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CHAPITRE VIL

Profession des prêtres pour se conformer à Jésus-Christ , hostie au très-saint Sacrement.

Comme l'état de Jésus-Christ, hostie dans

le saint Sacrement, est un état qui doit ser-

(1310) Ad propitiatnrium, et Sanciiim sanclorum dulci aflerlu, para et det&cata inlenlione inlral sacerdos cum sanguine jam verum sanguinem Agni im macula ti oITerens, et couimunicans passionibus Chrisli Cnde fréquenter quadam beataeestasi exiens a se et iransiens in dilectum, uniisque Spiritus factus cum eo, intra quasdam diviuae suavitatis cxrerientias ollicium propitialionis exsequitur, etc. (Petr. Ries., epist. 159.)

(1311) Qui mihi minislrat, me seqnatur ; et ubi ego sum, iltic et miuister meus eru. (Joan. mi,

au.)

In bis verbis a perle signilicatum est, qui sint veri minislri Dei, Domino in verilale servientes, illi videlicet qui Dominuni sequuntur. Quomodo, inquis, srquuniur ? Quocunque et qnalitercunque illos trahit. Quorsum ergo trahit? Ubi ipse est, hoc est ad omnia opéra, vias et modos... llaque oportet lioiti iiieiii in ciinclis aclibus et modissuis meule esse prouipta el devotà, ut quasi dieat : Deus meus, o si possem giatuin tibi lacère, idque omnibus in lucis, et apud quoscunque ! ( Thvixkr., Serin, de S. Laurent. )

(1512) Sequuntur Agnum quocunque ient. ( Apoe. \iv, A.)

Ubi lides Christum non sequerelur? Si asceuderit in cœlum, ipsa illie esl. Si descendent ili infernum. Et si siunpseiit pennas diluculo el habiiaveril in e^iiem.s maris, iiluc, ail, manu8 lua dcduccl me,

et lenebil me dexiera tua. ( S. Bern., serm. 79 in

Cum.) (1315) Mihi vivere Chrislus est. (Philipp. i, 21.) Vivil in me Chrislus. (Hat. 2.) Non liumana esl

ejustnodi vila, viilelicet ipso Christo vivenie in nn-

bis, hoc esl ageute ae dominante. ( S. Chrïsost.,

hic.)

(1514) Quid non invenil lides? Ailingit inaccessa deprehendii ignoia, comprehendit immensa, apprebeudil novissima, ipsaui deuique aHerniiaiem suo illu vastissimo sinu quodammodo eircumeludit - Fidenie.r dixerim, seternam bealamque Triuilalem, quam non inlelligo, credo, et lide leneo quod non capio meule. (S. Rern., serm. 76 in Cuitl. )

Papae ! quale illud est, lides, quod lalem laeil rernni evidenliam, qualis est, dum res ipsa; palam proponuntur. (S. Chrys., In Epist. ad Uebr., Inc.)

Fides ruligionis fuiulamenljiin. ( S. Ciiktsost , Serm. de pde, spe et charit. ï

Quidquid est illud, quod vi'det angélus, hoc mihi iimbra lidei serval. (S. Bern., serra. 31 in Cani.)

(1515) Pia (Mes sine spe et charilate esse non vull. (S. Alg., epist. 212.)

(15l(i) Coutemiie spiriium tuum : accipe Spiritum Dei : Non limeal spirilus luus, ne cum ceeperit iu le habitare Spirilus Dei, auguslias paliatur in corpore luii. (S. Aur.., De verb. Aposl. , serin. 15.)

(1517) Die ergo ei : Scio quod plusquam ego, rot' diligis. De nie igilur amplius non curabo, sed so-

virde module à tous les prêtres, tous ceux qui seront appelés au sacerdoce, doivent, selon l'avis que l'évêque leur donne en leur ordination, avoir un très-grand soin de s'y rendre conformes, et de se tenir dans les dispositions nécessaires, pour être avec ce divin Sauveur, de saintes hosties consommées à la gloire de Dieu (1318).

Pour cela, ils seront morts à tout l'extérieur du monde, et ne s'y laisseront non plus aller, que s'ils étaient morts et ensevelis dans le tombeau, imitant Notre-Seigneur au très-saint Sacrement, qui, enveloppé sous les espèces, ne se laisse point toucher de l'honneur des richesses ni des plaisirs de la terre (1319).

Us seront morts aux coutumes du siècle et aux usages du monde, n'en suivant point les modes, et retranchant de leurs entretiens, de leurs vêtements, de leur conversation, tout ce qui pourrait s'y trouver de conforme; car étant morts en esprit au monde et à leur première génération , ils ne doivent plus adhérer ni donner aucun sisne qu'ils vivent encore à ce premier état (1320).

Ils seront aussi morts à eux-mêmes, et ne se soucieront non plus de ce qui les regarde, que s'ils n'étaient plus, étant consommés en Jésus-Christ, qui les fera vivre pour Dieu seul, s'estimant morts, comme dit saint Paul, et vivant à Dieu en Jésus- Christ (1821).

Ils seront tellement anéantis en eux-mêmes et vivants de Jésus-Christ seul, qu'ils r.e penseront plus qu'à glorifier Dieu, et à le faire honorer par tout le monde, brûlant eu zèle de son Fils, qui n'est que feu dans le très-saint Sacrement (1322).

Ils souffriront qu'on les foule aux pieds, qu'on les batte, qu'on les oppresse, sans rien dire, de même que les espèces du pain et du vin, qui ont été traitées de la sorte pour être mises en état de renfermer Notre-Seigneur en elles; car les unes ont été sous la meule, les autres sous le pressoir, les autres foulées aux pieds, et même leur substance a été toute anéantie, pour être totalement convertie en Jésus-Christ (1323).!

Ils seront ravis d'être traités de la sorte, et n'auront point de plus pressants désirs, que de passer extérieurement par les mortifications, par les outrages et par les persécutions, et de souffrir intérieurement d'être anéantis par l'esprit de Notre-Seigneur, qui les consomme dans sa vie, afin d'être ainsi des hosties mortes à l'extérieur et vivantes à Dieu dans l'intérieur (1324)1

Us ne désireront point d'être aimés ni estimés, ne devant plus y avoir en eux d'être propre que l'on puisse remarquer. Que s'ils s'aperçoivent que l'on estime leurs personnes, ils s'humilieront et se confondront devant Dieu, d'avoir encore en eux quelque chose de vivant et de propre, que l'on aime et que l'on estime. 11 faut soutl'riravec grande peine que l'on porte de l'amour et de l'estime è ce qui n'est pas Dieu (1325).

Que s'ils remarquent que ce sont les dons de Dieu que l'on estime en eux, et non pas leurs personnes, ils auront un tièsgrand soin de l'adorer pour ses dons et de Je prier que lui seul en soit honoré, sans qu'il souffre que sa créature ait la moindre part aux reconnaissances et aux hommages qu'on lui en doit rendre uniquement (1320).

11 faut aussi que les prêtres soient si fort

lum tuis delieii.s inliœrebo, et tu mei curam haheto, etc. Tu inlende mihi et me* infirmitaii ut ipsaiu subleves, etc. ( S. Bonav., Slim. anior. pari, il, c. 2.)

(1318) Imitamini quod liactatis. ( Pontif. Rom., ju ordin. presbyt.)

Qui vult proximus Deo esse, débet imitari hoc esse quod Deus est. (S. Max., Hum. in Litun. )

( Cbristus in Eucharistia ) mortificationis exemphini reliquit. (Cïprian., Serin, de passion. Don:.)

(1319) Animant aceedere oportet ad verum PonlîficemClirislum, mactari, et mori miindo.ac priori vitse, atque transponi in altérant vilain et educahonem divinam. Quemadmodum si quis moritur in civilate, neque voces illorum qui ibi degunl, neque sermonem, neque sonuni exaudit, et iransponiiur in aliimi locuin, ubi imll.e sunt votes, nulli elamores illius civitalis. Sic et anima, eic. (S. Macar., hom. 1. )

(1520) Ipse non sibi, sed Christo et prxdicalioni vivens, mundumque sibi ipsi cruciûgens, ae iinindo et rébus iis quas in aspectum cadunt crucilixus, parva omiiia, et cupidiiaie sua inferiora exisiinial. (S. Greg. Naz., oral. 1.)

(1521) Signum est Christum nos babere, spirilumque in nobis esse, cuin corp ira nostra ab iis corporiuus nihil difieruni, quae tumulis reeondila jacrnl. ( S. Chrïsost., boni. 15, Hom., vin.)

(1532) Tuuc boiiio seipsum commutât in Deum, quaudo eligit et diligil se odiri, el solum Deum diligere, et nrca nihil alnid vult aflici, et de nihilo curai nisi de ipso Deo, et totaliler sitil quomodo

per se vcl per alios honorificelur Dominus Deus suus. (S. Bon av., Slim. amor., p, m, c. 2. )

(1525) Sicut frumenti grana gradalim aile huma- 11a pioficiunt ad punis complenu-nium... Ad hoc iiiiiii quod de eis panis et bostia liai, primo durilies eorum conterilur, et iu minimas paries deducilur : secundo a furfure einuudalur : tertio admista farina ad invicem per aquaui, demum per ignein décoda iu paueni seu hostiatn solidatur. Sic, eic. (S. Bernard. Seu., t. IV, Serm. de prœpar. tacram. )

(1524) Ul possimus perfeele Deum diligere, debemus nos peiïecie odire... Tune auieiii perfecte l»i odis, quaudo nui! solum vis ab honiinibus conculcari, sed eliam leipsum tanluni abhorres, ut vix leipsum valeas loleiare, et velles eliiiu a crealuriâ irratiouabilibus el insensibilibus impùgnari.

(I52Ï) Fidelis Ponlil'ex qui bona qiuelibet per mantis suas Lranseuniia sive.divina bénéficia adhomines, sive hoiiiiiiuin vola ad Deum coliimbino intuens ociiln, nihil sibi retenlat ex omnibus. Nec populi requirit dniuni,-sed lucrum. Nec Dei gloriani usurpât sibi, acceptum talentum non ligat in sudario, sed parlitur nummulariis, aquibus el usinas iecipil non sibi sed Douiino. (S. Bern., episl. 42, Ad Heur. c. 5.)

Non iniliienliir oflïciosis occurrentium salutaticnibus sed gravi'iilur ; nec bonoiari se, sed onerari lavenlium sibi laudibus qua2rant.(S. Prosp., De vit. sacerd , c. ult.l

(1520) Oiiiiiia spirilualisexercilii lucra referas ad illius gloriani, qui est Kex gloriae. Fur enim et la.

TRAITE DES SAINTS ORDUES. -- PART. III. DU SACERDOCE

anéantis en eux-mêmes, qu'ils ne pensent plus, en servant Dieu, à la récompense qu'ils en espèrent, mais seulement à sa plus grande gloire, qu'ils doivent avoir uniquement en vue (1327).

Ils ne doivent plus rien regarder de ce qui les touche, à cause qu'étant consommés avec Jésus-Christ en Dieu, ils n'ont plus rien a eux et ne sont plus à eux-mêmes. Il ne doit plus y avoir de moi dans un prêtre : car le moi des prêtres doit être converti en Jésus-Christ, qui leur fait dire à l'autel, ceci est mon corps; comme si le corps de Jésus- Christ était le corps même du prêtre (1328).

Ils ne doivent plus avoir de vie intérieure que celle du Fils de Dieu (1329), qui les doit mettre en état de pouvoir dire comme saint Paul : Vivo, jam non ego, vivit vero in vie Christus: « Je vis, non ce n'est plus moiqui vis, mais c'est Jésus-Christ qui vil enmoi: »vie qui demande qu'ils aient le même esprit que Jésus-Christ, qui leur donne ses mêmes dispositions, (iui les anime des mêmes sentiments, les applique et les élève à Dieu pour lui rendre les devoirs qu'il lui rend lui-même incessamment en qualité de prêtre (1330).

Les prêtres sont les suppléments de Jésus- Christ qui accomplissent ce qui manque à sa religion : car il se sert d'eux pour se multiplier lui-même ; et en se multipliant, multiplier les louanges, les respects, les adorations, les sacrifices qu'il veut ofïrir à Dieu son Père, et qu'il souhaiterait de lui rendre par tout le monde, à cause que partout son Père habite , et que partout il mérite de recevoir ses hommages (1330*).

Le prêtre doit donc être comme un Jésus- Christ louant , adorant , bénissant , glorifiant son Père. Il doit être une hostie de louange, dont le cœur doit être occupé et converti en bénédictions, en hommages et en révé-

rence perpétuelle , qui est l'état de Notre- Seigneur au très-saint Sacrement de l'autel, où il est hostie vivante, hostie religieuse , hostie qui rend 5 Dieu, le plus parfaitement qu'il se puisse concevoir, tous les devoirs de la religion (1331).

Les prêtres feront encore profession d'adorer le très-saint Sacrement, et d'avoir une vénération toute particulière pour Jésus- Christ en ce mystère (1332). Car c'est principalement par l'adoration fréquente des mystères qu'on en obtient la grâce. Ainsi ils s'y rendront présents autant qu'ils pourront et seront très-assidus à lui rendre leurs hommages et à lui procurer tout l'honneur qu'il leur sera possible parmi les peuples.

Quand ils seront présents à ce très-adorable Sacrement , ils demanderont à Dieu avec instance qu'il fasse connaître et honorer son Fils, surtout en ce divin mystère, lis-le prieront d'éclairer le monde de sa divine lumière, afin qu'en découvrant son amour et l'excès de la bonté qui le porte à se donner ainsi en nourriture à tous les hommes, il opère en tous les cœurs un général embrasement, et qu'il n'y en ait pas un qui ne soit consommé dansce'divin amour (1333).

Ils demanderont anssi très-assidûment à Dieu , qu'il lui plaise faire porter ce divin Sacrement jusqu'au bout du monde , afin que par ce moyen il reçoive partout en son Fils des louanges et des adorations parfaites, et qu'il n'y ait point |de lieu , s'il est possible , sur l'a terre, où il ne soit honoré autant qu'il le veut être (1331).

Dieu ne peut être honoré davantage que par cette divine hostie : car elle comprend en soi toute la religion et tout le culte de Dieu. Il n'y a sorte de louange, de respect et d'hommage qu'elle ne renferme , et qui

tro es, si libi aliquid imle usurpare praesumas. Illnc mide fluinina exeunt revertanlur. Animalia apud Ezechielem ibant el reverlehantur. Quidquid gratiae eonferebatur eis ad Duminum referebant, (Pêtr. Ries., Deinslil. episc.)

(1327) Tui omnes in Jesuni el sensus diriganlur et aclus. S. Bern., serm. 13 in Canl.)

(1528) Moribus ac pnedicalionibus suis non suam sed Christi gloiïam quuerant : nec verba aut facta sua in preliutn favoris conciliandi, sed quidquid sibi saeerdoialiter vivenlibus alque docenlibus honoris impenditur, Deosemper asci ibant. S. Prosp., De vit. succrd., I. i, c. uli.)

(1329) Jam non noslram, sed Christi vilam, sed Cbrislum i.psuni viviinus. (S. Amiiros.)

(1530) Tuo Corpori incorporare non voluisli, et tuo nos poiare sanguine, ni sic luo inebriaii ainore leeum unuin cor, et unam aniiuam habereiniis . S. Bon.vv., Slim. amor., p. u., c. 2.)

Eteuim hodie Chrislus ipse est qui omnia operalur, eiiradidii, quemadmodum tune, quando scilieel seipsuiu in cœna dédit discipulis suis. (S. Chrysost\, liom.27,, in I Cor. \i.)

(1530') Dominus noster Jésus Christus, e terris as< ensurus ad eœlos, sacerdotes sui ipsius vicarios reliquil. (Conc. 7'rid., sess. li, c. 5. )

Sa^erdos juge ac conlinuuin débet esse perleclionis holocausluin. (Hewch., lib vi in Levit.)

(1531) Dieainus illi et nos : In nie sunt Deus vola lua qiue reddam laudis libi. Ara tua conscien-

tia lua. Immola Deo sacrificium laudis , et redde AUissiuio pièces tuas. Hoc odore Dominus deleeutur. (S. Aug.,/h psat. xlix.)

Ecce advoeatus apiid Patrem : Ecce Pontifes suinnius : Ecce hostia sancla, beneplaeens, et perfeeta, in odorem suavilatis, et oblata el aecepla. (S. Anselm., lib. x. Médit, médit, 5.)

(1532) Ubi fuerit corpus , ibi congregabunlur el aquilœ. (Mallh. xxiv, 28.)

(1535) Panem Nostrum quotidianum , etc. Bone Jesu, quare dixisti quotidianum, etc.? Nonne suC:cil, si perdîem unam in uobis habitas , el moraiis nobiseuiu? Quid fecimus tibi, etc. Aliud nescio dicere, nisi ex quo vis semper esse nobiseuni , nos omni lempore simus letum; et nuiiquain a te, Sponso beiiignissinio , specioso, ciho suavissimo recedatnus. (S. Bonav., Slim. amor., [t. ni, c. 17.)

Ita, Domine , luo amore el de\oiione nos conglutines lecum, ut non possiimis a te recedere, nec velimuâ. Sic panem nostrum quotidianum da nobis hodie. (Ibid.)

(1534) Dicit Isaias : Faciet Dominus Sabaoth conviviuin omnibus genlibus : bibent hetitiam , hibent vinuni : Ungenlur unguento in monte Rio. Taie hsec omnia genlibus, etc. Mysterium Novi Tesiamenti a Christo condili signilieans. ( Euseb. , Demomlr. Etang., lib. î, c. 10.)

Eueharisiia vocatur , Gloria Dei. (S. Ignax., Epist. ad Ephcs.)

OEL'YIiES COMPLETES DE M. OLIEIt.

d'elle ne soit dérivée dans l'Eglise (1335).

Cette divine hostie est l'abrégé de truite la religion : de sorte que celui qui l'offre à Dieu , lui offre en même temps tous les honneurs, tous les hommages, tous les cantiques, tous les psaumes, toutes les hymnes qui se récitent dans l'Eglise ; et en même temps il lui offre tout le respect, toutes les révérences et toutes les adorations qu'on lui présente dans les cieux. C'est pourquoi nous avons grand sujet pour la gloire de Dieu, de le prier avec instance, de faire porter partout le monde cette adorable hostie, afin que partout il reçoive les louanges qui sont justement dues à sa grandeur (1336).

Les prêtres sont surtout obligés de faire lionorer le très-saint Sacrement, parce que c'est la victime que Dieu leur a mise entre les mains, et que, pour faire estimer la valeur du sacerdoce et du sacrifice qu'ils offrent , ils doivent faire honorer autant qu'ils peuvent la dignité de leur hostie.

Ils doivent encore faire honorer le trèssaint Sacrement pour faire honorer Dieu. Car celui qui sait la valeur de cette divine hostie, et qui ensuite connaît qu'on l'immole à Dieu, et qu'elle est consommée pour sa gloire, conçoit quelque chose de la grandeur de Dieu : et d'autant plus qu'il honore l'hostie, d'autant plus estime-t-il la majesté de Dieu à qui elle est offerte (1337).

Il faut encore, pour le profit des peuples , que les prêtres travaillent à faire glorifier le très-saint Sacrement, afin qu'ils établissent leur confiance en lui , et qu'ils en sentent tous les effets , n'y ayant rien qu'on ne doive espérer par la seule présence et par la simple. offrande et représentation qu'on fait à Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, son cher Fils, en ce mystère (1338). j

Les prêtres doivent être comme cette sainte hostie, dont tout l'extérieur ne paraît

que du pain, mais dont tout le fond est Jésus- Christ : ainsi , ils doivent n'être plus euxmêmes, mais être entièrement convertis en Jésus , n'ayant l'extérieur de l'homme. Ils doivent être totalement morts à tout intérêt propre et n'avoir en eux que les intérêts de Dieu. Ils doivent être tellement zélés pour sa gloire, qu'ils souhaitent ardemment qu'elle soit procurée par toutes les créatures que Dieu voudra, telles qu'elles puissent être , sans qu'ils entrent en jalousie lorsqu'ils voient que ce n'est pas par eux, mais que c'est par d'autres quelle s'établit (1339).

Ils doivent être ravis que Dieu soit glorifié en ce sacrement par la communication de ses dons : car cette libéralité est une des voies qui le magnifie davantage. Mais ils doivent désirer celte communication si purement, qu'ils ne la souhaitent que pour ceux que Dieu désire, sans s'y mêler euxmêmes , ne voulant que ce que Dieu veut, et ne désirant rien que selon la mesure de la gloire qu'il prétend en retirer (13-VO).

Le prêtre étant entré dans l'esprit de Notre-Seigneur Jésus-Christ prêtre , entrera dans ses desseins pour Dieu, qui sont sa gloire et le bien de son Eglise , dont il demandera l'avancement , souhaitant pour chacun la grâce qu'il lui a préparée, et la demandant pour soi , comme pour un des membres de l'Eglise , selon la mesure qu'il lui a destinée, le priant instamment qu'il ne souffre point qu'il apporte un empêchement aux desseins qu'il a de lui bien faire.

Les prêtres auront en eux un vrai esprit de pénitence, comme étant hosties et sacrificateurs pour les péchés du monde; imitant l'exemple de Notre-Seigneur , qui, dans l'exercice de son sacerdoce, selon l'ordre d'Aaron, durant sa vie voyagère, a porté la peine de nos péchés; et qui maintenant sur l'autel, où il est prêtre selon l'ordre de

(1535) Nunc carnalium sacrificiorum vandale cessante, onines differentias hestiarum, mia corporis et sanguiuis Domini implet oblatio. (S. Léo, sei m. 8. De I'assione, c. 7.)

(I53li). Hostia uuica etperfeclaEccIesise. (Euseb.) Canliuum novum immissum in us nostruiu : Carmen Deo nostro. (Euseb., Demonstr. Evang., lib. i, c. 10.)

Sacro-sanctum ac Deo plénum sacrificium. (Ibid.)

Nullo alio sacrificio honorilicentius laudatur

Deiis. quant per altaiisimniaculalani bostiam,quam

praecipue ob divinae taudis exbibitionem complen-

dani, Ecclesiae suue Cliristus offerendam institua.

(15. Laur. Justin., Serm. de Eucltar., n 26.)

Hostia omnium sacerdotuin. (S. Paulin., episi. S.)

(1537) iïunc clari/icatusesl Filins lwminis,et Deus

clarificatui est in eo. (Juan, xm, 51.)

Hoc de Eucharistia quam S. Ignatius Gloriam Dci vocal, inlelligunl quidam interprètes. Nihileniiti potuit Christo accidere gloriosius, quam ita deslrui m Dei honorent, et nibil etiain potuit l>eo accidere gloriosius, quam labs tunique nobilis host'ce iinmolatione coli a Christo, et ab ejus adininislris. Si quidem cum ipsius Cltristi exinanitio sil hoc Ireîiieudum sacrificium, ut toquiiur sanctus Pipnysius Alexandriuus in tpisi. ad Paulum Samosat. Eici'i non potest ut non cédai in suminuni Dci lia-

norem ejusque suprcniuni cultum. Quantum enim Chrislus hic dejicitur depressus usque ad iiihilum , lanluindt'iii exlollilur Deus.

(1538) Quid dulciiis quam Geniiorem in nominc Unigenili exorare, Patrein recordatione Fdii ad pietatem flectere, Regem charissimae prolis denotatione mitigare, etc. Sic rei soient non solum vitam , sed insuper nancisci insolitam graliam , etc. : sic delinquenies servuli evadunt supplicia domiiiorum , dnm pio eis intervenit dulcedo lilioniin. (S. An^elm., lib. x, niedit. 3.)

(1550) Omnes nos viclimae Dci sunius. (S. Hieron., lu psal. x.)

Si leipsum exueris, et per hune inodum in Deum intraveris, ca\e ne extra ipsum possis aliquo modo inveuiri. (S. Bonav., Siim. amor., p. in, c. 2.)

Cum pruphetarenl in çaslris cucuriit puer, et uunliatiil fiutjH , dicens : Klitad et Medtid propheltinl in castris. Slatim Josue /Mus y un, minisler Mot/si, et eleclus e pluribus, ait : Domine mi iloyses, prohibe eos. Al Me: Quid, inqnit, annula ris pro me? quis tiibuat ut oninis populus prophelel, et det cis Duininus Spirilum suum '.> (Sum. m, 27-29.)

(1340) Solummodo circa Deum debemus alïiei , sive in se ahsolule, sive eliam in quantum isli tanla doua largitur, etc. Unde qui vult Deum et proxiinum diligere solum Dei lionorcm sitiai, nibil aliud inlendens in omnibus. (S. Bon , Siim. amor., p. i, c. 10.)

TRAITE DES SAINTS ORDRES. — PART. III. DU SACERDOCE

79fi

Melchiséilech , en porte toujours l'aversion, ne pouvant plus, dans l'état de la gloire où il est , en supporter la peine.

Ainsi, ils seront soigneux de demander à Notre-Seigneur la communion à son esprit de pénitence, pour accomplir en eux l'obligation dé leurs charges, qui les obligea porter les péchés de tout le monde (1341).

C'est ce qui lut dit à saint Pierre, lorsque Notre-Seigneur lui montrant, sous la l'orme de bêtes immondes et d'animaux impurs , les péchés de tout le monde , il entendit ces paroles : Occide et manduca (1342) : Tue et mange ces monstres : consomme en toi tous ces crimes horribles , c'est-à-dire prends sur toi ces péchés, comme j'ai fait après m'être chargé moi-même au Jourdain des crimes de tout le monde , pour en porter la peine.

Il faut donc que les prêtres, imitant Notre- Seigneur, prêtre et hostie pour les péchés du monde, se regardent comme actuellement chargés avec lui de tous les crimes imaginables, et que dans cette vue ils entrent en horreur contre eux-mêmes, et en zèle contre leur propre personne, sentant en eux l'aversion que Dieu et Jésus-Christ ont pour le péché (1343).

Il faut qu'ils agissent contre eux, comme contre une autre personne qu'ils auraient à punir, pour les offenses qu'elle aurait commises contre Dieu, à cause qu'ils sont plus à lui qu'à eux-mêmes, et qu'ils vivent plus à sa gloire qu'à leurs propres intérêts.

11 ne faut point qu'aucune considération les empêche d'entrer dans les intérêts de Dieu, et dans ses sentiments contre le péché

- Quis adeo digmis, quis adeo es! habilis ad susceplionem hujus Sacramenli, ad oflereudum FiLium Deo Palri, ut ille qui se lotuni Deoobtulit, lolum se in sacrilkio consiiiiuiiavil ; qui iu se annullatus est, et in Deum lotus illatus, qui non qiue sua suut qua:rit, sed quœ Jesu Chrisli. (S. Bonav., Slim. amar., p. m, c. 17.)

(1341) Mediatorem illum Dei et hominum, id est, Cliristum imitantur. (S. Cïiull., lib. xvi De udor. in spir. et ver.)

Imponent, inquit, filii Israël maiius suas super capila Levitarum. Ut enini Levilae super victimarum capita, el animantiura pro ipsis in Chrisli figurant immolandorum manus imponebaiit, idque non ut lieiiedicerenl, sed ut illa manu uni impositione quodammodo iiidicarent Deum peccala nostra fereniem ac pro nobis iiiiniolatum. Sic populi qui ele^tos ho- )iiines pro se ad sacriuYaudi ininisleiia Deo addixissenl , ila manus illis iniponcbanl. (S. Cyrill. Alex., De udor. m spir. el vent., lib. xi.)

(1342) Vidil descendent vas quoddam, vetul linleum magnum, in quo eranl omnia quadrupedia, et serpentin terrai et voluiilia cœli. El jacia est vox ad eum : Surge, Petre, occide el manduca. (Acl. x, 13.)

(1543) Occide quod sunt , et fac quod es. (S. Arc.) :

Macla et manduca. Quod mactatur quippe a vila oeciditur : in vero quod comeditur, in comedentis lOipore commutatur. Macta ergo et manduca dicitur, id est, a peccalo eos in quo vivunt interlice, et a se ipsis illos in tua menibra couverte. (S. Greg., Moral., lib. xvni, c. "20.)

Aifeoiuosis olliciis iuviscerel sibi peccalorein, douce viu- reddatur. (Petr. Dam., serin. 2y.)

pour le punir en quelque sujet qu'il se trouve sans s'épargner eux-mêmes; et pourjle traiter toujours comme il le mérite.

11 faut, comme Jésus-Christ, nous animer du zèle de Dieu contre nous-mêmes. II était tout plein de l'esprit de Dieu, et sentait en soi tous les mouvements et tous les sentiments de son Père, qui le faisait agir et vivre selon lui, et dans son même esprit. Ainsi, animé de son même zèle, il agissait sur soi comme sur un pécheur, il agissait contre soi-même comme contre un étranger et contre un coupable, et se condamnait comme il aurait fait un criminel qui ne l'eût point touché (1344).

De sorte que Jésus-Christ comme innocent se condamnait comme coupable, Jésus- Christ comme Dieu se condamnait comme homme, et souffrait, selon saint Paul, une contradiction étrange contre lui-même, ayant un zèle furieux contre les péchés, et se voyant pourtant chargé de ces mêmes péchés, et comme coupable de ces mêmes offenses. C'est de ce même zèle dont les prêtres de Jésus-Christ doivent être animés, ne s'épargnant jamais en rien pour abolir le péché, et pour satisfaire à la justice de Dieu.

Entin, il n'y a rien à quoi un prêtre ne doive s'exposer quand il y va des intérêts de Dieu et de sa gloire. Mon Dieu ! lui doit-il dire, mille croix, mille tortures, et mille morts, pourvu que tout cela aboutisse à votre gloire; que je périsse mille fois, pourvu que ce soit pour votre service , j'en suis content. J'aime mieux périr en vous honorant et en vous servant, que subsister sans votre honneur et sans votre gloire (1345).

(Sacerdoles) tesliliratores volunlatis Dei. Delicls omnium portantes. Imitatores Chrisli. (S. Clem , Conslit. apost., lib. il, c. 25.)

(1544) Oinnis enini pœnitens irascitur sibi, et vindicat in se quod displicel sibi. (S. Abg. , serm. 5 Oe divers., cap. 5.)

Qui amat animant suam perdet eam, sive ponendo ut martyr, sive allligendo utpœniteiis. (S. Bern., serm. 50 in Cunt.)

Quem et pœnitet, punit se ipsum. (S. Aug. , In psal. LViu , cône. 1.)

Pœniteus adversum se officium exercere videtur et accusatoris et testis et lortoris. (S. Ambr., De pœnit., c. 1, 2.)

Seinper tibi occulte vel ad disciplinas, vel ad làen mas, vel ad alia, quae cilra hominis lesliiiiunium solus agere poieris, impone tibi juguni Doiuinic;e seivitulis. (Petr. files., De inslil. episc.)

llinistri Chrisli sunt, inquit Paulns , et ego. Ut minus sapiens duo, plus ego. In laboribus plurimis, in carceribus abundanlius , in plagis supra modum, in mortibus fréquenter. In his tibi gloriandi forma praecessit. llbid.)

0 coniinuiaiio desiderabilis! Totusest in Deum.... Cor suiiui plénum est ipso Deo, se exuil, in Deum induit, zelo Dei sibimet guerram facit lanqiiant crudelissimo hosii. (S. Bonav., Slim. amor., part, ni, c. 2.

(1545) Malle in nos murmur hominum, quant in I» •■uni esse. Bouuiii milii si dignetur me uti pro clypeo. Libens excipio in nie venenata spicula blaaplieinoruin ul non ad ipsum perveitiant. Non vecuso inglurius lieri ut non irrualur iu Dei gloriaui, (S. Behn., lib. il, De consid. c. t.)

LETTRES SPIRITUELLES

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