LETTRE XXVII
Jl explique à une personne, à l'occasioji delà tonsure qu elle venait de recevoir, quelquesunes des obligalionsdes clercs représentées pur leur habit.
J'ai bien de la joie d'apprendre votre vocation à l'état ecclésiastique, et de savoir que Jésus-Christ vous a reçu au nombre de ses ministres, et que l'Eglise vous a admis au nombre de ses clercs. C'est maintenant que vous devez vous considérer comme religieux de N'otre-Seigneur, puisque vous en ,,
Œl'VRES COMPLETES DE M. OL1ER.1
Irez ains un état où on fait profession particulière de son culte, et où on est dans un engagement de lui rendre les devoirs les plus essentiels de la religion. C'est pourquoi vous avez changé d'habit en y entrant, et on vous a revêtu de la soutane, qui est l'habit de sa sainte religion, pour vous faire connaître que !a profession extérieure que vous faisiez et il une profession d'une continuelle religion envers Dieu. Et c'est pour cela aussi qu'en entrant dans le clergé, on vous a déclaré que vous entriez dans sa maison pour lui rendre service, en sorte que vous deviez vous considérer le resta de vos jours comme un de ses domestiques, qui doit assister continuellement auprès de sa personne. CVst là le sujet de la joie qui s'est répandue dans sa famille, c'est-à-dire dans l'Église, qui a témoigné à votre entrée son ressentiment et lajoie qu'elle avait de voir un de ses enfants entrer en la maison de son prince, et la cour du roi se rendre plus magnifique : et de même que les frères se réjouissent extrêmement lorsqu'ils voient l'avancement de leur frère à la cour, et l'honneur qu'il reçoit d'être admis en la maison du souverain, ainsi toute l'Eglise s'est tellement réjouie de vous voir admis au saint clergé, qu'en témoignage de son allégresse elle a chanté ce beau cantique : Domini est terra et plenitudo ejus. (Psal. xxm, 1.) Alors elle s'est écriée : Ouvrez vos purtes, princes du ciel: « Attollite portas, principes, vestras , et introibit Rex gloriœ (Ibid., vu, 9); » faisant nll usion à Jésus-Christ et comparant son entrée glorieuse dans le ciel à l'entrée du clerc dans l'Eglise, qui est le paradis du monde. C'est pourquoi eile en
fait paraître la même joie que les anges eu-
rent de l'ascension de Jésus-Christ dans Je ciel. Le clerc même est estimé roi par la couronne que le pontife lui fait sur la tête, pour montrer qu'il est roi de lui-même, sans quoi il ne serait pas admis à l'honneur «le la cléricature. Et pour la récompense de ses travaux et des victoires qu'il a remportées sur lui-même, on lui impose cette marque d'honneur et de sa sainte royauté ; ce qui est encore une allusion à la récompense que le Père éternel donne à son Fils à son entrée dans le ciel , en le déclarant roi et lui mettant sur la tête une couronne de pierres précieuses : Posuisti super capul ejus coronam de lapide pretioso. [Psal. xx, *.) Aussi le clerc reçoit l'honneur de roi parla bouche des peuples qui le nomment roi des vertus, Rex virtutum, potens inprœlio. ( Psal. xxm, 8.) Et en esprit il est un roi de gloire en tant qu'il est vêtu du surplis, qui signifie la vie nouvelle, la vie divine, la vie de la résurrection dont le clerc est revêtu, en un moi, la religion du ciel. Si bien que le clerc, comme religieux de Jésus-Christ, fait profession de toute la religion dans la cléricature. Car, premièrement, en mettant la soutane, il en professe la première partie, et celle qui s'exerce particulièrement sur la terre, qui consiste à être humilié, à porter sa croix, à être mortifié en toutes choses, qui
est le fondement que l'Evangile metdetouto la religion chrétienne : Qui non renuntiat omnibus quœ possidet, non potest meus esst discipulus. (Luc. xiv, 33..) Et, secondement, il fait profession delà religion du ciel, qui est marquée par le surplis ; religion patfaite, religion consommée, religion que les clerc s doivent imiter autant qu ils peuvent dans l'Eglise, par des amours, par des respects et des louanges continuels, etc