CHAPITRE IV
De la sainteté des prêtres à cause de leur état ressuscité , et de leur unité avec Jésus - Christ , prêtre et hostie dans le très-saint Sacrement.
Le prêtre doit être ressuscité et retiré intériejirement en Dieu avec Notre-Seigneur Jésus^Cïïrist; et , parcelle retraite, il doit être infiniment éloigné en esprit de toute créature animale et grossière (1216).
Sacramentorum cœlestinm cooperatores et clispensatores. (Petr. Dam., opusc. 27, De cotnm. vil. cuti., cap. 4.)
(1212) Sunt itohis multo infeiiores Angeli, in Polestalibus, Principalibus , et aliis quibuscunque adininistralionuin generibus, quae divina disposilione acieperunt ad regimeri liujus mundi. (Naclant., In E)>hes. i.)
Omnes, sient ait Aposlolus, sunt administratorii spirilus in minislerium missi.... sed longe est exceltentius otlicium veslrum, quod admirabile est, et non soluni in oculis veslris, sed eliain angeloruin. (S. Bern., Serai, ad paslor. in synod.)
(1213) Solis discipulis suis Sacramenta sui corporis ex saneuinis comniisil celebranda. (Ivo Carnot., epist. 63.)
(1214) Saceidos Cbrisli figura et expressa forma. (S. Cïrill. Alex., De ador. in spir. et verit.)
Deum in verbis, in moiibus, in conversatione, et cunctis operibus suis exhibeat laudabilem. (B. Laur., De regim. prwlat., cap. 1, n. 5.)
Luceal imago Clnim in operibus nostris et faciis; ut, si lieri potest , tota ejus species exprima lur in nobis. (S. Ambr., lib. m Devirg.)
(1215) Ipse Clnisius dextera per quaui sacrificium ofleramus. (Ibid.j
Enicum instrumentum quod Deum bonoramus. (Clem. Alex., Pœdagog.)
(1216) ilortui estis, ei vila ventru, ubscondita at
Jésus-Christ, qui est le modèle de la vie des hommes et de toute son Eglise, a mené deux vies sur la terre: l'une commune et visible , l'autre inconnue et insensible ; l'une qu'il donne pour exemple du commun de la ' vie des hommes, l'autre qu'il propose pour le modèle de la vie des prêtres et de tous ceux qui entrent dans son sanctuaire (1217). Sa vie visible et connue est celle qu'il a menée depuis sa naissance jusqu'à sa mort. Car , quoiqu'il ait été trente ans caché et inconnu aux hommes, il était néanmoins visible et palpable aux yeux de ceux qu'il fréquentait , et sa vie durant ce temps-là était une vie commune avec le gros du monde et le commun des hommes (1218).
L'autre vie est une vie toute invisible et inconnue aux hommes , qui est la vie d'une entière sainteté qu'il a menée depuis sa résurrection jusqu'à son ascension , et celle surtout qu'il mène maintenant au milieu de l'Eglise dans le très-saint Sacrement de l'autel.
C'est là proprement la vie cachée de Jésus-Christ dans son Eglise : c'est là sa vie du ciel et de son sanctuaire; c'est là, en un mot , sa vie de sainteté consommée qu'il a menée depuis le grand jour où il a été déclaré praire selon l'orure de Melchisédech , et qu'il veut que tous les prêtres continuent avec lui dans son Eglise (1219).)
Notre-Seigneur ressuscité , mais conversant encore sur la terre, était, par son état, comme il est encore au milieu de l'Eglise au très-saint Sacrement, dans un éloignement incroyable de la créature présente. Car , comme il était entré en son Père et passé dans son état de sainleté , il était infiniment distant du monde , et dans une opposition au siècle qui ne se peut comprendre (1220).
Ainsi le prêtre, par l'esprit intérieur qui
cum Christo in Deo. (Col. m, 3.)
Oinneui visibilem at<|iie invisibilem creatuiam superat, et deilicatus in Deum intrat se deificaiiiem. (Origen., De S. Joann., boni 2 in liaec verba cap. i 1 : In principio erat Verbuin.)
(1217) Est vita Jesu liber vila?, exemplar verum, peiieeiionis spéculum, forma recte vivendi, religionis, magislerium , cunclaruuique norma virlulum. (B. Laurent. Justin., De liumil., c. 21.)
(I2iS) Tola viia Cliiisli in terris, disciplina niorum fuit. (S. Ace, De veru relig., c. 16.)
VeniiClirislus, uiexemplum viveodi daret bominibus. (S. Ace, Lib. LXXXU1 Quust., q. 42.)
Congruuin erat incarnationis Uni, ulCIinsius cum bouiinibus conversaretur. Qui autem cum aliquibus conversatur, convenieiitissiinuin esi, ut se eis in conversatione conforme!. Et ideo convenientissiin uni luit, ut Chi'islus cominuniierse, siculi aliihabciet, etc. (D. Thom., p. m, q. 40, act. 2.)
(121!)) Siniile esi legnum cœlorum tliesauro abscoiulito in agio : quia nec ager videbcet corpus Cluisti, sine tliesauro, id est , divinilate; nec Uiesaurus divinualis emitur sine agro carnis; qui tbesaurus abscondi dicitur, quia in boc mysterio ab aspectu oculorum, ne caro videalur sublrabitur, etc. (Paschas., De corp. et seing. Dom., c. 17.)
(1220) Spons;e se oslendere volens iiebnke instar' corpoia se ciivuimexil, sub eoque seipsum oeculuit, ut omniiiu se deuioiistiavcl pci omnes virlulum gu-
îui est donné , étant rendu participant de Jésus-Christ ressuscité, et déclaré prôlre en sa résurrection , doit être dans un éloignement intérieur et dans une distance infinie du monde. Il doit être dans une impossibilité morale d'aimer rien de la créature, pane que son état tout spirituel et tout divinisé en Dieu, le fait passer dans la sainteté divine et dans l'éminence de son être opposé à ce monde. Et c'est là ce que porte l'esprit de prêtre (1221).
Cet état intérieur doit retirer l'âme du prêtre du commerce du monde, et la tenir séparée de tout beaucoup plusque ne peuvent faire tous les états de mortification et tous les exercices crucifiants qu'on exerce sur la foi ; car la puissance et la sainteté infinie de Dieu dans laquelle l'âme est entrée ont tout une antre vertu pour l'enlever et pour l'arracher à tout , que toutes les pénitences et toutes les mortifications extérieures (1222).
Notre-Seigneur , dans l'état où il est en sa résurrection et au très-saint Sacrement, vit d'une vie si sainte , que , quoiqu'il entende , qu'il connaisse et qu'il sente tous nos besoins, il n'est point néanmoins touché ni sali des espèces du monde, qui n'ont aucune prise sur lui , et qui ne souillent point l'état de sa parfaite sainteté et de sa totale séparation des choses de la terre (1223).
Ainsi en doit-il être du prêtre, qui, vivant intérieurement avec Dieu|, tout occupé de sa divine essence, entend tous les besoins du prochain , prête l'oreille à tous , a les yeux ouverts sur tous , ressent les maux de tous , sans que rien ait prise sur lui, sans qu'aucun objet altère sa sainteté et le retire de son occupation en Dieu , sans qu'aucune
chose se fasse goûter à lui , lui donne du plaisir, et lui fasse trouver de la satisfaction dans les créatures.
11 entend seulement pour concevoir , il voit seulement pour connaître, il ne sent que pour avoir plus de compassion des affligés et pour prendre plus de part aux maux de tous , lesquels il voudrait porter en esprit.
Notre-Seigneur en cet étal est mort à toutes les beautés, a toutes les délices et à toutes Jes richesses de la terre, à cause des richesses, des délices, et des beautés ravissantes qu'il voit dans son Père , et qui le dégoûtent de toutes les chosesdece monde. Ainsi le prêtre ressuscité en esprit ne doit plus s'amuser à voiries beautés du monde , il ne doit plus se satisfaire dans ses plaisirs, il doit être mort à tous ses biens, à cause de ce qu'il contemple en Dieu par les veux de la foi , et des biens qu'il y voit et qui l'attendent, qui le dégoûtent de tous ceux du monde (122i).
Notre-Seigneur ressuscité est comme mort
et enseveli dans ce divin et très-adorablG Sacrement: et comme les personnes ensevelies non-seulement ne voient plus rien, ne goûtent plus rien , et ne sentent plus rien de tout ce monde, mais encore ils sont cachés aux yeux du monde qui n'en fait plus d'état : ainsi les prêtres ne doivent pas seulement être morts à tout , mais encore i! faut qu'ils soient cachés aux yeux du monde, en sorte que le monde ne les considère plus, ce qui doit faire le souverain bonheur des prêtres (1225).
Comme les prêtres sont morts à toutes les beautés, à toutes les pompes et à toutes les grandeurs du monde, lesquelles ils ne considèrent plus , et dont ils ne sont point
dus pielatis formam , etc. (Philo Carpathius , In tant. Il, il.)
Sicut exallantur cœli a terra, sic exailatœ sunt vite meœ a viis veslris. (Isa. lv, 9.)
(1221) Humana in Cbrisio anima, divinilale coninmnicala in Deum 'ransiit, etc. (Oric. , Coiur. Cels.)
Si quid ex inferiorenatura assumpttun, hoc ipsum in illuil nuod diviniim niiiiaïuiii est. (S. Grec. Nyssen , lib. iv 33». Kunom.)
Qua re non purioréro sanctioremque esse convenu aniniain, quae lanlum illurn tamque dignum spiliiuin reccpeiït? ^S. CiiRïsosT.,lib. vi De sacerdot.,
ai
(1233) Sancli estole , quia ego sanctus sum. (Levit. ii, 44.)
Sanctus, Grœce âv;o;, quasi extra terrain esse significal : Quicunqtie enim se consecraveril Deo , iiii'iito extra terrain , extra munduin videbilur. (Orii,., Iioni. 21 in Levit.)
Sun tectini, Domine , crucifixus ninndo , ut sic morluus, vila mea sic lecum abscondila in Deo. O vila mea , vila l'elix , quae abscondila est ipsi ninndo, et sociala ipsi Chrislo , in Deo centio suo quiclalur. (S. Bo.wv. , De pra-par. ait Missam.)
Diieclio tua absorbeat qiKtso nieniein meam ab omnibus quai sub coelo sont, ut libi soli iukxream. (S. Ait,., lib. Médit., c. 55.)
(1225) Considereiniis Cliiislum licet per hoc sarramenlum peiieliel in peclora , putiida et Icelida toi lioniinuni improboruiu, etc., nihil lœJiiaiis inde
contraliere; discamus sic agere cum peccatoribus, etc., et solis radiis assiniilcmur , qui per loca transiens immunda seniper relinet puriiateni el splendorem. (De mysl. Clirisl., I. ix, boni. 25.)
(1221) Uni Cbrisio adliaîrens, estera omnia quasi fermenta la respuens, iu unius azymi sinceriiate ixtalur. (S. Cyprian.. Serai, de Cœna Dem.)
Clerici, genus Cbiislianoruin quod mancipa'.um diviuo ollicio, et dedititm conlemplationi , ab onini slrepitii temporalium cessare convenu. (S. Hieron. Réf. 12, q. l,c. Duo sunt.)
Sicui Moyses qui inius contemplatione raptns , foris iiilirmantiuni negoliis urgebalur : inius Dei aicana ennsiderans, foris oneia cainaliuni poilabat. (Uarthol. a Martïrib., Stimul. pasior.,p. n,c. 1.)
Sancli Domini secundum exteriorem boiniiieiu parent oculis quasi spécialités ea qua; liant iu inundo : sed secundum inieriorcm bominem cum Deo
colloqiiuntur. (S. Macar., boni. 15.)
Fiai cor uii'iiiii u ii it m cum ipso , nibil me judicans sciie vel amare vel -nUectarc nisi Dominum Jesum Cliiislum. (S. Bonay. , De prapur. ad Miss.)
Ut quid diligitis vanilalem et qmerilis mendacium? Quando habiluri linem fallaciorum, si verilate praesenle non habetis ? (S. Ane, In psal. îv.)
Despicite sœculi ornamenta, qua; jam Deo propitio velut purgamenta ac stercora respiustis. (Uesar. Aietat.. boni. 18.)
11225) \id< ttgnum stantem tanquam occisum. (Apuc. v, 6.)
TRAITE DES SAINTS ORDRES. — TARI. 111. DU SACERDOCE
touchés, aussi doivent-ils être morts à toutes ses bassesses, à toutes ses misères et à toutes ses ordures. Car ils doivent comme Noire-Seigneur mépriser tout, quand il y va du service de Dieu, à cause de la vie divine dont ils sont animés , et à cause du feu et du zèle de sa gloire qui les dévore (122G).<
Jésus-Christ au très-saint Sacrement ,' à raison de son grand amour envers son Père, et de sa charité infinie envers le prochain , ne regarde point la différence des lieux où il va, et ne se met point en peine où on le porte. 11 n'en examine point la pauvreté , la misère , l'ordure, la puanteur. Il ne fuit pas même la demeure infâme des pécheurs , mais il les attend pour les gagner à Dieu, tâchant par l'amour qu'il leur porte , par les tendresses qu'il leur fait paraître, par sa patience et par la longue attente qu'il a de leur salut, par la communication libérale de ses dons, par la forte conviction qu'il leur donne de leurs misères, et par mille autres inventions de son amour, de surmonter leur ingratitude par ses bienfaits.
C'est pour cela qu'il se donne tout entier a eux, et qu'il prodigue tellement son sang, que non content de l'avoir répandu une fois sur le Calvaire pour le saint de tous les hommes , il le verse encore dans l'âme de chacun en particulier pour la gagner à lui ; témoignant par là qu'il a autant d'amour pour elle seule, comme il en a pour tout le genre humain, puisqu'il luidonneàelleseule ce qu'il a répandu pour tout le monde ensemble (1227). I
Cette charité de Jésus-Christ pour les âmes est la grande disposition qui doit être dans tous les prêtres , qui doivent se donner
sans réserve, pour les sauver toutes, se faisant tout h tous pour gagner tout le monder à Jésus-Christ.
Il faut pour cela qu'ils aient renoncé à tout avec une grande fidélité. 11 faut qu'ils aient fait un divorce universel et rompu tout commerce libre et volontaire avec la chair. Il faut qu'ils aient crucifié leurs appétits, et fait mourir en eux la vieille créature par des mortifications assidues ; ensuite de quoi l'Esprit de Jésus-Christ ressuscité, qui succède à la mort et à la croix, fera ses opérations divines d'une manière éminente en leur intérieur, et les fera entrer en communion de ses adorables dispositions.
C'est pourquoi le prêtre doit renouveler souvent en soi les mortifications et les austérités, sans appui toutefois en leur vertu, mais se confiant tout en l'Esprit de Jésus- Christ ressuscité, qui prend plaisir à sacrifier notre chair et toute la créature présente à la justice et à la sainteté de son Père (1228).
C'est en ce même esprit de sacrifice que Notre-Seigneur usait de ce monde. C'est ainsi qu'il mangeait quelquefois avec ses disciples sans besoin, sans appétit et sans amour pour les viandes; ne les prenant même qu'avec dégoût et avec application à une nourriture plus solide, afin d'apprendre à ses apôtres, qui étaient prêtres, et en qui il s'était multiplié pour continuer la vie de sa résurrection, comme il fallait user de ce monde, après que l'on était une fois passé en esprit en Dieu, à qui toute la créature grossière et insipide est à dégoût, et comme elle ne nous devait servir que pour exercer nos sacrifices continuels (1229).
Christus in seipso immorlalitcr et incorruptibililer vivens , iterum in hoc înyslerio niorilur. (S. Bep.nard. Sen , t. II, serm. 54 , De Dom. sacr., a. 2, c. 2.)
Exstinctus mundo latcat, et a cunctis exteriorum rerum perluibationibus intra sinum se sui amoris nbscondat. (S. Greg., Moral., lih. v, c. 5.)
Tune ero verus Chrisii diseipulus, cum mundus liée corpus meuni videuit. (S. Ignat., Epist.)
(1226) Omne sacrificium sacerdotuni holocausluin ileri insliluit....*. ut nibil carnale, nihil sàpiant iniperfecium : Nihil sibi volupluosum praesumant retinere, sed se lotos igni divino studeant exbibere. (Philipp. abb., De cviitin. sacerd., cap. 57.)
Pauperes spiritu, hoc uno comenli ferculo , omnes liujus muniii delicias aspernanlur , et possidenles Chrislum, aliqnam hujus mundi possidere su pellectilem dedignanlur. (S. Cïpr. , Serm. de cœna Dom.)
(1227) Fuerunt ante qui se lotos ovibus paseendis exponerenl , nibil sibi lepulanles indignum , nisi quod saluti ovium obviare pillaient; non quaerentes quse sua sunt, sed impendenles. lmpendere curam, impendere subsiantiam,.impeudere et seipsos... Unde unus illorum : El ego, ail (// Cor. xn, 15), superimpendar pro auimabus veslris. Unus eiat de subjectis quaeslus, una pompa, unaque voluplas, si quomodo eos possent parare Domino plebem peifeciam. Id omnino satagebanl eliam mulla coniiilione cordis ei corporis, in labore et serumua , in lame el siti, in (ïigore et nudilale. (S. Berkard., lib. iv De consid., cap. 2.)
Seipsum descrat rt quodamniodo pcrdaJ, ut alios
lucrifaciat. Cum infirmanlibus infirniciur ; uralur cum scandalizalis; liai eliam si oporleat cum Jud;eis Judaeus, nihilqiie formidet cum la'i conscienlia exemplo Jereuiiae el Danielis in ^Egyplum vel in Chaldseam cum transgressoribus caplivari; cl cum sanclo Job frater iieri draconum , et soeitis strulbionum. Cum Moyse quoque, quoil graviu3 esl, deleri de libro vilse ; et cum Paiilo analhema esse a Chrislo pro fialribus. (S. Rern., epist. 42, Ad Demie. Senon.)
Imitaniini quod iraclatis ; qualenus niorlis Dominicae niysterium célébrantes , morlilicare membre vestraa vitiis et coiicupiscenliis procurctis. (l'outil. Rom. in Exliort. ad presbyt. ord.)
(1228) Ego habeo cibum manducare quem vos nescilis... Meus cibus est al faciam volunlatem ejus qui misit me. (Joan. îv, 52.)
Discipnli Jesu cibos importunos offerentes ei dicebanl : Rabbi , manduca. Sed contra clamât ipse : Numquid manducabo eûmes taurorum, etc. (l'sat. xlix, 13.) Immola Deo sacrificium taudis. De quo vero saciificio, ciboque sibi congruenle prolinus dicit : Ego cibum habeo muiiducare queni nos nescitis. (Rupekt., hic.)
Spiritu ambulantes, ultra non senliunt desideiia carnis; aut si senliunt, languida certe, et quasi palpilanlia ad extremum duceulia Imlituui. (Gilllbert., serm. 14 in Cunt.)
Spirituali levilalc pondéra carnis pêne nos senliunl, et terrenœ carnis materiain neseiunt meulio benelicio. (lbid.)
(1229) Christus ante resurreciioncm suam omnibus val peecaloriuus tangenduni S'.'ipsum ponaiiie
C'est en ce même esprit qu'il conversait avec ses disciples, n'étant que comme au éclair aupiôsd'eux.et demeurant en sa sainteté infiniment séparé de leur commerce grossier. Bien loin de s'attacher à eux, il ne pouvait porter leur conversation grossière, et eux ne pouvaient aussi s'attacher à sou être divin (1230).
Le prêtre et l'hostie ne doivent être qu'un. C'est pour cela que le prêtre communie à l'hostie, et ne devient qu'un avec elle, n<>nseulement par présence réelle, mais aussi par union intime et par communion de dispositions et de sentiments.
Le prêtre ne sert que de supplément $ l'hostie, qiri lie peut s'offrir elle-même sensiblement, comme l'Eglise en l'état où elle est le désire. Jésus-Christ pour cela n'a
j de prêtre en son saint satri orsqu'il s'est offert sur la croix, parce
noint eu de prêtre en son saint sacrifice, lorsqu'il s'est offert sur la croix, parce que lui-même étail l'hostie vivante, raisonnable et spirituelle, qui, s'offrant soi-même, n'avait pas besoin d'un autre pour se présenter (1231).
Autrefois, avant la venue de Notre-Seigneur, soit dans la loi de la nature, soit dans celle de Moïse, on avait besoin de prêtres, à cause que les hosties n'étaient pas raisonnables. 11 n'y avait que des fruits de la terre ou des animaux offerts, qui ne pouvaient pas se présenter eux-mêmes; mais Notre-Seigneur, s'offrant soi-même, n'a pas besoin de supplément pour accomplir son sacrifice. Lui-même se présente à son Père «'ans le ciel, et s'offre tous les jours dans I Eglise sur nos autels, où en secret et à couvert des yeux des hommes, il se livre
OEUVRES COMPLETES DE M. OL1ER. <;o6
pour nous à Dieu dans ce mystère, étant luimême et i'autel et le prêtre,"et la victime et tout son sacritice.
Que si Notre-Seigneur use extérieurement des prêtres pour son même sacritice, ce n'est pas par nécessité, ni qu'il en ait absolument besoin pour l'accomplir en lui-même; mais c'est seulement afin de l'offrir visiblement pour l'Eglise visible, et afin de couvrir sous l'apparence et la figure îles prêtres* la personne de Jésus-Christ s'offrant soimême en ce divin mystère (1232).
C'estainsi qu'il se sert des espèces du pain et du vin, afin de représenter sensiblement la victime du sacrifice, et de la faire voir à l'Eglise : et il se sert aussi de l'autel visible pour figurer le Verbe divin, qui est l'autel réel de l'hostie véritable; ce qui fait voir la multiplicité des figures nécessaires pour exprimer visiblement dans l'Eglise l'intérieur des mystères cachés (1233). Comme donc le prêtre extérieur figure et représente le prêtre intérieur, c'est-à-dire Jésus-Christ prêtre, et que Jésus-Christ prêtre est le même que son hostie, c'esl-à-dire que c'est luimême qui offre son sacrifice, et qui en est la victime ; de là vient que le prêtre communie à l'hostie, et se sert des symboles et des figures du pain et du vin ; ce qui marque
l'identité la plus expresse et la plus significative qu'on ait, pour montrer l'unité de deux choses distinctes et diverses; car rien ne se fait plus un dans la nature, que l'aliment avec la chose qui est nourrie ; rien no ne fait plus un avec nous, que la chose qui se change en nous, comme il arrive dans la réelle et véritable nourriture (123i).
Lui : Pnst resurreclioncni vero suani non facile id unicuique concedit : ut eam nobis régulant tradercl : liicircuincisus non comedel ex eo. Ineireunicisum appellal oiiuieni iuipurum. lnipura vero est, si ad naturani [Dei conferatur naiura hoininum. (S. Ctiull., 1. xu in Joann.)
(1230) Sacerdos Sacramentum Dominiez passionis non solmn ore ad redemplioneni , sed coule ad imilalionem suscipial : quia Lune demum ei hostia proderil, si seipsum hosliain faeiens, velit hiiiuiliter et efficaciter imilari quod agit. (Cassian., 1. iv Insiii., c. 55.)
(1251) Per spiritum semelipsum obtulit immaculalum l)eo. (Ilebr. ix, 14.)
Ipse (Chrislus) vielinia , ipse sacerdos , ipse allare, ipse Deus, ipse uonio, ipse rex , ip'>e Pontifes, ipse ovis, ipse agnus, omnia in omnibus j)io nobis tactils. (S. Ehpu., lucres, ôo.)
Chrislus ipse est qui offert et qui nfTcriur. (S. Cuiusost., Lilurg.)
Ipse est et saceidos et sacrificiuui. (Conc. Lateroii. îv, c. Firmiter.)
Chrislus sacerdos , et sacrificium , offerens et oblalio. (S. Aie, De Civil., 1. x, c. fi, -20.)
Ideo Chrislus Catholicus Palris Saceidos vocalui . (Tertull., lib. iv Adv. Marc, c. 9.)
(1232.) Si incorporeus esses, nuda et incorpore.-! dedissel ipse doua : sed quoniam anima corpori conserla esi, in gensibilibus inlelligibilia libi pi;eli'i. iS. Chrisost., boni. 60, Ad pop.)
Deus propter hominem ,in hxc pauperrima elemc-iia de tertio ccelo descendit, etc. Ncc reprobavil pajieui quo insuin corpus suum icoisesenlat, (Ti.iv-
TDLL., lib. i Adv. Marc, 14.)
Altaï e in b'gura Chrislus est. (S.Cyrill., Deador. in spir. el ver il., lib. xi.)
Allare Dei Fdius est, cui in bac vila cordium nosirorum sacriticia imppniiniis : lu quo cogiialiones illicilas ne convalescanl , iiiaclauius ; super quod vilulos iu aelerna vila sancti seipsos iniponenl. (S. Grec, Expos, in Psal. pœnit., in haec verb. psal. L, 21 : Tune impatient super allure tuum vilulos.)
(1233) Propterea semelipsum nobis immiscuit, et corpus suum in nos contemperavit, ut iinuni quid eQiciamur. (S. Chrtsost., boni. 61, Ad pop.)
Ul reipsa in illam carneni convertaiiiiir, per cibiim id efficilur , etc., se nobiscum commiscuit el iu unutn redegit. (Id., boni. 45 in .loan.)
Cuni sacerdotein videris oflereniein, ne ul sacerdotera esse pules, sed Cbristi niaiiuin invisibilité!extensam. (Id., boni. 60, Ad pop.)
Nos secuni in iinani, ut iladicam, massain reducitnequein tïde soluin, sed reipsa nos corpus suum efficit. (Id., boni. S5 iu Matth.)
Ipse Dominus hoslia omnium sacei cloluni esl, qui semelipsum pro omnium reconciliaiione Pairi libans, viclima sacerdotii sui , el sacerdos su* vicliiiiaî fuit cuique iiunc ipsi sunt hoslia: sacerdoles. (S. Paulin., epist. 5, Ad Sevtr.)
(1234) Non sumimis sacerdos et niagnus Palris, de suo vcsliens , sacerdoles Deo l'alii suo lecit. (Tertull., De Monog., cap. 7.)
Sub forma panis et vini comestibilem cibuin praebet, ut cibet nos verbo iucarnato, etc., coniedens vero incorporalur Ciuislo, et transit in aincrem cl
TRAITE DES SAINTS ORDRES. - PART. 111. DU SACERDOCE
C'est donc pour ce sujet que Noire-Seigneur, qui veut exprimer l'identité et l'unité qui doit être entre le prêtre et l'hostie, se sert du pain et du vin dans la communion'; pour marquer que le prêlre et l'hostie doivent êfre autant une même chose qu'elles lo peuvent être, que tous les véritables prêtres de Jésus-Christ doivent être de véritables victimes; et que comme ils ne sont véritablement prêtres de Dieu qu'eu Jésus- Christ et par Jésus-Christ habitant en esprit en eux, qui ne peut être distingué de luimême comme hostie et victime de Dieu, ils doivent être aussi avec lui de véritables hosties, et vivre toujours dans cet esprit, s'ils veulent être comme lui de véritables prêtres (1233).
De sorte que les prêtres qui reconnaissent que leur ministère n'aboutit qu'au sacrifice et à l'offrande de la victime en sa consommation, et qui voient que cette sainte victime vient elle-même se répandre et se dilater en eux, et leur communiquer intérieurement ses dispositions par la communion, pour paraître en eux, et se rendre ainsi sensible dans son Eglise, il faut qu'ils sachent quelles sont les dispositions, et quels sont les sentiments de Jésus-Christ hostie, et qu'ils s'en laissent entièrement pénétrer, afin qu'étant tout remplis de lui, et fout imbus en leur âme de son état, ils soient avec lui dans le monde comme des S vivantes, raisonnables et spirituelles (1236). C'est pourquoi il faut qu'ils s'instruisent de l'étendue de ces mômes dispositions, qu'ils s'informent de ses sentiments, et qu ils apprennent quels sont les devoirs de cette adorable victime, qui renferme en elle seule les devoirs de toutes les hosties qui 1 ont précédé, et qui l'ont figuré dans la loi, afin d'entrer dans la société, dans la communion et dans l'unité de ces mêmes devoirs, auxquels ils sont obligés de participer jiar leur état.
unitaiem spiiïtus. Ideo dicit Aug. Non ego mutabor m le, sed tu mmabens in me, id est in niei simililuduiern, etc. (S. Bon., De prœp. ad Miss., c. 27 )
Apenalurcor ineum, aperiantilr vuluera, jungautur intima, et liant umim cuni Chrislo. (S. Bonav Ve irœpur. ad Miss.j '
Deo lacti sunl sacrificium. (Petr. Dam. Opusc conlr. cler. inlemp., dissen. 2, c. i.)
(1235) 0 inauditum Christian! pontificatus olliciuin, quando honio sibi ipse est et boslia et saeerdos : quando liomo non exlrinsecus quod Deo et nnmolaiinus inquirit : quando liomo setum est in se, et quod pro se est, Deo sacrificaluriis apportât, quando et eadem mauet boslia, idem permanel et saeerdos; quando hosiia inaclalur el vivit. Miruin sacnliciuin ubi corpus sine toi pore, sanguis sine sanguine oflei lur. Hoc sacrilieium Clirisli descendit ex tonna, etc., esio et Dei sacrilieium et saeerdos. ^ Pet.Hi Cuhïsolog , serin. 108.)
(125(i) Super duos humeros babebat poniifex sculpta nomma liliorum Israël quasi ad designanduin, quod ferrel onus lotius populi. Kl quod jugiler debebat de eovum salute cogitare, portabai eos in peclore, quasi in corde babens. ( D. Tuom., 1-2 quajst. 102, a. 5 iu c.)
(1237) Intei- vesiibulttm et altare plombant sacer-
lis doivent particulièrement être avec Jésus-Christ des hosties pour les péchés du peuple; en sorte que comme ils en portent sur eux avec lui tous les crimes, ils en doivent porter la peine, qui est la confusion, la douleur et la satisfaction. C'est pourquoi ils doivent souffrir pour les peuples, faire pénitence pour leurs péchés, et pleurer entre Je vestibule et l'autel, comme nous dirons ailleurs plus amplement, pour leur obtenimiséricorde (1237).