisquis sacerdoli juneiliir. quasi, ei salis lacni aeiernae viljgsapore condiaiur. (S. Grec, liom. 17
in Evang.)
v1200j Fulgebunl justi tanquam scintilla; in arundineio mundi isiius discurrentes et arundines cordium eainalium velut incendium dcpascenles (GiiLLEL. Paiis., De morib., c. 8.)
(1207) Et veie illud impletur in nobis , in quo Mcyses dédit figurant. Cum enim ipse elevarel manus vincebal Anialeeli. (Oric, boni. 5 in Exod.)
(1208) O miiaculum slupendum ! o poteslas inelfabilis ! o iremendum sacerdotii mysieriuni ! (S. Ephr., De sacerdoi.)
(1209) Omnia per ipsum faclu sunt,et sine ipso [nclum est nihil. [Joan. i, 5.)
(1210) Universis Dei bonis adminislrandis praefectus. (S. Chrïsost., De sacerdot., 1. 1:, c. I.)
Neque enim a.liiï ad Deum potest, neque accepla esse victima, sine Levila. (S. Cyrill. , De ador. in
spir. et lerit.)
Saeerdotiura est principatus sine quo neque salutis, neque promissorum bonoium compotes fieii pos'sumus, elc. (S. Chrïsost., lib. m De sacerdot.,
Per ipsos (sacerdotes) gralia sanciificationis minislralur bominibus. (Glillel. Paris., De sacrant. otdin., cap. 1.)
Per ip=os omnis petino populi débet iransmilii an Cliristum. (S. Cbrïsost., liom. 22, in Mallh. vni.)
(1211) Sacerdos inysiaiuni Dei œconomus. (Simeu.n Thessal., De ordin. diaceni.)
TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. III. DU SACERDOCE
osso
vés que les anges, qui étant envoyés de Dieu pour l'accomplissement de ses volontés, et pour l'exécution de ses desseins, reçoivent extérieurement leur ordre et leur mission, comme de simples serviteurs (IJebr. i, 14) : Omîtes sunt administratorii spiritus (1212). Au lieu que les prêtres trouvent au dedans d'eux-mêmes leur force et leur pouvoir par le moyen du sacré caractère qui leur donne la vertu d'opérer ces merveilles, et que Dieu a imprimé dans leur âme en leur ordination, afin que rien ne manquât à leur grandeur et à leur grâce (1213).
Enfin, Dieu veut être en nous comme il était en Jésus-Christ ressuscité, agissant en notre âme en sa vertu, nous transformant tout en lui par la puissance de sa grâce, et faisant même reluire et rejaillir en nous sa divinité de toutes parts, comme il la faisait éclater en son Fils, pour lui gagner ainsi tous les cœurs par la beauté, par la douceur et par l'éclat de son adorable majesté (1214). C'est l'état où doivent être les prêtres pour agir selon la sainteté de leur vocation et selon l'étendue de leurs devoirs; car alors Jésus-Christ opérera par eux, il parlera par eux, il fera l'œuvre de Dieu par eux : en un mot, comme ce sera lui-même qui fera tout en eux et par eux, ils satisferont divinement à leurs obligations, et s'acquitîeront parfaitement de leurs emplois (1215).